Heureux

François Hudry a bien fait de le rappeler : http://www.qobuz.com/info/Editoriaux/Francois-Hudry-Cum-grano-salis/N-oublions-pas-Gluck175553.

2014 est une aubaine pour les marchands d’anniversaires, dans le désordre Rameau, Richard Strauss, Carl Philip Emanuel Bach… et Gluck – liste non exhaustive. On ne parle même pas des commémorations historiques, les 70 ans du Débarquement aujourd’hui, dans quelques semaines le centenaire du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Dans la masse des publications et rééditions que suscitent ces anniversaires, une mention spéciale à Decca qui propose une des plus intéressantes et intelligentes compilations des grands ouvrages lyriques de Christoph Willibald von Gluck :

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Contenu de cette précieuse boîte :

1. Orfeo ed Euridice, version viennoise en italien (1762) / McNair, Ragin, Sieden, Gardiner

2. Orphée et Eurydice, version parisienne en français (1774) / Croft, Delunsch, Harousseau, Minkowski

3. Alceste, version parisienne (1776) / Groves, Otter, Henschel, Beuron, Tézier, Testé, Gardiner

4. Paride ed Elena / Kozena, Gritton, Sampson, Webster, McCreesh

5. Armide / Delunsch, Naouri, Le Texier, Workman, Beuron, Kozena, Minkowski

6. Iphigénie en Aulide / Otter, Van Dam, Dawson, Aler, Cachemaille, Laurence, opéra Lyon Gardiner

7. Iphigénie en Tauride / Montague, Allen, Aler, Alliot-Lugaz, Argenta, Borst, opéra Lyon Gardiner

 

Le plus beau métier du monde

Les amis m’ont prévenu, les anciens m’ont mis en garde : je n’accède pas à un boulot de tout repos. Mais je n’avais pas l’intention de me reposer en acceptant la proposition du nouveau PDG de Radio France. Je vais même faire un aveu, rien n’est vraiment difficile quand on fait le plus beau métier du monde. Ou plus exactement quand on côtoie, quand on sert celles et ceux qui font le plus beau métier du monde : les musiciens.

Je n’ai pas une vision angélique ou romanesque des musiciens, je connais leurs vices et leurs vertus, leurs petits défauts et leurs grandes qualités, un condensé d’humanité en somme.

Mais on leur pardonne (presque) tout quand ils nous donnent ces moments incroyables, ces rencontres improbables, comme hier à Vienne.

ImageMenahem Pressler jouait hier et avant-hier au Konzerthaus de Vienne le dernier et sublime concerto de Mozart. Nous lui avions fait passer un petit mot, sachant qu’il logeait dans le même hôtel que nous. Il était au Musikverein à la fin du concert de l’OPRL… juste pour nous saluer, Christian Arming et moi. Incroyable, mais vrai ! Qui d’autre aurait fait ce geste de pure amitié… J’en suis encore bouleversé !

Un peu plus tard, nous retrouvant dans le repère connu des musiciens et du tout Vienne, Il Sole, dans Annagasse (à deux pas de l’Opéra), ce sont deux chefs de l’OPRL, l’ancien et l’actuel, qui se retrouvent, s’embrassent et se racontent leur soirée : Louis Langrée très fier de sa Traviata du soir et de sa complicité avec les musiciens (ceux de l’Opéra de Vienne, donc l’orchestre philharmonique de Vienne !), qui avait dirigé le premier concert des Liégeois au Musikverein en 2005 – avec l’inévitable Symphonie de Franck, prenait des nouvelles du concert qui venait de s’achever, avec cette même symphonie, mais cette fois Christian Arming, le pur produit de Vienne, au pupitre.

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Et puis comment se lasser d’une salle qui transfigure les artistes qui s’y produisent, qui magnifie le son des orchestres, leur font rendre la plus pulpeuse des images sonores. On eût voulu que la radio fût là pour garder la trace d’une symphonie de Franck d’anthologie…et de la création viennoise – 90 ans après sa composition – d’Harmonie du Soir d’Ysaye. C’est une autre chance de ce métier, que de ne jamais être blasé !

Les soirées de Vienne

Les chiffres donnent le tournis : plus de 800 concerts par saison ! C’est ce que me rappelait hier Thomas Angyan, l’intendant du Musikverein de Vienne… Tandis que nous parlions dans son bureau, il pouvait suivre sur un écran de contrôle les trois répétitions qui se déroulaient simultanément dans les lieux : Harnoncourt et son Concentus musicus Wien, les Wiener Symphoniker dirigés par Simone Young, et les Wiener Philharmoniker répétant avec Christoph Eschenbach et Lang Lang…

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Je me rappelle, comme si c’était hier, l’émotion qui nous avait tous saisis, des plus chevronnés aux plus jeunes musiciens de l’Orchestre philharmonique – qui n’était pas encore Royal ! – de Liège, lorsqu’en octobre 2005 nous étions entrés dans les coulisses, puis sur la scène de la grande salle du Musikverein. Pour un concert dirigé par Louis Langrée – le concerto en sol de Ravel avec Claire-Marie Le Guay, et bien évidemment la Symphonie de Franck. Je n’imaginais pas alors que l’OPRL reviendrait en 2011 puis en 2014, trois fois en moins de dix ans !

Le concert de ce soir va revêtir un caractère doublement particulier : c’est Christian Arming, l’enfant de Vienne, qui connaît chaque visage, chaque recoin, chaque maison de sa ville natale, qui va diriger « son » orchestre liégeois, dans un programme tout franco-liégeois : Harmonie du soir d’Eugène Ysaye, les Nuits d’été de Berlioz et la Symphonie de Franck !

Image(Christian Arming et le plus illustre des Viennois, Johann Strauss – Photo JBR)

C’est aussi, pour moi, la dernière tournée avec l’OPRL, et le traditionnel dîner de tournée qu’on offre aux musiciens avait lieu hier soir, avec un invité surprise, qui dirige en ce moment La Traviata à l’opéra de Vienne, Louis Langrée !

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La soirée fut longue, belle, chargée de souvenirs et d’émotion. Comme une manière élégante de boucler la boucle…

On ne réveille pas un souvenir qui dort

J’aime beaucoup Düsseldorf, la douce quiétude qui règne dans la vieille ville, le long du Rhin. Moins célèbre, moins abîmée aussi, que Cologne.

Comme Bonn est associée à Beethoven, Düsseldorf l’est aux Schumann, Robert et Clara. C’est au 15 de la Bilkerstrasse, une jolie rue, bien conservée (ou restaurée !) perpendiculaire à Carlsplatz que le compositeur et son épouse emménagent en 1852 – on a proposé en 1850 au musicien natif de Zwickau (Saxe) le poste convoité et bien rémunéré de Generalmusikdirektor de la ville de Düsseldorf. Le bonheur sera de courte durée, le 4 mars 1854 Robert Schumann est interné à l’asile du Docteur Richarz à Endenich, près de Bonn, dont il ne sortira plus jusqu’à sa mort en 1859.

ImageImageImageD’autres photos de mon excursion rhénane sur http://lemondenimages.me/2014/05/04/un-couple-mythique/

Revenons à Schumann et à sa musique, réputés moins abordables que Beethoven, Mendelssohn ou Brahms. Cliché ? Pas totalement. Certains interprètes ne s’y hasardent pas, parce qu’ils disent ne pas avoir la clé d’un univers puissamment romantique, poétique, fuyant, imprégné de ce concept si allemand de Phantasie. L’opposé de Beethoven en quelque sorte. Au piano, par exemple, les grands interprètes de Beethoven sont rarement de grands schumanniens… et réciproquement.

Schumann, je l’ai d’abord découvert par son univers symphonique. Quatre symphonies (cinq si l’on inclut ce qui ressemble fort à une symphonie, le triptyque « Ouverture, scherzo et finale »). Un corpus longtemps considéré avec dédain (ou crainte ?) par les chefs d’orchestre qui lui préféraient de loin Beethoven ou Brahms. On a même avancé que Schumann ne savait pas orchestrer – d’ailleurs Mahler lui-même a réorchestré les symphonies de Schumann !

Comme souvent, c’est par des 33 tours soldés ou trouvés à bon marché que j’ai abordé les symphonies de Schumann. D’abord la 2e symphonie et la rare ouverture Jules César par Georg Solti et l’orchestre philharmonique de Vienne (Decca). J’avais dû en lire une bonne critique, sur l’énergie déployée par le chef hongrois, les qualités de l’orchestre, etc… Puis la 1ere symphonie avec le jeune Daniel Barenboim dirigeant le somptueux orchestre symphonique de Chicago (Deutsche Grammophon). Longtemps, dans mon esprit, ces versions ont été mes références.

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J’ai réécouté Solti il y a quelques mois, et je me suis demandé comment j’avais pu aimer une vision aussi raide, martiale même, dépourvue de toute Phantasie schumannienne.

Et puis j’ai commandé (en Italie) et reçu tout récemment un coffret d’une vingtaine de CD de Daniel Barenboim chef d’orchestre, qui reprend des enregistrements de ses périodes Paris et Chicago, pour certains indisponibles depuis longtemps. Et justement les 1ere et 4eme symphonies de Schumann.

ImageEt de nouveau déception, le contraire de mon souvenir : un jeune chef qui étire, ralentit, alanguit, pour imiter sans doute son mentor et modèle Furtwängler, sans y parvenir !

C’est le risque de raviver ses souvenirs de jeunesse !

Le paradoxe dans l’histoire, c’est que c’est le chef le plus austère et sage d’apparence, Wolfgang Sawallisch, qui reste, avec son intégrale réalisée avec le plus bel orchestre schumannien du monde, la Staatskapelle de Dresde, la référence indétrônée depuis 40 ans.

ImageOn ne doit pas faire la fine bouche sur le coffret tout récent d’Archiv/DGG : John Eliot Gardiner est trop rationnel, contrôlé, pour convaincre vraiment dans cette véritable intégrale symphonique Schumann… En revanche, Le Paradis et la Péri, belle fresque vocale et chorale, lui convient admirablement. Et j’ai toujours eu une vraie tendresse pour l’enregistrement réalisé pour Erato par Armin Jordan et l’Orchestre de la Suisse Romande.

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Parcourant hier la vieille ville de Düsseldorf, je repensais aussi à un excellent policier, paru il y a quatre ans, et dont je conseille vivement la lecture :

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Le sujet : Dans l’Allemagne du XIXe siècle, les compositeurs étaient ce que sont les rock stars aujourd’hui : célèbres, courtisés, jalousés, entourés d’admirateurs et d’ennemis. Alors, quand un des nombreux parasites qui constituent l’entourage de Robert et Clara Schumann est assassiné dans d’étranges circonstances, l’inspecteur Hermann Preiss de Düsseldorf tente de résoudre le mystère, ainsi que l’énigme d’un la qui s’obstine à sonner faux sur le piano de M. Schumann ou à lui bourdonner aux oreilles tel le plus terrible des acouphènes- Sur ce la, les avis des témoins sont partagés : Liszt, Brahms, Helena, la belle violoncelliste amie de Preiss, Hupfer, l’accordeur des plus grands, chacun a quelque chose à en dire, ou à se reprocher. Avec un humour subtil, Morley Torgov nous balade dans les cercles musicaux et les soirées de Düsseldorf. Belles femmes et bijoux, jeunes arrivistes tel Liszt drapé dans sa cape noire, journaliste prêt au chantage, tout cela est vu par les yeux et raconté par la voix de l’inspecteur Preiss, vieux routard des rues sordides et des bassesses de l’âme humaine. L’accordeur est-il honnête ? Clara aurait-elle un amant ? Robert ment-il entre ses crises de démence ? Comme dans les bons vieux polars en huis clos, les suspects sont en nombre restreint, mais ils le sont bien tous, surtout quand de nouveaux éléments permettent d’ajouter aux soupçons et que l’on découvre des raisons de complicité entre eux. Très finement, ce roman est basé sur la stricte réalité (hormis le crime) d’un milieu, d’une époque et de personnages essentiels dans l’histoire de la musique. voilà pourquoi Meurtre en la majeur est un livre hors norme. »

Vieux sages

Pas d’âge limite pour les chefs d’orchestre, ils ne jouent d’aucun instrument, ne chantent pas, et ne risquent donc pas l’usure, les atteintes de l’âge de ceux qu’ils dirigent ! La liste est plutôt longue de ces stars des podiums qui sont restées en activité jusqu’à près de 90 ans : Arturo Toscanini, Pierre Monteux, Paul Paray, et plus près de nous Carlo-Maria Giulini (1914-2005). Pour ne citer que ceux qui exercent encore, Pierre Boulez bien sûr (1925), Bernard Haitink (1929), Lorin Maazel (1930)…

Une certaine logique veut que, prenant de l’âge – de l’expérience aussi – ces chefs d’orchestre deviennent moins fougueux, plus retenus, plus lents. C’est particulièrement évident dans le cas de chefs qui ont fait une longue carrière discographique : Klemperer, Karajan, Bernstein, Maazel. Et on a des démonstrations exactement contraires, j’y reviendrai.

Les éditeurs successifs de Carlo-Maria Giulini commémorent le centenaire de la naissance du grand chef italien, il reste des lacunes, mais ne nous plaignons pas, l’effort mérite d’être salué. EMI/Warner a ouvert le bal (lire : http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2013/11/26/giulini-la-classe-7996953.html ), Deutsche Grammophon avait déjà publié deux coffrets

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Récidive avec un coffret Giulini/VienneImageRien d’inconnu dans ce coffret, à une non négligeable exception près : la cantate écrite par le compositeur autrichien Gottfried von Einem (1918-1996) pour célébrer les 30 ans de la fondation de l’ONU, créée à New York le 24 octobre 1975 par Julia Hamari, Dietrich Fischer-Dieskau, le choeur de Temple University…et l’orchestre symphonique de Vienne, dirigé par celui qui en était alors le directeur musical, Carlo-Maria Giulini. Titre de la cantate : An die Nachgeborenen, littéralement « À ceux qui sont nés après »… après les désastres de la Seconde Guerre mondiale, sur des textes de Brecht, Holderlin et…Sophocle !

Sinon les quatre symphonies de Brahms, plus puissantes, creusées que celles réalisées à Londres ou Chicago, lorgnant déjà vers Bruckner, des 7ème, 8ème et 9ème symphonies marmoréennes, comme déjà figées dans l’éternité. Les « live » des concertos 1, 3 et 5 de Beethoven avec Arturo Benedetti Michelangeli, toujours aussi impressionnants…

Restera à DGG à rassembler encore quelques enregistrements réalisés notamment à Berlin.

Plus intéressants encore pour mesurer l’art du vieux chef – et parfois les limites de l’âge ! – les 22 CD que SONY a rassemblés :

ImageSi on oublie un Gloria de Vivaldi complètement hors de propos, un Requiem de Mozart sans relief (préférer la version EMI), le reste doit être écouté, même si les tempi du chef désarçonnent plus d’une fois dans Mozart, Beethoven ou Schubert – c’est lent, trop lent souvent, mais toujours habité – Idem pour les trois dernières symphonies de Dvorak, qui bénéficient du son légendaire (et d’une prise de son exceptionnelle) du Concertgebouw d’Amsterdam, tout comme de prodigieux Ravel, Debussy et Stravinsky (L’oiseau de feu). 

Je retiens, quant à moi, une sublime Messe n°6 de Schubert, une Messe en si, hiératique, hors du temps, de Bach, une Symphonie de Franck (avec Vienne !) presque brucknerienne…et une intégrale inachevée des Symphonies de Beethoven avec l’orchestre de la Scala.

Je reviendrai dans un autre billet sur ces vieux chefs, qui, à l’inverse de Giulini, retrouvent au soir de leur vie, une nouvelle jeunesse, une « urgence » – pour reprendre une expression en cours chez les critiques ! – assez étonnantes. Cf. les derniers enregistrements de Monteux, Dorati, Stokowski ou Paray...

 

L’héritage Abbado

Le 26 juin 2013, Claudio Abbado, décédé ce lundi 20 janvier, fêtait ses 80 ans. J’avais écrit tout un billet sur sa riche discographie (Claudio Abbado 80)

« Le grand chef italien Claudio Abbado fête aujourd’hui ses 80 ans. C’est en soi un exploit, puisque nul ne peut ignorer qu’il est gravement malade depuis plus de dix ans, et que peu lui prédisaient une telle longévité. Qui ne ne souvient des images d’Abbado dirigeant le Requiem de Verdi le visage ravagé, diaphane, au sortir d’une première opération ?

On est d’autant plus heureux de souhaiter à ce musicien qui a longtemps conservé (ou entretenu) une allure juvénile et séduisante, le meilleur des anniversaires !

Pour la circonstance, son éditeur de longue date a plutôt bien fait les choses, avec un beau coffret de rééditions de l’imposant corpus symphonique que Claudio Abbado a enregistré en quarante ans de collaboration avec le label jaune.

Ce n’est pas le lieu ni le moment de se livrer à une critique détaillée de ce coffret. Disons, pour faire bref, qu’on n’est pas très convaincu par les Mozart (tout récents, ceux qu’Abbado a gravés en Italie avec “son” orchestre Mozart), ou les Haydn (les 12 symphonies londoniennes) enregistrés “live” avec l’Orchestre de chambre d’Europe. Les Symphonies de Beethoven sont aussi les plus récentes – avec Berlin et en “live” – tout comme les Brahms, l’intégrale des symphonies de Mahler, souvent sous-estimée, me paraît le lot le plus abouti de ce coffret symphonique, avec les phalanges prestigieuses de Chicago et Vienne. De belles symphonies de Bruckner aussi avec les Viennois. Les symphonies de Mendelssohn avec le Symphonique de Londres ont toujours figuré en tête de la discographie de ces 5 bijoux du romantisme. Les symphonies de Schubert aussi avec l’orchestre de chambre d’Europe – à la réécoute je les trouve vraiment trop sages et impersonnelles.

Mais pourquoi a-t-on omis 4 magnifiques symphonies deTchaikovski, la 2eme enregistrée à Boston en 1967, les 4, 5, 6 avec un Philharmonique de Vienne somptueux ?

Autre réédition bienvenue, les quelques disques qu’Abbado avait faits pour Decca dans ses jeunes années, déjà avec Vienne ou Londres (une étonnante 1ere symphonie de Bruckner, déjà les 3e et 4e symphonies de Mendelssohn, les 7e et 8e de Beethoven, Prokofiev, Hindemith, et plus inattendu un récital d’airs de Verdi par Nicolai Ghiaurov.

En pleine année Verdi, Deutsche Grammophon a aussi eu la bonne idée de ressortir les opéras qu’Abbado avait gravés notamment pendant la période où il dirigeait la Scala de Milan. Je préfère souvent la fougue, l’élan de Muti dans les mêmes ouvrages, mais Abbado creuse les partitions et les caractères comme personne.

Je reste fasciné par le Claudio Abbado dernière période, et ses magnifiques concerts de Lucerne, avec l’orchestre d’amis qu’il a rassemblés autour de lui. L’homme n’a plus rien à prouver, l’artiste s’est dépouillé de tous les artifices, l’émotion naît de la musique, simplement offerte, donnée, à son acmé.