À l’été 1829, le jeune Félix Mendelssohn, tout juste âgé de 20 ans, fasciné par les romans de Walter Scott, visite l’Écosse. Il découvre en particulier l’île de Staffa, qui fait partie de l’archipel des Hébrides intérieures, et sa fameuse grotte marine de Fingal
Il en tire une ouverture symphonique intitulée Les Hébrides (Die Hebriden) ou la Grotte de Fingal.
Herbert von Karajan en donne, avec l’orchestre philharmonique de Berlin, deux versions assez différentes, à dix ans de distance, plus vive, plus agitée en 1960, plus calme, plus ouvragée en 1970.
Karajan n’a gravé qu’une fois la 3e symphonie dite Ecossaise de Mendelssohn, dans le cadre d’une intégrale des symphonies qu’il aurait enregistrée, paraît-il, à reculons, et qui est pourtant l’une des plus réussies de la discographie. Une 3e symphonie commencée en 1829 à la suite de la visite par le compositeur d’Edimbourg, mais achevée seulement en 1842 en Italie…
Enfin à propos de Mendelssohn, ce délicieux petit ouvrage à lire cet été si ce n’est déjà fait.
Et toujours humeurs et bonheurs du moment dans mes brèves de blog (avec un grand bain de fraîcheur nordique dans la brève du 22.07.2026)
Pour cet été 2026, je me lance dans une série qui n’a d’autre prétention que d’explorer quelques secrets de la discographie et/ou de la carrière de grands chefs d’orchestre que j’admire. Et comme la canicule menace, mon choix se portera sur des musiques plutôt rafraîchissantes!
J’ai une profonde admiration pour Colin Davis (1927-2013) que j’ai eu la chance d’applaudir plusieurs fois en concert, la dernière fois à Londres en 2012 un an avant sa mort, ou en 2009 à l’Opéra Comique dirigeant l’Orchestre national de France dans un programme tout Berlioz.
Celui-ci s’ouvrait par la première et la moins connue des « ouvertures » de Berlioz : Waverley s’inspire d’un roman de Walter Scott et évoque.. l’Ecosse et ses climats d’ordinaire plus frais que notre continent. Quoique…
La collection Eloquence réédite tous les enregistrements réalisés par le chef anglais à Boston, où on lui avait le poste de directeur musical, qu’il avait refusé au profit d’une nomination comme « principal guest conductor » beaucoup moins contraignante.
Les mélomanes connaissent depuis longtemps le cycle Sibelius qu’il y a enregistré. Il y a vingt ans, j’avais eu le bonheur de parcourir la Carélie, cette longue frontière naturelle de la Finlande avec la Russie, et de visiter la demeure de Sibelius, Ainola.
On sait que Sibelius a puisé l’essentiel de son inspiration dans les paysages qui l’entouraient. J’ai toujours eu une affection particulière pour sa dernière oeuvre symphonique, tout juste centenaire, puisque Tapiola a été écrit et créé en 1926. Colin Davis en donne avec Boston une version de pure splendeur.
Et toujours mes brèves de blog pour le tout venant de mes humeurs
C’est entendu, il ne sert à rien de s’interroger sur la pertinence, la nécessité, pour une chaîne de télévision de service public – France 2 – d’offrir sept heures ininterrompues de direct à un mariage princier outre-Manche.
Finalement, cette twitteuse invétérée, qui râle plus souvent qu’à son tour, doit avoir raison : « C’est fou le nombre de gens qui ne comprennent pas qu’on puisse kiffer un beau mariage. Désolée, mais moi, ça me fait un bien fou de regarder ces gens heureux, bien habillés, riches… J’ai zéro aigreur. J’ai un plaisir de gamine à voir des jolies robes, une déco de malade… ça fait du bien de voir du beau, des trucs d’un autre siècle, d’un monde qui disparait petit à petit… On continuera à stresser et à faire la gueule demain, promis, mais là, laissez-nous nous émerveiller ».
Je me suis satisfait de l’un des multiples résumés diffusés par toutes les chaînes en une de leurs JT.
Beaucoup d’internautes ont relevé le haut niveau des prestations musicales qui ont accompagné la cérémonie. Il faut reconnaître aux Britanniques une évidente supériorité en la matière !
Le choix de musiques fait par les jeunes mariés (ou à eux conseillé !) est plutôt bien venu
L’Ode pour l’anniversaire de la reine Annede Haendel n’est pas l’oeuvre à laquelle on aurait pensé d’emblée. Il faut dire qu’on a le choix dans l’oeuvre du compositeur allemand natif de Halle, devenu sujet britannique : que d’odes et hymnes (comme les Coronation Anthems) pour les célébrations, funérailles, anniversaires, couronnements royaux !
Le compositeur John Rutter (né en 1945) est une star outre-Manche, il perpétue une tradition chorale si profondément ancrée dans l’âme britannique.
L’hymne Lord of All Hopefulness,entamé par la royale assistance de l’église St.Georgede Windsor, est l’oeuvre d’une femme Joyce Anstruther (1901-1953) qui eut quelques succès littéraires.
La prestation du jeune violoncelliste Sheku Kanneh-Mason(né en 1999) a été particulièrement remarquée.
D’abord une Sicilienne faussement attribuée à la musicienne autrichienne Maria Theresa von Paradies(1759-1824), Elle a en réalité été composée par le violoniste Samuel Dushkin qui prétendit l’avoir découverte et qui se serait inspiré d’un thème de la sonate pour violon (opus 10 n°1) de Carl Maria von Weber.
Enfin le célébrissime Ave Maria de Schubert, qui avait toute sa place dans une célébration religieuse britannique, la mélodie de Schubert trouvant son origine dans La dame du lac de Walter Scott !
C’est évidemment la prestation du Kingdom’s Choir qui aura fait la plus forte impression :
PS. Pendant que quelques millions de téléspectateurs suivaient minute par minute ce princier mariage, je redécouvrais ou découvrais des enregistrements du chef finlandais Esa-Pekka Salonen, rassemblés dans un généreux coffret. Détails ici : Salonen, le maître du XXème siècle.