Retour du Brésil

C’est mon troisième séjour au Brésil. La première fois c’était en février 2006 pour le carnaval de Rio, un cadeau d’anniversaire. La deuxième c’était pour la tournée sud-américaine de l’Orchestre philharmonique de Liège et trois concerts, deux à Sao Paulo, un à Rio de Janeiro. Cette fois vacances pures que je n’ai pas eu à organiser, juste à suivre sans tracas, dans une région très particulière au nord de ce pays-continent, les Lençóis Maranhenses.

Une immensité de dunes et de lagons vue d’avion

9 août. Vol Paris-Fortaleza à l’heure, sans perturbation. Deux ou trois films français, des comédies que je ne serais jamais allé voir au cinéma, ou n’aurais même regardé à la télévision. Déception relative pour le dernier Toledano-Nakache Juste une illusion.

Fortaleza est une cité de près de 3 millions d’habitants. Un bord de mer qui ne peut que rappeler Rio, en nettement plus réduit. Foules familiales le soir, dans une température tropicale, foule de joggers tôt le matin. L’hôtel est apprécié des Français manifestement, l’équipage d’Air France y loge. Dîner bon sans être exceptionnel. On s’endort tôt. Le décalage horaire est de 5 heures.

10 août. Le lendemain vol pour Sao Luis, jadis port français. Hôtel impersonnel en bord de mer. On nous a déconseillé une balade dans le centre un peu historique. Je ne sais quoi penser de ces réputations faites à l’avance de « villes les plus dangereuses du monde ». Dîner assez typique, plutôt original : une sorte de hochepot de crevettes dans une citrouille évidée. Après une caipirinha lentement dégustée au bord de la piscine.

Les choses sérieuses commencent le 11 août. Levé aux aurores, départ en voiture à 7h pour Barrineira, aux portes du fameux désert blanc et ses lagons verts. Il faut être arrivé avant 11h30 sur le petit aéroport local pour un tour en avion au-dessus du Parc national. Le Cessna antique de la compagnie Fly Lençois qui héberge le pilote et trois passagers, nous deux et une jeune guide touristique, n’est pas très rassurant. Jorge nous rassure, ce sera un peu « bumpy » au départ. Ce sera « bumpy » tout du long à cause de quelques coups de vent. Je n’aime pas ça mais je n’éprouve plus ce stress, cette peur parfois irrationnelle qui me saisissaient lorsqu’un avion, petit ou grand, est pris dans des turbulences, l’effet des médicaments que je prends sans discontinuer depuis mon « accident » ?

Le spectacle est extraordinaire, véritablement unique, et on n’a pas encore la pleine mesure de son caractère exceptionnel qu’on mesurera ensuite en parcourant le parc.

L’après-midi on nous lâche à un petit embarcadère dans une grosse barque à moteur qui doit nous conduire à Atins, un ancien village de pêcheurs entièrement construit sur le sable. Pas de route, pas de chemin goudronné. On va loger quatre nuits dans un petit ensemble de huttes simplement mais joliment aménagées, et expérimenter tous les moyens de découvrir le village, ses petites plages et surtout ses environs de dunes et de lagons. Le soir même on entreprend d’aller à pied au Beach Bar qui dépend de la « villa » où nous logeons (propriétaire de trois établissements dans la localité) : objectif crevettes et langoustes. Portions trop importantes pour mon petit appétit du soir. Retour à pied. Excellent pour les cuisses et les mollets que cette progression dans le sable.

Photos : Lever de soleil et Coucher de soleil dans les dunes des Lençois Paranhenses

Les ânes du Brésil et autres petites ou grosses bêtes

Déjà dans le jardin de l’hôtel, puis dans l’une des rues, on va croiser des ânes de petite taille, d’un très beau pelage, qui sont sauvages, et on en verra plusieurs dizaines pendant tout notre parcours, au milieu du désert ou dans les villages à la recherche de nourriture

En moins grand nombre et surtout pour transporter les touristes on voit de très élégants chevaux

Au bord de certaines pistes des chevêches des terriers pas du tout revêches !

Une iguane se désaltérant dans le courant d’une onde pure

12 août. Un chauffeur guide qui ne parle que portugais – tant mieux, que ce Brésil si accueillant évite le plus longtemps possible de s’angliciser pour les touristes ! – nous fait faire en 4×4 une première longue balade dans les dunes et les lagons des Lençóis Maranhenses. Il nous arrête auprès de deux lagons différents. Sensation tellement incroyable de se baigner dans une eau douce si pure, si transparente, si chaude, au milieu de ces dunes blanches.

Les quelques transats de l’hôtel sont pris d’assaut. Les Français sont en majorité, et étrangement plutôt des familles avec de jeunes enfants. Nous dînons dans l’un des autres restaurants propriété de l’hôtel, Casa Viva. Pas mal du tout, beaucoup de monde et un chanteur tellement discret qu’on n’entendra pas un traître mot de ses chansons. Au moins on n’est pas abrutis par la sono. Retour à pied à l^hotel.

13 août. Levés à 4h30, pour un début de balade à cheval à 4h50. Il s’agit d’aller voir le soleil se lever dans les dunes. Je n’avais plus fait de cheval depuis le Kirghizistan en 2024. J’ai du plaisir à monter un cheval blanc moins têtu que celui qu’on m’avait fourgué il y a deux ans. Le spectacle est à la hauteur de ce qu’on espérait. Retour à l’hôtel pour un petit déjeuner correct sans être exceptionnel. Personnel gentil, dévoué. Le même soir sortie prévue pour une dégustation de « mousseux » brésilien et de fruits dans les dunes sous la lune. Sauf que la lune n’est pas là, et que ça ressemble à une soirée fantôme.

14 août Matinée tranquille. Lecture. Sudoku. Cette fois la tournée des dunes et des lagons est prévue à partir de 15 h selon un parcours différent de l’avant veille.

Baignade obligée dans deux lagons, pour être arrivé à l’heure voulue au sommet d’une dune pour un coucher de soleil qui autorise des photos et des vidéos un peu spectaculaires. Dîner pantagruélique dans un restaurant… japonais !

15 août Transfert vers Parnaiba, et son immense delta. Longtemps on longe la mer, le 4×4 roule sur le sable – j’aimerais être à la place du chauffeur – puis sur une piste qui passe au milieu d’un gigantesque parc d’éoliennes qu’on aperçevait déjà du petit avion. Puis c’est une route « normale » plutôt bien revêtue même si les nids de poule sont visibles. Quelques maisons, quelques villages, sans âme qui vive. Et on arrive pour deux nuits dans un hôtel très particulier puisque logé dans une belle maison du début du XXe siècle. Dans le centre historique absolument désert de Parnaiba dont on ne découvrira l’étendue moderne qu’à l’occasion d’un dîner le dimanche soir dans un restaurant chic à 6 kilomètres de notre hôtel. (Album photo : Parnaiba centre historique). Le soir même on nous conduit vers un petit embarcadère – on traverse ce faisant un faubourg de Parnaiba où une fête bat son plein – pour un tour en bateau dans le delta du Rio do Parnaiba. Le pilote sait où trouver les animaux à photographier. Retour et dîner – très correct – à l’hôtel, où les tables voisines parlent toutes français !

16 août. Longue balade de jour cette fois dans le delta, halte de deux heures dans une taverne qui propose… des huîtres froides ou grillées, absolument délicieuses. Confusion entre deux (dois) et douze (doze), nous attendions chacun une douzaine, nous en aurons chacun deux…L’attraction de la sortie c’est le vol de milliers d’ibis rouges, espèce endémique de cette partie de l’Amérique du Sud, qui convergent au coucher du soleil vers une petite île du delta où ils passent la nuit. Magique.

Voir mes photos : Delta du Rio do Parnaiba

17 août. Transfert pour une sorte de retraite de quatre jours loin de tout, du bruit et du monde. La Casa Daia est située au milieu d’une immense propriété qui borde à la fois l’océan et le « Rio »… Ici ce sont les femmes qui dirigent, les hommes qui sont aux travaux des jours. On vit en autarcie, ce qu’on mange est produit dans une « agroferme » in situ, ou vient de la pêche du jour, poissons ou coquillages. Le chef qui s’exprime très bien en français – je le verrais bien chanter le Brésilien dans la Vie parisienne d’Offenbach – a passé un an à Bordeaux. Il fait des merveilles de ces produits locaux. A noter que tous les jus, les sorbets, les confitures sont issus de fruits d’ici (açai, bacuri, cupuaçu…) sans sucre rajouté. Idem pour les cocktails.

Quatre jours, quatre nuits dans une totale quiétude.

Le 21 août, on quitte à regret la Casa Daia pour rejoindre Jericoacoara. Qui comme Atins est bâtie sur le sable. Quel bonheur de déambuler dans le village ou à la plage pieds nus dans un sable d’une douceur et d’une propreté exceptionnelles. Le soir on pourrait se croire dans la neige dans un village de montagne !

On retrouve dunes et lagons, comme un rappel des Lençois Maranhenses. Aussi beaucoup de Français, surtout des familles. Les photos parlent d’elles-mêmes.

Voir mes albums : Jericoacoara plages et dunes,

Quelques détails supplémentaires dans mes brèves de blog !

Rêve d’hiver

Pour tout un tas de raisons qu’il n’y aurait aucun intérêt à détailler ici, je n’ai jamais passé de vacances à l’hôtel aux sports d’hiver jusqu’à ce week-end pascal. On découvre à tout âge, dit la sagesse populaire ! Et pourtant j’en ai souvent rêvé…

Je n’ai pourtant aucune raison de me plaindre. Au cours de l’hiver 1970, mes parents avaient loué une petite maison (une ancienne bergerie), que l’unique poêle à bois n’arrivait pas à chauffer, au bas de la station de La Mongie. Premiers pas peu concluants sur des skis. En 1977 rebelote à Megève, dans un appartement prêté par la famille de l’élue de mon coeur de l’époque, des essais de ski de fond. Et à partir de 1981, installation à Thonon-les-Bains, les bords du Léman en été, les pistes des Gêts, d’Avoriaz, de Morzine, ou plus modestes de Bernex, sous la Dent d’Oche, en hiver. Pas besoin de séjour organisé, mais du coup jamais l’ambiance si particulière de l’hôtel ou du chalet de montagne, sauf quand on avalait une raclette ou une tartiflette avec les amis avant de redescendre…

Et puis il y eut ce triste jour de février 1999. Mon ami Alain G. m’avait enjoint de quitter Paris et la morosité de l’entre-deux professionnel que je traversais alors, et de venir skier avec lui (c’était un champion comparé à la tortue que j’ai toujours été sur les pistes). J’emmène le cadet de mes fils, et nous passons avec toute une bande d’amis, une fabuleuse journée au soleil d’Avoriaz. Le soir nous devons nous retrouver pour un spectacle à la Maison des Arts de Thonon, je ne les vois ni sa femme ni lui, je ne suis pas inquiet, ils auront eu un empêchement de dernière minute. Le lendemain je suis réveillé par l’appel d’une amie commune : « Vous êtes au courant pour Alain ? » Comme le chante Barbara (Nantes) … J’ai rien dit, mais…j’ai compris qu’il était trop tard.

Je n’ai  jamais rechaussé des skis depuis lors. Et puis Liège était loin des Alpes.

Devant être présent à Genève durant ces semaines de mars, je me dis qu’il ne fallait pas laisser passer l’opportunité d’un séjour bienfaisant au coeur des Alpes suisses, que je n’ai jamais connues qu’en été grâce aux vacances familiales dans le pays maternel.Je n’avais pu assister aux semaines musicales de Gstaad désormais animées par Renaud Capuçon, je profiterais de la station  en cette fin de saison.

Et puis Gstaad dans mon esprit, plus qu’un repère de célébrités, ce sont deux noms : Menuhin et l’inspecteur Clouseau.

Une grande partie du Retour de la panthère rose (1975) de Blake Edwards avec l’inénarrable Peter Sellers se déroule à Gstaad (http://www.gstaad.ch/fr/gstaad/histoires-de-gstaad/gstaad-est-le-dernier-paradis-dans-un-monde-fou.html)

La scène d’entrée d’un autre film culte (OSS 117, Rio ne répond plus) est elle aussi située à Gstaad.

Mais c’est le souvenir de Yehudi Menuhin (1916-1999) qui flotte encore sur les lieux, et il y a fort à parier que le prochain festival d’été célébrera comme il convient le centenaire du violoniste humaniste et ses 60 ans d’existence  (http://www.letemps.ch/culture/2016/03/23/gstaad-menuhin-festival-celebre-60-ans)

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