C’est en furetant chez Gibert que j’ai découvert – et acheté – une somme dont le titre accrocheur ne traduit qu’imparfaitement le contenu.
300 pages que je vais déguster comme il se doit, et qui sont, à ma connaissance, une première en ce qu’elles peuvent intéresser aussi bien les mélomanes – et les musiciens – que les amateurs de langue française. Où l’on prend conscience de l’influence de la musique dans notre langue de tous les jours…
Trop de Chosta ?
On a frisé l’indigestion mardi soir à la Philharmonie lors du concert de l’orchestre philharmonique d’Oslo dirigé par son chef, Klaus Mäkelä : deux symphonies de Chostakovitch dans la même soirée, c’était une performance autant pour les musiciens que pour l’auditeur. Ma critique à lire sur Bachtrack !
Le jeune Maazel : cherchez l’erreur ?
Finalement j’ai commandé ce coffret – même si je continue de trouver prohibitifs les prix de cette collection, dont le travail éditorial est admirable et souvent loué ici –
On connaissait déjà une grande partie des enregistrements du tout jeune Lorin Maazel – 27 ans – (lire L’Américain de Paris), mais il manquait ceux qui avaient été publiés par Philips au début des années 60, dans des répertoires où l’on n’attend vraiment pas le chef, et qu’il n’a plus jamais touchés dans la suite de sa longue carrière
CD 1 J.S. BACH Orchestral Suites Nos. 1–3
CD 2 J.S. BACH Orchestral Suite No. 4 Brandenburg Concertos Nos. 1–3
CD 3 J.S. BACH Brandenburg Concertos Nos. 4–6
CD 4 J.S. BACH Oster-Oratorium Helen Donath ∙ Anna Reynolds Ernst Haefliger ∙ Martti Talvela RIAS-Kammerchor
CDs 5-6 J.S. BACH Mass in B minor Teresa Stich-Randall ∙ Anna Reynolds Ernst Haefliger ∙ John Shirley-Quirk RIAS-Kammerchor
CD 7 HANDEL Music for the Royal Fireworks Water Music
CD 8 PERGOLESI Stabat Mater Evelyn Lear ∙ Christa Ludwig RIAS-Kammerchor
CD 9 MOZART Symphonies Nos. 38 & 39
CD 10 MOZART Symphonies Nos. 40 & 41
CD 11 DVOŘÁK Symphony No. 9 ‘From the New World’
CD 12 FRANCK Symphony in D minor
CD 13 STRAVINSKY The Firebird: Suite Le Chant du rossignol
CD 14 FALLA El amor brujo El sombrero de tres picos Grace Bumbry
Amateurs de baroque « historiquement informé » passez votre chemin ! Mais il y a déjà ici un péché mignon de l’Américain : l’étirement des tempos lents et la vitesse parfois mécanique pour les rapides, comme cette Water Music
On ne va se priver du bonheur d’entendre Teresa Stich-Randall dans une Messe en si qui, pour n’être pas philologique, se laisse écouter.
Le lecteur pensera sans doute que ma Straussmania tourne à l’obsession. Non content des trois articles consacrés au roi de la valse il y a un mois, pour célébrer le bicentenaire de sa naissance (lire Un bouquet de Strauss I, II et III), sans compter ceux qui les ont précédés sur ce blog, je reviens à Johann Strauss parce que Diapason lui consacre sa une et un dossier très complet dans son numéro de décembre.
On sait mes réserves sur la plupart des ouvrages jusqu’alors consacrés en français à celui que Diapason nomme justement « L’empereur de la valse« . Aucune réserve à faire, et bien au contraire de vives félicitations à décerner à l’auteure du dossier, Christine Mondon, qui est aussi celle d’un ouvrage qui m’avait complètement échappé, lors de sa parution en 2011, sur Johann Strauss ; la musique et l’esprit viennois,
Des félicitations aussi – mais il n’en a que faire venant d’un ami de longue date ! – à Ivan Alexandre, dont je connais la culture encyclopédique, mais dont j’ignorais les affinités électives avec la musique viennoise et singulièrement avec la discographie de la dynastie Strauss. Son « menu en quinze services » sur « les enregistrements qui ont fait de Johann Straus un roi du disque »‘ est une manière de perfection. J’y découvre même des choses, en CD ou en DVD, que je ne connaissais pas, je ne suis pas toujours d’accord avec certains jugements, qui laissent accroire ce qu’une partie de la critique française a toujours pensé de Willi Boskovsky (« Il ne fait aucun effort. On ne sait même s’il entraîne ou s’il suit. Confiance, nonchalance, c’était donc cela l’orchestre, une fratrie gaillarde qui parle si distinctement sa langue qu’il n’y prend plus garde« ). Sur la totalité des enregistrements laissés par l’ex-Konzertmeister devenu le chef du Nouvel an des Wiener Philharmoniker (lire Wiener Blut) il y a forcément du bon et du moins bon. Mais pour l’avoir beaucoup écouté et beaucoup comparé à beaucoup d’autres, je tiens que Boskovsky reste une référence, et parfois un modèle, dans l’exécution des oeuvres de Johann Strauss (lire Aimer, boire et chanter)
On pourra être surpris de trouver parmi les quinze « services » sélectionnés par Ivan Alexandre un paragraphe intitulé Plébiscite et consacré à… André Rieu ! Longtemps voisin (à Liège) du violoniste originaire de Maastricht – où il offre chaque année une grande soirée sur la grande place du Vrijthof – je n’ai jamais éprouvé pour lui le « mépris de la profession et de la critique » (I.A.A.). Il joue pour un public qui ne vient pas et ne viendra jamais au concert classique. C’est un médiocre violoniste mais un formidable businessman, comme l’étaient Johann Strauss père et fils, à la considérable différence près que les Viennois étaient de grands musiciens et d’excellents compositeurs.
Pour le plaisir
Pour compléter autant le dossier de Diapason que mes précédents articles, et juste pour le plaisir, quelques transcriptions parfois inattendues de valses et polkas de Strauss, tirées de ma disocthèque
L’incontournable Shura Cherkassky est comme chez lui dans les arabesques de Godowsky sur Wein, Weib und Gesang
Georges Cziffra n’était pas en reste avec ses propres broderies
On sait que Chostakovitch, dans sa jeunesse, s’est beaucoup amusé à transcrire et arranger (son Tahiti Trot est presque devenu plus célèbre que la mélodie originale – Tea for Two – de Vincent Youmans). A ma connaissance le Russe n’a fait qu’une seule incursion dans l’oeuvre du roi de la Valse.
Et bien sûr, il y a ces chefs-d’oeuvre que sont les transcriptions de Schoenberg, Webern et Berg des grandes valses de leurs aînés.
On se réjouit de retrouver très bientôt la totalité des enregistrements des Boston Chamber Players.
Olivier Mantei, le patron de la Philharmonie de Paris, peut être fier de son nouveau « bébé ». Comme une réplique aux célèbres Prom’s de Londres – le festival géant qui, tout l’été jusqu’à mi-septembre, rassemble chaque soir près de 5000 spectateurs au Royal Albert Hall – ses Prem’s ont, dès le premier soir (le 2 septembre) remporté un succès phénoménal (lire sur Bachtrack : Succès total pour la première des Prem’s à la Philharmonie).
L’opération est d’autant mieux venue que ce mini-festival propose une affiche extraordinaire : le Gewandhaus de Leipzig et Andris Nelsons les 2 et 3 septembre, le 5 rien moins que le Philharmonique de Berlin et Kirill Petrenko, le 7 la Scala de Milan et Riccardo Chailly et les 10 et 11 (on y sera) l’Orchestre de Paris et Klaus Mäkelä).
Le nouveau Nelsons
Sauf erreur de ma part, je n’avais pas revu le chef letton à Paris depuis trois ans et le concert qu’il avait dirigé, à la tête du Philharmonique de Vienne.
Je l’avais déjà repéré cet été en regardant quelques extraits vidéo, mais son entrée sur la scène de la Philharmonie mardi soir nous a tous impressionnés… par la transformation physique qui s’est opérée sur le chef. L’embonpoint du pope orthodoxe a laissé place à une sveltesse de mannequin
En 2020, lors du concert de Nouvel an à Vienne
juin 2022Septembre 2025
Et cela se voit et se ressent dans la manière d’Andris Nelsons de s’investir, de faire corps avec son orchestre.
Ici en mai dernier le concert d’hommage à Chostakovitch (mort il y a 50 ans) à Leipzig :
Leipzig éternel
Je ne suis allé qu’une seule fois à Leipzig à la fin de l’année 2017. Ce n’est pas dans sa salle moderne, construite en 1981 – et dont l’intérieur rappelle furieusement la Philharmonie de Berlin – que j’ai entendu le plus vieil orchestre européen, le Gewandhaus, mais à l’opéra.
Je collectionne depuis longtemps les enregistrements de l’orchestre du Gewandhaus, en particulier tous ceux qui furent réalisés sur place par l’entreprise d’Etat est-allemande VEB Deutsche Schallplatten dans des conditions de prise de son inégalées (sous les labels Eterna ou Berlin Classics)
On recherchera évidemment des raretés comme ce disque Markevitch
Et bien sûr la cohorte des chefs principaux, directeurs musicaux qui s’y sont succédé depuis les années 50 : Konwitschny, Neumann, Masur, Blomstedt, Chailly, et tous les invités réguliers comme Kurt Sanderling
Quant à Andris Nelsons, il profite de sa double casquette Leipzig/Boston pour graver des quasi-intégrales qui ne sont pas toutes du même niveau – on est plutôt déçu par ses Bruckner.
Humeurs et réactions du jour sur mes brèves de blog : aujourd’hui j’y évoque justement l’Orchestre de Paris, des nominations (Salonen) et autres transferts…
Dmitri Chostakovitch est mort le 9 août 1975, épuisé, usé par 69 années d’une vie qui se sera faufilée comme elle pouvait parmi toutes les horreurs de son pays natal, la Russie devenue Union Soviétique.
C’est sans doute l’un des compositeurs qui comptent le plus d’occurrences dans ce blog (cf. les deux articles les plus récents Encore Chostakovitch et La vérité Chostakovitch). Je ne vais donc pas répéter ce que j’ai écrit à de multiples reprises, sauf peut-être que « Chosta » est un compositeur qui, pour moi, supporte mal le studio, le disque même, et nécessite le concert, le « live ». C’est particulièrement vrai pour ses opéras, mais ça l’est plus encore dans ses grandes symphonies, où l’impact purement physique du son sur l’auditeur/spectateur est une donnée indispensable pour la bonne perception de l’oeuvre.
J’ai tant de souvenirs de ces concerts qui m’ont laissé anéanti, interdit, sans voix. La fin de la 11e symphonie et le glas des cloches dans la magnifique salle de Saragosse (Espagne), dirigée par Louis Langrée à la tête de l’Orchestre philharmonique de Liège, lorsque tout l’auditoire attend près d’une minute avant d’applaudir. La 13e symphonie dirigée par Neeme Järvi avec le choeur de la radio bulgare, l’Orchestre de la Suisse romande, lorsque de vieilles abonnées du Victoria Hall – qui craignaient cette oeuvre trop moderne.. chantée en russe – étaient en larmes à la fin. Plus récemment, le finale du 1er concerto pour violon à Montpellier, qui n’a pas été pour rien dans le choix du jury de décerner le Grand Prix de l’Eurovision jeunes musiciens au jeune Daniel Matejca;
Alors, puisque le sujet de cette série est de faire entendre quelques secrets de ma discothèque, je ne propose évidemment ici que des « live ».
Concertino pour 2 pianos
L’oeuvre est courte (8 minutes), date de 1953 et est dédiée au fils de Chostakovitch, Maxime, comme le sera le 2e concerto pour piano en 1957
Martha Argerich a eu, au moins deux fois, Lilia Zylberstein comme partenaire pour ce Concertino pour 2 pianos
Concerto pour piano n°1 et trompette
Martha Argerich, toujours elle, a laissé plusieurs aérions « live » du 1er concerto qui date de 1933, créé par le compositeur lui-même au piano. Son complice à la trompette est le toujours étonnant Sergei Nakariakov, jadis enfant prodige.
Pour les symphonies, il faut évidemment repérer les concerts d’ Evgueni Mravinski, dédicatoire et créateur de plusieurs des symphonies de Chostakovitch..
Symphonie n°5
Symphonie n°15
Kurt Sanderling, peut-être mieux que d’autres, a trouvé la clé de cette ultime 15e symphonie de Chostakovitch, qui peut dérouter autant les auditeurs que les chefs d’orchestre… Ici un précieux enregeistrement de concert avec l’orchestre de Cleveland
Symphonie n°10
La 10e symphonie qui suit de quelques mois la mort de Staline en 1953 est certainement l’oeuvre emblématique de Chostakovitch, et au concert celle qui produit l’effet le plus déterminant sur l’auditoire. Il peut y avoir des exceptions, comme en octobre 2024 (lire ma critique pour Bachtrack du concert de Daniele Gatti avec les Wiener Philharmoniker )
Karajan a enregistré deux fois la 10e symphonie. C’est peut-être à Moscou, lorsqu’il y est invité avec l’orchestre philharmonique de Berlin, en 1969, que le choc, l’étincelle, sont les plus forts
L’humour qui sauve
Chez Chostakovitch, il y a toute une production de musiques de film, de ballet (l’exemple le plus célèbre étant la valse tirée d’une pseudo « suite de jazz » n°2), de divertissement pur, qui permettait aussi bien au compositeur qu’aux interprètes et aux auditeurs d’échapper à la tragédie des temps.
J’éprouve toujours autant de plaisir à écouter « les aventures de Korzinkine«
ou une suite comme « Le boulon » si exemplative d’une période où tout semblait permis : » Le Boulon » (en russe : Болт, Bolt) est un ballet en trois actes de Dmitri Chostakovitch, créé en 1931 à Léningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg). Il s’agit d’une œuvre satirique qui dépeint la vie dans une usine soviétique, avec une intrigue centrée sur un sabotage et ses conséquences. Le ballet est connu pour son humour corrosif, sa musique entraînante et son exploration des relations complexes entre les ouvriers et le pouvoir soviétique.
J’ai souvent cité la collection Eloquence – dont le critique français, installé au Québec, Christophe Huss a parfaitement raconté l’histoire (lire Vingt-cinq années d’Eloquence) – et l’excellence des choix éditoriaux de son responsable Cyrus Meher-Homji. Mais les prix de ces coffrets sont exorbitants, et il faut naviguer entre les différents sites et pays pour les trouver plus raisonnables.
Coup sur coup, ce sont trois chefs d’orchestre qui sont honorés, et c’est une bonne chose que de retrouver quelques enregistrements mémorables.
Walter le Viennois
J’ai déjà écrit un article sur Walter Weller (1939-2015) au moment de son décès, et rappelé les grands disques qu’il a laissés comme chef d’orchestre.(lire Wiener Walter). Ce coffret de 20 CD rassemble tous ses enregistrements pour Decca
CD 1 BARTÓK Rhapsody Sz.27; Piano Concerto No. 1 Pascal Rogé; London Symphony Orchestra
CD 2 BARTÓK Piano Concertos Nos. 2 & 3 Pascal Rogé; London Symphony Orchestra
CD 3 BRAHMS 21 Hungarian Dances Royal Philharmonic Orchestra
CD 4 DUKAS L’Apprenti sorcier; Symphony in C major London Philharmonic Orchestra
CD 5 GRIEG Peer Gynt Royal Philharmonic Orchestra SMETANA Haakon Jarl Israel Philharmonic Orchestra
CD 9 PROKOFIEV Symphonies Nos. 1 & 7 London Symphony Orchestra
CD 10 PROKOFIEV Symphony No. 2; The Love for Three Oranges Suite London Philharmonic Orchestra
CD 11 PROKOFIEV Symphony No. 3; Scythian Suite London Philharmonic Orchestra
CD 12 PROKOFIEV Symphony No. 4; Russian Overture London Philharmonic Orchestra
CD 13 PROKOFIEV Symphony No. 5 London Symphony Orchestra
CD 14 PROKOFIEV Symphony No. 6 London Philharmonic Orchestra
CD 15 RACHMANINOFF Symphony No. 1 Orchestre de la Suisse Romande
CD 16 RACHMANINOFF Symphony No. 2 London Philharmonic Orchestra
CD 17 RACHMANINOFF Symphony No. 3; The Rock London Philharmonic Orchestra
CD 18 SHOSTAKOVICH Symphonies Nos. 1 & 9 Orchestre de la Suisse Romande
CD 19 SMETANA Má vlast Israel Philharmonic Orchestra
CD 20 Prima Donna in Vienna Pilar Lorengar; Wiener Opernorchester
Ne pas oublier le formidable Quatuor Weller, interprète particulièrement inspiré des Viennois
Frühbeck l’Espagnol
Ses parents étaient allemands, mais comme il est né à Burgos, il a tôt fait d’hispaniser son patronyme : Rafael Frühbeck de Burgos (1933-2014) est l’un de ces chefs d’orchestre qu’on voit souvent comme accompagnateur sur les pochettes de disques, et de préférence pour la musique espagnole. Image évidemment réductrice, que n’a pas eu à subir Walter Weller !
Ce coffret de 11 CD permet d’élargir notre connaissance de l’art du chef espagnol, avec plusieurs inédits en CD.
CD 1 MENDELSSOHN A Midsummer Night’s Dream: Overture, Op. 21 & Incidental Music, Op. 61 Hanneke van Bork; Alfreda Hodgson Ambrosian Singers; New Philharmonia Orchestra FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 2 MENDELSSOHN A Midsummer Night’s Dream Overture, Op. 21 SCHUMANN Symphony No. 3 ‘Rhenish’ London Symphony Orchestra FIRST RELEASE ON CD
CD 3 MENDELSSOHN Violin Concerto in E minor BRUCH Violin Concerto No. 1 Ion Voicu; London Symphony Orchestra
CD 4 FALLA El amor brujo GRANADOS Intermezzo (Goyescas) RAVEL Pavane pour une infante défunte; Alborada del gracioso Nati Mistral; New Philharmonia Orchestra
CD 5 ALBÉNIZ (orch. Frühbeck de Burgos) Suite española No. 1; Cordoba New Philharmonia Orchestra
CD 6 KHACHATURIAN Piano Concerto FRANCK Variations symphoniques FAURÉ Fantaisie for Piano and Orchestra Alicia de Larrocha; London Philharmonic Orchestra
CD 7 MONTSALVATGE Concerto breve SURIÑACH Piano Concerto Alicia de Larrocha; Royal Philharmonic Orchestra
CD 8 FALLA Noches en los jardines de España ALBÉNIZ Rapsodia española TURINA Rapsodia sinfonica Alicia de Larrocha; London Philharmonic Orchestra
CD 9 RODRIGO Fantasía para un gentilhombre OHANA Tres gráficos Narciso Yepes; Orquesta Nacional de España FIRST RELEASE ON CD
CD 10 BACARISSE Guitar Concertino TORROBA Homenaje a la Seguidilla Narciso Yepes; Orquesta Nacional de España FIRST RELEASE ON CD
CD 11 OHANA Tres gráficos RUIZ-PIPO Tablas Narciso Yepes; Orquesta Nacional de España
J’avais acquis une intégrale des symphonies de Beethoven captée au Danemark, le chef étant déjà marqué par la maladie, mais délivrant une interprétation tout à fait remarquable
J’ai aussi une série de CD « live » captés avec l’orchestre philharmonique de Dresde, avec Bruckner, Richard Strauss… et rien d’espagnol !
Mais on écoute et réécoute souvent par exemple la suite d’orchestre qu’il a tirée d’Iberia d’Albeniz
et de précieux disques d’extraits de zarzuelas… qu’on ne trouve qu’en Espagne !
Atherton : Londres-Vienne
C’est un disque que j’ai de toute éternité dans ma discothèque
avec une oeuvre que je m’amusais toujours à diffuser pour piéger mes amis et/ou mes auditeurs
Cette pochade de Schoenberg – La brigade de fer -écrite au milieu de la Première guerre mondiale – révèle un aspect nettement moins sérieux et austère d’un compositeur qui continue à effrayer certains publics.
Mais jusqu’à la parution de ce nouveau coffret, je dois bien avouer que, en dehors des Schoenberg, j’ignorais la plupart des enregistrements réalisés par David Atherton et le London Sinfonietta
CD 1 MOZART Serenade K. 361 ‘Gran Partita’ FIRST RELEASE ON CD
CD 2 MOZART Serenades K. 375 & 388 Antony Pay FIRST RELEASE ON CD
CD 3 SPOHR Clarinet Concertos Nos. 1 & 2 Antony Pay FIRST RELEASE ON CD
CD 4 SCHUBERT Mass No. 4 Wind Octet D.72* Eine kleine Trauermusik Gesang der Geister über den Wassern Phyllis Bryn-Julson; Jan DeGaetani Anthony Rolfe Johnson; Malcolm King London Sinfonietta Chorus *FIRST RELEASE ON CD
CD 5 SCHOENBERG Verklärte Nacht* Serenade Op. 24 John Shirley-Quirk *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 6 SCHOENBERG Chamber Symphony No. 1* Pierrot Lunaire Ein Stelldichein* Herzgewächse* Three Pieces for Chamber Orchestra* Nachtwandler (Brettl-Lieder)* Mary Thomas; June Barton
CD 7 SCHOENBERG Wind Quintet Der Wunsch des Liebhabers* Der neue Klassizimus* Lied der Waldtaube (Gurrelieder)* Die eiserne Brigade Weihnachtsmusik* Anna Reynolds London Sinfonietta Chorus *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 8 SCHOENBERG Suite Op. 29 Ode to Napoleon Buonaparte Phantasy for Violin and Piano* Gerald English Nona Liddell; John Constable *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 9 STRAVINSKY Agon* BERG Chamber Concerto György Pauk; Paul Crossley *FIRST INTERNATIONAL RELEASE ON CD
CD 10 GERHARD Libra; Gemini; Leo FIRST RELEASE ON CD
CDs 11–12 WEILL Kleine Dreigroschenmusik Mahagonny Songspiel; Violin Concerto Happy End; Das Berliner Requiem Pantomime I; Vom Tod im Wald Mary Thomas; Meriel Dickinson Philip Langridge; Ian Partridge Benjamin Luxon; Michael Rippon Nona Liddell
CD 13 LIGETI Melodien for Orchestra Double Concerto Chamber Concerto Aurèle Nicolet; Heinz Holliger
C’est vraiment avec ce genre de publications que la collection Eloquence prouve son utilité. Grâce en soit rendue à Cyrus Meher-Homji !
Mes dernières acquisitions discographiques – oui j’aime bien avoir sous la main des coffrets de CD, même si je suis abonné à Idagio qui reste pour moi le meilleur site de téléchargement classique – révèlent des proximités pas si étranges que cela entre deux grandes capitales musicales : Amsterdam et Munich.
Work in progress… ou comment ranger, arranger les rayons d’une discothèque volontairement restreinte en surface !
Mahler Live
L‘Orchestre royal du Concertgebouw d’Amsterdam recèle des trésors d’archives de concert, qui sont depuis une vingtaine d »années soigneusement éditées par l’orchestre lui-même à partir des captations réalisées par l’une ou l’autre radio publique néerlandaise (voir Un orchestre royal et pour le détail des coffrets Concertgebouw 125)
C’est au tour de Mahler d’être « mis en coffret ».
Certes, dans ce coffret, il y a des enregistrements bien connus et plusieurs fois réédités, mais il y a surtout, pour les années récentes, de nouvelles archives « live ».
Das Lied von der Erde : Haitink 2006
Symphonie 1 : Chailly 1999
Symphonie 2 : Gatti 2016
Symphonie 3 : Van Beinum 1957
Symphonie 4 : Mengelberg 1939
Symphonie 5 : Chailly 1997
Symphonie 6 : Haitink 2001
Symphonie 7 : Jansons 2016
Symphonie 8 : Jansons 2011
Symphonie 9 : Haitink 2011
Symphonie 10 : Chailly 2000
Les Bavarois
Le lien le plus évident entre Amsterdam et Munich est la communauté de direction musicale entre le Concertgebouw et l’orchestre de la Radio bavaroise : Mariss Jansons (1943-2019) a été le chef du premier de 2004 à 2016, et du second de 2003 à 2019. Tout cela a été amplement documenté, on ne compte plus les doublons, voire les triplons, entre les captations réalisées aux Pays Bas ou en Bavière.
Mais il y eut bien d’autres relations musicales entre les deux villes. Bernard Haitink (1929-2021) , le légendaire patron du Concertgebouw de 1961 à 1988 fut l’un des invités les plus réguliers de l’orchestre de la radio bavaroise fondé après la guerre par Eugen Jochum. Cette relation est documentée, entre autres, par deux coffrets passionnants :
Les mélomanes les plus avertis peuvent s’amuser à comparer les différentes versions des mêmes oeuvres telles que Bernard Haitink les a données au fil des décennies, dans Mahler ou Bruckner bien sûr. Mais aussi dans cette 7e symphonie de Dvorak, que le chef hollandais avait enregistrée au tout début de sa carrière pour Philips, avant même de prendre la direction du Concertgebouw
Entre temps, Deutsche Grammophon regroupe dans un coffret de 19 CD (pour moins de 70 € !) une intégrale de ses symphonies, quelques musiques de scène et les six concertos pour piano, violon et violoncelle du compositeur, enregistrées par Andris Nelsons avec le Boston Symphony Orchestra, et comme solistes Yuja Wang, Baiba Skride et Yo Yo Ma. A quoi il faut ajouter rien moins que l’opéra révolutionnaire de Chostakovitch, Lady Macbeth de Mzensk. Plusieurs de ces enregistrements ne sont même pas encore sortis séparément…
Je suis loin d’avoir encore tout écouté, même si j’avais déjà prêté une oreille attentive aux premières symphonies parues ces dernières années. Je me rappelle certaines critiques, que je partageais souvent, sur les choix interprétatifs du chef letton, qui « décontextualise » cette musique pourtant difficilement séparable des circonstances qui l’ont vue naître.
On avait fait, si je me souviens bien, un peu le même reproche à Bernard Haitink qui avait, sauf erreur de ma part, enregistré la première intégrale « occidentale » des symphonies de Chostakovitch à Londres et Amsterdam.
J’ai rappelé ici même il y a peu mes préférences pour les visions en quelque sorte natives de Kondrachine, Mravinski, les chefs russes en général.
Sans souvenirs et sans préjugés
Mais je me demande s’il n’est pas temps, comme auditeur, d’aborder Chostakovitch« sans souvenirs et sans préjugés » (pour reprendre une célèbre formule de Jacques Lonchampt à propos du Parsifal de Boulez à Bayreuth en 1966). Exercice certes difficile quand on est nourri depuis des lustres de culture russe mais sûrement salutaire pour ne pas réduire ce compositeur et son oeuvre à leur seule dimension historique.
C’est la démarche, en tout cas, qu’adopte Andris Nelsons, en choisissant d’enregistrer tout son Chostakovitch avec l’orchestre sans doute le moins familier de l’oeuvre du Russe, le Boston Symphony. On serait bien en peine de trouver un disque Chostakovitch dirigé par l’un des prédécesseurs de Nelsons à la tête de cet orchestre, qu’il s’agisse de Munch, Leinsdorf, Steinberg, Ozawa ou Levine.
On n’est pas au bout de ses – bonnes – surprises en écoutant, pas à pas, cette nouvelle intégrale, pour l’essentiel captée en concert.
Les vraies surprises viennent, pour moi, des solistes des concertos.
Dans les deux concertos pour piano, Yuja Wang se montre plutôt moins exubérante qu’on l’attendrait, et finalement assez classique dans son approche
Pour ce qui est de Yo Yo Ma, bientôt septuagénaire (!), on connaissait bien le 1er concerto pour violoncelle gravé jadis avec Eugene Ormandy, mais pour les 2 concertos ensemble, c’est une première
Quant aux concertos pour violon, ils sont confiés à une compatriote du chef, la Lettonne Baiba Skride, que j’ai bien connue (et invitée) lorsqu’elle remporta le premier prix du Concours Reine Elisabeth en 2001, à tout juste 20 ans. La carrière discographique de Baiba a pris son cours sous le label Orfeo, avec plusieurs belles réussites. Ici, certains ne manqueront pas de relever une certaine retenue, l’absence de folie dans le jeu. Mais cela correspond à l’esthétique développée par le chef, et mérite l’écoute.
Je vais maintenant prendre le temps d’écouter l’opéra maudit de Chostakovitch, mais je tenais à saluer cette nouvelle et importante contribution moderne à la discographie du compositeur.
Un début de mois c’est pour moi la lecture des mensuels de musique classique, ceux auxquels je continue d’être abonné à l’édition papier (BBC Music, Diapason, Classica). Dans chacun d’eux, en général, une discographie comparée, et souvent pour le lecteur, irritation ou frustration, parce qu’évidemment en cette matière il y a autant de critiques avertis que de lecteurs, comme il y autant de sélectionneurs que de spectateurs de matches de ligue 1 de football !
Chostakovitch, les oubliés
Diapason consacre tout un dossier à Chostakovitch, dont on commémorera le 9 août le cinquantenaire de la disparition. Il n’y a jamais besoin de prétexte pour évoquer le plus grand compositeur russe du XXe siècle (oui je sais, on va me rétorquer « Et Prokofiev alors? »). Ceux qui suivent depuis longtemps, c’est mon cas, l’auteur de ce dossier, Patrick Szersnovicz, connaissent ses dilections discographiques, son admiration sans réserve pour certains chefs d’orchestre (Karajan par exemple), mais sans dévoiler ses préconisations pour les symphonies de Chostakovitch, on peut regretter l’étroitesse de ses choix. Jamais un chef aussi important que Kirill Kondrachine (le créateur de la 4e symphonie notamment) n’est cité, aucun Russe en dehors de Mravinski et encore parcimonieusement. Mais c’est sa liberté.
Hautement recommandable aussi ce coffret patchwork à petit prix :
Les Anglais aiment les Français
Dans le numéro de février du concurrent de Gramophone, BBC Music Magazine, tout un papier consacré au « Lighter side of Ludwig » van Beethoven, en l’occurrence à sa 4e symphonie. Passionnante analyse, comme très souvent. Et des recommandations discographiques qui peuvent surprendre.
En numéro 1, la version de Hans Schmidt-Isserstedt à Vienne (dans le cadre d’une intégrale souvent louée).
Et la surprise vient du numéro 2, devant plusieurs illustres versions « authentiquement informées », Emmanuel Krivine et la Chambre Philharmonique ! Des disques qui manquaient à ma discothèque, sans doute disparus au cours d’un déménagement, et que j’ai retrouvés tout récemment d’occasion.
Depuis son retrait de la direction de l’Orchestre national de France, Emmanuel Krivine se fait discret, beaucoup trop discret.
Dans leurs discographies comparées, les rédacteurs de BBC Music Magazine indiquent toujours une version to avoid/à éviter. Ici la dernière version de Karajan avec Berlin pour DGG au début de l’ère digitale « en pilotage automatique »
Il aurait fallu tout de même ajouter que la version de 1962 est au contraire un concentré d’énergie.
Les Anglais toujours
Un passage chez Melomania et ce sont encore quelques trouvailles… venues d’Outre Manche
Rien d’inédit ni d’inconnu mais le vieux chef anglais surprend toujours en concert. On pourrait s’amuser à le comparer à lui-même…
Falling in love with Joan
Dieu sait que je ne suis pas un inconditionnel de celle que ses fans appelaient » la stupenda« , mais quand Joan Sutherland s’amuse, ça vaut le coup d’oreille, surtout dans des viennoiseries chantées en anglais !
PS Deux enregistrements à rajouter à cette liste, et beaucoup d’émotion. A lire sur brevesdeblog
Cet octobre commence dans des couleurs plutôt sombres. Le dernier week-end avait plutôt bien commencé sous le frais soleil de Paris.
J’avais pratiquement toujours connu la Fontaine des Innocents en travaux ou à l’arrêt. Enfin la voici restaurée et remise en eau. Quel contraste avec la si laide canopée des Halles toute proche !
Autre fontaine qui a fait l’objet de deux ans de travaux de rénovation et que je n’avais pas revue depuis son inauguration il y a quelques mois, celle qui est installée sur la place Stravinsky, devant l’IRCAM et à côté du Centre Pompidou, dont les sculptures sont dues à Niki de Saint-Phalle et Jean Tinguely :
Je n’avais pas non plus aperçu jusque là ce « mural » sur un immeuble tout proche.
C’est l’oeuvre d’un jeune artiste ukrainien, Nikita Kravtsov, qui rappelle éloquemment une guerre qui s’éternise à nos portes (lire La Grande porte de Kiev).
Déception
Au terme de ce samedi ensoleillé, j’avais rendez-vous dans une salle que j’affectionne particulièrement – le Théâtre des Champs-Élysées – pour un concert que j’attendais avec impatience : l’Orchestre philharmonique de Vienne c’est toujours une promesse.
D’autant plus que je découvrais la nouvelle conque acoustique.
Le programme était pourtant très alléchant : Apollon musagète de Stravinsky et la 10e symphonie de Chostakovitch.
Pour me remettre de ma déception, j’ai réécouté les versions de mon coeur des deux oeuvres :
Pour la 10e de Chostakovitch, on a l’embarras du choix, mais on revient toujours à la source, au créateur de l’oeuvre, l’immense Evgueni Mravinski
Peut-on écouter « allegro » plus terrifiant que celui-ci ?
Le dernier mouvement dirigé par Kondrachine me met toujours au bord des larmes.
Deux Ozon pour un dimanche
Le soleil ayant déclaré forfait au-dessus de Paris ce dimanche, on s’est engouffré dans l’un des rares cinémas indépendants de la capitale pour voir le dernier Ozon… d’actualité : Quand vient l’automne
Ce n’est pas un grand cru, mais c’est un film bien ficelé qui se laisse regarder, surtout pour l’extraordinaire Hélène Vincent, qui en a le rôle principal. Josiane Balasko est remarquable, mais son personnage est secondaire par rapport à l’intrigue. Mention spéciale pour Pierre Lottin qui fait totalement oublier son rôle dans Les Tuche et l’inspectrice de police jouée par Sophie Guillemin. Pas indispensable, mais à voir un jour de pluie !
Ce même dimanche soir, France 2 programmait un autre film de François Ozon, sorti en 2021 : Tout s’est bien passé. André Dussollier y est magistral dans sa composition d’un vieux capitaine d’industrie après un AVC qui demande à mourir. Sophie Marceau endosse difficilement les aspects dramatiques de son rôle, mais elle y est crédible. L’apparition la plus surprenante et lumineuse est celle d’Hannah Schygulla, qui porte si bien son âge.
J’ai plusieurs fois cité ici les bonnes affaires que je fais sur le site allemand jpc.de. L’une des dernières en date est ce DVD :
La fille de Martha Argerich et Charles Dutoit, Annie Dutoit, a conçu ces deux documentaires comme des concerts privés, au domicile de Daniel Barenboïm à Berlin, chez sa mère Martha Argerich à Genève. Quelle belle manière d’entrer au coeur de la musique, dans l’intimité des artistes. On aime quand ces immenses musiciens sont ainsi filmés, interviewés, aimés…
44 ans les séparent
C’est l’un des plus grands pianistes russes, c’est parfois un chef inspiré, c’est un immense musicien en tout cas, Mikhail Pletnev (67 ans), qui s’est associé à un violoniste miraculeux de 23 ans, Daniel Lozakovich que, concert après concert (notamment depuis mon invitation à Montpellier en 2019) je ne cesse d’admirer
Cette nouveauté, ce duo, ce dialogue entre le vieux maître et le jeune artiste, sont tout simplement admirables.
Lekeu éternel
Le numéro d’octobre de Classica propose une écoute comparée de la sonate pour violon et piano de Guillaume Lekeu (1870-1894). C’est une excellente idée pour ce qui est un chef-d’oeuvre de la musique de chambre.
Je ne suis pas surpris que le résultat de cette écoute à l’aveugle mette l’inaltérable version de Christian Ferras et Pierre Barbizet en tête de liste.