Cadeaux de Noël

Je suis, au choix, ou resté un enfant ou devenu un vieux ronchon, mais je ne supporte plus la marchandisation, qui me paraît chaque année plus accentuée, de la fête de Noël. Début novembre, le rayon « décos de Noël » était déjà installé chez mon pépiniériste, et à la mi-novembre, la plupart des villes étaient déjà « enguirlandées » !

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IMG_7353(Place de la Comédie à Montpellier)

J’aime me rappeler que, dans ma famille – avant le sinistre hiver 1972 (Dernière demeure)  le sapin de Noël et la crèche n’étaient installés, décorés, qu’au tout dernier moment, pour la veillée du 24 décembre, et que mes soeurs et moi les découvrions émerveillés, avec l’odeur des bougies et un disque de Christmas carols sur l’électrophone du salon.

Mais c’était il y a longtemps…

À un ami qui m’interrogeait il y a une semaine sur mes courses de Noël, je répondis que, comme chaque année, j’avais refusé de me prêter à cette course à la surconsommation dans des magasins bondés, et que je trouverais en temps utile les petits cadeaux qui feraient plaisir à mes proches.

Ce que j’ai fait avec un peu d’anticipation ce samedi pour mes petits-enfants, qui avaient émis le voeu – par écrit ! – d’assister à une représentation du Lac des cygnes.

Billets réservés depuis quelques semaines, au prix (très) fort – les organisateurs de spectacles de fin d’année « pour enfants » savent très bien comment plumer les parents et grands-parents ! – pour un spectacle décevant.

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Mon premier Lac des cygnes au théâtre Mogador à Paris est présenté comme « un spectacle conté et dansé en deux actes de 40 minutes entrecoupés par un entracte, où l’histoire du « Lac des Cygnes » a été simplifiée pour devenir accessible aux plus jeunes.
Il est interprété par une troupe de danseurs professionnels emmenée par Karl Paquette, ancien danseur étoile de l’Opéra National de Paris. » 

Spectacle conté ? En voix off (!!) le comédien-français Clément Hervieu-Léger fait une très brève introduction au début de chaque partie, sans aucune explication du déroulement de l’histoire et des scènes qui vont se succéder. Ma petite-fille, 4 ans et demi, qui, elle, connaît par coeur l’histoire du Lac des cygnes, faisait remarquer qu’on s’était moqué de nous !

Quant aux danseuses et danseurs, emmenés par Karl Paquettedanseur étoile tout frais retraité de l’Opéra de Paris, on ne peut pas dire qu’ils se signalaient par leurs qualités d’ensemble et leur homogénéité. Je ne sais ce que l’ancienne directrice de la danse de l’Opéra de Paris qui était dans la salle en a pensé…

IMG_7672Pour oublier ce Lac médiocre, nous nous en fûmes découvrir les Champs-Elysées (question du garçon « Il n’y a pas de gilets jaunes aujourd’hui? » « Ils font grève? »).

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Alors quid des cadeaux de Noël cette année ?

Je veux d’abord signaler l’initiative du Festival Radio France Occitanie Montpellier qui met en vente dès maintenant des places – les meilleures ! – pour deux des événements  lyriques de son édition 2020, via le site de la FNAC (les billets sont donc accessibles partout !).

D’abord Fedora, l’opéra de Giordano, en version de concert, le 17 juillet 2020, qui marquera le retour à Montpellier de Sonya Yoncheva et de son mari, le chef Domingo Hindoyan (billets en vente ici)

I-FRFM-2016-309(Domingo Hindoyan eSonya Yoncheva en juillet 2017 à Montpellier après Siberia de Giordano)

Et comme c’est la spécialité du festival depuis l’origine, une résurrection, l’un des derniers ouvrages de Massenet, son opéra Bacchus (1909), le 25 juillet 2020, sous la houlette de Michael Schonwandt, avec, en tête de distribution, Catherine Hunold et Jean-François Borras (billets en vente ici)

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Si vous êtes encore en panne d’idées, quelques conseils de livres ou de disques qui ne devraient pas décevoir…

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Ils sont de retour. Encore mieux habillés, encore plus déconnectés. Mais attention : «  Tu crois que je suis à côté de la plaque mais ce n’est pas toi qui décides où est la plaque  »  ! Les poètes du hors-sol. Les timbrés du premier rang des défilés de mode. Tout un monde souvent parisien, toujours à la pointe, jamais épuisés. Loïc Prigent revient avec le dernier bulletin de santé de ses petits camarades du monde de la mode. 

On avait adoré le précédent opuscule, dont Catherine Deneuve avait donné un savoureux aperçu sur scène.

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Deux ans après sa mort, on lira avec gourmandise le portrait nuancé, fourmillant d’anecdotes, que Sophie des Déserts avait dressé de Jean d’Ormesson. Qui vient de paraître en poche.

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Pendant près de trois ans, « le dernier roi soleil » ouvre ses portes à la journaliste Sophie des Déserts. Elle s’approche. Il s’habitue. Ils s’apprivoisent. Une amitié
se noue, dans la vérité des derniers temps. Sophie des Déserts voit aussi ses amis, son majordome, sa famille, les femmes de sa vie. Avec l’approbation de
« Jean », tous lui parlent. Se livrent. Racontent. Ainsi apparaît Jean d’Ormesson, dans toutes ses facettes, au fil de ces pages lumineuses et sombres parfois,
piquantes, drôles, tendres, où se révèle enfin l’homme.

On se précipitera aussi sur le dernier Plantu.

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On reste fidèle à Blake et Mortimer et à leurs dernières aventures :

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Quant à offrir de la musique, deux propositions qui sortent des sentiers battus.

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Le Point du 19 décembre fait, sous la plume du vétéran André Tubeuf, l’éloge d’un musicien de 23 ans, Valentin Tournet, « beau et grand garçon, d’un blond tirant sur le roux, qui déjà, de sa taille (1m94) domine le champ de bataille où son arrivée fait quelque bruit ». Laurent Brunner lui a ouvert grand l’opéra et la chapelle de Versailles, et ça donne un premier disque enthousiasmant !

Avant que le deux-cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Beethoven ne déferle sur 2020empressez-vous d’acquérir ou d’offrir la moins chère (env. 20 €) des intégrales des symphonies du maître de Bonn, due au plus méconnu des grands chefs est-allemands du XXème siècle, Herbert Kegel.

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Le chef du Nouveau monde

Pas de méprise sur l’objet de ce billet : je me suis promis de ne jamais prononcer le nom de l’actuel locataire de la Maison Blanche, encore moins de commenter ses faits et gestes. L’humour de Plantu est assez éloquent pour que j’en reste à mes résolutions.

Lorsque je titre « Le chef du Nouveau monde » c’est évidemment en pensant à un tout autre personnage, éminemment respectable et respecté !

Comme chaque fois que je pars en vacances je télécharge sur mon IPhone des disques, voire des coffrets que je veux réécouter plus attentivement, sans craindre d’être interrompu. Cette fois ci, j’ai jeté mon dévolu sur Rudolf Kempe, l’un de ces chefs qui n’ont jamais eu le statut de stars de la baguette comme Furtwängler, Toscanini, Karajan et quelques rares autres. Mais plus j’écoute et réécoute ses enregistrements, croissant va mon admiration pour cet immense chef, né à Dresde en 1910, disparu à 65 ans seulement à Zurich en 1976.

On connaît ses miraculeux enregistrements de l’œuvre symphonique de Richard Strauss au début des années 70 avec l’orchestre de sa ville natale, magnifiquement « remasterisés ».

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Mais il y a dans ces deux coffrets

des trésors qui valent d’être redécouverts absolument.

Dernièrement sur Facebook un fil de discussion avait été lancé sur la 3ème symphonie de Brahms, qui a échappé à plus d’une glorieuse baguette, qui est le point faible de l’intégrale gravée par Kertesz. Plusieurs participants à cette discussion avaient donné leurs (p)références, aucun – moi non plus – n’avait cité Kempe et son enregistrement exceptionnel avec les Berliner Philharmoniker. Tout y est, la grandeur mais pas marmoréenne, un parfait usage du rubato, une animation du discours qui ne laisse jamais l’attention de l’auditeur en berne. Exaltant !

En fait, j’avais et j’ai toujours une réticence par rapport aux Beethoven de Kempe. Très étrangement, ses symphonies sont trop sages, placides même, à mes oreilles. Le contraire de ce qu’il fait dans Brahms.

Autre exemple, cette phénoménale Première symphonie de Brahms, captée avec les Münchner Philharmoniker dont Rudolf Kempe fut le chef de 1967 à sa mort.

Mais il y a une oeuvre en particulier qu’il a trois fois parfaitement réussie au disque, la 9ème symphonie de Dvořák, plus connue sous son titre de « Nouveau monde« .  En 1958 avec l’orchestre philharmonique de Berlin, en 1972 avec le Royal Philharmonic, puis en 1975 avec la Tonhalle de Zurich, la première étant dans le coffret Icon, les deux autres dans le coffret Scribendum. Je ne sais plus dans quelle tribune de critiques (Disque en Lice ?), lors d’une écoute à l’aveugle, la version Kempe/RPO était arrivée en tête.

Cette vidéo d’un concert avec le BBC Symphony paraît presque en retrait des performances du chef à Berlin et avec le Royal Philharmonic, où il ose tous les contrastes, la grandeur et la tendresse, l’épopée et l’élégie, comme il le fait si bien dans Brahms.

Dans ce court poème symphonique, le Scherzo capricciosoaux humeurs et aux rythmes si changeants, Kempe donne la pleine mesure de ses qualités narratives, de la souplesse de sa baguette.

Il faudrait tout citer dans ces deux coffrets qui sont loin de refléter la carrière et l’art de ce grand chef, notamment dans le domaine lyrique. Mais j’ai, pour ma part, redécouvert cet été deux extraordinaires versions des Quatrième et Cinquième symphonies de Bruckner

J’avoue avoir toujours un peu de mal avec cette monumentale Cinquième. Rien de tel ici, Kempe nous tient en haleine du début à la prodigieuse coda du dernier mouvement.

Dans le coffret Scribendum d’autres pépites moins attendues et d’autant plus remarquables : Des Pins de Rome de pleine lumière, avec le Royal Philharmonic somptueusement capté, contrastant avec les alanguissements hédonistes d’un autre K. et surtout une 2ème suite de Daphnis et Chloé bavaroise, sommet de poésie des timbres et de sensualité orchestrale.

Et puis l’amateur de viennoiseries que je suis (Wiener Blut) ne peut que conseiller l’écoute de l’un des plus parfaits disques de valses et ouvertures viennoises, chic, tenue, élégance, capté en 1958/9 dans une superbe stéréo à Vienne. Témoin cette valse L’Or et l’Argent de Franz Lehar dont la veuve du chef dira qu’il la considérait comme son plus bel enregistrement ! Il gravera dix ans plus tard une autre superbe version avec la Staatskapelle de Dresde !

Dignité

Agis de façon telle que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans tout autre, toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen. 

J’aime cette définition de la dignité, de la dignité de l’homme, celle du philosophe des Lumières Emmanuel Kant (dans ses Fondements de la métaphysique des moeurs)

J’ai lu, entendu, beaucoup de commentaires sur les crimes commis, la semaine dernière, à Trèbes et à Parisun mot a manqué, celui-là justement : la dignité. L’heure n’est pas à la polémique, mais il faudra bien qu’un jour on cesse d’excuser l’indignité.

28947839_1898652643539666_8185962787625418215_o(L’hommage de Plantu dans Le Monde du.26 mars)

Quand le langage des médias se fait complice des idéologies de mort et de stigmatisation, cela donne dans un reportage sur la messe présidée dimanche dernier par l’évêque de Carcassonne : « des représentants de la communauté musulmane… s’exprimaient à la sortie ». Dans le même ordre d’idée, l’indignation d’une journaliste qui sait encore ce que valent les mots, Anne Sinclair :

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Aujourd’hui, bien au-delà, on l’espère, de la « communauté française », la communauté des hommes rend hommage à Arnaud Beltrame et Mireille Knoll,  Pour que leur martyre ne soit pas vain !
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Lendemain

Une catastrophe aérienne est toujours déplorable, et celle qui a tué une partie des Choeurs de l’Armée rouge suscite légitimement l’émotion. Ils allaient, nous dit-on, soutenir les troupes russes installées en Syrie…quelques heures après la reprise complète d’Alep dévastée par le régime de Bachar El Assad. J’ai un peu de mal à partager le deuil national décrété par la Russie…

Je devrais aussi ajouter un mot de tristesse après la disparition, à 53 ans, de George Michael. Je n’étais pas fan, mais j’écoutais sans déplaisir certains de ses titres et je dois avoir dans ma discothèque ce double album

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Chanson de circonstance…

Beaucoup plus sérieux (!!) cet article sur Roselyne Bachelot70 ans au compteur ce 24 décembre. Eh oui, elle fait partie des victimes collatérales de Noël, comme un de mes cousins et une de mes nièces nés la veille, une amie cantatrice née le jour, et bien d’autres comme moi nés le lendemain de Noël. Qu’importe… pourvu qu’on ait l’affection de ceux qu’on aime.

Sous le sapin hier soir, j’ai trouvé ce qui va m’occuper encore quelques jours..

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Massacre du printemps

J’écrivais hier  Printemps qui commence…(https://jeanpierrerousseaublog.com/2016/03/21/printemps-qui-commence/). Un honorable lecteur m’avait fait remarquer l’absence du Sacre du printemps dans mon choix d’oeuvres évoquant cette saison du renouveau.

Le printemps a très mal commencé pour nos amis belges, et c’est bien l’Europe qui a été directement ciblée par les attentats de l’aéroport de Bruxelles Zaventem et du métro de Bruxelles. Le massacre du printemps

Tout le monde n’a pas la pudeur et la retenue de Plantu

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Une fois rassuré sur le sort de mes amis belges ou se trouvant à Bruxelles, j’ai cessé de lire les commentaires qui fleurissent sur les réseaux sociaux. Les auteurs de ces attentats veulent semer la haine et la peur, ils ne sont pas loin d’y avoir réussi. On a la nausée, non seulement devant l’horreur des actes perpétrés, mais aussi, trop souvent, face aux horreurs propagées par des gens qu’on supposait épris de raison…

En même temps, l’unanimisme béat de la solidarité qui se déverse sur les mêmes réseaux n’a jamais fait avancer la solution d’un problème qui a été, sciemment ou non, sous-estimé par nos gouvernements, et que l’Europe semble dans l’incapacité de traiter. Pas très rassurant pour l’avenir…

Au jour d’aujourd’hui

Rien de personnel dans ce billet, puisque, comme jadis les mauvais élèves au fond de la classe, je me contente de copier intégralement ce papier paru sur le blog des correcteurs du journal Le Monde (http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2015/10/13/les-pleonasmes-les-plus-en-vogue-dans-la-presse/). Je copie et je partage !

« En grec ancien, pleonasmos signifie « excès », « surabondance », « exagération ». Si le pléonasme ne va pas jusqu’à l’hubris, la déraison, la démesure qui appelle la vengeance divine, il n’en suscite pas moins l’ire ou la dérision des lecteurs. La grande fréquence des pléonasmes dans la presse illustre l’usure des mots, mais aussi la méconnaissance de leur sens. Voici une revue de détail.

Commençons par faire un sort au taux d’alcoolémie. L’alcoolémie étant le « taux d’alcool » dans le sang, à quoi bon en rajouter, sauf à voir double après une consommation immodérée de produits du terroir ?

La caserne évoquant pour tous la Grande Muette, autrement dit l’armée, quelle information de plus donne-t-on en parlant de caserne militaire — à part rallonger la sauce quand on est payé au signe ?

Comment faut-il interpréter la locution au pluriel populations civiles ? Est-ce à dire que les populations non respectueuses des bonnes manières en sont exclues ? La population, au singulier, n’est-ce pas exhaustif ?

Le tri étant une sélection, parler de tri sélectif c’est bégayer. Un peu comme « sélection sélective ».

Le principal protagoniste nous laisse dubitatifs : le « protagoniste » étant l' »acteur principal » (étymologiquement, « celui qui combat au premier rang »). Par exemple, dans l’Iliade, le protagoniste est Achille, et dans l’Odyssée, Ulysse. Et dans Ivanov de Tchekhov, c’est… Ivanov.

On peut lire ici ou là talonner de près. Talonner de loin, de toute façon, c’est ardu.

Le cadeau gratuit relève plus de la novlangue publicitaire que de celle de la presse, certes, mais il y fait aussi des incursions sournoises. Si un cadeau est payant, ce n’est plus un cadeau.

A quoi bon faire suivre « lorgner » de la préposition « sur », alors que ce verbe est transitif ? On peut donc faire l’économie de ladite préposition. Lorgner sur finit par faire loucher, ce qui est d’ailleurs le sens premier de ce verbe.

Un tollé étant par définition une… « clameur collective » (pléonasme du Larousse), on se gardera bien d’employer tollé général. La même remarque vaut pour liesse ou pour consensus.

Veto signifiant en latin « je m’oppose », il n’est pas nécessaire d’opposer son veto quand on a cette prérogative. On se contentera de « mettre son veto ».

Enfin, il est superfétatoire de faire suivre la locution adverbiale etc. (pour le latin et cetera, « et les autres choses ») des points de suspension (etc…), car ils ont ici le même sens de « et les autres choses »…

Cette liste n’est pas close. Les pléonasmes ne se limitent donc pas à « monter en haut », « descendre en bas » ou « prévoir l’avenir », les exemples donnés par les dictionnaires. Beaucoup ne sont pas perçus comme tels et ont reçu l’onction des dictionnaires, comme au fur et à mesure ou donner le gîte et le couvert (dans les deux cas, on dit deux fois la même chose). D’autres ont été sanctifiés par la littérature (pauvre hère ou frêle esquif) et d’autres sont indivisibles, comme aujourd’hui ou se suicider.

Le très mode au jour d’aujourd’hui étant une espèce de record, une façon de dire trois fois la même chose, cette locution est un chef-d’œuvre de vacuité. »

Plantu, lui, ne risque pas le pléonasme avec son dessin quotidien à la une du Monde, puisqu’il réussit le tour de force d’une sorte de concentré de l’actualité, le choc des maux de l’époque.

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(Plantu dans Le Monde du 23 septembre 2015)