Le voyage d’Ouzbékistan (IV) : Sur la trace de Tamerlan

Tout ou presque à Samarcande parle de lui, Timour, plus connu sous le nom de Tamerlan (du persan تيمور لنگ, Timur(-i) Lang, qui signifie littéralement « Timour le Boiteux »); voir Samarcande la magnifique.

Le livre de Jean-Paul Roux me semble constituer une bonne approche d’un personnage devenu mythique, comme Alexandre ou Gengis Khan, guerrier, bâtisseur d’un immense empire, et d’une dynastie qui a essaimé dans toute l’Asie.

« Tamerlan a laissé dans l’histoire un souvenir qui rivalise presque avec celui de Gengis Khan et qui est plus précis parce que moins lointain. Ce Mongol turquisé régna trente-cinq ans, de 1370 à 1404, à Samarkand, et mena inlassablement des campagnes militaires, toutes victorieuses, qui le conduisent de Delhi à la mer Egée, de Damas au Turkestan chinois. Entreprises au nom de la guerre sainte musulmane, par un étrange paradoxe, elles eurent pour résultat essentiel la ruine ou l’affaiblissement des plus grandes puissances de l’Islam.

Il y a un mystère Tamerlan et même un véritable mythe, né sans doute de ses retentissants succès et aussi de la complexité du personnage. Imprégné des traditions païennes de l’Asie centrale, il se posait en musulman fervent. Boiteux, infirme du bras et de la main, il avait une énergie et une résistance physiques sans égales. Ne pouvant supporter qu’on évoquât devant lui les horreurs de la guerre, il laissait publier, souvent avec une exagération manifeste, le récit de ses innombrables meurtres, et faisait édifier, partout où il allait, des minarets de crânes. Destructeur de villes millénaires, il construisait en même temps dans sa capitale les plus somptueux édifices et jetait les fondements de la Renaissance timouride, l’un des plus beaux fleurons de la civilisation musulmane.

Son époque fut, comme lui-même, au confluent de deux cultures _ celle de l’Asie centrale, chamaniste et nomade, et celle de l’Iran, musulmane et sédentaire. Avec ses incroyables raids équestres s’achève le temps où les cavaliers armés d’arcs et de flèches imposaient leur loi dans toute l’Eurasie » (Présentation de l’éditeur)

La carte des conquêtes de Timur donne le vertige.

La gloire de Tamerlan

Samarcande et sa région portent le témoignage architectural de la grandeur de la Renaissance timouride (voir Samarcande la magnifique et les albums photo Le Reghistan, Le mausolée de Tamerlan, La nécropole de Shoh-i-Zinda).

On visitait hier l’ensemble le plus monumental de Samarcande : Bibi Khanun, du nom d’une femme de Tamerlan. Les deux façades dépassent les 40 m de hauteur, la taille des mosquées est impressionnante. Mais comme beaucoup d’édifices de la période timouride, ils ont failli disparaître, en particulier pendant la période soviétique.

Partout dans la ville des travaux considérables de restauration, de reconstruction ont été entrepris dès le début des années 1990. Le classement de Samarcande en 2001 par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité a accéléré le processus, certainement encouragé par le tout-puissant président de l’époque, Islam Karimov, natif de Samarcande.

Voir l’album photos sur Facebook : Bibi Khanum

La ville natale

Ce n’était pas prévu au programme, mais la visite s’imposait : la ville natale de Tamerlan, Chakhrisabz, est à une centaine de kilomètres au sud de Samarcande, sur la route de l’Afghanistan. On franchit un col à 1650 m d’altitude au milieu d’un paysage de montagnes nettement plus sec que ceux qu’on a pu traverser au Kirghizistan.

On ne peut bien sûr pas comparer la magnificence de Samarcande avec Chakhrisabz, mais les vestiges de la puissance de Tamerlan dans sa cité natale, notamment les restes du Palais blanc, dont la façade dépassait les 70 m de hauteur, témoignent de la gloire passée.

Voir l’album photos sur Facebook Chakhrisabz

Tamerlan en musique

Spontanément, pensant à la figure de Tamerlan dans la musique classique, me viennent à l’esprit les noms de Vivaldi et Haendel.

Mais en cherchant un peu je vois que le personnage avait déjà inspiré Alessandro Scarlatti (Il gran Tamerlano) en 1706, Francesco Gasparini (Tamerlano) en 1710

L’opéra de Vivaldi – Bajazet ou Il Tamerlano – est créé en 1735

Il suit l’ouvrage de Haendel (1724) qui a eu plus de chance avec la postérité que celui de Vivaldi. J’ai depuis toujours une préférence pour la version de John Eliot Gardiner

Je trouve cette rareté sur YouTube… Placido Domingo dans le rôle de Bajazet sur la scène du Teatro Real de Madrid

Le voyage d’Ouzbékistan (III) : Samarcande la magnifique

Après la traversée du désert en voiture (lire La solitude des champs de coton) pour le trajet de Khiva à Boukhara, c’est cette fois un train rapide qu’on emprunte pour atteindre Samarcande. La gare de Boukhara est curieusement située à 15 km du centre ville, et le Talgo va se révéler plutôt inconfortable du fait de voies de chemin de fer sans doute mal calibrées pour ce genre de train.

La steppe, voire le désert, nous accompagnent presque tout le long, jusqu’à ce que le paysage verdisse lorsqu’on s’approche de Samarcande, située au coeur d’une oasis.

Samarcande ou l’émerveillement

Tout juste arrivés à l’hôtel – la nuit tombe tôt, à 19 h (3 heures d’avance sur la France) – nous sommes conviés à un dîner chez l’habitant, en l’occurrence chez une charmante vieille dame, ancienne professeure de français, qui nous paraît bien fatiguée et qui a du mal à tenir une conversation en français. Dans la cour de sa maison nous rejoindront bientôt son mari, son fils et l’un de ses petits-fils. La conversation tourne court. On apprécie le plov qu’elle a préparé – c’est le plat national ouzbek… et kirghiz, et c’est à peu de choses près ce qu’on connaît en France comme le riz Pilaf !

On est vite sorti de ce dîner, et on a hâte de rejoindre la fameuse place du Reghistan, à quelques centaines de mètres.

On sait, on s’y est préparé, et même si la place est fermée au public, comme elle le sera tous les soirs jusqu’au 25 août – un gigantesque spectacle se prépare pour un festival qui durera toute la semaine prochaine – on éprouve en s’approchant le choc, l’émotion, le sentiment d’être devant l’une des merveilles du monde

Lorsqu’on y revient en plein jour, l’impression n’est pas moindre.

Ce mercredi matin, on va visiter les trois somptueux édifices qui entourent cette place – littéralement la place du Sable – et bien sûr rester interdits devant tant de magnificence, de grandeur. Comme toujours, les photos, les vidéos, ne rendent pas compte du vertige qui vous saisit devant une immensité aussi intense.

La mosquée d’or au sein du Reghistan.

Voir toutes les photos sur Facebook : Samarcande, le Reghistan

On apprendra bientôt le détail de l’histoire de cette ville – Samarcande – et de celui qui en fut presque le créateur – Timur ou Tamerlan. C’est proprement vertigineux. On reviendra sur la figure et la dynastie de Tamerlan, parce qu’elles ont profondément modelé cette région du monde.

Le mausolée de Timur (Tamerlan)

Voir sur Facebook les albums photo complets : le mausolée de Tamerlan

La nécropole de Shohi Zinda qu’on découvre au nord-est de la ville de Samarcande est l’ensemble monumental le plus impressionnant qu’on ait jamais vu.

On est en milieu de semaine mais on nous dit que le dimanche ici est comme un métro bondé, tant la foule de touristes et de pèlerins est dense…

Voir l’album complet sur Facebook : Samarcande, la nécropole de Shoh-i-Zinda

Suite de la découverte de Samarcande et un point d’histoire demain sur Tamerlan. Avec un peu de musique (avec Haendel et Vivaldi notamment). Avant-goût :

Ce mercredi soir on dîne à la fraîche sur la terrasse d’un restaurant situé à l’arrière du Reghistan. Vue imprenable.

Précision orthographique : comme pour le russe, la transcription des noms de lieux, de villes se fait soit en recourant à la -détestable- transcription dite internationale, soit en essayant de reproduire phonétiquement des noms d’origine turque, persane, ouzbek, indienne ou russe ! bonjour le travail. Ainsi la ville de Boukhara s’écrit ici Buxopo. Ou la fameuse place de Samarcande : Registon qui se prononce bien Ré-gui-stan

Le voyage d’Ouzbékistan (II) : les merveilles de Boukhara

Les remparts qui ceignent Khiva (voir Le voyage d’Ouzbékistan I) font 2 kilomètres, ceux qui entouraient l’antique cité de Boukhara, 12 km ! La ville est infiniment plus vaste, mais le charme plus modeste de Khiva ne se laisse pas oublier. Peut-être qu’après avoir vu Samarcande, je changerai d’avis.

Al-Khwârizmî (Algoritmi) et Avicenne

Au musée de Khiva, comme ici à Boukhara, on célèbre partout et à juste titre les grandes figures de la science nées dans cette région si riche d’influences et de traditions. : Al-Khwârizmî (en latin Algoritmi) né en 780 près de Khiva, mort en 850 à Bagdad, inventeur de l’algèbre moderne, et Ibn Sina, plus connu sous le nom d’Avicenne, né le 7 août 980 près de Boukhara, alors persane, mort en juin 1037 à Hamadan (Iran), Avicenne que ses disciples considéraient comme le « prince des savants »

Avicenne (980-1037)

Al-Khwârizmî (780-850)

On ne manque pas d’être impressionné par la liste des savants, inventeurs, astronomes, philosophes nés en Asie centrale (à voir ici).

On pourrait penser que les traditions séculaires n’ont pas survécu à la modernité, et surtout à la période soviétique qui a tenté de faire table rase du passé millénaire des émirats, royaumes et autres khanats qui se partageaient la région depuis le XVIe siècle.

On sent au contraire, au Kirghizistan comme ici en Ouzbékistan, une volonté farouche encouragée par les pouvoirs publics de faire vivre les traditions artisanales (lire Les chevaux de Kirghizie) comme la tapisserie – les fameux tapis de Boukhara – le tissage de la soie (vêtements, parures, nappes). On a envie de tout acheter, d’autant que le prix demandé, en soi relativement élevé, n’est rien en comparaison des jours et des mois de travail à la main des familles qui perpétuent la tradition : les hommes fabriquent les supports, font les couleurs, naturelles bien sûr, les femmes brodent, cousent, ornementent…

L’atelier de Davron Toshev

Le personnage a sa fiche Wikipedia.. en ouzbek, c’est ici une star qu’on est allé rencontrer dans son vaste atelier/hôtel où des étudiants/apprentis du monde entier viennent se former ou se perfectionner à l’art de la miniature sur papier de soie ou de coton. Il a fait maintes expositions notamment en France, à l’Institut du monde arabe, et c’est un homme adorable : Davron Toshev

Voir l’album photos sur Facebook

Boukhara la grande

Le guide qui nous conduit dans et autour de Boukhara forme un contraste bienvenu avec sa collègue de Khiva. Il parle un français excellent, nourri de plusieurs séjours en France il y a une quinzaine d’années, il s’adapte à notre conversation, nos questions, et ne se contente pas de réciter son manuel du parfait touriste.

Les proportions sont impressionnantes, les anciennes madrassas se dressant face à face auprès de minarets qui servaient de repères aux caravaniers de la route de la soie. Les marchands sont nombreux, mais les produits de l’artisanat local sont de loin plus présents que les babioles importées, les artisans sont heureux de montrer leur savoir-faire et n’agressent jamais le touriste. Au contraire, toutes celles et tous ceux que nous croisons devant leurs étals, dans les cafés, les restaurants, sont d’une amabilité, d’une gentillesse même, auxquelles on n’est plus accoutumé.

Le minaret Kalon

La légende veut que le prophète biblique Job, ici Ayub, ait un jour de grande sécheresse frappé le sol de son bâton et fait jaillir une source (lire l’histoire du puits de Job). Depuis lors un mausolée construit au XIVe siècle sous Tamerlan – Chashma Ayub – commémore l’événement et abrite une source qui ne s’est jamais tarie.

Voir les albums photo complets sur Boukhara et Le Palais d’été du dernier émir de Boukhara

Le voyage d’Ouzbékistan (I) : la solitude des champs de coton et la mort d’Alain Delon

J’ai laissé ce blog sur les hauteurs du lac Son au Kirghizistan (Les chevaux de Kirghizie). En une semaine, que de chemin parcouru et d’impressions emmagasinées !

Mardi 13 août : la nuit a été fraîche, la petite porte de la yourte était mal ajustée et la température au réveil ne devait pas excéder 6°. On refait à pied une partie du parcours qu’on a fait à cheval la veille, histoire de se dégourdir les jambes avant de reprendre la voiture pour un long trajet vers la région de Talss et la vallée de Suusamyr. Quelques haltes pour photographier des montagnes de toutes les couleurs, puis déjeuner au bord de la rivière pour enfin goûter à la truite qui est annoncée le long des routes.

La truite fraîchement pêchée et grillée.

Dernière nuit au Kirghizistan dans un petit hôtel au bord d’un torrent (boules Quies requises), à Chychkan.

Mercredi 14 : on refait la route dans l’autre sens cette fois pour rejoindre Bichkek et son aéroport. Ici ils appellent cela autoroute parce que c’est l’unique liaison entre le sud (Och) et le nord (Bichkek). On y verra beaucoup de camions, des vélos et mêmes des troupeaux.

Au contrôle des passeports, le policier me salue d’un « Bonjour » et me demande si j’ai aimé le Kirghizistan, me faisant comprendre avec un grand sourire qu’il ne me laissera passer qu’en cas de réponse positive ! J’y reviendrai plus tard, mais c’est tellement plus sympathique pour le visiteur arrivant au Kirghizistan (comme en Ouzbékistan) de ne pas devoir subir des files et des contrôles interminables à l’arrivée, ni visa ni multiples tampons.

Vol d’une heure vers Tachkent, la capitale de l’Ouzbékistan. Le contraste entre les deux capitales est saisissant dès l’arrivée à l’aéroport : l’opulence s’affiche sans complexe. On s’offre un dîner italien à l’hôtel. La cuisine kirghize est délicieuse, goûteuse parce que faite de produits locaux et de traditions séculaires, mais elle est un peu répétitive… Noter pour y revenir que le plat national dans les deux pays est le « plov », traduit en français par le riz « pilaf » !

Jeudi 15 :

Une jeune guide, dont la famille a des origines iraniennes, et dont le visage nous fait plus d’une fois penser à… Simone Veil, nous entraîne pour une visite de Tachkent sous un soleil de plomb. La ville est immense, larges avenues bordées de parcs et jardins, rangées de magasins de marques, parfois à la limite du clinquant. Peu de monuments anciens, même si les plus importants d’entre eux ont été reconstruits à l’identique après le terrible tremblement de terre du 26 avril 1966 (lire Le Monde : la terre tremble à Tachkent). On visite le grand marché central, puis quelques stations de métro – prototype du métro soviétique, autorisé en 1972 par Brejnev, six ans après le séisme, et ouvert en 1977 -.

Déjeuner obligé dans un immense restaurant « typique » au milieu d’une escouade de jeunes serveurs et serveuses. L’après-midi visite privée des mythiques studios d’Ouzbek Film. Ce sera un article à lui seul.

Le soir on choisira un établissement prisé des locaux au milieu d’un parc : la température extérieure est encore de 37°.

Album photos complet de Tachkent à voir sur Facebook.

Vendredi 16 : réveil aux aurores, départ de l’hôtel à 5h pour rejoindre le petit aéroport intérieur de Tachkent, emprunter un vol d’Uzbekistan Airways (un Airbus A320 flambant neuf) pour rejoindre la ville d’Ourgench à l’ouest du pays. A l’arrivée on pensait tomber sur un guide masculin – ne pas se fier aux prénoms locaux – c’est une plantureuse mère de deux jumeaux qui, d’une voix très sonore et bien peu agréable – va nous faire le coup, deux jours durant, de l’Ouzbékistan pour les nuls. D’abord le désert non loin de la mer d’Aral, et les vestiges de plusieurs forteresses érigées au début de notre ère – on entendra bien dix fois qu’il y avait autrefois plus d’une cinquantaine de constructions de ce type : Ayaz Qala. L’érosion, l’absence d’entretien et surtout d’intérêt de la part des autorités soviétiques, ont fait leur oeuvre. Mais à voir ce qui reste, on peut encore imaginer ce que devaient être ces places fortes surgies du désert.

Les souvenirs d’enfance, d’école, reviennent : j’ai toujours su que l’Amou Daria et le Syr Daria étaient les plus grands fleuves de la région, qui se jetaient dans ce qui fut la mer d’Aral. On reparlera de la catastrophe écologique que représente l’assèchement de ce qui était la quatrième plus grande étendue lacustre au monde…

Depuis 2017, la surface en eau de la mer d’Aral a encore été réduite de moitié…

Je doute que Bernard-Marie Koltès ait jamais visité cette partie d’Asie centrale, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer qu’il eût été inspiré par notre parcours du jour, pour deux de ses pièces emblématiques : Le retour au désert et Dans la solitude des champs de coton. De retour du site d’Ayaz Qala pour rejoindre la ville antique de Khiva, nous longeons d’immenses champs de coton, puisque l’Union soviétique avait décrété la culture intensive du coton (qui nécessite de grandes quantités d’eau, d’où le détournement des lits de l’Amou et du Syr Daria !).

Notre hôtel est une ancienne madrassa, construite en 1905 aux portes de la ville ancienne. Une chambre comme une cellule d’étudiant. Balade sous la chaleur dans une cité miraculeusement préservée et dîner sur une terrasse qui domine la place centrale. Emerveillement tous azimuts

Samedi 17 : à 9 heures tapantes, notre guide nous attend à l’hôtel pour une visite des principaux monuments de la vieille ville de Khiva. Parlant à la cantonade, y compris dans les lieux de prière, elle récite son « Khiva pour les nuls », en prenant soin de répéter chaque phrase. C’est un peu la honte. Les beautés de la cité antique se cachent à l’intérieur des palais, où, en dehors d’un groupe d’Italiens grégaires et bavards, le touriste est plutôt rare. Déjeuner obligé sur une terrasse où le vent rafraîchit l’atmosphère. Puis un chauffeur nous prend en charge pour nous conduire à Boukhara, à près de 400 km de là. Le trajet annoncé comme devant durer 8h, se fera en à peine cinq heures. Sitôt sortie de la zone urbaine d’Ourgench, la voiture file d’abord vers le long pont métallique qui franchit le lit très large de l’Amou Daria, puis traverse, sur plus de 200 km, ce qu’on nomme ici le désert rouge. Magique, surtout au coucher du soleil. La nuit est déjà tombée lorsque nous arrivons à Boukhara, dans un hôtel situé aux portes de la vieille ville. Demain s’annonce comme une découverte peut-être plus impressionnante encore que Khiva.

Album photos complet de Khiva à voir sur Facebook

Ce que ne m’a jamais dit Alain Delon

A l’heure où je boucle cet article, je sors d’un déjeuner avec le guide qui nous conduit dans Boukhara et qui nous a appris la mort d’Alain Delon. L’avantage de ne pas être connecté à internet, en dehors des hôtels où nous logeons, c’est d’échapper à la ribambelle des RIP et autres hommages obligés. Je n’ai rien à ajouter à tous les articles, tous les hommages qui sont et seront rendus à l’une des dernières stars mondiales du cinéma français. Je vais les lire bien sûr, revoir les films où éclatait la beauté solaire du jeune acteur.

French actor Alain Delon on the set of The Yellow Rolls-Royce directed by British Anthony Asquith. (Photo by Sunset Boulevard/Corbis via Getty Images)

Ah si peut-être un souvenir personnel, que je ne mentionnerais pas si la circonstance ne s’y prêtait. A la toute fin des années 70, comme je le rappelais à l’occasion de la disparition de Jean-Yves Bouvier, l’âme de l’Elysée-Matignon, la boîte la plus en vue de Paris de l’époque, je fréquentais beaucoup cet établissement, où je retrouvais souvent la même bande de copains. Lorsque j’y allais seul ou que j’arrivais en avance, Jean-Yves Bouvier me demandait souvent comme un service – aussi agréable qu’impressionnant pour le petit provincial que j’étais – de faire la conversation dans le carré VIP aux célébrités présentes. Le pot de fleurs en quelque sorte. C’est ainsi que je fus une fois assis à côté d’Alain Delon, avec qui j’ai dû échanger quelques impérissables banalités.

L’été 24 (VII): Georges Prêtre #100

Georges Prêtre est né il y a cent ans, le 14 août 1924, à Waziers dans le Nord. A cette occasion, la SWR a édité un coffret qui documente – enfin – les années que le chef français a passées à la tête de l’orchestre de la radio de Stuttgart

On aime y retrouver ce qui nous a souvent séduit et/ou agacé chez Prêtre, un charme indéniable, une évidente accointance avec la musique française souvent parasitée par des coquetteries – ces fameux rubatos – qui faisaient sa marque. Rien de bouleversant dans ce coffret, les Beethoven et les Brahms complètent le tableau discographique du chef, les Berlioz et Ravel sont conformes aux autres témoignages qu’on a de Georges Prêtre dans ce répertoire. En revanche, on dispose à nouveau d’une petite merveille, la symphonie en ut de Bizet – oubliée du coffret RCA – et de très poétiques Respighi où le chef se fait coloriste.

Je ne connaissais pas cette vidéo d’un concert à la Scala :

Pour le reste, je renvoie aux articles que j’avais consacrés au chef français lors de sa disparition – Série noire – et des formidables rééditions de ses enregistrements pour RCA et EMI – Le grand Prêtre

Et puisque les Jeux Olympiques viennent de se refermer, cette Sport Polka de Josef Strauss donnée en bis par Georges Prêtre et les Wiener Philharmoniker lors du concert de Nouvel an 2008 est toute indiquée

Les chevaux de Kirghizie

Les voyages forment la jeunesse, dit-on, c’est vrai aussi pour les plus vieux comme moi. Quand on lit sur le programme d’un voyage qui ne peut qu’être organisé à l’avance – dans les pays que je visite cette année – des mentions comme : Fabrication d’une yourte, ou Visite d’une coopérative d’artisans du feutre, on s’attend à des démonstrations toutes faites pour les touristes.

Touristes nous sommes bien sûr, mais la gentillesse naturelle, spontanée, de tous les Kirghizs, grands et petits, croisés jusqu’à présent, n’est pas sans étonner. Avant-hier, dans le centre de Kotchkor, près des étals d’un petit marché, je reçois une tape dans le dos, aussitôt suivie d’une chaleureuse poignée de main de la part d’un homme entre deux âges, le visage buriné, le sourire édenté, qui me demande en russe d’où je viens : la France ! Et le voici de redoubler de serrements de main, me félicitant… pour les Jeux olympiques et la fête à Paris. Dans la rue proche de l’hôtel, tout un groupe d’enfants de 2 à 7 ans se presse pour me serrer la main, se faire photographier avec un large sourire…

La fabrication des yourtes

Arrêt donc dans le village de Kyzyl Tuu, où la majorité des habitations est constituée d’ateliers de fabrication de yourtes, l’arbre servant à la structure de cet habitat traditionnel nomade, le saule, poussant en abondance près de la rivière.

La yourte traditionnelle, artisanale, est sans doute l’habitat le plus écologique au monde, puisque constituée uniquement de produits de la nature, le bois de saule, la peau de vache pour faire les joints (aucun boulon ou vis), et le feutre pour le toit et le revêtement des parois. Le coût d’une yourte est d’environ 5000 dollars, l’artisan qui nous a reçus nous confiait que le marché était de plus international, et que rien qu’en France il en avait déjà exporté plus de 500 !

Le feutre des femmes

Le feutre, la feutrine, ont presque disparu de nos environnements d’Europe, à l’exception des porteurs de chapeaux…

J’avoue que j’ignorais jusqu’à la visite de la coopérative des femmes de Kotchkor comment était fabriquée cette matière si naturelle, et si précieuse dans les régions exposées à des températures extrêmes, le feutre.

La tradition de fabrication centenaire nous a été présentée de manière plutôt amusante. Après avoir superposé deux couches de laine de mouton brute, non cardée, non tissée, notre hôtesse l’arrose d’eau chaude, l’enroule dans un fétu de paille, puis durant 15 minutes, assène des coups de pied au rouleau (évidemment le visiteur est prié de se plier à l’exercice !), de manière à essorer l’ensemble. Aucun élément mécanique n’intervient à aucun moment. Puis, une fois le carré de feutre – c’est donc uniquement l’eau qui « lie » la laine brute – réalisé, d’autres femmes prennent le relais pour imaginer des dessins, superposer différentes couleurs. Sans aucun usage de produit artificiel. Ecolo en diable !

Les chevaux du lac Son Kul

Le plus impressionnant, en tout cas les souvenirs les plus forts qui me resteront de ce voyage en Kirghizie, est la découverte du lac Son Kul, situé à 3000 m d’altitude, au sud de Kotchkor. Aucune photo, aucune vidéo, ne parviendra jamais à restituer l’immensité silencieuse, la beauté changeante des eaux et des rives du lac, et le compagnonnage de milliers de chevaux, vaches et moutons en apparente liberté – les bergers, parfois très jeunes, les surveillent de loin.

Ici, aucune construction touristique, pas d’électricité, sauf celle que produisent des générateurs une ou deux heures par jour, pas de connexion internet ou même téléphonique. La nuit dans une yourte est une expérience à vivre, tant le différentiel de température entre plein midi et minuit est saisissant. Et partout, tout le temps, un silence absolu, à peine rompu par le cri d’un aigle, le hennissement d’un cheval ou un meuglement de jeune veau.

Toutes les photos à voir sur Facebook : Les chevaux du lac Son Kul

Je ne peux décrire le plaisir que j’ai pris à parcourir ces paysages à cheval. Expérience unique !

Que la montagne kirghize est belle !

On aurait pu choisir une plage déserte de la rive sud ou une station balnéaire animée de la rive nord de l’immense lac Ysyk Kul.

La rive nord du lac Ysyk Kul le jour et au couchant

Mais c’est bien la montagne qu’on a choisi d’explorer, à des altitudes raisonnables.

Les sources chaudes d’Altyn Arashan

La vallée d’Altyn Arashan se mérite, les sources chaudes à 2555 m aussi. On est prévenus, on doit affronter 2 heures de cahot non stop en 4×4 militaire (on se croirait dans un simulateur de vol avec turbulences maximales !). Mais ce qu’on découvre sur le parcours, le torrent furieux, les pics enneigés qui se découvrent, un bain chaud à 38 degrés, moins chargé minéralement que d’autres visitées. On rencontre une famille de Kirghizs qui passe l’été en altitude avec chevaux, âne et vaches, qui fabrique le pain et pêche la truite à côté. Les deux derniers garçons (2 ans et demi, un an et demi) ne sont pas les derniers à monter l’âne ou le cheval.

Voir l’album photo complet sur Facebook

Svetlaia Poliana

C’est le trek traître par excellence : on m’avait annoncé un parcours « doux ». En réalité comme les faux plats pour les cyclistes, le marcheur qui croit arpenter une belle montagne à vaches fait 7 km en montée continue pour un dénivelé de 700 mètres. C’est mon cardiologue qui va être content !

On croise des troupeaux de vaches à la robe bronze et or splendides, des chevaux d’une élégance admirable qui semblent avoir la montagne pour eux. Ils ne sont pas sauvages et redescendront à la fin de l’été. Parfois on croise de très jeunes cavaliers.

Comme à chaque expérience de ce type (l’an dernier au Lakakh) la meilleure photo, la meilleure vidéo du monde sont incapables de restituer l’impression d’immensité qui vous saisit.

On aperçoit au fond le lac Ysyk Kul

Toutes les photos à voir sur mon album Facebook

L’aigle de Tamga

Ce matin on avait rendez-vous avec un aiglier – un terme appris à’l’occasion, comme un fauconnier s’occupe de faucons – un authentique Kirghiz, avec ses enfants, deux garçons, deux filles, à 2300 m d’altitude au-dessus de Tamga. Personnage immédiatement sympathique, prenant le temps d’expliquer qu’il est la quatrième génération de sa famille à s’occuper ainsi d’élever des aigles, qui vont rester de quinze à vingt ans auprès de leur maître (les femelles restant le plus longtemps) à être « éduqués » à chasser, puis sont libérés dans la nature à l’état sauvage. Une très belle tradition qu’on était heureux de vivre de près !

Assez inattendu dans ce cadre grandiose un monument à Gagarine le premier cosmonaute soviétique

Voir l’album complet sur Facebook

Dans les steppes de l’Asie centrale

Une commande d’Alexandre

L’une des oeuvres les plus connues de la musique classique russe est assurément le poème symphonique de Borodine Dans les steppes de l’Asie centrale. Commandé au compositeur pour le 25e anniversaire du règne d’Alexandre II, dédié à Liszt, et créé par Rimski-Korsakov le 20 avril 1880 à St Pétersbourg.

En réalité, la Kirghizie est plus un pays de montagnes que de steppe ou de plaine. Mais en longeant la rive nord du lac YsyK Kul, le plus grand lac de montagne du monde après le lac Titicaca, et en même temps la frontière avec le Kazakhstan, j’ai eu, plus d’une fois, l’impression de parcourir la steppe qui est l’essence même du paysage du pays voisin.

Une histoire de petits chevaux

Visitant en juin la ménagerie du Jardin des Plantes, montrant à mes hôtes l’une des espèces sauvegardées par et grâce à l’établissement parisien, les chevaux de Prjevalski,

j’étais loin de me douter que je visiterais deux mois plus tard la tombe et le musée dédié au « découvreur » de cette espèce, le général explorateur russe Nikolaï Mikhaïlovitch Prjevalski, à Karakol sur les bords du lac Ysyk Kul.

J’avoue que j’ignorais tout de ce personnage à la Jules Verne, qui toute sa vie rêva d’accéder au Tibet, à Lhassa, et qui mena cinq expéditions parmi les plus extraordinaires dans l’Empire russe, essentiellement en Asie centrale (elles sont parfaitement racontées dans l’excellente fiche Wikipedia qui lui est consacrée)

La mosquée chinoise

Une précision d’importance, que toutes les personnes rencontrées depuis le début de mon séjour au Kirghizistan évoquent : leur double appartenance. Ils se revendiquent et d’une nationalité et d’une citoyenneté, les deux ayant toujours été mentionnées sur les passeports jusqu’à une période récente. Quand ils se présentent à vous, ils se disent d’abord kirghiz, ouzbek, russe, etc.

Avant hier j’étais invité à dîner dans une famille ouïgour, installée ici depuis plusieurs générations. Grâce à des campagnes de mobilisation internationale, le sort tragique des Ouïghours de Chine est connu. SI on veut les respecter, commençons, n’est-ce-pas M. Glucksmann !, par les prononcer correctement : non ce ne sont pas des Ouiiii-gours, mais des Ouille-gours. Si les musulmans chinois de cette communauté sont toujours traqués dans leur pays, il y a longtemps que les Ouïghours et leurs frères en religion, les Dounganes, ont trouvé refuge en terre kirghize.

C’est ainsi qu’ils ont érigé à Karakol, entre 1907 et 1910, une mosquée tout à fait étonnante dans son apparennce.

La mosquée Dungan de Karakol a été construite entre 1907 et 1910 sans un seul clou, par les Douneganes, une communauté de musulmans chinois arrivés à Karakol pour fuir les violences des années 1870 et 1880.

La mosquée a été conçue par un architecte chinois, qui a incorporé des couleurs et des motifs traditionnels dans l’architecture. Le rouge, le vert et le jaune sont des couleurs prédominantes en raison de leur signification symbolique dans la culture dounegane (le rouge pour la protection contre les mauvais esprits, le jaune pour la prospérité et le vert pour le bonheur). On y trouve également des dragons et un phénix, ainsi qu’une roue de feu, qui sont des motifs typiques des Douneganes. À côté de la mosquée se trouve un minaret en bois en forme de pagode.

Aujourd’hui, la mosquée est utilisée par l’ensemble de la communauté musulmane de Karakol, et pas seulement par les fidèles douneganes.

La Russie éternelle

La ville de Karakol est surprenante. 90.000 habitants à peine, mais établis sur une immense superficie, de rues parallèles et perpendiculaires. Pas de véritable centre urbain, une ressemblance frappante avec la plupart des petites villes américaines, s’il n’y avait ici et là quelques vestiges de maisons typiques des villes de province russes. On nous dit que la position du gouvernement est de pousser les propriétaires et les acheteurs à préserver ce patrimoine historique, tout projet de transformation semble interdit.

Aujourd’hui musée cette petite maison est le siège du premier Soviet nommé dès 1920.

Rareté dans le paysage kirghize, l’église orthodoxe de la Sainte-Trinité date de la fin du XIXe siècle, elle a été construite sur le lieu d’une ancienne église détruite par un tremblement de terre. Elle avait été interdite au culte sous Staline, puis progressivement rétablie dans ses prérogatives religieuses. Elle a bénéficié d’une rénovation récente.

Au pays du premier maître

Mes vacances me conduisent cette année en Asie centrale, dans ces contrées si foisonnantes dans notre imaginaire, en commençant par le Kirghizistan.

Le Premier maître

J’ai raconté, dans un précédent article (La femme de Tchaikovski) un souvenir très fort de mes années étudiantes à Poitiers, une semaine de cinéma soviétique qui m’avait, entre autres, permis de découvrir un film fondateur – Le Premier maître (1965) – d’Andrei Konchalovski, qui se déroule ici dans les montagnes de Kirghizie, et qui s’inspire d’un héros national de la littérature kirghize, Tchinguiz Aïtmatov (1928-2008)

On peut voir le film seulement sur YouTube (mais contrairement à ce qui est indiqué, il n’est pas sous-titré en français !)

J’avais déjà anticipé ce voyage en savourant les Mémoires de Michel Ciment (lire Mémoires vives), où dans ses premiers chapitres, le grand critique de cinéma raconte ses voyages en URSS dans les années 70 et singulièrement dans les républiques d’Asie centrale où la créativité des cinéastes et des acteurs échappait à la censure centrale. Je compte visiter moi-même bientôt l’un de ces mythiques studios…

Et pour compléter le dispositif, j’ai téléchargé le dernier ouvrage de Dominique Fernandez :

Un livre sur le roman soviétique, maintenant ? Précisément maintenant : comme le disait Romain Rolland pendant la Grande Guerre, ce n’est pas parce que les Allemands l’ont voulue que nous allons renier Goethe.
Qui plus est, quantité des écrivains que Dominique Fernandez, un des plus grands connaisseurs de la littérature russe (Dictionnaire amoureux de la Russie, Plon, 2004, Avec Tolstoï, Grasset, 2010), nous présente ici, ont été d’opposition à Staline, ou ont tourné la censure par le roman historique ou le roman de science-fiction. 
Avec la chute de l’URSS, tout un pan de la littérature occidentale a été injustement effacé. Dominique Fernandez fait revivre pour nous les œuvres et la vie des grands de la période (entre la Révolution et Khrouchtchev), de Gorki à Pasternak, en passant par Ehrenbourg, Babel, Paoustovski, Aïtmatov ou Alexeï Tolstoï.
Il nous rappelle aussi l’admirable moment littéraire qu’a engendré l’après-Révolution. S’opposant à une idée trop facilement reçue, il exhume du mépris où ils ont été plongés de grands auteurs du « réalisme socialiste ». La dictature a, par contrecoup, fait naître une fiction satirique que nous découvrons ici, comme les savoureux Olecha, Zochtchenko ou Ilf et Pétrov. Loin de réduire la littérature au silence, la tyrannie expie ses fautes par un des plus grands livres par lequel Dominique Fernandez achève le sien, Vie et Destin de Vassili Grossman.
Un livre de justice, un livre de savoir, un livre, aussi, de saveur.
(Présentation de l’éditeur)

Où il s’avère – je n’avais pas besoin de ce livre pour le savoir ! – que, comme en musique et tous les arts en général, il faut toujours se garder des simplismes, des visions manichéennes de la culture de l’époque soviétique.

Une ville soviétique : Bichkek

Première étape de ce voyage, la capitale du Kirghizistan, Bichkek, jadis appelée Frounzé – de 1926 à 1992 – du nom du dirigeant bolchevik Mikhail Frounzé.

L’élément qui frappe immédiatement le visiteur, dès l’arrivée à l’aéroport, c’est la diversité, le mélange des ethnies, des visages, des types humains, qui se côtoient sans aucune difficulté apparente. Autre découverte pour moi, russophone, la langue kirghize qui s’écrit aussi en cyrillique mais qui n’a rien à voir avec le russe (qui est ici la langue dominante, sinon officielle). Perturbant et amusant.

Mais le plus étonnant est incontestablement le fait que Bichkek est demeurée comme l’exemple de la ville soviétique, avec ses larges avenues, ses innombrables parcs et jardins, ses monuments à la gloire des héros de l’ex-URSS et de la légende nationale, ses bâtiments officiels. Voir mon album complet sur Facebook

Je ne suis pas sûr qu’il subsiste beaucoup de statues de Lénine dans le monde ni même en Russie. Ici elle a juste été déplacée vers l’arrière du Musée national !

Hommage à la première héroïne kirghize « féministe’ Datka Kurmanjan (1811-1907)

Le Parlement

Le Musée National de Bichkek

Un cinéma typique de la période soviétique

L’Opéra de Bichkek, construit en 1926.

Il y a dix ans (IV) : François Hollande et le café liégeois

En 2012, pour compenser en quelque sorte la fermeture du Consulat général de France à Liège, j’avais été nommé Consul honoraire de France pour la province de Liège. Fonction bénévole mais exigeante, puisque le consul honoraire appelé à aider, voire secourir les Français (notamment les nombreux étudiants) résidant dans cette partie de la Wallonie francophone, et à représenter son pays aussi souvent que c’est nécessaire.

Cette photo me touche quand je la revois : c’était le 14 juillet 2013, parce que c’est une tradition à Liège de célébrer la fête nationale française, en présence des plus hautes autorités de la Ville et de la Province !

François Hollande à Liège

Le 4 août 2014, il y a donc exactement dix ans, plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président de la République française, avaient fait le déplacement de Liège, pour marquer le centenaire du début de la Première Guerre mondiale et de la fameuse Bataille de Liège. C’est la résistance héroïque des forts de Liège qui retarda l’invasion allemande et sa percée sur la France. Voilà pour la grande histoire ! La petite histoire est aussi connue : c’est pour honorer ces courageux Liégeois que les cafetiers parisiens débaptisèrent le café viennois et le renommèrent « café liégeois« , que la rue et la station de métro Berlin furent rebaptisées Liège, et qu’en 1919 la Légion d’Honneur fut décernée à la Ville de Liège.

En faisant le bourgmestre de la Ville de Liège, Willy Demeyer, Officier de la Légion d’Honneur, François Hollande marquait la reconnaissance renouvelée de la France cent ans après.

En retrouvant un extrait du discours prononcé ce jour-là par le président de la République d’alors, je suis frappé par la permanence de certains événements : l’Ukraine, Gaza, l’Europe… Dix ans après ! La paix ou la guerre ?