Klaus, Nicholas, Santtu, Vincent et les autres

D’un dimanche à l’autre, je suis passé par toutes sortes d’émotions « positives ».

Le Mahler de Mäkelä

Le festival Enesco de Bucarest s’achevait le week-end dernier par deux concerts de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam, dirigé par son futur chef Klaus Mäkelä. J’étais évidemment curieux de découvrir ce que donnerait la rencontre entre le jeune Finlandais, qui nous a habitués à Paris à tant de belles choses, et ce fabuleux orchestre hors ses murs. J’en ai fait le compte-rendu pour Bachtrack : Klaus Mäkelä et le Concertgebouw en majesté à Bucarest. Et comme je l’ai écrit, je ne veux retenir que le souvenir d’une Troisième symphonie de Mahler, dont le dernier mouvement continue de me hanter. Je n’ai pas l’habitude de recourir à l’exagération, mais je n’avais jusqu’alors jamais entendu d’aussi sublime.

J’emprunte à une consoeur de Bachtrack, une partie du papier (The definition of love) qu’elle fit à la mi-septembre après avoir entendu les mêmes in situ. J’aurais pu signer ces lignes :

In the finale, originally subtitled What Love Tells Me, one of the finest symphonic movements ever written, tears welled in my eyes after just the first few notes. The subdued restraint and beauty in the strings was quite overwhelming. Mahler asks the question: What is love? Words truly are not enough when we have music such as this.

The intense horn and string climax, the rising double bass figures, the warmth of the oboe entry – almost vocal in quality – displayed playing of the highest calibre/…/This was Mäkelä and the RCO at their best, finding long lines, the phrasing, the nuance and that special something in a score laden with Mahler’s detailed instructions while the music became ever more urgent. Horn bells aloft again, the final climax was perfectly timed before shimmering violas and a flute, wafting like a butterfly, led us to Mahler’s definition of love. This was not the usual triumphant ending, but something much more subtle. Tonight’s concert will stay long in the memory.  (Backtrack, 16 septembre 2023, Clare Varney)

Le chapeau de paille de Vincent Dedienne

Titre provocateur qui ne correspond en rien à la réalité du spectacle vu ce jeudi soir au théâtre de la Porte Saint Martin… même si la promotion s’appuie sur la notoriété de l’humoriste/comédien.

Suivant une mode très contestable, qui consiste à faire un « avant-papier » et non une critique a posteriori, Le Monde s’était fendu d’un long article (Alain Françon embarque sur le rêve de Labiche) qui, il est vrai, m’avait intrigué, ne serait-ce que parce qu’Alain Françon n’est pas réputé pour son appétit pour la gaudriole ou le vaudeville !

Eh bien, non seulement on n’a pas regretté sa soirée, mais on a redécouvert les ressorts du théâtre de Labiche, et cette pièce en particulier – Un chapeau de paille d’Italie – qu’on n’a pas le souvenir d’avoir jamais vue sur scène.

Je n’ai pas vu l’intérêt de la contribution de Feu! Chatterton à cette mise en scène, surtout après avoir assourdi toute la salle au lever de rideau… mais elle ne dénature pas l’esprit de Labiche. Esprit de Labiche qu’Alain Françon, au contraire, exalte, décuple, en exacerbant les effets comiques, poussant chacun de ses nombreux acteurs/actrices à l’extrême de leur fantaisie (qu’on veut tous citer ici : Vincent Dedienne, Anne Benoit, Eric Berger, Emmanuelle Bougerol, Rodolphe Congé, Laurence Côte, Suzanne De Baecque, Luc-Antoine Diquéro, Noémie Develay-Ressiguier, Antoine Heuillet, Tommy Luminet, Marie Rémond, Alexandre Ruby, Balthazar Gouzou, Victor Lalmanach, Noémie Moncel, Léa Constance Piette, Fiona Stellino, Baptiste Znamenak).

On ne s’aperçoit qu’aux saluts que c’est une actrice – fabuleuse Anne Benoît – qui joue le futur beau-père de Fadinard, le jeune rentier (Vincent Dedienne) et on applaudit absolument toute la troupe sans aucune exception! Spectacle évidemment chaudement recommandé… et bravo évidemment à Vincent Dedienne qui n’avait pas besoin de nous prouver qu’il est d’abord et surtout un formidable comédien.

Pour Chostakovitch

Les fidèles de ce blog savent ma fidélité à un compatriote de Klaus Mäkelä, presque un vétéran à 37 ans (!), mon très cher Santtu-Matias Rouvali, invité régulier du Festival Radio France à Montpellier, du temps où j’en avais la charge, entre 2014 et 2021. Je ne pouvais évidemment manquer le concert qu’il dirigeait à la tête de l’Orchestre philharmonique de Radio France, à la maison de la radio, vendredi soir.

L’attraction de ce concert – sans entracte ! une « nouveauté » de la saison Radio France, il n’est jamais trop tard pour bien faire ! – était, paraît-il, la violoniste coréenne Bomsori. Dans un tube du répertoire, le concerto de Tchaikovski. La jeune femme, dans une robe rouge qu’elle arbore semble-t-il sur toutes les scènes, est bardée de prix et sort un premier disque chez Deutsche Grammophon (ce qui, aujourd’hui, compte-tenu de la politique artistique complètement erratique d’un label jadis prestigieux, ne représente au mieux que l’assurance d’un soutien promotionnel important). Jamais ce concerto ne m’a paru aussi ennuyeux que sous cet archet besogneux, non exempt d’accrocs et de traits bousculés, aussi banal et parfois de mauvais goût.

On était impatient de passer à la seconde partie du concert : la Sixième symphonie de Chostakovitch, qui tient une place particulière dans mon panthéon personnel

« Quant à la 6ème symphonie de Chostakovitch, c’est encore avec l’Orchestre de la Suisse romande que j’ai pu la programmer et l’entendre pour la première fois en concert ! Je me rappelle encore cette séance du comité de programmation de l’orchestre, présidé par Armin Jordan, lors duquel j’avais suggéré un programme qui me semblait original et cohérent, avec Les Fresques de Piero della Francesca de Martinu, les Chants et danses de la mort de Moussorgski (interprétés par Paata Burchuladze), et cette 6ème de Chostakovitch. Plusieurs membres dudit comité de se récrier, pas assez « grand public », deux oeuvres du XXème siècle ô horreur, même avec un soliste vedette ! Armin Jordan, qui devait diriger ce programme, trancha : « Je ne connais pas ni le Martinu, ni le Chostakovitch, mais si Jean-Pierre le propose, je suis son idée et je dirigerai ce programme ».  Point final ! Et le jour venu, devant un Victoria Hall comble (preuve que le public est toujours plus intelligent que les programmateurs frileux !), Armin Jordan dirigea l’un de ses plus beaux concerts ! » (extrait de mon billet du 18 janvier 2019).

Quand dans le concerto de Tchaikovski, chef et orchestre semblaient être en pilotage automatique, Santtu-Matias Rouvali et l’Orchestre philharmonique de Radio France allaient donner leur pleine puissance dans une oeuvre qui continue de fasciner, ce long mouvement lent qui l’ouvre, presque insoutenable, jusqu’à ce vide sidéral d’où seules émergent le piccolo et la flûte, suivi d’un allegro bien dans la veine sarcastique de son auteur et se terminant dans un presto grinçant à force de paraître si insouciamment guilleret.

Bernstein dans un formidable DVD explique, avec tellement d’évidence, le miroir que forment les deux 6e de Tchaikovski et Chostakovitch :

Pour cette 6e de Chostakovitch, et pour elle seule, on doit réécouter le concert de vendredi sur francemusique.fr.

Hommage incomplet

J’attendais impatiemment ce coffret d’hommage à Nicholas Angelich (lire Le piano était en noir)

On est évidemment très heureux de retrouver tous ces témoignages « live » de l’art d’un musicien si tôt disparu, mais à jamais installé parmi les très grands. Des Liszt captés à Radio France en 1999, la sonate de Berg, une rareté absolue, les quatre Fantaisies de Zemlinsky sur des poèmes de Dehmel (Douai 1995), la 2e suite anglaise de Bach (Québec 2011), les variations sur un thème de Haendel de Brahms (en avril 2019 en Bretagne, testamentaire), un programme tout Ravel, vraiment exceptionnel, au théâtre des Champs-Elysées en 2013, les variations Goldberg sur la meme scène deux ans plus tôt, le quintette de Franck avec les Ébène à Verbier, la sonate 2 pianos et percussions de Bartok avec Martha Argerich, une prodigieuse Waldstein (Lyon 2015) et des Tableaux d’une exposition idiomatiques (Paris 2013), et un seul CD de concertos (le 3e de Rachmaninov avec l’Orchestre philharmonique de Radio France en 2010, la Rhapsodie Paganini avec Tugan Sokhiev avec Toulouse en 2013).

Cet ensemble est formidable, mais on aurait pu/dû aisément le compléter par d’autres captations, tout aussi indispensables, réalisées en Belgique ou en Suisse par les radios publiques. Espérons qu’à défaut de figurer dans ce coffret, ces précieux témoignages seront bientôt disponibles pour le public. C’est le moins qu’on puisse faire pour rendre hommage à un musicien d’une telle envergure.

Théâtres

On ne résiste pas à Feydeaudont les origines, la vie et la mort sont d’invraisemblables scènes de théâtre.

Georges Feydeau est officiellement le fils de l’écrivain Ernest Feydeau et de Léocadie Boguslawa Zalewska, en réalité selon les dires de sa mère, le fils de Napoléon III. Ou du demi-frère de l’empereur, le duc de Morny, lui-même descendant illégitime de Talleyrand  !

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Il puise son inspiration de sa vie de noctambule triste, notamment chez Maxim’s, au cours de laquelle il perd beaucoup d’argent au jeu, prend de la cocaïne dans l’espoir de stimuler ses facultés créatrices et trompe son épouse avec des femmes et, peut-être, des hommes. Il écrit plusieurs pièces en collaboration, notamment avec Maurice Desvallières7.

Après le succès de Tailleur pour dames en , Feydeau connaît une autre période difficile. Ses œuvres suivantes, (La Lycéenne, Chat en poche, L’Affaire Édouard…), ne reçoivent au mieux qu’un accueil tiède. La consécration vient en avec le succès retentissant des pièces Monsieur chasse !, Champignol malgré lui et, dans une moindre mesure, Le Système Ribadier, œuvres qui lui valent le titre de « roi du vaudeville ». Dès lors, Feydeau enchaîne les réussites : L’Hôtel du libre échange et Un fil à la patte en , Le Dindon en , La Dame de chez Maxim en , La main passe en , Occupe-toi d’Amélie en 4.

Collectionneur d’art, il fera notamment l’acquisition du tableau La Neige à Louveciennes d’Alfred Sisley lors de la vente Armand Doria par la Galerie Georges Petit en

En septembre 1909, après une violente dispute avec la coquette Marie-Anne, qui a pris un amant, il quitte le domicile conjugal du 148 rue de Longchamp (cette séparation aboutit au divorce en février 1916) et prétextant les embarras d’un déménagement, s’installe pour quelques jours dans un palace tout proche de la gare Saint-Lazare, le Grand Hôtel Terminus, chambre 189, rue de Londres. 

Ce lieu devient son domicile pour une dizaine d’années et les murs de sa chambre accueillent des œuvres d’artistes devenus à la mode comme Van Gogh ou Utrillo mais il a vendu la majeure partie de son importante collection. Dans cet hôtel, il commence à s’intéresser aux petits grooms de service et en fait apparaître dans ses pièces.

À la suite de sa séparation conjugale, Feydeau renouvelle le genre du vaudeville par une étude plus approfondie des caractères dans ses comédies de mœurs en un acte, montrant notamment la médiocrité des existences bourgeoises dont il trouve l’origine dans son propre environnement et qu’il tourne en ridicule : On purge bébé (), Mais n’te promène donc pas toute nue ! (). Il est le plus souvent question d’intrigues tournant autour du trio du mari cocu, de la femme infidèle et de l’amant, dont les turpitudes divertissent les spectateurs.

Très aimé de ses contemporains et des autres auteurs, il est témoin avec Sarah Bernhardt, le , au mariage d’Yvonne Printemps et Sacha Guitry, un ami qui le visitera quand il sera interné pour des troubles psychiques dus à la syphilis contractée par le biais d’une jeune travestie dans la clinique du docteur Fouquart à Rueil-Malmaison, pavillon des Tilleuls

Durant un séjour de deux ans dans ce sanatorium où il est soigné par le docteur Bour, Feydeau est atteint tour à tour de surmenage, de délire, de mégalomanie, de paranoïa, il parle aux objets… On essaie de le traiter avec les moyens de l’époque : douches froides, bromure, chloral, sédatifs. Puis on grillage la fenêtre de sa chambre. Il meurt à l’âge de 58 ans, ses funérailles ont lieu à l’église de la Trinité et il est enterré au cimetière Montmartre auprès de son père.

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On ne résiste pas à Feydeau, mais Feydeau résiste à l’usure du temps, aux changements d’époque, parfois même aux « adaptations » qu’on lui fait subir.

Le traitement que Zabou Breitman réserve à La Dame de chez Maxim, qui fait salle comble depuis des semaines au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris, m’a laissé partagé.

D’abord le rôle de la Môme Crevette confié à Léa Drucker ! Un contre-emploi où personne ne l’attendait. Plutôt réussi. Chapeau l’artiste !

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On s’interroge, en revanche, sur les coupures qu’aurait pratiquées la metteuse en scène, et surtout sur le recours au travestissement qu’elle opère pour la scène de la noce à la campagne. 74597731_10157688036583194_6477029588261142528_n

Pourquoi rajouter des effets comiques à une mécanique déjà parfaitement réglée par Feydeau lui-même? On ne voit pas ce que cela apporte, en dehors de faire sourire – timidement – la salle.

En revanche, toute la distribution est à louer, à commencer par Anne Rotger, impayable épouse, bigote, trompée, par son grand dadais de mari, Micha Lescot. André Marcon campe un général que sa propre caricature finit par entraîner dans un fou rire communicatif. Tous les autres à l’avenant.

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Autre théâtre humain, celui dont la reine Elizabeth est le coeur, celui que dépeint l’excellente série The Crown dont on attendait avec impatience la saison 3.

Il va de soi que The Crown court continûment le risque de verser dans l’élégie ou l’apitoiement à l’égard de personnages que rien ne porte à plaindre a priori. Mais son créateur, Peter Morgan, parvient la plupart du temps à contourner cet écueil, que ce soit par l’humour, la peinture des défaillances des personnages royaux ou, plus encore, au travers du spectre politique britannique que le premier ministre vient dépeindre chaque semaine à la reine. Par ailleurs, la structuration des épisodes et l’intelligence de la mise en scène (notamment dans l’épisode 1) en font une série qui n’innove en rien, mais reste remarquable. (Le Monde, 16 novembre 2019)

RellikL’actrice Olivia Colman incarne Elizabeth II parvenue à la quarantaine.

 

La Scala et Tartuffe

Non, la Scala de Milan ne s’est pas mise à concurrencer la Comédie-Française. Il se trouve que j’ai enchaîné samedi dernier deux spectacles, deux temps forts, qui se donnaient à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre.

D’abord le week-end inaugural d’un nouveau lieu de création à Paris, un ancien café-concert fondé en 1874, devenu un cinéma, spécialisé dans le porno à partir de 1970, au 13 boulevard de Strasbourg, en face des théâtres Comoedia et Antoine : La Scala

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Formidable pari de Mélanie et Frédéric Biessy (lire leur interview dans Le Monde : Les amoureux de La Scala), un lieu d’emblée sympathique, un environnement sonore exceptionnellement réussi, signé Philippe ManouryEt même si ce n’est pas l’essentiel, un bar et un petit restaurant très agréables – félicitations à la jeune équipe et au chef, ex-patron du restaurant strasbourgeois Zimmer, père de Mélanie Biessy, pour une belle carte de beaux produits frais, légumes et fruits, à prix très modéré, et un service parfait, rapide et souriant !.

Tout le week-end était intitulé Aux Armes, Contemporains, sept concerts destinés à tester les capacités et qualités de cette salle de 550 places, à mesurer l’accueil que les publics lui réserveraient. J’avais choisi l’un d’eux, samedi après-midi, qui semblait un résumé, un « best-of » des esthétiques musicales développées depuis vingt ans : Aperghis, Boulez, Romitelli, Harvey, Mantovani, etc.

42399305_10156653781008194_2578771817049096192_nQuatre chanteuses de l’ensemble Les Cris de Paris dans une démonstration un peu longuette de l’éventail des possibles pour un quatuor vocal prêt à toutes les expériences.

42366808_10156653780823194_3585373891939270656_nLe clarinettiste Jérôme Comte, membre de l’Ensemble InterContemporain, époustouflant dans Bug, une pièce de jeunesse de Bruno Mantovani

42303206_10156653781728194_5482831859958153216_nGaspard Dehaene donnait Une page d’éphéméride, une des toutes dernières oeuvres de Pierre Boulez

C’est à l’excellent Rodolphe Bruneau-Boulmier (bien connu des auditeurs de France Musique) qu’a été confiée la programmation musicale contemporaine du nouveau lieu, et c’est lui qui présentait les concerts de ce week-end- d’ouverture.

Longue vie à ce nouveau lieu, qui n’a pas d’équivalent dans Paris, moins intimidant que la Philharmonie, l’IRCAM ou les studios de Radio France, idéalement situé au coeur de Paris, et qui surtout propose un très beau mélange de théâtre, danse, cirque, musique, poésie.

J’ai ensuite fait faux bond à La Scala pour me rendre au théâtre de la Porte Saint-Martin où se donne une nouvelle production du Tartuffe de Molière. L’an dernier, le duo Michel Bouquet – Michel Fau tenait la vedette, je n’avais pas assisté à ce spectacle et les échos que j’en avais eus étaient pour le moins contrastés, comme devait l’être d’ailleurs le jeu des deux acteurs, aussi dissemblables que possible.

La nouvelle mise en scène est due à Peter Steinl’un des maîtres du théâtre allemand, et la distribution est nettement plus classique que la précédente. Une pièce qu’on connaît par coeur, dont on attend les répliques culte, le risque d’être déçu par des interprètes qui jouent les vedettes. Ou, au contraire, ce qui arriva, la chance d’être conquis par une troupe qui restitue avec gourmandise un texte qui n’a rien perdu de sa force, autant tous les citer : Pierre Arditi, Jacques Weber, Isabelle Gelinas, Manon Combes, Catherine Ferran, Bernard Gabay, Félicien Juttner, Jean-Baptiste Malartre, Marion Malenfant, Loïc Mobihan, Luc Tremblais.

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Singin’ in the rain

Trop tard pour espérer encore voir Singin’ in the rain au Châtelet à Paris, mais la production reprend pour les fêtes de fin d’année à partir du 27 novembre. Et il faut s’y précipiter. Les adaptations à la scène de films musicaux ne sont pas toujours réussies, surtout quand on a affaire à un chef d’oeuvre : Singin’ in the rain, le film de Stanley Donen et Gene Kelly, sorti en 1952, en est un, incontestable (http://fr.wikipedia.org/wiki/Chantons_sous_la_pluie) et pas seulement à cause de la chanson et de la scène cultes qui donnent son titre au film :

L’histoire se déroule à Hollywood, à la fin de l’ère du cinéma muet. D’origine modeste, Don Lockwood ancien danseur, musicien et cascadeur est devenu une star du cinéma muet. A son grand dam, Lina Lamont, son insipide et antipathique partenaire, est persuadée qu’ils forment un couple à la ville comme à l’écran. Alors que Le Chanteur de Jazz, le tout premier film parlant, connaît un succès fulgurant, le directeur du studio R.F Simpson n’a d’autre choix que de convertir le nouveau film du duo Lockwood / Lamont. L’équipe de production est confrontée à de nombreuses difficultés, notamment l’insupportable voix de crécelle de Lina Lamont. Le meilleur ami de Don Lockwood, Cosmo Brown, a l’idée d’engager Kathy Selden pour doubler la voix de Lina et de transformer The Dueling Cavalier en comédie musicale intitulée The Dancing Cavalier. Entretemps, Don tombe amoureux de Kathy. Lina découvre leur idylle naissante et, furieuse, exige qu’à l’avenir Kathy continue de jouer les doublures et demeure pour toujours dans l’anonymat. Cette idée révolte Simpson, mais il n’a d’autre choix que d’accepter, tout comme Kathy, liée au studio par contrat. La première de The Dancing Cavalier est un triomphe. Le public conquis réclame une chanson de Lina. Don et Cosmo décident d’improviser : ils proposent à Lina de chanter en playback pendant que Kathy, dissimulée derrière le rideau, créé l’illusion en chantant en simultané dans un second micro. Lina commence à « chanter », Don, Cosmo et Simpson remontent le rideau derrière elle… Le spectacle du Châtelet n’était pas une première parisienne, contrairement à ce qui a pu être dit, puisque le Chantons sous la pluie qui a longuement tenu l’affiche de l’Opéra Royal de Wallonie à Liège en 1999, puis du théâtre de la Porte Saint Martin en 2000, avait obtenu le Molière du meilleur spectacle musical en 2001. Une réussite due à Jean-Louis Grinda, alors directeur de la scène liégeoise, et à une fantastique troupe d’acteurs, chanteurs, danseurs, au premier rang desquels figurait l’inoubliable Kathy Selden d’Isabelle Georges. Robert Carsen a fait le pari de la fidélité au film, dans de superbes décors, avec une troupe d’une parfaite homogénéité (Dan Burton, Daniel Crossley, Clare Halse, Emma Kate Nelson impayable en Lina Lamont).Dans la fosse, Gareth Valentine dirige un Orchestre de chambre de Paris en grande forme. IMG_2653

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