J’ai souvent évoqué ici la figure et la personne de Pierre Boulez, dont on va célébrer le centenaire de la naissance ce 26 mars..
Je raconterai encore quelques souvenirs personnels, mais je me garderai de participer à la critique et à l’exégèse de son oeuvre et de son action : le colloque Pierre Boulez, l’orchestre et la politique culturelle , auquel j’assisterai mercredi et jeudi prochains à la Philharmonie de Paris devrait susciter d’utiles débats.
Parce que, comme le relevait Bruno Mantovani lors d’une récente soirée du Printemps desArts de Monte-Carlo, l’admiration qu’on peut éprouver pour Boulez n’empêche pas, au contraire, de reconnaître ses erreurs, voire ses ratages.
La critique a souvent relevé que le chef d’orchestre Pierre Boulez excellait dans la musique du XXe siècle, et qu’à la différence de ses contemporains, son répertoire au disque était plutôt réduit, commençant à Mahler pour finir par lui-même et une liste parcimonieuse des autres grands noms de la composition (Ligeti, Birtwhistle, Carter, un peu de Messiaen).
L’une des plus belles versions de la Valse de Ravel est assurément celle de Pierre Boulez à Berlin.
La sensualité, la conduite des ralentis comme des emballements, la capture de la décadence de cette valse morbide, sont d’un maître absolu de l’orchestre.
Pourquoi donc le même chef était-il si peu à l’aise – c’est un euphémisme – avec le répertoire plus classique où ses quelques incursions au disque sont assez spectaculairement ratées.
Les ratages
Dans le coffret Sony qui récapitule ses années américaines et londoniennes, il y a quelques perles rares qui sont autant d’anti-modèles : Haendel et Beethoven par exemple.
Je découvre sur YouTube un enregistrement que j’ignorais, et qui n’est guère plus convaincant de Water Music, réalisé à La Haye
J’ai aussi acheté des « live » chez Yves St.Laurent (78experience.com), ce courageux amateur canadien qui a déjà restauré un impressionnant catalogue d’enregistrements de concert.
Il fallait bien que comme directeur musical à Cleveland comme à New York, Pierre Boulez dirige aussi le grand répertoire. Les témoignages qu’on en a ne sont pas ce que le chef nous a laissé de meilleur…
Schubert avec des pieds de plomb…
Schumann n’est pas mieux servi !
Mais en 1962 à Baden Baden, le Beethoven de la 3e symphonie « Héroïque » lui convient manifestement mieux :
Les « one shot »
Il y a aussi des oeuvres que Boulez n’a enregistrées qu’une seule fois et sans doute rarement abordées au concert. Sans doute pas sa tasse de thé, mais à plus d’un titre intéressant.
C’est par Pierre Boulez dirigeant l’Orchestre de Paris pour un concert de gala à la fin des années 70 que j’ai découvert le ballet de Paul Dukas, La Péri. Depuis j’ai appris à préférer la transparence et la sensualité d’un Martinon ou d’un Jordan.
Dans la 3e symphonie de Roussel, il manque tout de même la saveur, le pétillement qu’y mettait un Bernstein
Richard Strauss n’était pas non plus dans le coeur de répertoire du chef Boulez. Il a certes enregistré pour DG un Also sprach Zarathustra de belle facture mais pas primordial dans une discothèque. Et le Till Eulenspiegel que j’ai sur un double CD édité par la boutique du Chicago Symphony est loin d’être inoubliable.
Enfin il se niche dans un coffret hommage à Yvonne Loriod un authentique rareté : les quatre premiers concertos pour piano de Mozart, peut-être l’un des tout premiers disques de Pierre Boulez.
J’invite ceux qui voudraient explorer plus avant l’héritage discographique de Pierre Boulez à lire Les chefs de l’été..
J’invite surtout à réécouter tous ces enregistrements qui nous ont nourri, enchanté, souvent fait découvrir des oeuvres, comme les Sieben frühe Lieder de Berg, chantés ici par la grande Heather Harper
et plus encore dans cette version de concert au Japon, en 1995, avec l’insurpassée Jessye Norman
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Un an et demi après un premier gros coffret (Les années Ormandy) dévolu aux années « stéréo » du couple Ormandy/Philadelphie, voici le suivant et dernier pour le legs Columbia (un autre suivra pour les publications sous étiquette RCA)
Je renvoie à mon premier article et à tout ce que je peux répéter sur ce grand chef (de petite taille !) Eugene Ormandy et l’Orchestre de Philadelphie dont il fut l’incarnation durant près d’un demi-siècle.
Je n’ai jamais compris l’espèce de condescendance avec laquelle une grande partie de la critique européenne regardait ce chef, qui n’aurait été préoccupé de que de beau son, de brillance orchestrale. Il est vrai que la remastérisation est spectaculaire et nous restitue le son de cet orchestre avec une définition, une précision, un espace qu’on ne connaissait pas.
Ce nouveau coffret (94 CD plus un livre cartonné trilingue) réunit les enregistrements stéréo pour Columbia des années 1964 à 1983 (en fait on parle des années de parution : de 1964 à 1968 avec un disque plus tardif en 1983 avec Yo Yo Ma) Un grand nombre d’entre eux apparaissent pour la première fois en CD, comme la Passion selon saint Jean de Bach, les Métamorphoses symphoniques de Hindemith, la Sixième symphonie de Schubert, le Concerto pour cordes de Ginastera ou la musique de ballet du « Cid » de Massenet et le Divertimento de Bartók. On retrouve bien sûr des enregistrements connus et légendaires comme les « Tableaux d’une exposition », les Première et Troisième symphonies de Rachmaninov, la Cinquième de Chostakovitch, la Dixième complétée de Mahler, ou la « Symphonie du Nouveau Monde » (exceptionnellement avec le London Symphony Orchestra), mais aussi les Quatrième et Cinquième symphonies de Bruckner. Et deux intégrales des symphonies de Beethoven et Brahms, injustement négligées par la critique, et qui méritent vraiment une écoute attentive.. et passionnante.
Isaac Stern, Rudolf Serkin, Eugene Istomin, Emil Gilels, Gary Graffman, Philippe Entremont, Leonard Rose et Yo Yo Ma sont les solistes qu’Ormandy entoure toujours du fameux Philadelphia Sound. A quoi s »ajoutent deux CD qui mettent en lumière les solistes de l’orchestre.
Alors Ormandy dans le répertoire classique ? Qu’on prenne au moins la peine d »‘écouter…
Cette 8e symphonie de Beethoven avec les Wiener Philharmoniker en 1963 :
Comme « accompagnateur » Eugene Ormandy savait, lui, comment ouvrir le 1er concerto de Chopin – quelle leçon cette longue introduction sur laquelle tant de chefs achoppent ! :
Alors, bien sûr, on aime aussi – et depuis longtemps – Ormandy et Philadelphie pour tous ces arrangements, ces pièces de genre, qu’ils jouent comme personne
Dans cet extrait trouvé sur YouTube, ne pas s’attacher à la restitution sonore – manifestement il s’agit ici d’un repiquage de 33 tours –
Les plus avisés relèveront que dans les équipes vocales qu’Ormandy invitait pour les oeuvres chorales, il y avait presque toujours la sublime Maureen Forrester (1930-2010). Clin d’oeil à Thomas Deschamps et aux amis de Classica qui nous offrent avec leur dernier numéro (lire La messe est dite) un formidable inédit :
DISC 1: Bach, J.S.: Oster-Oratorium, BWV 249 (Judith Raskin, Maureen Forrester, Richard Lewis, Herbert Beattle)
DISC 2: Prokofiev: Symphony No. 1 in D Major, Op. 25 « Classical » Prokofiev: Lieutenant Kijé Suite, Op. 60 Prokofiev: The Love for Three Oranges (suite), Op. 33bis
DISC 3: Strauss, R.: Also sprach Zarathustra, Op. 30
DISC 4: Offenbach: Gaîté Parisienne Bizet: L’Arlésienne Suite No. 1 Bizet: L’Arlésienne Suite No. 2
DISC 5: Hindemith: Mathis der Maler Symphony Hindemith: Symphonic Metamorphosis of Themes by Carl Maria von Weber
DISC 6: Tchaikovsky: The Nutcracker, Op. 71, TH 14 (Extracts) Tchaikovsky: Romeo and Juliet Overture-Fantasy, TH 42 (1880 Version)
DISC 7: Bartók: Concerto for Orchestra, Sz. 116
DISC 8: Mendelssohn: Symphony No. 4 in A Major, Op. 90 « Italian » Mendelssohn: A Midsummer Night’s Dream, incidental music, Op. 61
DISC 9: Ravel: Piano Concerto in G Major, M. 83 Falla: Noches en los Jardines de España, IMF 8 (Philippe Entremont)
DISC 10: Prokofiev: Violin Concerto No. 1 in D Major, Op. 19 Prokofiev: Violin Concerto No. 2 in G Minor, Op. 63 (Isaac Stern)
DISC 11: Traditional: O Tannenbaum Traditional: It Came Upon the Midnight Clear Simeone: Little Drummer Boy Niles: I Wonder as I Wander Handel: Messiah, HWV 56: For unto us a Child is bor Traditional: Here We Go A-Caroling Traditional: Good King Wenceslas Traditional: Away in a Manger Traditional: Jingle Bells Traditional: We Three Kings of Orient Are Handel: Messiah, HWV 56: Hallelujah Chorus Traditional: We Wish You a Merry Christmas Pergolesi: Glory to God in the Highest Franck: Psalm 150 in D Major, FWV 69 Robertson: How Beautiful Upon the Mountain Schubert: Psalm 23, D. 706 Beethoven: Christus am Ölberge, Op. 85: Hallelujah (Mormón Tabernacle Choir)
DISC 12/13: Verdi: Messa da Requiem (Lucine Amara, Maureen Forrester, Richard Tucker, George London)
DISC 14: Strauss, R.: Der Rosenkavalier Suite, TrV 227d Strauss, R.: Till Eulenspiegels lustige Streiche, Op. 28 Strauss, R.: Salome, Op. 54, TrV 215: Dance of the Seven Veils
DISC 15: Mendelssohn: Concerto for 2 Pianos in E Major, MWV O 5 Mendelssohn: Concerto for 2 Pianos in A-Flat Major, MWV O 6 (Arthur Gold, Robert Fizdale)
DISC 16: Copland: Fanfare for the Common Man Copland: Lincoln Portrait Ives: 3 Places in New England (Orchestral Set No. 1) Ives: Symphony No. 1 in D Minor
DISC 17: Schumann: Piano Concerto in A Minor, Op. 54 Schumann: Introduction & Allegro appassionato, Op. 92 « Konzertstück » (Rudolf Serkin)
DISC 18: Ravel: Rapsodie espagnole, M. 54 Debussy (orch. Ravel): Danse, L. 69 « Tarantelle styrienne » Debussy: Nocturnes, L. 91 Debussy (arr. William Smith): Rêverie, L. 68 Debussy (orch. Smith): 2 Arabesques, L. 66: 1. Andantino con moto Debussy (orch. Smith): Préludes, Livre 1, L. 117: 8. La fille aux cheveux de lin Debussy (orch. Büsser): Petite Suite, L. 65: 1. En bateau
DISC 19: Wagner: Tannhäuser, WWV 70, Act II: Festmarsch Wagner: Lohengrin, WWV 75: Prelude to Act III Wagner: Die Walküre, WWV 86b, Act III: Magic Fire Music Wagner: Die Walküre, WWV 86b Act III: The Ride of the Valkyries Wagner: Tannhäuser, WWV 70: Overture Wagner: Tristan und Isolde, WWV 90: Prelude & Liebestod Wagner: Die Meistersinger von Nürnberg, WWV 96, Act I: Prelude
DISC 20: Chopin: Piano Concerto No. 1 in E Minor, Op. 11 (Emil Gilels)
DISC 21: Dvorák: Cello Concerto in B Minor, Op. 104, B. 191 Tchaikovsky: Variations on a Rococo Theme, Op. 33 (Leonard Rose)
DISC 22: Brahms: Concerto No. 2 for Piano and Orchestra in B-Flat Major, Op. 83 (Eugene Istomin)
DISC 23: Brahms: Double Concerto for Violin and Cello in A Minor, Op. 102 (Isaac Stern, Leonard Rose) Beethoven: Triple Concerto for Violin, Cello & Piano in C Major, Op. 56 (Eugene Istomin, Isaac Stern, Leonard Rose)
DISC 24: Mozart: Symphony No. 30 in D Major, K. 202 Mozart: Symphony No. 31 in D Major, K. 297 « Paris »
DISC 25: Beethoven: Piano Concerto No. 4 in G Major, Op. 58 Beethoven: Piano Concerto No. 1 in C Major, Op. 15 (Rudolf Serkin)
DISC 26: Stravinsky: Petroushka
Kodály: Háry János Suite
Stravinsky: The Firebird Suite (1919 Version)
DISC 27: Foster (arr. Harris): Camptown Races Traditional (arr. Harris): When Johnny Comes Marching Home Traditional (arr. Harris): Sailor’s Hornpipe Paderewski (arr. Harris): Minuet in G Major Op. 14, No. 1 Rameau (arr. Harris): The Hen Benjamin (arr. Harris): Jamaican Rumba Debussy: General Lavine Harris: March of the Mandarins Traditional (arr. Harris): Londonderry Air Rimsky-Korsakov: The Flight of the Bumblebee Grieg (arr. Harris): March of the Dwarfs (Arranged by Arthur Harris) Rimsky-Korsakov: Procession of the Nobles from « Mlada » Suite Halvorsen: March of the Boyars Chabrier: Joyeuse Marche for Orchestra Saint-Saëns: Suite algérienne, Op. 60: IV. Marche militaire française Mendelssohn: War March of the Priests from « Athalie, Op. 74 » Rimsky-Korsakov: Farewell of the Tsar from « Tsar Saltan Suite, Op. 57 » Ippolitov-Ivanov: Caucasian Sketches Suite, Op. 10: Procession of the Sardar
DISC 28: Guthrie (arr. Cormier): This Land is Your Land arr. Hunter: Down in the Valley arr. De Cormier: She’ll be coming round the mountain Foster (arr. Robertson): Beautiful Dreamer arr. De Cormier: Sweet Betsy from Pike Gould: Spirituals for Orchestra: Gospel Train – Old Time Religion arr. De Cormier: When I First Came to This Land arr. De Cormier: Shenandoah (or, Across the Wide Missouri) arr. De Cormier: Home on The Range arr. De Cormier: He’s Got the Whole World in His Hands arr. Harris: I Wonder as I Wander Foster (arr. Shaw): Oh, Susanna Traditional: Deep River
DISC 29: Tchaikovsky: Piano Concerto No. 2 in G Major, Op. 44 Tchaikovsky: Piano Concerto No. 3 in E-Flat Major, Op. 75 (Gary Graffman)
DISC 30: Tchaikovsky: Symphony No 4 in F Minor, Op. 36 Tchaikovsky (arr. Harris): None but the Lonely Heart, Op. 6, No. 6 Tchaikovsky (arr. Gould): The Seasons, Op. 37a: No. 6, June. Barcarolle
DISC 31: Saint-Saens: Piano Concerto No. 2 in G Minor, Op. 22 Saint-Saens: Piano Concerto No. 4 in C Minor, Op. 44 (Philippe Entremont)
DISC 32: Berlioz: Grande messe des morts, H 75 (Cesare Valletti)
DISC 33: Mozart: Concerto No. 1 in D Major for Horn and Orchestra, K. 412 Mozart: Concerto No. 2 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 417 Mozart: Concerto No. 3 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 447 Mozart: Concerto No. 4 in E-Flat Major for Horn and Orchestra, K. 495 (Mason Jones)
DISC 35: Sarasate: Introduction and Tarantelle for Violin and Orchestra, Op. 43 Cooley: Aria and Dance for Viola and Orchestra Fauré: Élégie for Cello and Orchestra, Op. 24 Vanhal: Concerto in E Major for Bass and Orchestra Riisager: Concertino for Trumpet and Orchestra, Op. 29 Saint-Saëns: Morceau de concert, Op. 94 Guilmant: Morceau Symphonique for Trombone and Orchestra, Op. 88
DISC 36: Mahler: Symphony No. 10 in F-Sharp Minor (1976 Version)
DISC 37: Haydn: Symphony No. 96 in D Major, Hob. I:96, « Miracle » Haydn: Symphony No. 101 in D Major, Hob. I:101 « Clock »
DISC 38: Rodrigo: Concierto de Aranjuez Castelnuovo-Tedesco: Concerto in D Major for Guitar and Orchestra, Op. 99 (John Williams)
DISC 39: Beethoven: Piano Concerto No. 2 in B-Flat Major, Op. 19 Mozart: Piano Concerto No. 27 in B-Flat Major, K. 595 (Rudolf Serkin)
DISC 40: Beethoven: Christus am Ölberge, Op. 85 (Christ on the Mount of Olives) (Judith Raskin, Richard Lewis, Herbert Beattle) Bruckner: Te Deum (Maria Stader, Helen Vanni, Stanley Kolk, Donald Gramm)
DISC 41: Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 2. Tarentella « La Danza » Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 4. Danse Cosaque. Allegretto marcato Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque: 5. Can-Can. Allegretto grottesco « Petite Caprice Style Offenbach » Ponchielli: La gioconda, Op. 9, Act III: Dance of the Hours Brahms: Hungarian Dance No. 5 in F-Sharp Minor Falla: El amor brujo: 8. Ritual Fire Dance Smetana: The Bartered Bride: Dance of the Comedians Rossini: Dance for Six from William Tell Weinberger: Polka from « Schwanda » Tchaikovsky: Eugene Onegin, Op. 24, TH 5: Polonaise Brahms: Hungarian Dance No. 6 in D Flat Major3:22
DISC 42: Dvorák: Violin Concerto in A Minor, Op. 53 Dvorák: Romance in F Minor, Op. 11, B. 39 Sibelius: Violin Concerto in D Minor, Op. 47 (Isaac Stern)
DISC 43: Beethoven: Symphony No. 1 in C Major, Op. 21 Beethoven: Symphony No. 2 in D Major, Op. 36
DISC 50: Tchaikovsky: Italian Capriccio, Op. 45, TH 47 Tchaikovsky: Eugene Onegin, Op. 24, TH 5: Waltz Rimsky-Korsakov: Capriccio espagnol, Op. 34 Rimsky-Korsakov: Le Coq d’or – IV. Bridal Procession and Lamentable Death of Tsar Dodon
DISC 51: Mahler: Das Lied von der Erde (Lili Chookasian, Richard Lewis)
DISC 52: Nielsen: Symphony No. 1 in G Minor, Op. 7 Nielsen: Helios Overture, Op. 17 Nielsen: Pan and Syrinx, Op. 49 Nielsen: Rhapsodisk ouverture, CNW 39 « An Imaginary Journey to the Faroe Islands »
DISC 53: Marcello: Concerto in C Minor for Oboe and Orchestra Weber: Hungarian Fantasy for Bassoon and Orchestra Debussy: Danse sacrée et danse profane, L. 103 Creston: Concertino for Marimba and Orchestra, Op. 21 Bloch: Suite Modale for Flute and Orchestra Debussy: Rhapsody No. 1 for Clarinet and Orchestra, L.116 Liszt: Fantasie über ungarische Volksmelodien, S. 123
DISC 54: Rachmaninoff: Symphony No. 1 in D Minor, Op. 13
DISC 55: Lalo: Symphonie espagnole, Op. 21 Bruch: Violin Concerto No. 1 in G Minor, Op. 26 (Isaac Stern)
DISC 56: Gershwin: Piano Concerto in F Major Gershwin: Rhapsody in Blue (Philippe Entremont)
DISC 57: Orff: Catulli Carmina (Judith Blegen, Richard Kness) Mussorgsky (orch. Ravel): Pictures at an Exhibition, IMM 50
DISC 58: Kodály: Concerto for Orchestra Kodály: Dances of Galanta Kodály: Dances of Marosszék
DISC 59: Berg: Lulu Suite Schoenberg: Theme and Variations, Op. 43B Webern: Im Sommerwind Webern: Three Pieces for Orchestra, Posth.
DISC 61: Bizet: Les Voici from « Carmen » Mascagni: The Lord Now Victorious from « Cavalleria Rusticana » Gounod: Soldiers’ Chorus from « Faust » Wagner: Hail, Bright Abode from « Tannhäuser » Puccini: Humming Chorus from « Madama Butterfly » Verdi: Il Trovatore, Act II: Anvil Chorus Wagner: Pilgrims’ Chorus from « Tannhäuser » Leoncavallo: Bell Chorus from « I Pagliacci » Wagner: Bridal Chorus from « Lohengrin » Weber: Huntsmen’s Chorus from « Der Freischütz » Verdi: Grand March from « Aida »
DISC 62: Rachmaninoff: Symphony No. 3 in A Minor, Op. 44 Rachmaninoff: Vocalise, Op. 34, No. 14
DISC 63: Dinicu (arr. Heifetz): Hora Staccato Dvorák: Humoresque Rimsky-Korsakov: The Flight of the Bumblebee Tchaikovsky (arr. Frost): String Quartet No. 1 in D Major, Op. 11: II. Andante cantabile Strauss, Johann II and Josef: Pizzicato-Polka Bach, J.S. (arr. Kresiler/Smith): Preludium in E Major Paganini (orch. Ormandy): Moto Perpetuo Granados (arr. Harris): Andaluza, Op. 37, No. 5 Schubert, François (arr. Harris): The Bee Brahms: Hungarian Dance No. 5 Novacek: Perpetual Motion Kreisler (arr. Leidzen): Liebesfreud (Love’s Joy)
DISC 64: Beethoven: Piano Concerto No. 4 in G Major, Op. 58 (Eugene Istomin)
DISC 65: Respighi: Vetrate di chiesa Respighi: Gli uccelli
DISC 66: Gershwin: An American in Paris Gershwin: Porgy and Bess: A Symphonic Picture (Arr. for Orchestra by Robert Russel Bennett) Grofé: Grand Canyon Suite
DISC 67: Schubert: Symphony No. 9 in C Major, D. 944 « The Great »
DISC 68: Handel: Awake the Trumpet’s Lofty Sound from Samson Handel: Judas Maccabaeus, HWV 63: See, the Conqu’ring Hero Comes! Handel: Sing Unto God from Judas Maccabaeus Handel: Messiah, HWV 56 Handel: Let Their Celestial Concerts All Unite from Samson Handel: Welcome, Welcome Mighty King from Saul Handel: David, His Ten Thousands Slew from Saul Handel: Zadok the Priest – Coronation Anthem Handel: Hallelujah Chorus from Messiah, HWV 56 Handel: Holy Art Thou (Largo from « Xerxes ») Handel: How Excellent Thy Name from « Saul » Handel: Hallelujah, Amen from Judas Maccabaeus Handel: But as for his people from Israel in Egypt Handel: Sing Ye to the Lord from Isreal in Egypt
DISC 69: Shostakovich: Symphony No. 5 in D Minor, Op. 47
DISC 70: Bach, J.S.: Jesu, Joy Of Man’s Desiring (From « Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147 » Bach, J.S.: « What Tho’ the World Be Full of Sin » from Cantata No. 80 Bach, J.S.: A Mighty Fortress is Our God from Cantata No. 80, BWV 80 Bach, J.S.: « Ah, Dearest Jesus » from « The Christmas Oratorio », BWV 245 Bach, J.S.: « Sleepers Awake » from Cantata No. 140 Bach, J.S.: « Zion Hears the Watchmen’s Voices » from Cantata No. 140 Bach, J.S.: « My Soul Doth Magnify the Lord » from Magnificat, BWV 243 Bach, J.S. (arr. Walton/Katherine Davis): Sheep May Safely Graze (From « The Birthday Cantata, BWV 208) Bach, J.S. (arr. Gounod): Father in Heaven (Ave Maria) Bach, J.S.: « Now Keep We All This Holy Feast » from Cantata No. 4 Bach, J.S.: « Come, Sweet Death », BWV 478 Bach, J.S.: « Now Thank We All Our God » from Cantata No. 79 Bach, J.S.: In Deepest Grief – From the « St. Matthew Passion »
Ravel: Boléro, M. 81 Massenet: Le Cid (Ballet Suite) Falla: El Sombrero de Tres Picos, Parte II
DISC 74: Bach, J.S. (arr. Ormandy): Toccata and Fugue in D Minor, BWV 565 Bach, J.S. (arr. Smith): Cantata No. 156, BWV 156 – Sinfonia « Arioso » Bach, J.S. (arr. Frost): Notebook for Anna Magdalena Bach: Little Suite Bach, J.S. (arr. Harris): A Mighty Fortress is Our God Bach, J.S. (arr. Cailliet): Cantata Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147: Jesu, Joy of Man’s Desiring Bach, J.S. (arr. Smith): Fugue in G Minor « The Little » Bach, J.S. (arr. Busoni): Fugue in G Minor, BWV 542 « Great » Bach, J.S. (arr. Walton): Sheep May Safely Graze (from Cantata No. 208) Bach, J.S. (arr. Taynton): Come, Sweet Death Bach, J.S. (arr. Bantok): Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 140 « Sleepers Awake »: I. Wachet auf, ruft uns die Stimme
DISC 75: Beethoven: Missa Solemnis in D Major, Op. 123 (Martina Arroyo, Maureen Forrester, Richard Lewis, Cesare Siepi)
DISC 76: Lalo: Concerto for Cello and Orchestra in D Minor Saint-Saens: Cello Concerto No. 1 in A Minor, Op. 33 Fauré: Élégie for Cello and Orchestra in C Minor, Op. 24. (Leonard Rose)
DISC 77: Berlioz: Harold in Italy, H. 68. (Joseph de Pasquale)
DISC 78: Shostakovich: Symphony No. 10 in E Minor, Op. 93
DISC 79: Rossini (arr. Respighi): La boutique fantasque Adam: Giselle Ballet Suite (Excerpts) Meyerbeer: Les patineurs Ballet Suite Waldteufel: Estudiantina Waltz, Op. 191 Waldteufel: Les patineurs, Op.183 Goundod: Faust: Waltz Ivanovici: Danube Waves
DISC 80: Boccherini: String Quintet in E Major, Op. 13, No. 5. Minuet Beethoven (arr. Smith): Bagatelle in A Minor, WoO 59 « Für Elise » Handel: Largo from Xerxes Mozart: Don Giovanni, KV527 – Minuet Handel (arr. Harty): Water Music Suite Clarke: Trumpet Voluntary Beethoven (arr. Burmester): 6 Minuets, WoO 10: No. 2 in G Major Hofstetter (attr. Haydn): String Quartet no. 5 in F Major, Op. 3 « Serenade » Gluck (arr. Frost): Iphigénie en Aulide, Wq. 40: Gavotte Gluck: Armide, Wq. 45: Musette Gluck: Orpheo ed Euridice, Wq. 30, Act II: Dance of the Blessed Spirits Fauré: Pavane in F-Sharp Minor, Op. 50 Menotti: Sebastian Suite: II Barcarolle Brahms (arr. Jacques): 11 Chorale Preludes, Op. 122, No. 8: Es ist ein Ros’ entsprungen Humperdinck: Hänsel und Gretel: Abends, will ich schlafen gehn Schumann (arr. T. Frost): Kinderszenen, Op. 15: No. 7, Träumerei Saint-Saens: Carnival of Animals: The Swan Massenet (arr. Frost): Élégie
DISC 81/82: Bach, J.S.: Johannespassion, BWV 245. (Judith Raskin, Maureen Forrester, Richard Lewis, George Shirley, Norman Treigle, Thomas Paul)
DISC 83: Respighi: Fountains of Rome Respighi: The Pines of Rome
DISC 84: Elgar: Enigma Variations (Variations on an Original Theme), Op. 36 Vaughan-Williams: Fantasia on a Theme by Thomas Tallis – Largo sostenuto Elgar: Cockaigne Overture (In London Town), Op. 40
DISC 85: Gounod: Faust, Act V, Ballet Music Thomas: Mignon: Gavotte Offenbach: Les contes d’Hoffmann. Prelude to Act II: Minuet Wolf-Ferrari: I gioielli della Madonna: Intermezzo from Act III Verdi: Aïda, Act II, Gran marcia trionfale Verdi: La Traviata: Overture Mascagni: Cavalleria Rusticana: Intermezzo Berlioz: Les troyens, H. 133: Marche troyenne Rossini: Guillaume Tell: Overture Jaernfelt: Praeludium für kleines Orchester Liszt: Grand galop chromatique Pierné: Cydalise et le chèvre-pied. Act I, Marche des petits faunes Mendelssohn: Midsummer Night’s Dream, op. 61 – Intermezzo
DISC 86: Brahms: Symphony No. 1 in C Minor, Op. 68
DISC 87: Brahms: Symphony No. 2 in D Major, Op. 73 Brahms: Symphony No. 3 in F Major, Op. 90
DISC 88: Brahms: Symphony No. 4 in E Minor, Op. 98 Brahms: Academic Festival Overture, Op. 80
DISC 89: Schubert: Symphony No. 4 in C Minor, D. 417 « Tragic » Schubert: Symphony No. 6 in C Major, D. 589 « Little » Brahms: Variations on a Theme by Haydn, Op. 56a
DISC 90: Bruckner: Symphony No. 4 in E-Flat Major, WAB 104 « Romantic » (1886 Version, ed. L. Nowak)
DISC 91: Bartók: Divertimento for String Orchestra Ginastera: Concerto per Corde
DISC 92: Strauss, R.: Der Bürger als Edelmann Suite, Op. 60 Strauss, R.: Horn Concerto No. 1 in E-Flat Major, Op. 11. (Mason Jones)
DISC 93: Shostakovich: Cello Concerto No. 1 in E-Flat Major, Op. 107 Kabalevsky: Cello Concerto No. 1 in G Minor, Op. 49. (Yo Yo Ma)
DISC 94: Dvorák: Symphony No. 9 in E Minor, Op. 95 « From the New World » (London Symphony Orchestra)
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Un début de mois c’est pour moi la lecture des mensuels de musique classique, ceux auxquels je continue d’être abonné à l’édition papier (BBC Music, Diapason, Classica). Dans chacun d’eux, en général, une discographie comparée, et souvent pour le lecteur, irritation ou frustration, parce qu’évidemment en cette matière il y a autant de critiques avertis que de lecteurs, comme il y autant de sélectionneurs que de spectateurs de matches de ligue 1 de football !
Chostakovitch, les oubliés
Diapason consacre tout un dossier à Chostakovitch, dont on commémorera le 9 août le cinquantenaire de la disparition. Il n’y a jamais besoin de prétexte pour évoquer le plus grand compositeur russe du XXe siècle (oui je sais, on va me rétorquer « Et Prokofiev alors? »). Ceux qui suivent depuis longtemps, c’est mon cas, l’auteur de ce dossier, Patrick Szersnovicz, connaissent ses dilections discographiques, son admiration sans réserve pour certains chefs d’orchestre (Karajan par exemple), mais sans dévoiler ses préconisations pour les symphonies de Chostakovitch, on peut regretter l’étroitesse de ses choix. Jamais un chef aussi important que Kirill Kondrachine (le créateur de la 4e symphonie notamment) n’est cité, aucun Russe en dehors de Mravinski et encore parcimonieusement. Mais c’est sa liberté.
Hautement recommandable aussi ce coffret patchwork à petit prix :
Les Anglais aiment les Français
Dans le numéro de février du concurrent de Gramophone, BBC Music Magazine, tout un papier consacré au « Lighter side of Ludwig » van Beethoven, en l’occurrence à sa 4e symphonie. Passionnante analyse, comme très souvent. Et des recommandations discographiques qui peuvent surprendre.
En numéro 1, la version de Hans Schmidt-Isserstedt à Vienne (dans le cadre d’une intégrale souvent louée).
Et la surprise vient du numéro 2, devant plusieurs illustres versions « authentiquement informées », Emmanuel Krivine et la Chambre Philharmonique ! Des disques qui manquaient à ma discothèque, sans doute disparus au cours d’un déménagement, et que j’ai retrouvés tout récemment d’occasion.
Depuis son retrait de la direction de l’Orchestre national de France, Emmanuel Krivine se fait discret, beaucoup trop discret.
Dans leurs discographies comparées, les rédacteurs de BBC Music Magazine indiquent toujours une version to avoid/à éviter. Ici la dernière version de Karajan avec Berlin pour DGG au début de l’ère digitale « en pilotage automatique »
Il aurait fallu tout de même ajouter que la version de 1962 est au contraire un concentré d’énergie.
Les Anglais toujours
Un passage chez Melomania et ce sont encore quelques trouvailles… venues d’Outre Manche
Rien d’inédit ni d’inconnu mais le vieux chef anglais surprend toujours en concert. On pourrait s’amuser à le comparer à lui-même…
Falling in love with Joan
Dieu sait que je ne suis pas un inconditionnel de celle que ses fans appelaient » la stupenda« , mais quand Joan Sutherland s’amuse, ça vaut le coup d’oreille, surtout dans des viennoiseries chantées en anglais !
PS Deux enregistrements à rajouter à cette liste, et beaucoup d’émotion. A lire sur brevesdeblog
On a bien cru qu’il n’atteindrait pas son 80e anniversaire le 21 décembre prochain. Les nouvelles qu’on lit dans le dernier numéro de BBC Music Magazine, sur Radio Classique récemment, et surtout cette vidéo datant d’il y a quelques semaines montrent que le chef américain Michael Tilson Thomas qui souffre d’un cancer du cerveau depuis trois ans semble bénéficier d’une rémission que nous espérions tous.
Je n’ai jamais évoqué longuement sur ce blog la figure, la personnalité, la carrière de l’un des seuls chefs « natifs » des Etats-Unis à avoir, avec son contemporain James Levine (1943-2021), atteint une célébrité internationale.
Pourtant nombre de ses disques, les premiers pour Deutsche Grammophon, puis tous les suivants pour CBS, Sony ou RCA, ont été les premiers à figurer dans la discothèque que je me constituais adolescent.
Mon premier Carmina Burana, partagé avec deux ou trois copains dans ma petite chambre d’étudiant, c’était lui
Mon premier Sacre du printemps c’était lui, et c’était aussi un de ses tout premiers disques avec Boston !
Ses éditeurs historiques ont eu la bonne idée de rééditer la presque intégralité de son legs discographique.
CD 1 TCHAIKOVSKY Symphony No. 1 Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 2 GRIEG · SCHUMANN Piano Concertos Jean-Marc Luisada; London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 3 DEBUSSY Images; Prélude à l’après-midi d’un faune Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 4 DEBUSSY Violin Sonata; Cello Sonata; Sonata for Flute, Viola and Harp; Syrinx Boston Symphony Chamber Players; Michael Tilson Thomas, piano
CD 5 IVES Three Places in New England RUGGLES Sun-treader Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 6 STRAVINSKY Le Roi des étoiles; Le Sacre du printemps Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 7 PISTON Symphony No. 2 WILLIAM SCHUMAN Violin Concerto Paul Zukofsky, violin; Boston Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 8 SHOSTAKOVICH Cello Concertos Nos. 1 & 2 Mischa Maisky, cello; London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 9 BERNSTEIN On the Town Frederica von Stade; Tyne Daly; Marie Mclaughlin; Thomas Hampson & supporting cast London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 10 BERNSTEIN Arias and Barcarolles; A Quiet Place; Symphonic Dances from West Side Story Frederica von Stade; Thomas Hampson London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 11 ELVIS COSTELLO Il sogno London Symphony Orchestra / Michael Tilson Thomas
CD 12 TANGAZO – MUSIC OF LATIN AMERICA Chávez; Copland; Roldán; Revueltas; Caturla; Piazzolla; Ginastera New World Symphony / Michael Tilson Thomas
CD 13 INGOLF DAHL Concerto for Alto Saxophone; Hymn; Music for Brass Instruments; The Tower of Saint Barbara John Harle; New World Brass; Ertan Torgul; Gregory Miller; Tisha Murvihill New World Symphony / Michael Tilson Thomas
CD 14 MORTON FELDMAN Piano and Orchestra; Cello and Orchestra; Coptic Light Alan Feinberg; Robert Cohen New World Symphony / Michael Tilson Thomas
Le coffret Sony est évidemment beaucoup plus important : 80 CD pour 80 ans.
Mais, il y a un gros mais, comment a-t-on pu « oublier » une magnifique intégrale de Casse-Noisette, gravée avec le Philharmonie de Londres, tout comme Le Lac des cygnes qui lui est bien dans le coffret ! Il semblerait que cet « oubli » résulte d’une question de droits… qui n’est explicitée que dans le livret en anglais inséré dans le coffret !
Pour ceux qui comme moi pensaient posséder à peu près toute la discographie de MTT, le coffret Sony réserve pas mal de surprises, soit des disques qu’on avait oubliés (suites de Tchaikovski), soit des compositeurs américains, peu ou jamais distribués en Europe (une « intégrale » Ruggles)
Si je devais caractériser d’un mot l’art de ce très grand chef – gageure impossible ! – ce serait l’absence de poids de traditions européennes qu’assumaient, chacun avec leur génie propre, tous les grands chefs du XXe siècle qui ont fait la réputation des grands orchestres américains, la très grande majorité nés sur le continent européen. Même Bernstein en était tributaire. J’ai toujours eu l’impression que MTT se réappropriait le répertoire classique (une intégrale des symphonies de Beethoven, bien oubliée voire méprisée, alors qu’elle renonçait au grand orchestre) ou romantique, voire Debussy, Stravinsky, avec une sorte de fraîcheur, de naturel bienfaisants.
Je découvre sur YouTube, avec une vive émotion, ces captations très récentes de Michael Tilson Thomas avec l’orchestre de jeunes – le New World Symphony, basé en Floride, qu’il a fondé en 1997 et dont il a cédé la direction musicale en 2002 à Stéphane Denève. Dans un répertoire que le chef n’a jamais abordé au disque.
Heureux finalement de pouvoir dire notre admiration et à notre gratitude de manière anthume à celui que nous continuerons de nommer par ces trois lettres MTT !
PS Je signale que le coffret Sony est en France vendu à plus de 200 €, en Italie il est à 159 €… Vive l’Europe !
Dans l’oeuvre de Tan Dun, les musiciens brandissent leurs téléphones portables sur lesquels sont enregistrés les bruits de la nature…
Si vous ne savez pas ce qu’est le suona, voici la démonstration que nous en a faite Mlle Liu Wenwen. Impressionnant non ?
J’ai été content de retrouver Lise Berthaud, que je n’avais plus entendue depuis longtemps – souvenirs d’enregistrements Fauré avec Eric Le Sage à la Salle Philharmonique de Liège ! – et la chaleur de son alto, auprès de Liya Petrova dans la symphonie concertante de Mozart.
En bis elles jouaient une pièce étonnante, que j’avoue avoir découverte lundi soir, un arrangement pour violon et alto du Norvégien Halvorsen de la passacaille de la suite en ré mineur pour clavier de Haendel.
Lundi toujours je recevais deux coffrets commandés en Allemagne (www.jpc.de). Le 2e coffret – vendu à prix réduit – des Rendez-vous de Martha Argerich (un 3e vient de paraître à prix fort, on attendra un peu pour l’acheter !). Après de longues années à Lugano, la pianiste argentine a migré vers Hambourg où, depuis 2018 – avec l’interruption Covid – elle rassemble ses amis en juin. Ici ce sont les échos de la session 2019, et j’y découvre des pépites comme cette bouleversante Fantaisie en fa mineur de Schubert où Gabriela Montero tient la 1e partie.
ou cette sonate « à Kreutzer » de Beethoven avec le violon impérial de Tedi Papavrami
Comme la grande majorité des compositeurs centre- ou sud-américains, le compositeur cubain Ernesto Lecuona (1895-1963) reste très largement méconnu. Le pianiste (nord) américain Thomas Tirino s’en est fait le héraut et a gravé l’intégralité de son oeuvre pour piano, y compris les pièces concertantes. Pour une dégustation à petites doses, les soirs de spleen…
Nana 90#
Je n’ai pas vu l’émission que France 5 lui consacrait hier soir à l’occasion de son 90e anniversaire
mais je peux l’avouer ici – enfin ! – J’ai depuis toujours une passion pour Nana Mouskouri, ses premiers disques en grec, ses incursions dans le jazz. On lui pardonnerait presque de ne pas s’être arrêtée avant que sa voix ne soit plus que l’ombre de ce qu’elle fut.
Si l’expression existait, je désignerais « Pauvre Ruteboeuf » comme ma chanson de chevet.
Et ce n’est pas cette version, ce duo improbable, qui me fera changer d’avis
Ubu sans musique
Il faut sans conteste aller au théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet voir le nouveau spectacle proposé par les Frivolités parisiennes: Ubu Roi d’Alfred Jarry. Mais j’y allais jeudi dernier, missionné par Bachtrack, pour faire la critique d’un spectacle musical, puisqu’on nous annonçait la reconstitution de la musique composée par Claude Terrasse (1867-1923) pour une représentation de 1908. Mais de musique il y a bien peu (lire Ceci n’est pas une opérette) Donc pour ce théâtre de l’absurde et de la dérision, avec une excellente troupe, un spectacle à voir.
Relire Pompidou
Lorsque le livre était paru… il y a 50 ans, je l’avais dévoré.
Je suis en train de relire cette sorte de testament politique du deuxième président de la Ve République. C’est absolument fascinant d’actualité ! On pourrait en extraire des passages entiers qui n’ont absolument rien perdu de leur acuité, de leur pertinence, notamment sur l’éducation (l’analyse que fait Pompidou de Mai 68 est un modèle), les moeurs, les extrêmes en politique…
Comme souvent, les publications ont un métro/train/avion de retard. Roberto Alagna, notre ténor/trésor national a fêté ses 60 ans le 7 juin… 2023, mais ce n’est que maintenant que sortent disques et coffrets qui célèbrent son passage dans la catégorie des sexygénaires !
J’invite à relire ce précédent article : Un miracle qui dure et le long portrait que Sylvain Fort avait consacré à Roberto Alagna dans Forumopera, comme le texte qu’il avait signé pour ce premier coffret paru en 2018
Aujourd’hui Warner réédite l’intégrale des opéras auxquels Alagna a prêté sa voix et son talent, souvent en compagnie de son ex-épouse Angela Gheorghiu.
Que du connu et du reconnu ! Mais quel bonheur de retrouver intact ce timbre de lumière, cette fougue juvénile, et cette diction si parfaite !
Aparté publie, de son côté, un disque au titre explicite : Roberto Alagna y révèle le secret de son éternelle jeunesse.
Sawallisch suite et fin
En mai dernier, comme pour les 60 ans d’Alagna, je regrettais le retard mis à célébrer le centenaire de l’un des grands chefs du XXe siècle, Wolfgang Sawallisch (1923-2013). Lire : Les retards d’un centenaire.
Heureusement, Decca et Warner se sont bien rattrapés et on n’attendait plus que le complément annoncé : l’intégrale – ou presque – des opéras enregistrés par Sawallisch, pour l’essentiel à Munich dont il fut le Generalmusikdirektor incontesté de 1971 à 1992. Mais Warner précise – et c’est bien de le faire – que, même parus jadis sous étiquette EMI, Arabella et Friedenstag, ne sont pas inclus dans ce coffret pour des questions de droits.
Wagner et Richard Strauss s’y taillent la part du lion, mais ce coffret contient de vraies raretés comme Weber, Schubert ou les deux brefs opéras de Carl Orff.
Mozart: La flûte enchantée Weber: Abu Hassan Schubert: Die Zwillingsbrüder Wagner: Der Ring des Nibelungen, Les Maîtres-Chanteurs de Nuremberg Richard Strauss: Capriccio, Intermezzo, Die Frau ohne Schatten, Elektra Carl Orff: Die Kluge, Der Mond
Mais je conserve une affection toute particulière pour ma toute première version de La flûte enchantée, le premier coffret d’opéra que j’ai acheté à sa sortie en 1973, avec celle qui est à jamais la plus extraordinaire Reine de la nuit, l’immense Edda Moser.
On avait adoré Le Domino noir donné au printemps 2018 à l’Opéra-Comique (voir L’esprit Auber). Ce fut pour moi la dernière occasion d’applaudir Patrick Davin, si brutalement arraché à notre affection il y a un peu plus de quatre ans déjà. Pour le compte de Bachtrack, j’ai eu la chance d’assister à la première de la reprise de cette formidable production, dirigée cette fois par le maître des lieux, Louis Langrée. Mon compte-rendu vient de paraître : La reprise triomphale du Domino noir à l’Opéra Comique.
Ses amis furent heureux, à l’issue de cette première, d’assister à la remise de la Croix de Commandeur des Arts et Lettres à celui qui a bien mérité de la culture et de la musique française.
Bien sûr je ne suis jamais mécontent de voir réédités de glorieux enregistrements du passé, captés en studio avec tout le soin que savaient y mettre des directeurs artistiques et ingénieurs du son passés pour certains à la postérité.
Mais, comme maints articles de ce blog le montrent, j’éprouve une très nette préférence pour la musique « sur le vif », le concert, et toute la documentation – YouTube, DVD, CD – qui restitue aujourd’hui à foison des moments de musique inoubliables.
J’étais hier soir au concert de rentrée de l’Orchestre de Paris et de son chef Klaus Mäkelä. Je n’aurais pas voulu manquer ce moment, et la déception relative que j’ai éprouvée ne change rien à l’admiration que je porte au jeune chef et à un orchestre qu’il a profondément fait évoluer.
Lisa Batiashvili et Klaus Mäkelä saluent à l’issue du concerto de Tchaikovski – très réussi.
Même exercice ce soir pour l’Orchestre national de France et Cristian Macelaru. Cette fois compte-rendu à venir dans Bachtrack.
Bertini, Stokowski
Après Georges Prêtre et la réédition d’enregistrements de la SWR de ses années Stuttgart (lire L’été 24: Georges Prêtre #100), deux autres grands chefs du XXe siècle bénéficient de rééditions qui complètent utilement leur discographie.
Le chef israélien Gary Bertini (1927-2005) n’a pas eu, de son vivant, la renommée que son talent aurait dû lui valoir, sa postérité n’est guère plus fameuse. Ce que traduit une discographie plutôt réduite, mais d’une qualité exceptionnelle, comme cette intégrale des symphonies de Mahler à laquelle je reviens souvent.
On se réjouit donc de la publication de ce coffret de captations réalisées par la radio allemande SWR.
Le chef connaissait ses classiques, comme tous ceux de cette génération : admirables sont ses Mozart, Haydn, Schubert, Beethoven, étonnante est sa Symphonie fantastique de Berlioz. Mais la pépite de ce coffret est certainement cette Demoiselle élue de Debussy avec la merveilleuse Ileana Cotrubas
Quant à Leopold Stokowski (1882-1977), c’est plutôt la surabondance qui menace. Les rééditions sont multiples. Ici c’est un coffret qui regroupe des prises de concert de la BBC déjà publiées du grand chef anglais, mais qui bénéficient d’un travail spectaculaire de « remasterisation ».
On est à nouveau frappé par l’immensité du répertoire que Stokowski a abordé tout au long de sa carrière et jusqu’à un âge très avancé. Il a longtemps passé pour un chef excentrique, privilégiant le spectaculaire au respect de la partition. Stokowski vaut infiniment mieux que cette caricature : il n’est que de l’écouter dans Vaughan-Williams ou son bouleversant Alexandre Nevski de Prokofiev !
Premier épisode d’une série d’été qui se déroulera selon mes humeurs, souvenirs, coups de coeur.
Quand Cleveland s’amuse
Pour les mélomanes, Cleveland est associé à l’austère figure de George Szell (1897-1970) qui fut le chef incontesté et incontestable de l’un des Big Five – comme on qualifiait le gratin des orchestres américains – de 1946 à sa mort. Mais on a oublié, ou tout simplement ignoré, que comme Boston avec ses Boston Pops et son légendaire Arthur Fiedler, Los Angeles avec le Hollywood Bowl Orchestra ou Cincinnati avec les Cincinnati Pops et Erich Kunzel, l’orchestre de Cleveland avait aussi sa formation « légère », parfois appelée Cleveland Pops, qui fut confiée au chef américain Louis Lane (1923-2016). Louis Lane fut d’abord dès 1947, à 24 ans, l’assistant de Szell, puis de 1955 à 1970 chef associé.
Sony publie un coffret, à petit prix il faut le noter, de 14 CD dont la plupart m’étaient inconnus, parce que n’ayant jamais bénéficié d’une diffusion hors USA. Pur régal, à consommer sans aucune modération. D’abord parce que c’est Cleveland, l’un des plus beaux orchestres du monde, et que, dans la partie plus classique du coffret, la patte Szell est immédiatement reconnaissable. Et même dans les pièces plus « light » tout ça reste digne et tenu (cf.la Jamaican rumba ci-après)… on ne se laisse pas aller dans l’Ohio !
Wayenberg et Schumann
Dépêchez-vous d’acheter le numéro de juillet-août de CLASSICA, si vous voulez entendre un inédit magnifique, les sonates pour piano 1 et 2 de Schumann, enregistrées en 1962 pour Thomson-Ducretet par l’immense Daniel Wayenberg, disparu en 2019 dans l’indifférence générale (lire Journal 22/09/19). Aurons-nous un jour la chance de disposer des trésors entreposés dans le fonds EMI/Warner ?
Merci en tout cas à l’ami Thomas Deschamps qui, chaque mois pour Classica déniche des incunables, nous offre ce CD
Schumann: sonate n°2 4e mvt (Daniel Wayenberg)
Dialogue au sommet : Geza Anda – Karl Böhm
Autre merveille commandée et écoutée en boucle sitôt reçue, ce généreux CD écho de deux soirées exceptionnelles, l’une à Lucerne en 1963, l’autre à Salzbourg en 1974, où deux géants se retrouvaient pour faire simplement et magnifiquement de la musique : Geza Anda (1921-1976) et Karl Böhm.
Ces derniers jours, la mort est ma compagne, non pas que je m’en approche ou que je la redoute pour moi – je suis bien placé pour savoir qu’elle peut survenir à l’improviste ou qu’on peut la frôler (Une expérience singulière ). Mais tous les jours la mort s’impose dans l’actualité, brutale, massive, lors des guerres en cours au Moyen-Orient ou en Ukraine. Dans les cercles de famille ou d’amitié.
Ist dies etwa der Tod ?
La plus belle, la plus douce, la plus sereine des odes à la mort est la dernière mélodie des « Vier letzte Lieder » de Richard Strauss sur un poème de Joseph von Eichendorff : Im Abendrot / Au couchant
Wir sind durch Not und Freude gegangen Hand in Hand; vom Wandern ruhen wir nun überm stillen Land.
Rings sich die Täler neigen, es dunkelt schon die Luft, zwei Lerchen nur noch steigen nachträumend in den Duft.
Tritt her und laß sie schwirren, bald ist es Schlafenszeit, daß wir uns nicht verirren in dieser Einsamkeit.
O weiter, stiller Friede! So tief im Abendrot. Wie sind wir wandermüde– Ist dies etwa der Tod?
Dans la peine et la joie
Nous avons marché main dans la main ;
De cette errance nous nous reposons
Maintenant dans la campagne silencieuse.
Autour de nous les vallées descendent en pente,
Le ciel déjà s’assombrit
Seules deux alouettes s’élèvent,
Rêvant dans la brise parfumée.
Approche, laisse-les battre des ailes,
Il va être l’heure de dormir ;
Viens, que nous ne nous égarions pas
Dans cette solitude.
Ô paix immense et sereine,
Si profonde à l’heure du soleil couchant!
Comme nous sommes las d’errer !
Serait-ce déjà la mort ?
La traduction est bien faible pour traduire le sublime du poème allemand.
Se rejoindre dans la mort
J’ai immédiatement pensé à ce poème en apprenant la mort, le 8 juin dernier, du danseur Eric Vu-An, trois semaines après celle de son compagnon Hugues Gall, surtout après la très longue épreuve d’une cruelle maladie.
Wir sind durch Not und Freude gegangen Hand in Hand; vom Wandern ruhen wir nun überm stillen Land.
J’imagine que, si l’on croit au Ciel, le parfait germanophone qu’était Hugues Gall a pu accueillir Eric avec ces mots si forts, si justes.
Je n’ai pas l’habitude d’assister à des obsèques, sauf de très proches bien sûr. Pourtant j’ai assisté ce lundi à celles d’Hugues Gall en l’église Saint-Roch. Sans doute le besoin de revivre un peu d’un passé heureux. De partager silencieusement des souvenirs que les témoignages de ses proches ont ravivés, en particulier les deux Christian, Christian de Pange, qui fut secrétaire général de l’Opéra de Paris (et brièvement mon adjoint à la direction de la Musique de Radio France), et Christian Schirm, fidèle entre les fidèles de Genève à Paris.
Il y avait des ministres, des personnalités du monde musical, et beaucoup de gens que je n’ai pas reconnus. De belles plages de musique aussi et surtout, sommet d’émotion, Ständchen, la sérénade de Schubert transcrite par Liszt sous les doigts de Lucas Debargue. La réverbération de la nef de l’église Saint-Roch ajoutait à l’intensité de ce moment.
Ici dans l’interprétation d’un autre magnifique artiste, Alexandre Kantorow
La maison de ses chansons
Lundi matin, dans Télématin, l’interview de Loïc Résibois, atteint de la maladie de Charcot, qui regrettait que la loi sur la fin de vie en discussion à l’Assemblée nationale n’ait pas pu aboutir en raison de la dissolution prononcée dimanche soir par Emmanuel Macron, m’avait fait penser à Françoise Hardy. Son fils Thomas qui donnait régulièrement de ses nouvelles ne disait plus rien depuis quelque temps, je redoutais que ce silence soit de mauvais augure.
Ce matin au réveil on a su que Françoise Hardy était enfin délivrée de ses souffrances. Que n’a-t-elle pu choisir de partir avant de subir l’intolérable ? pourquoi lui refuser une mort douce ?
J’ai aimé cette belle personne, et ses chansons qui nous étreignent, qui ont le parfum de la mélancolie, de ces larmes qui font du bien… Les artistes ne meurent pas, ils demeurent en nous.
Quelques-unes des chansons de Françoise Hardy qui me touchent plus particulièrement :
Je ne sais pas pourquoi, mais pendant longtemps j’ai très peu pratiqué l’écoute du quatuor, tant au concert qu’au disque. Sans doute parce qu’on n’écoute pas un quatuor de Haydn, de Beethoven ou de Schubert distraitement, comme on peut le faire d’une symphonie ou même d’un opéra qu’on connaît par coeur. Sûrement aussi parce que c’est l’essence même de la musique, qui s’adresse à l’intime, qui provoque la part la plus secrète de notre humanité.
Ces derniers temps, j’ai de plus en plus souvent besoin de me ressourcer à l’écoute de ces chefs-d’oeuvre. L’effet de l’avancée en âge sans doute, la confrontation aussi avec l’évolution irréversible des dégâts de la vieillesse chez ma mère qui fête demain ses 97 ans..
Sony a ressuscité un ensemble devenu légendaire : le quatuor de Cleveland, formé en 1969, dissous en 1995
Même si l’on connaît tous ces histoires de musiciens membres d’un quatuor qui avaient fini par ne plus se parler, alors même qu’ils continuaient à se produire en concert, je reste en complète admiration devant ces ensembles qui vont, qui sont au coeur de la musique.
Le quatuor Cherubini
J’avais retrouvé l’an dernier au Portugal le grand Christoph Poppen en chef d’orchestre qu’il est maintenant depuis nombre d’années, en ayant presque oublié qu’il avait fondé le Quatuor Cherubini en 1978 (et remporté en 1981 le premier prix du Concours de quatuors qui avait lieu alors à Evian). Warner a eu l’excellente idée de rééditer le legs de ce quatuor :
Marc Lesage dans le dernier Diapason a dit mieux que je ne saurais le faire tout le bien qu’on pense de ce coffret : Flamme et transparence
Les disques du quatuor ont toujours été disponibles, à la différence de ceux du Cleveland. Et les quatuors de Mendelssohn toujours chéris comme des références :
Le dernier CD du coffret est une pépite. Il comprend notamment le sublime Notturno d’Othmar Schoeck dans une version « en famille » puisque le chanteur, Dietrich Fischer-Dieskau, n’est autre que le père du violoncelliste du quatuor.