Le Nord toujours

Quelques images de ces derniers jours au Festival Radio France (#FestivalRF19)

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Le samedi 13 juillet, le violoniste italien, Vikram Sedona19 ans, joue Bach devant une salle comble de spectateurs/auditeurs de 3 mois à 80 ans, attentive et silencieuse, fascinée par le son de ce seul violon, à Saint-Bauzille de Montmel (1000 habitants)

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Le même soir, l’Orchestre du Capitole de Toulouse est à la salle Berlioz de Montpellier sous la direction de Tugan Sokhiev. Bertrand Chamayou et David Guerrier sont les solistes particulièrement inspirés du 1er concerto pour piano et trompette de Chostakovitch.

IMG_4105Le lendemain, 14 juillet, journée particulièrement riche ! Trois récitals de piano (ci-dessus Lukas Krupinski),

91P2Gr81nxL._SL1500_un programme autour du Stabat Mater de Haydn avec le Concert de la Loge et Julien Chauvin à l’Opéra Comédie, et le soir, au Domaine d’O, le premier d’une belle série de concerts de Jazz, avec l’Amazing Keystone Big Band et Celia Kameni.

IMG_4122Discussion avec David Ehnco (à droite) et Pascal Rozat (à gauche), programmateur des soirées Jazz du Festival Radio France.

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Le lundi 15 juillet, dès potron-minet, rendez-vous dans les studios de France Bleu Hérault pour la matinale de France Musique animée par Clément Rochefort.

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Le soir même, une venue très attendue, Gidon Kremer, Tatiana Grindenko et la Kremerata Baltica.

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Emotion palpable, silence absolu, un auditoire bouleversé, comme le soir de la création en 1977, par Tabula Rasa d’Arvo Pärt. Un concert à réécouter ici : Kremerata Baltica

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Le lendemain, tout le monde attendait le retour d’Evgueni Kissin après dix ans d’absence de Montpellier.

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Et hier soir, Hervé Niquet reprenait, pour le public du Festival Radio France et surtout les auditeurs de France Musique, le programme qu’il avait déjà conduit chez Berlioz à La Côte Saint-André (voir Les Nuits de la Côte). 

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Et puis, les hasards d’un déjeuner en terrasse me font rencontrer un personnage très attendu de ce Festival, le ténor Michael SpyresIl est bien arrivé à Montpellier et s’apprête à chanter le rôle-titre de Fervaal de Vincent d’Indyune bagatelle !

 

 

Suisse et centenaire

France Musique était hier soir en direct du Victoria Hall de Genève. Clément Rochefort nous faisait vivre « comme si on y était » l’un des concerts programmés pour le centenaire de l’Orchestre de la Suisse romandeLa chaîne française est à l’unisson de cet anniversaire avec chaque après-midi l’excellente série Arabesques (de F.X. Szymczak).

Le programme de ce 27 novembre était, à dessein, emblématique d’une tradition (celle de l’orchestre, fondé par Ernest Ansermet) et d’une ambition (celle du nouveau chef Jonathan Nott) : 3ème symphonie d’Honegger, une création suisse d’un compositeur britannique qui a la cote, James MacMillan, Gershwin et Bernstein pour le côté festif.

On sait mon attachement à cette phalange centenaire. C’est avec et pour l’OSR que j’ai commencé, en 1986, mon parcours professionnel dans le domaine de la musique et des médias, comme je le racontais ici (Etat de grâce) :  « J’ai souvent évoqué ici , et dans de précédentes éditions de ce blog, l’attachement presque filial qui me liait au chef suisse (Armin Jordan). Il était le patron de l’Orchestre de la Suisse Romande, lorsque, il y a exactement trente ans aujourd’hui, j’ai intégré la Radio suisse romande comme « producteur responsable de la musique symphonique » (ça ne s’invente pas un titre pareil), empruntant un nouveau  chemin professionnel – la radio, la musique – que je n’ai jamais regretté d’avoir choisi ! J’ai coutume de dire qu’Armin m’a tout appris d’un métier où l’expérience, la sensibilité, le sens des rapports humains, la perception des forces et des fragilités des artistes ne sont inscrits dans aucune règle »

J’ai tant de souvenirs de cette période (1986-1993) au cours de laquelle j’ai côtoyé les musiciens, les responsables de l’Orchestre, bâtissant tant de projets et de programmes. Il faudra que j’en raconte certains, si je ne l’ai pas déjà fait (comme une longue tournée en 1987 au Japon et en Californie avec Gidon Kremer et Martha Argerich). 

Ce sera ma modeste contribution à ce centenaire, qui n’a pas tout à fait l’envergure qu’on eût souhaitée. Le programme de ce « Premier siècle » tel qu’annoncé sur le site de l’orchestre : Le premier siècle de l’OSR me paraît bien mince, et pour tout dire, pas à la hauteur de l’événement. Je ne peux pas incriminer l’équipe qui a pris les commandes de l’OSR il y a quelques mois, après des années de présidence erratique, mais qu’il est dommage de ne pas avoir exploré et exploité les trésors qui dorment dans les archives de la Radio suisse romande, pour proposer une édition discographique d’ampleur qui restitue les grands concerts de l’OSR sous de prestigieuses baguettes !

Heureusement que des passionnés comme François Hudry ont pu faire profiter les auditeurs de la Radio suisse (Un alerte centenaire)  de France Musique de leur connaissance intime d’une phalange qui reste associée, dans l’esprit public, à son charismatique fondateur Ernest Ansermet (lire Ernest Ansermet mon idole). 

Heureusement que Deccaqui avait déjà copieusement réédité la majeure partie des enregistrements réalisés par le label britannique au Victoria Hall (lire La modernité d’Ernest Ansermet, Un chef suisse sans frontières, Ansermet et les Russesa prévu, au printemps 2019, une monumentale édition Ansermet (160 CD!) préparée par François Hudry.

 

Mais cela ne concernera jamais que la moitié de l’histoire de l’OSR, et seulement son fondateur. Quid du legs discographique considérable des chefs invités (Weller, Lopez Cobos, Dutoit…) et des successeurs d’Ansermet (Kletzki, Sawallisch, Stein, Jordan, Luisi, Steinberg, Janowski, Järvi) ? Warner a fait une partie du chemin concernant Armin Jordan :

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Les premiers concerts de Jonathan Nott (qui a pris ses fonctions il y a un an) avec l’OSR laissent augurer un renouveau artistique bienvenu.

Le programme du premier disque du tandem OSR/Nott ne laisse pas de surprendre. Je n’ai pas bien compris le lien entre la suite du ballet Crème fouettée (Schlagobers) de Richard Strauss, Jeux de Debussy et les Melodien de LigetiCela a au moins le mérite de l’originalité…

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