Le meilleur du monde est à Paris

Du temps de mes années liégeoises, je revenais à Paris le week-end, quand je n’avais pas d’obligations avec l’orchestre, une fois par mois environ et, outre les amis et la famille, et souvent avec eux j’adorais me faire piéton de Paris. Depuis que j’ai déniché mes actuelles pénates près d’Auvers sur Oise, l’agenda s’est inversé et les fins de semaine parisiennes se sont faites rares.

Mais, en ce mois de septembre 2026, je les aligne. Dimanche dernier, c’était la naissance d’un orchestrePhilopera -au Palais Garnier. Dimanche prochain ce sera le Barbier de Séville à Bastille. Au milieu de la semaine c’était la phénoménale Troisième symphonie de Mahler à la Philharmonie (lire Etat de grâce) Et ce week-end c’est un double – et même triple – anniversaire qui m’a rappelé à Paris. Réservation faite il y a plusieurs semaines.

« Le meilleur restaurant du monde »

Pendant que tous les médias nous abreuvaient de Céline Dion et de ce samedi qui inaugurait sa nouvelle série de concerts, nous goûtions à nouveau le charme exceptionnel d’un lieu, d’un hôte, d’une table qui m’avaient déjà faite forte impression il y a trois ans (voir De l’intime au général). On ne va pas tous les jours chez Guy Savoy, qui est classé depuis plusieurs années comme « le meilleur restaurant du monde ». Mais ce titre n’est pas usurpé, et autant le maître des lieux que son équipe ont l’art de rendre inoubliable une soirée passée en leur compagnie, parce que la chaleur et la simplicité du contact sont l’exact reflet de l’extrême qualité de ce qui nous est servi, tant dans l’assiette que dans le verre.

J’ai félicité le jeune sommelier de nous avoir apporté de la Thonon, qu’on trouve maintenant sur les meilleures tables. Il a semblé intéressé par l’histoire longtemps ignorée de la « rivalité » entre deux sources très proches, Evian et Thonon, et du fait que les propriétaires d’Evian – le groupe Danone en l’occurrence – avaient très longtemps fait en sorte que le développement de l’eau de Thonon reste confidentiel. Quand les lois européennes ont rebattu les cartes de la concurrence, les grands groupes producteurs d’eau minérale ont été très intéressés par le potentiel de Thonon, au moins aussi important qu’Evian. Et de ce moment-là le développement de Thonon a pris un tour spectaculaire !

Guy Savoy ou l’authenticité faite homme

Avant d’arriver chez Guy Savoy, donc à l’hôtel de la Monnaie de Paris, quai Conti, on a pu saisir quelques images.

La fête du design

Quand ce n’est pas la Fashion week ou l’un de ses avatars, il y a toujours autre chose à Paris pour mobiliser l’attention des badauds et des touristes: ainsi la Paris Design Week

Magasins, galeries, bâtiments publics sont ouverts – on peut ainsi faire un parcours très étrange dans les étages du BHV, quasi déserts et vides de leurs rayons – C’est ainsi que du toit-terrasse on aperçoit les toits de Paris, et le haut de l’église Saint-Gervais

On est d’abord passé par l’Hôtel de Sully, qui abrite la direction des Monuments de France, et fait la jonction entre la place des Vosges et la rue Saint-Antoine.

On y découvre quelques oeuvres spectaculaires du designer irlandais Joseph Walsh, comme cet hymne au Fado

Joseph Walsh, Fado

Se souvenir

Je ne me rappelais pas que le président de la République avait inauguré, le 13 novembre 2025, le jardin-mémorial des attentats qui avaient endeuillé Paris dix ans plus tôt.

C’est une émotion singulière qui étreint le visiteur quand on découvre ici et là sur des blocs de pierre les noms des victimes des tueries de Saint-Denis, des cafés de Paris et du Bataclan..

La renaissance de Saint-Gervais

Longtemps j’ai connu l’église des Couperin – Saint-Gervais Saint-Protais – couverte d’échafaudages à l’extérieur comme à l’intérieur. L’immense nef se dresse aujourd’hui dans sa clarté originelle.

Jardin ouvert

Depuis 2018 les jardins de l’Hôtel des Archives étaient fermés aux visiteurs et aux promeneurs, le temps d’une rénovation qui semble avoir pris beaucoup plus de temps que prévu de l’hôtel de Rohan. Il faudra encore attendre 2027 pour que l’ensemble rouvre au public. En attendant on admire la bel éclat de la façade de ce splendide édifice niché au coeur du Marais

Cadeau

La musique qui nous accueillait très discrètement chez Guy Savoy samedi soir était la Valse de la Sérénade pour cordes de Tchaikovski, l’une des œuvres les plus lumineuses et heureuses de son auteur.

Des multiples versions – 35 ! – que j’ai dans ma discothèque- j’ai une affection très particulière pour celle de Charles Munch, qu’on n’attend pas forcément dans ce répertoire, et qui de bout en bout avec ses Bostoniens virtuoses et généreux, en livre une lecture absolument enthousiasmante.

Et comme le font certains magazines anglais, the one to avoid (à éviter) : J’adore Bernstein, mais là vraiment non…

Et toujours humeurs et rumeurs du moment dans mes brèves de blog

Mes voeux à vous

À la manière de qui vous savez….

J’avoue
J’en ai (parfois)
Bavé (pendant l’année enfuie)
Et vous
Mes amours ?
J’avoue, j’ai douté

Avant
D’avoir
Eu vent
De vous
Mes amours

A votre
Avis
Qu’allons-nous vivre ?
De l’amour ? 
De vous
A moi
Je voue des voeux
Mes amours

La vie
Ne vaut
D’être
Vécue
Sans amour

Ne vous déplaise
En dansant la Javanaise et tant d’autres musiques
Nous allons nous aimer
Le temps de toute une année de doux aveux

IMG_1672(Place des Vosges à Paris, un 1er Janvier)

Bien sûr  mes premiers souhaits vont à ceux que j’aime, des derniers arrivés à la doyenne de la famille, dont j’ai peine à croire qu’elle va alertement sur ses 88 printemps. Mais eux savent que je n’ai pas besoin d’un premier de l’An pour le leur dire.

Je n’ai jamais aimé cette convention qui oblige à souhaiter la « bonne année » à la terre entière – la corvée des cartes de voeux est heureusement obsolète depuis l’invention de l’écologiquement correct et surtout des réseaux sociaux ! – mais j’ai curieusement toujours pensé, à ce moment précis, à tous ces visages familiers ou inconnus qui composent l’ordinaire de mes jours, ceux qu’on ne voit jamais, qu’on ne remercie jamais, les serveurs, les caissières, les guichetiers, les gardiens, les SDF, liste non exhaustive. En cette fin 2014, j’ai plus précisément pensé à tous ces Liégeois, à qui je n’ai pas eu le temps de dire « au revoir et merci« , et aussi à tous ceux qui m’ont reconnu, que j’ai reconnus, lorsque je suis revenu à la maison, je veux dire la grande Maison ronde du quai Kennedy.

Il y a des regards, des sourires, de simples mots qui illuminent une année, et qui donnent espoir pour celle qui s’ouvre.