Le revers des gilets

J’ai tenté l’humour (Petit dictionnaire incorrect de mots actuelspuis essayé de comprendre (Le grand désamour).

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Hier – enfin – nous était livrée par L’Obs l’analyse réalisée par un chercheur de la Fondation Jean Jaurès sur le vrai visage de ces leaders les plus suivis des Gilets jaunes. Edifiant ! A lire jusqu’au bout…

Tous les « gilets jaunes » sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres

« On a vu et on continue de voir sur tous les plateaux Jacline Mouraud,dont la vidéo Facebook aux 6 millions de vues a contribué à populariser le mouvement. La disponibilité face aux médias de la quinquagénaire a permis de donner un visage à celui-ci. Les chaînes d’information continuent de solliciter ses commentaires et réactions avant et après chaque défilé. En réalité, elle ne représente plus qu’elle-même. Les messages qui mentionnent son nom sur les groupes des « gilets jaunes » visent désormais à l’insulter, à dénoncer ses ambitions personnelles, à s’insurger contre sa volonté de calmer les esprits après les violences observées dans les défilés et à critiquer sa mise en avant dans les médias, à présent considérée comme la preuve que ces derniers cherchent à diviser et à circonscrire le mouvement.

Sa parole semble ne plus avoir aucune valeur en interne, et il ne faut donc plus lui en accorder en externe. Il en va de même pour l’ensemble des initiateurs de son collectif « Gilets jaunes libres », qui affiche certes l’ambition de présenter une liste aux élections européennes mais qui ne rassemble que 2.444 personnes sur sa page Facebook : un chiffre qui devrait inciter les programmateurs de débats télévisés à reconsidérer le poids réel de la parole de Jacline Mouraud ou de celle de Benjamin Cauchy, autre « Gilet jaune libre » plébiscité par les médias.

Même s’ils disent en refuser l’étiquette et s’ils sont manifestement aidés dans leur tâche par une petite équipe de modérateurs et de conseillers, il est évident qu’il y a désormais deux chefs des « gilets jaunes » : Eric Drouet et Maxime Nicolle, alias Fly Rider. Ils enchaînent les médias, administrent les pages Facebook les plus populaires et les plus actives, animent les vidéos Facebook Live les plus suivies, parfois par des centaines de milliers de personnes. Ils donnent les mots d’ordre et nomment les porte-parole autorisés à s’exprimer au nom du mouvement. Chaque semaine, les messages des membres se multiplient à leur intention depuis toute la France pour savoir s’ils donnent la consigne d’aller manifester le samedi suivant, où, quand, comment, avec quel slogan. Ils font la tournée des ronds-points pour remobiliser les troupes et ce sont eux qui, chaque samedi, se chargent de lire face aux caméras des lettres ouvertes au gouvernement.

S’ils préfèrent se définir comme de simples « messagers des revendications du peuple », ils présentent en réalité tous les attributs des leaders 2.0 : débarrassés d’intermédiaires, non élus, jamais officiellement intronisés, mais légitimés par l’audience engendrée par leurs vidéos. A cet égard, leurs appels répétés à ne pas désigner de chefs sonnent de plus en plus comme une volonté d’empêcher un nom qui ne serait pas le leur d’émerger.

D’où Eric Drouet et Maxime Nicolle parlent-ils ? Alors que se profile l' »acte 9″ des « gilets jaunes » [cette analyse a été réalisée avant la mobilisation du 12 janvier, NDLR], il est symptomatique que personne ne soit encore en mesure de répondre à cette question avec certitude. A ce jour, aucune enquête journalistique poussée n’a été publiée sur le passé militant et l’univers idéologique de ces deux individus. Dans la précipitation du direct, plateaux télé et stations radio ont ainsi tendu leurs micros à des invités dont ils ne savaient rien. Ce faisant, ils ont exposé la fragilité de tout un système médiatique qui, dépassé par les réseaux sociaux, a collectivement renoncé à jouer son rôle de filtre journalistique et montré la facilité et la rapidité avec laquelle un petit groupe de parfaits inconnus pouvait désormais s’imposer à l’agenda politique national.

Pour en savoir plus sur les deux leaders, il faut donc là encore se rabattre sur leur activité sur Facebook. Premier constat : ils ont effacé leurs publications antérieures au début de la mobilisation. Si l’on ne peut en tirer de conclusion définitive sur leur appartenance idéologique, on remarquera simplement que ce sont rarement les militants de la gauche républicaine qui sont gênés par leurs prises de position passées. Certains journalistes ont eu le temps de passer en revue quelques-unes de ces publications avant qu’elles ne soient effacées.

Eric Drouet, un « factieux en puissance »

Pour ce qui concerne Eric Drouet, ces journalistes ont pu y découvrir un anti-macronisme virulent et des vidéos anti-migrants. Dans ses vidéos Facebook Live, Drouet fait toujours attention à ne pas livrer le fond de sa pensée, se contentant de relayer des messages et de parler de la stratégie du mouvement. Le calme et la sérénité qu’il dégage sont trompeurs : il le dit d’une façon très douce, presque anodine, mais son but affiché est de renverser un gouvernement élu.

Il s’est ainsi mis plusieurs fois à la faute. Le 3 décembre, en relayant l’intox du pacte de Marrakech sur les migrations. Puis le 5 décembre, en déclarant sur BFMTV « si on arrive devant l’Elysée, on rentre dedans ». Le 24 décembre, il s’attire des critiques en partageant un article qui s’en prend aux « racailles » et à « l’immigration de masse », publié à l’origine sur le site de Vincent Lapierre, un journaliste gravitant entre les sphères antisémites d’Alain Soral et de Dieudonné. Ces dérapages-là ont tous été repris et abondamment commentés. Il a tenté de revenir sur certains de ces commentaires, plaidant l’incompréhension ou l’ignorance.

Un autre dérapage d’Eric Drouet, pourtant révélateur, est cependant passé inaperçu. Le 26 novembre, le chauffeur routier organise depuis la cabine de son camion un Facebook Live dans lequel les membres de « La France en colère !!! » qui le souhaitent peuvent intervenir en vidéo pour poser des questions ou débattre de propositions. Sa retransmission dure depuis déjà deux heures quand il prend l’appel d’un certain Stéphane Colin, qu’il ne tentera jamais d’interrompre ni de contredire. […]

Voici quelques morceaux choisis, des propos tenus par ce Stéphane Colin :

  • « Il faut qu’on se retrouve à 2 millions devant France Télévisions et qu’on attaque nos ‘merdias' »
  • « C’est pas Macron notre ennemi, Macron n’est qu’un pleutre, un pion, c’est nos banques qu’il faut attaquer »
  • « C’est ce qu’on appelle la mafia Khazar, ce sont les sionistes. Ce ne sont pas des juifs ni des sémites, ce sont la mafia Khazar, les sionistes qui sont en train de nous entre-tuer »
  • « Dans le darknet, il est prouvé que nos maîtres avaient prévu ce que vous êtes en train de faire maintenant. Ils savaient qu’au mois de novembre il y aurait une révolution populiste pour faire une guerre civile »
  • « Le plus marrant dans les ‘gilets jaunes’ : il n’y a pas de mecs des cités. Il n’y a pas de Blacks. J’ai pas vu toute cette fratrie qui vend de la drogue ‘h24’ qui ont été assimilés par cette matrice sociétale. Ils n’en ont rien à foutre »
  • « Comment même on peut parler d’un homme politique !? C’est un tique un homme politique, il ne sert à rien ! Il sert simplement à servir la cause de la mafia Khazar, les sionistes ! C’est eux qui tiennent le monde moderne depuis 500 ans »
  • « C’est pas comme ça qu’il faut agir, c’est attaquer nos ‘merdias’. Ça j’en démords pas. Dans chaque région de France si vous avez un bureau, une antenne d’Antenne 2, de France 2, de TF1, de BFM, il faut les attaquer. Prendre leur matériel. J’ai pas dit de les frapper, hein ! Tu leur mets des menottes comme nous traitent les CRS. Tu les mets dans une pièce, menottes, et tu leur dis ‘ferme ta gueule’ ! »
  • « On aurait pas dû aller voter, on aurait dû brûler nos bureaux de votes »
  • « On parle ‘h24’ de réchauffement climatique alors qu’on va vers un vrai refroidissement de notre planète »

Hormis quand son intervenant lui explique que les blocages ne servent à rien, jamais Eric Drouet ne tentera de l’arrêter, d’opposer une contradiction ou même de se désolidariser pendant le quart d’heure que dure sa tirade. Pour le reste, il abonde : « ouais, je sais, je sais » ; « il y a un mec qui l’avait expliqué sur cette émission, c’est les banques qui plaçaient qui elles voulaient au final ».

Alors que son invité enchaîne une dernière envolée sur « la mafia sioniste » et l’attaque nécessaire contre « les merdias », Eric Drouet va plus loin que la complicité passive qu’il affichait jusqu’ici en offrant sa plateforme et sa visibilité à de tels propos. Constatant l’enthousiasme des commentaires en direct des internautes, il va l’encourager à se mettre en relation avec ses nouveaux fans :

« Il y a des gens qui veulent ton nom, il y a des gens qui veulent te parler. Il y en a beaucoup qui sont d’accord […], je leur dis comment tu t’appelles, ils veulent tous te parler. »

Ces propos-là n’ont pas été prononcés sur un plateau de télévision, dans le stress du direct, la chaleur de l’éclairage et la pression de journalistes avides d’extorquer une déclaration polémique à un novice politique peu habitué des médias. Ils ont été tenus au calme, dans un contexte où Eric Drouet était en maîtrise totale : il ne s’agit pas d’un dérapage. Ils sont a minima révélateurs d’une impressionnante absence de culture citoyenne et politique pour qui prétend représenter « le peuple ». Pris au pied de la lettre, ils révèlent le visage d’un factieux en puissance.

Après le message de « fascination » envoyé par Jean-Luc Mélenchon et son arrestation volontaire mise en scène devant l’Elysée avec la complicité des équipes de Russia Today France et de Brut, les seuls « médias libres » de France selon lui, une polémique s’est déclenchée autour de la couleur du vote d’Eric Drouet en 2017. Sur la base d’une confidence faite hors-micro, BFMTV croit savoir qu’il aurait voté pour Jean-Luc Mélenchon. Le vote étant secret et son historique Facebook ayant été effacé, il est impossible de vérifier cette déclaration avec certitude. A chacun de décider si un vote (non revendiqué) en dit plus sur l’orientation politique d’Eric Drouet que l’accumulation de ses actes et de ses propos publics.

Maxime Nicolle, des codes complotistes

La même ambiguïté sur ses inclinaisons idéologiques est entretenue, avec moins de talent, par Maxime Nicolle. Le jeune Breton se présente lui aussi comme apolitique, simple messager d’un mouvement citoyen. Malgré sa notoriété naissante et sa position officielle visant à nier toute proximité extrémiste, Maxime Nicolle a pourtant régulièrement adopté les codes complotistes que l’on retrouve habituellement dans les cercles militants gravitant autour des sites d’Alain Soral et des vidéos de Dieudonné.

Il diffuse plusieurs fake news sur le pacte de Marrakech sur les migrations, il prétend détenir des documents secrets capables de « faire tomber le gouvernement » et de « déclencher une troisième guerre mondiale », il interprète l’attentat de Strasbourg le 11 décembre comme une manipulation du pouvoir pour faire peur aux Français, il dénonce la dette française comme « une invention de Rothschild » destinée à empêcher la redistribution des richesses, il revendique dès la première semaine de novembre vouloir en réalité « la destitution du gouvernement et une transition pour que le peuple retrouve la gestion du pays ». […]

Maxime Nicolle a également profité d’un Facebook Live pour dénoncer un prétendu réseau de riches pédophiles protégés par l’Etat et les médias :

« Les riches multimilliardaires qui ne sont pas condamnés pour pédophilie, leurs petits réseaux où ils achètent des enfants sur le darknet […], c’est jugé vite fait, on en parle pas aux médias parce qu’ils payent à mort. Il y a des riches condamnés pour de la pédocriminalité, tout ça en on parle pas.

[…] Et le trafic d’humains, le trafic d’organes, le trafic d’enfants, tout ça c’est des trucs qui existent, c’est pas des trucs qu’il y a dans les films. Et qui fait ça ? Qui fait ça ? Bah, c’est les gouvernements qui font ça, tranquillement, ou du moins qui laissent passer, on s’en bat les couilles.

Regarde, on est en train de vouloir faire des lois pour ficher les manifestants, contrôler plus les réseaux sociaux, par contre le darknet en France il n’y a pas de souci. On peut acheter un rein, acheter un gosse… »Ce bref aperçu des propos de Maxime Nicolle devrait suffire à se faire une idée assez précise de son positionnement idéologique. On pourrait objecter que, peu porté sur la théorie politique, il pourrait ne pas avoir conscience de la très forte connotation partisane de ses propos. Maxime Nicolle ferait-il de l’extrême droite sans le savoir ? Comme pour Eric Drouet, nous avons procédé à un examen attentif de son compte Facebook. S’il en a effacé les publications avant que les journalistes ne s’y intéressent, des outils existent pour permettre de faire apparaître certains des « likes » et des commentaires qu’il a pu laisser par le passé sur des pages Facebook ouvertes au public. Qu’y trouve-t-on ?

  • Le 7 décembre 2015, il like une série de photos de Marine Le Pen participant à une soirée électorale à Hénin-Beaumont à l’issue du premier tour des élections régionales de 2015.
  • Le même soir, il commente la vidéo du discours de Marine Le Pen, arrivée largement en tête de ce premier tour, d’un satisfait « Et hop ça avance ^^ ».
  • Entre les deux tours de la présidentielle 2017, il like une vidéo postée par le compte de Marine Le Pen dans laquelle Nicolas Dupont-Aignan annonce son ralliement à la candidate du Front national.
  • Avant la présidentielle de 2017, il like une vidéo de Marine Le Pen présentant ses « 10 mesures immédiates » qu’elle « mettra en œuvre dès son élection ».
  • Au lendemain du Brexit, il like une vidéo de Marine le Pen s’exprimant au nom du groupe Europe des Nations au Parlement européen à l’occasion de la séance plénière extraordinaire consécutive au vote britannique pour la sortie de l’Union européenne.
  • En 2017, serviable, il commente une vidéo de Marine Le Pen du 17 mai 2016 pour signaler que le son ne fonctionne pas.
  • Le 5 décembre 2016, il like une publication de Marine Le Pen se réjouissant de la victoire du camp du chef de l’extrême droite italienne Matteo Salvini à l’occasion d’un référendum organisé par le Premier ministre d’alors, Matteo Renzi.
  • Plus proche de nous, le 5 mars 2018, il like une publication de Marine Le Pen saluant « le réveil des peuples » symbolisé par l’arrivée en tête aux élections législatives italiennes de la coalition emmenée par le chef de l’extrême droite, Matteo Salvini.
  • Dernière trace disponible avant son accession à la renommée, il like le 31 octobre 2018 une publication de Marine Le Pen félicitant le gouvernement d’extrême droite autrichien pour sa décision de se retirer du pacte de l’ONU sur les migrations.
  • Lorsqu’il s’éloigne des pages d’extrême droite, Maxime Nicolle like une vidéo de BFMTV montrant une déclaration de Jean-Luc Mélenchon refusant de condamner la violence des salariés d’Air France lors de l’affaire de la chemise arrachée.
  • Lorsqu’il s’éloigne de la politique, Maxime Nicolle commente un article de « TéléStar » évoquant le boycott d’une cérémonie officielle par la sœur d’une victime de l’attentat du Bataclan en demandant de façon énigmatique : « La vraie question, c’est pourquoi n’ont-ils rien fait… ! » Il enchaîne en 2017 avec un like sur une vidéo titrée « (Attentat de Nice) Grosses contradictions entre la version officielle et la réalité ! »
  • Lorsqu’il s’éloigne de la France, Maxime Nicolle like une vidéo de Vladimir Poutine menaçant et humiliant l’un de ses ministres au cours d’une réunion publique.

Eric Drouet et Maxime Nicolle ne resteront peut-être pas les leaders incontestés des « gilets jaunes ». Cependant, tant qu’ils le seront, on pourra affirmer que le mouvement est de facto piloté par des sympathisants d’extrême droite.

Il serait impossible de tous les citer ici, mais il existe d’autres leaders du mouvement en province parmi les administrateurs des groupes Facebook locaux. Tous se présentent également comme des citoyens apolitiques, ce qui ne veut pas dire sans coloration idéologique. En fouillant dans leurs comptes Facebook, on trouve également, pas chez tous mais chez beaucoup d’entre eux, du contenu anti-Macron et anti-migrants, des propos racistes, une proximité avec des groupuscules d’ultra-droite, des appels à prendre les armes après le Bataclan, des commentaires homophobes sur la Gay Pride, des photos de Jeanne d’Arc, des likes sur les pages de Dieudonné.

Rien de tout cela n’est neutre politiquement, mais rien de tout cela ne pose problème aux « gilets jaunes ». La seule faute impardonnable qui vaut défiance et soupçons est d’avoir exercé des responsabilités syndicales et d’avoir été candidat sur la liste d’un parti politique, quel qu’il soit, FN/RN compris. »

L'Obs

Fondation Jean-Jaurès

 

Omaggio a Claudio

Le 20 janvier, cinq ans se seront écoulés depuis la mort de Claudio Abbado (1933-2014). Pour son 80ème anniversaire, les rééditions discographiques avaient abondé (voir Claudio Abbado 80)

Il y a quelques mois Deutsche Grammophon complétait le dispositif avec un gros coffret – qui recoupe partiellement des rééditions précédentes – comprenant l’intégrale des enregistrements réalisés par Abbado avec l’orchestre philharmonique de Berlin, dont il fut le directeur musical de 1989 à 2002 :

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(Détails du coffret à voir ici : bestofclassic)

La nouveauté c’est un autre coffret de 25 DVD (à petit prix) très intelligemment composé.

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Un panorama plutôt complet de l’activité du chef avec Berlin bien sûr, mais aussi avec les formations qui lui ont été chères les dernières années, l’orchestre du festival de Lucerne et l’orchestre Mozart. Liste complète à voir ici : bestofclassic

Une aubaine à saisir, un bel hommage de plus à Claudio Abbado.

Révolutions (2)

J’ai le mois de décembre révolutionnaire !

Amusant de relire cet article du 17 décembre 2016 : RévolutionsIl y est question de Macron, Mélenchon, Fillon et de quelques Russes.

En décembre 2017, j’avais fait un tour à Chemnitzcette cité industrielle de l’ex-RDA, appelée Karl Marx Stadt de 1953 à 1990, où ont eu lieu, l’été dernier, de violentes manifestations de néo-nazis

img_3835(La fameuse sculpture monumentale de Lev Kerbel décidée en 1953… finalement érigée en 1971 !)

Et il y a quelques jours, à Berlin retrouvailles inattendues avec Karl Marx et son camarade Friedrich Engels

img_0831Une petite place tout près de l’Alexanderplatzla plupart des touristes s’arrêtant à peine, et parmi ceux qui prenaient des photos, deux noms qui ne disaient rien à personne !

Peu avant de partir à Berlin, j’avais repéré et acheté chez mon libraire favori un petit bouquin au titre intrigant :

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Alain Badiou n’est pas ma tasse de thé, et ce qu’on appelle « la présentation de l’éditeur » ferait plutôt office de repoussoir :

Un voyage en Transsibérien ? Non, une méditation personnelle sur les deux révolutions du XXe siècle, les deux grandes victoires qui démontrèrent que l’impossible peut parfois survenir. Des « Thèses d’avril » de Lénine (1917) à la « Décision en 16 points » du Parti communiste chinois (1966), Badiou montre combien était intelligente et généreuse la pensée qui sous-tendait l’action révolutionnaire. Si pour finir ces deux révolutions ont échoué, victimes de la coalition disparate des cadres du parti, de l’armée comme toujours conservatrice et de l’esprit petit-bourgeois, leur histoire est pleine d’enseignements pour tous ceux qui croient en l’avenir du communisme.

La « générosité » de la pensée léniniste ou maoïste ? L’avenir – forcément radieux – du communisme ? On se pince… et puis on lit ! Et on redécouvre, en effet, des faits, des situations, des prises de position, qui ont été décisifs dans la « bascule » révolutionnaire des événements de 1917 en Russie et de la « révolution culturelle » chinoise de 1966.

J’ai toujours pensé que pour combattre une idéologie, un sectarisme, il fallait en connaître les ressorts et les origines. Et donc lire les penseurs, philosophes, sociologues qui les promeuvent et les défendent. En l’occurrence, la stature intellectuelle et le talent de plume d’Alain Badiou confortent son propos, s’ils n’excusent en rien ses errements, ses complicités avec les pires régimes qui soient.

 

Les bons tuyaux

J’ai raconté une vocation ratée (La découverte de la musique : l’orgue)l’inauguration de deux instruments géants (Radio FrancePhilharmonie de Paris). Oui, l’orgue me fascine. Mais souvent plus que les organistes eux-mêmes. Je vais y revenir.

Saluons d’abord la parution, il y a quelques semaines, d’un précieux ouvrage dans une collection chez Buchet-Chastel qui a déjà abordé les grands interprètes du piano, du violon, du chant, de la direction d’orchestre : Les grands organistes du XXème siècle

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Deux auteurs que je connais bien, Renaud Machartjournaliste, critique musical, musicographe, longtemps producteur à France Musique, et Vincent Warnierle brillant co-titulaire des orgues de Saint-Etienne du Mont à Paris, improvisateur hors pair.

Si l’on s’attend à une sorte de dictionnaire objectif, de catalogue raisonné des organistes qui ont laissé un nom, on risque d’être déçu ou irrité par les partis-pris des auteurs. Leur sélection est elle-même sujette à discussion. On aura beau jeu de repérer ceux qui manquent, ou au contraire ceux qui bénéficient d’un « traitement de faveur ». Et puis le style de Machart et Warnier peut ne pas plaire aux tenants d’une musicographie corsetée, bien pensante. Leur galerie de portraits est vivante, savoureuse, elle fourmille d’anecdotes sur ces personnages de l’ombre, les seuls instrumentistes à ne jamais être en contact avec leur public, juchés qu’ils sont à la tribune de leur orgue (exception faite de ceux qui jouent d’un orgue de salle de concert). On l’a compris, j’aime ce bouquin, et ce qu’il raconte d’un métier, parfois d’une passion, finalement très méconnu du grand public. Il donnerait envie aux plus rétifs d’aimer l’orgue !

Je veux signaler aussi la très heureuse et bienvenue réédition de l’une des intégrales les plus vivantes, imaginatives, de l’oeuvre d’orgue de Bach, celle d’André Isoir (1935-2016).

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Je me rappelle une lointaine émission de « Disques en lice » consacrée à plusieurs oeuvres connues de Bach, dont la célèbre Toccata et fugue en ré mineur BWV 565. Au milieu de plusieurs versions d’un ennui profond, dont une de Marie-Claire Alain (!)  – je rappelle que le principe de cette émission est l’écoute anonyme – avaient émergé deux visions de lumière, celle d’André Isoir, et celle de Ton Koopman.

Clin d’oeil aux amis de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, à Pascal Rophé et à Olivier Latry – l’un des « grands organistes » du XXème… et du XXIème siècle ! pour les deux disques qu’ils ont enregistrés ensemble, le premier, en 2001, d’oeuvres de Thierry Escaich – la partie d’orgue avait été captée à Notre-Dame de Paris – le second, en 2006, Jongen et Saint-Saëns, cette fois enregistré sur les orgues Schyven rénovées de la Salle philharmonique de Liège

Indispensables

Voilà quelques années que le mensuel Diapason – à l’instar de la plupart de ses  confrères français et anglo-saxons – offre un ou des CD à ses abonnés et lecteurs, avec chaque numéro. Il se singularise par cette collection d’Indispensables qui, au fil des mois, constitue un fort catalogue de références et de rééditions.

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Seul inconvénient, de taille : à de rares exceptions près, ne figurent dans ces Indispensables que des versions « libres de droits », donc relativement anciennes, même si elles bénéficient d’une édition soignée. C’est la limite de l’exercice.

Avec le numéro de janvier 2019, Diapason propose un double album de valses viennoises, dans des versions souvent sinon toujours citées en référence : Karajan/Vienne 1946-49, Krauss 1950-53, Böhm 1939, Erich Kleiber 1932, Szell 1934, Krips 1957, Boskovsky 1958-61. Glorieuses vieilles cires, mais rien pour les soixante dernières années.

Pour compléter cette sélection, j’ai donc fait ma propre liste de versions plus récentes, en stéréo, que je considère aussi comme… indispensables !

Comme cette magnifique et méconnue interprétation de la Valse…des empereurs – car c’est bien ainsi qu’on devrait traduire Kaiserwalzer et non Valse de l’empereur (en allemand ça donnerait (Des)KaiserS Walzer) comme le font tous les catalogues français depuis plus d’un siècle.

Qui sont les interprètes ? Réponse dans l’article ci-dessous avec vidéos, références, pochettes, et quelques commentaires historiques. Cliquer ici

Valses de Strauss: les indispensables

 

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Portraits de Berlin

Les musées de Berlin – la plupart situés dans la Museuminsel (l’île aux musées) – regorgent de trésors que j’ai enfin pris le temps d’admirer (voir Le peintre romantique et Les musiciens en peinture). 

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Essentiellement présents dans la Alte Nationalgalerie (photo ci-dessus) et la Gemäldegalerie (intégrée au Kulturforum, un complexe inauguré en 1998 à côté de la Philharmonie), ce sont des dizaines de portraits de toutes époques. Florilège très loin d’être exhaustif !

img_0684Sandro BotticelliJulien de Médicis (Gemälde-Galerie)

img_0688Sandro Botticelli, Portrait d’une jeune femme (probablement Simonetta Vespucci)

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Jan Sanders van Hemessen, ,La peseuse d’or

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Rembrandt, Jeune femme accoudée à la porte (Hendrickje Stoffels)

img_0654Frans Hals, Catharina Hooft et sa nourrice

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Rubens, L’enfant à l’oiseau

img_0629Lucas Cranach le jeune, Portait du juriste Leonhard Badehorn

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Anselm Feuerbach Autoportrait (1873)

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Arnold Böcklin, Le chanteur Karl Wallenreiter (1861)

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Böcklin, Autoportrait avec un verre de vin (1888)

img_0516Böcklin, Autoportrait avec la mort jouant du violon, 1872

img_0482Böcklin, Le peintre et sa femme, 1863

img_0463Elisabeth Jerichau-BaumannDouble portrait des frères Jacob et Wilhelm Grimm, 1855

img_0523Franz von LenbachRichard Wagner (voir aussi Les musiciens en peinture)

A propos de Wagner, je signale un coffret passionnant des trois opéras de jeunesse de Wagner dirigés par Sawallisch, encore proposé à prix réduit sur jpc.de

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L’aventure France Musique (VI) : un Premier janvier au Grand Hôtel

Devenu directeur de France Musiqueje me suis retrouvé de facto interdit d’antenne, selon une règle non écrite, mais strictement appliquée par les gardiens du temple : le responsable de la chaîne n’avait pas le droit de priver les producteurs d’un précieux temps d’antenne… Pourtant lorsque je voulus faire des journées spéciales pendant les fêtes de fin d’année, les volontaires ne se bousculaient pas au portillon, sauf à faire une antenne entièrement pré-enregistrée !

Heureusement il y avait quelques exceptions, des producteurs toujours prêts au direct, à la musique vivante ! Comme Arièle Butaux, à qui j’avais proposé d’animer avec moi toute une journée autour de la Valse (lire Capitale de la nostalgie). Arièle n’était pas vraiment emballée à l’idée de passer toute une journée en studio, même pour commenter le concert de Nouvel an en direct de Vienne.

C’est alors qu’elle vint me trouver avec une idée lumineuse, qui lui était venue de la lecture d’un article sur le Bal des débutantes : le Grand Hôtel, voisin de l’Opéra Garnier à Paris, dispose d’une splendide salle de bal conçue par Charles Garnier.

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Pourquoi ne pas y organiser une grande après-midi en direct, ce 1er janvier 1995, avec tous les artistes qui voudraient tenter l’aventure, et bien sûr en public ?

Rendez-vous fut pris avec les responsables du Grand Hôtel, très flattés que France Musique veuille créer un événement de ce genre. Il fallait ensuite convaincre les équipes techniques de Radio France de s’engager dans l’aventure un jour férié, en rupture avec toutes les habitudes de la maison. Il n’y aurait pas de répétition ni de « balance » préalables, alors même qu’on ignorait le programme de ces trois heures de direct ! Le principe avait été établi avec les artistes : vous venez seul ou accompagné, vous proposez ce que l’humeur du jour vous suggère. Du complet direct, sans filet !

Et pour être sans filet, ce le fut pendant trois heures. D’abord l’affluence du public ! Le Grand Hôtel dut appeler en urgence du personnel de sécurité. Les musiciens, même ceux qui ne s’étaient pas annoncés, se pressaient pour jouer. D’autres – je pense à Paul Meyer qui s’était coupé un doigt en voulant sabrer littéralement le champagne ! – s’étaient fait porter pâles. Eric Le Sage, pour remplacer le clarinettiste défaillant, me mit au défi de faire le récitant de l’Histoire de Babar de Poulenc, comme ça sans répétition et en direct ! Arièle accepta de partager le rôle. Et, en lecture à vue, sans même avoir le temps de sentir monter le trac, nous y allâmes de bon coeur. J’avais déjà connu des directs hasardeux, mais celui-ci fut sans doute le plus périlleux de ma vie de radio !

Je ne pouvais pas me douter, alors, qu’Eric Le Sage viendrait, huit ans plus tard, enregistrer à Liège, avec Stéphane Denève, Frank Braley et l’Orchestre philharmonique de Liège, la version qui fait toujours référence des concertos de Poulenc.

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Je n’ai pas retrouvé, dans les archives de l’INA, l’enregistrement de ce 1er janvier si spécial. Il doit pourtant exister…

Autre souvenir de ce jour de l’An 1995, une séquence de valses inconnues, pour sortir des  viennoiseries : je me rappelle la surprise et l’émotion qui avaient gagné Arièle Butaux et les techniciens en studio lorsqu’on diffusa cet extrait de la symphonie In Memoriam de Schnittke, dont j’avais eu le bonheur d’entendre la création française quelques années plus tôt à Evian

Ému je le suis maintenant de découvrir, sur Youtube, la version de la création, celle du grand chef disparu cette année, Guennadi Rojdestvenski (lire L’imprononçable géant).

Un mot du concert de Nouvel an 2019, dirigé hier par Christian ThielemannLe chef allemand a ses partisans, même dans ce répertoire. Beaucoup d’autres, dont je suis, l’ont trouvé lourd, raide, ennuyeux (ces ralentis, ces rubatos incessants, qui cassent la ligne, coupent les jambes aux danseurs), là où Carlos Kleiber faisait pétiller et valser… Mais il y a bien longtemps qu’on n’a plus atteint les sommets de 1989 et 1992…

On annonce, pour le 1er janvier 2020, la présence au pupitre des Wiener Philharmoniker, du jeune Andris Nelsons… Du renouveau en perspective ?

Berlin dernier jour

Refus du consumérisme ou respect des traditions, Berlin (comme Dresde l’an passé) ferme boutiques et musées en début d’après-midi le 31 décembre. La chocolaterie Rausch consent à ouvrir jusqu’à 18 h ! Mais les touristes, très nombreux à cette période, en sont réduits à fréquenter les marchés de Noël, voire quelques rares boutiques de souvenirs, en attendant les douze coups de minuit à la porte de Brandebourg !

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Fierté de la chocolaterie Rausch : ces monuments berlinois tout en chocolat !

Même le célèbre magasin Dussmann – où j’ai fait naguère provision de tant de disques et de partitions – n’ouvre plus le dimanche, et fermait ce 31 décembre à 14 h!

Côté musique, en revanche, on serait bien mal venu de se plaindre ! Quelle autre ville au monde est en mesure de proposer chaque soir de cette période de fêtes pas moins de 5 concerts ou représentations d’opéra ?

J’ai boudé, cette fois – privilège du visiteur professionnel ! – la Philharmonie où Daniel Barenboim dirigeait l’Orchestre philharmonique de Berlin dans un programme que je l’avais vu jouer et diriger avec les Wiener Philharmoniker en 2011 (un concerto de Mozart et Ravel en seconde partie), tout comme le Konzerthaus où se donnait – tradition oblige – la IXème symphonie de Beethoven sous une baguette pourtant pas inintéressante, Vladimir Jurowski.

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Mais la curiosité m’a poussé vers deux spectacles de la Komische Oper – dirigée par un talentueux trublion, Barrie Kosky -, jeudi soir Les perles de Cléopâtre une opérette déjantée d’Oscar Straus, et ce lundi Candide de BernsteinLes deux spectacles mis en scène par le maître des lieux, mais quelque chose ne prenait pas dans Candide : beaucoup trop long pour une « opérette » (3 heures et demie), un récitant de luxe en la personne de Franz Hawlatamais de nettes insuffisances du côté des femmes. Quand on a entendu Sabine Devieilhe et Sophie Koch irrésistibles au Théâtre des Champs-Elysées en  octobre dernier, on a un peu de mal à voir et entendre d’honnêtes chanteuses, certes peu aidées par une direction molle et sans fantaisie (malheureusement prévisible dès l’ouverture !)

C’est à la Deutsche Oper – l’opéra de Berlin Ouest – que j’ai vu, pour la première fois La petite renarde rusée de Janacek

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Pas très convaincu par le fait que l’ouvrage est censé s’adresser aux enfants…Mais belle version musicale tant sur scène que dans la fosse.

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Hier soir c’était le premier des deux concerts « de la Saint-Sylvestre » proposés à la Staatsoper Unter den Linden. Comme le maître des lieux – Daniel Barenboim – était occupé à la Philharmonie, il avait confié le programme et la baguette à celui dont j’écrivais il y a deux ans : Le microcosme musical ne parle que de lui depuis deux ou trois ans. Surtout depuis qu’il a remplacé, au pied levé, Philippe Jordan dans une tournée de l’Orchestre symphonique de Vienne il y a quelques mois, ou Franz Welser-Moest avec l’autre phalange viennoise, les Wiener Philharmoniker ! Un surdoué à l’évidence ! Il s’appelle Lahav Shaniil a 30 ans le 7 janvier prochain, et il a amplement confirmé ses dons de pianiste (dans Rhapsody in Blue) et de chef, avec un soliste star en Allemagne, le trompettiste de jazz Till BrönnerDes songs de Kurt Weill, arrangés pour trompette et orchestre. Et en seconde partie un mélange, intéressant, mais qui évacue la magie de la musique au profit d’une suite de numéros, la suite de Casse-Noisette de Tchaikovski et les arrangements qu’en ont fait pour brass band Duke Ellington et Billy Strayhorn :

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Speak low(K.Weill)

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Charme et élégance de Lahav Shani et la Staatskapelle Berlin, dans la Valse des fleurs de Casse-Noisette

Je ne voulais pas quitter Berlin sans visiter la maison Mendelssohndans la Jägerstrasse. Là où Joseph et Abraham, les fils aînés de Moses Mendelssohngrand-père du compositeur (Chez Felix) installent en 1815 la banque qu’ils ont fondée vingt ans plus tôt. IMG_0850

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Le temps de surprendre deux tout jeunes frères jumeaux, Hassan et Ibrahim Ignatov, (15 ans !) en train de répéter la Fantaisie en fa mineur de Schubert pour le concert qu’ils donnent sur place le 3 janvier…

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Les musiciens en peinture

C’est peu de dire que les musiciens sont partout à Berlin, et bien entendu dans les musées. Petite galerie de portraits rassemblée au gré de mes visites à la Alte Nationalgalerie, à la Gemälde-Galerie, au Musée des instruments de musique qui jouxte la Philharmonie.

IMG_0701Portrait à 14 ans du pianiste Josef Hofmann (1876-1957) par Anna Bilinska, Varsovie 1890.

Josef Hofmann fut un interprète virtuose considérable, admiré, adulé même (c’est à lui que Rachmaninov a dédié son Troisième concerto), pédagogue exceptionnel (de 1924 à 1938 il dirige le département piano du Curtis Institute de Philadelphie).

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IMG_0730Le harpiste et compositeur Jean-Baptiste Krumpholtz né en Bohème en 1742, mort à Paris en 1790.

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Buste de Gluck

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Wanda Landowska (1879-1959)  la première « star » du clavecin

IMG_0717Le célèbre portrait de Carl-Maria von Weber (1786-1826) par Caroline Bardua

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IMG_0703Richard Strauss (1864-1949) par Max Liebermann

IMG_0670Diego Velazquez(1599-1660) Les trois musiciens

IMG_0662Gerard ter Borch (1617-1681) Le concert

1024px-Adolph_Menzel_-_Flötenkonzert_Friedrichs_des_Großen_in_Sanssouci_-_Google_Art_ProjectLe fameux tableau d’Adolf von Menzel représentant le roi de Prusse, Frédéric II, jouant de la flûte dans son château de Sans Souci.

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La cathédrale Ste Edwige (à l’arrière de la Staatsoper) : le choeur de Ste Edwige, dirigé par Karl Forster (1904-1963) a été le partenaire de tant d’enregistrements de la fin des années 50, début 60. Mes premiers disques sacrés de Mozart, Haydn, Brahms…

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La toute nouvelle salle Pierre Boulez, à l’arrière du bâtiment de la Staatsoper, voulue par Daniel Barenboim, conçue par Frank Gehry, inaugurée en mars 2017.

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Et puis un beau souvenir d’une soirée d’octobre 2015 à Berlin, avec mon très cher Menahem Pressler (à l’arrière-plan, on aperçoit Jonas Kaufmann et Daniel Hope qui vont venir saluer le vieux pianiste, d’autres photos à voir ici : Les échos de la fête)

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L’île berlinoise

C’est devenu une tradition. Entre mon anniversaire, le 26, et la Saint-Sylvestre, je m’échappe vers une ville où je peux faire le plein de musique et de musées, l’an dernier Leipzig et Dresde, que je ne connaissais pas, cette année Berlin où je suis venu si souvent en coup de vent pour un concert ou un congrès professionnel.

Première visite à la Alte Nationalgallerie, où j’ai enfin vu le tableau qui manquait à ma galerie de l’Île des morts de Böcklin. Il y a longtemps, à Bâle, en 2012 à New York, en 2013 à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg – avec cette énigme L’île mystérieuse,et l’an dernier à Leipzig en majesté dans ce fabuleux Museum der bildenden Künste

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Tableau toujours aussi fascinant…

Pour rappel, deux compositions également fascinantes, le poème symphonique éponyme de Rachmaninov, et la tétralogie symphonique de Reger, dans d’immenses versions :

815o92UdZLL._SL1500_Version/vision légendaire de Fritz Reiner captée en 1957 à Chicago, reprise dans la sélection de Diapason

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Lecture éminemment inspirée de la fresque symboliste de Reger due au grand Schmidt-Isserstedt, à qui j’ai promis de consacrer bientôt un portrait…

En attendant de trier les photos prises à la Alte Nationalgallerie (toute une salle dédiée à Caspar David Friedrich !) ces quelques toiles ou sculptures liées à la musique :

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L’un des célèbres portraits de Wagner par Franz von Lenbach (1832-1904)

Buste de Wagner par Lorenz Gedon.

Quant à ce portrait de groupe, il vaut plus pour la qualité de ceux qui sont représentés que pour son intérêt artistique :

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De Joseph Danhauser (1805-1845), l’un des représentants de la période Biedermeierce tableau de 1840 montrant Liszt au clavier. Face au buste de Beethoven, sa compagne d’alors, la comtesse Marie d’Agoult à ses pieds, le virtuose est bien entouré : assis à gauche, Alexandre Dumas et George Sand. Au second plan, debout, de gauche à droite, le jeune Victor Hugo, Paganini et Rossini !

Mais puisqu’on est venu à Berlin pour la musique, première étape hier soir à la Komische Operpour un spectacle qui tenait tout à la fois du cabaret Chez Michou, de l’opérette viennoise, des Folies Bergère, Les Perles de Cléopâtre d’Oscar Straus (qui décida lui-même d’ôter un S à son nom, pour ne pas être confondu avec le reste de la dynastie Strauss, avec laquelle il n’avait pas lien de parenté).

On a bien ri, on s’est bien amusé, une partition bien troussée, même si elle n’approche ni Strauss (Johann) ni Lehar.

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