Parasites

Comme auditeur de musique, je n’ai jamais été un puriste, un fanatique de haute-fidélité ou d’appareils dernier cri. Sans doute parce que je préfère la vie à la perfection technique, la rumeur du concert au silence glacé d’une chaîne hi-fi.

En revanche, je fais attention au matériel que j’utilise en écoute ambulatoire – c’est comme cela que disent les spécialistes ! – dans ma voiture ou au casque. Pas de publicité ici mais je suis abonné depuis longtemps à une marque américaine spécialiste de la spatialisation du son.

Et on entend parfois, souvent même, de drôles de choses au casque, toutes sortes de bruits parasites, même dans des enregistrements dits « de studio », donc sans public. Loin de me gêner, ces bruits sont comme des restitutions de moments de vie, échappés aux ciseaux du montage, et donnent une proximité parfois indiscrète avec l’interprète.

Quelques exemples :

Ayant acheté mon premier lecteur de CD aux Etats-Unis en 1989, et quelques enregistrements de mon cher Thomas Beecham – c’était encore l’époque des immenses magasins Tower Records dans chaque ville importante – j’écoute au calme, et au casque, dans ma chambre d’hôtel la Symphonie fantastique gravée par le chef anglais, dans une superbe stéréo, avec l’Orchestre National. Peu après le début du 2e mouvement « Un bal« , j’entends un téléphone sonner, j’ôte mon casque, décroche le combiné de ma chambre. Personne. Je recommence trois fois l’écoute du mouvement, et à chaque fois, je suis interrompu par une sonnerie…Je finis par comprendre que c’est celle d’un téléphone indiscret d’une pièce voisine du studio d’enregistrement… que le monteur n’a pas entendu ou a négligé d’enlever. Allô ! ici Hector….

Je n’ai pas vérifié dans les éditions ultérieures si l’on avait ou non corrigé ce bruit original !

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Autre spécialité assez répandue, surtout chez les pianistes vieillissants, les bruits d’ongles sur les touches du clavier ! Recordman toutes catégories : Claudio Arrau. On se demande si les ingénieurs du son de Philips ont fait semblant de ne pas entendre ou s’ils n’ont pas osé demander au vieux maître chilien de se couper les ongles ! Idem dans certaines captations de Sviatoslav Richter.

Evidemment Glenn Gould a donné le ton, quasiment impossible d’entendre seulement le piano sans un « accompagnement » vocal plus ou moins accordé…

Chez les violonistes, c’est la respiration qui s’invite, parfois peu discrète, mais toujours à l’unisson du jeu de l’interprète, comme le prolongeant, lui faisant écho. Particulièrement sensible dans les pièces pour violon seul (Bach, Paganini, Bartok). Cela ne vaut que pour des enregistrements anciens, malheureusement on fait disparaître cela au montage dans les CD récents (comme ce beau coffret de Tedi Papavrami)

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Les pianistes et les violonistes ne sont pas les seuls à… s’exprimer de la sorte, certains chefs d’orchestre n’échappent pas à cette forme particulière d’expression. Charles Munch était, semble-t-il, coutumier de certains rugissements, Armin Jordan – que j’ai mieux connu et de plus près – ahanait et soufflait, dans le feu de l’action, et les preneurs de son de la radio suisse romande ou d’Erato avaient parfois du mal à masquer cet enthousiasme. Dans certains disques, en dressant l’oreille, on parvient à entendre ces émissions si caractéristiques du grand chef suisse, ce qui nous le rend plus proche encore si c’est possible.

Rien de tel n’est audible dans le 4e mouvement de la 4e symphonie de Mahler, « Das himmlische Leben / La vie céleste », qu’Armin Jordan dirigea en mai 2006 à Liège, quatre mois avant sa mort…

En revanche, beaucoup de bruits de podium, de chaises, de plancher, de pupitres dans les prises de son très spectaculaires (et très proches) qui étaient la marque des labels américains dans les grandes années de la stéréo triomphante (fin des années 50 et 60). C’est très sensible dans les prises de Bernstein à New York, mais personnellement j’adore  ce qui ajoute encore au frémissement du moment, à l’engagement physique du chef… On est très gâtés en ce moment avec les imposantes rééditions du considérable legs discographique du compositeur/chef américain.

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Et parfois même chez un perfectionniste comme Karajan, on entend de bien étranges choses : enregistrements faits trop vite ? erreurs de montage ? Ainsi dans un CD plutôt lourdingue d’ouvertures d’Offenbach, le rare Vert-Vert, avec un beau cafouillage rythmique que personne n’a corrigé. Une explication dans ce documentaire ?

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Il est parti

Je savais en écrivant ce billet le 5 décembre dernier https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/12/05/les-vivants-et-les-morts/ que Jacques Chancel n’allait pas bien. Il ne s’en cachait pas dans son dernier ouvrage, que je viens de  refermer. Le voilà parti cette nuit rejoindre tous ceux qui ont fait la légende de la radio et de la télévision…

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Merci Jacques pour tout ce que tu as offert à l’adolescent que j’étais, ne ratant aucun Grand Echiquier, découvrant grâce à toi un univers, celui des authentiques musiciens, qui est le mien aujourd’hui, regardant fasciné Karajan et son Philharmonique de Berlin, le tout jeune Tedi Papavrami à peine débarqué de son Albanie natale, les duos improbables de Menuhin avec Ravi Shankar ou Stéphane Grapelli, et tant et tant d’autres…

Merci Jacques pour ces quelques conversations pendant ma période France Musique. à l’époque où tu fondais Mezzo.

Et puis merci pour les milliers de Radioscopie, les grandes heures de la télévision…

Comme tu l’aimais bien, et qu’elle aussi je l’avais découverte dans un Grand Echiquier, Anne-Sophie Mutter pour te dire au revoir :

Aristocrate

Il fêtait il y a trois jours ses 85 ans, il porte un nom à rallonge qui fleure bon l’ancienne noblesse d’Europe centrale : Johann Nikolaus Graf von La Fontaine und Harnoncourt-Unverzagt (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nikolaus_Harnoncourt#G.C3.A9n.C3.A9alogie)

Plus connu sous son nom de musicien, Nikolaus Harnoncourt, né à Berlin le 6 décembre 1929, est et a toujours été un aristocrate de la musique. De ceux qui ont une haute conception de leur art, de leur métier, un comportement exemplaire envers la musique, les compositeurs et le public. Si Harnoncourt a toujours inspiré le respect aux musiciens, aux auditeurs, à la critique, c’est parce qu’il n’a jamais transigé avec une éthique, une exigence, une certaine idée de la Musique.

Je suis loin d’avoir toujours été d’accord avec ses choix, je me suis parfois ennuyé  à certains concerts – où le sens du détail, la qualité de l’articulation me semblaient brider l’élan d’une symphonie de Mozart ou de Bruckner, mais j’admire et reviens souvent à  sa discographie, même quand elle surprend :

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En cette période de fêtes, le choix est faste pour célébrer Harnoncourt. Deux livres d’abord, une réédition en poche d’un classique, parfois ardu, toujours pertinent :

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Et cette compilation, qui bénéficie d’une formidable préface de Sylvain Fort (qui a aussi traduit de l’allemand, sans jamais les trahir, les propos de Nikolaus Harnoncourt)

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Dans une discographie surabondante, Warner ressort un coffret plutôt inattendu, et pour tout dire passionnant : trois CD de valses de Strauss, dont le concert de Nouvel An 2001, et deux intégrales de La Chauve-Souris et du Baron Tzigane qui, à leur sortie, n’avaient pas eu les faveurs de la critique, parce que finalement on reprochait à Harnoncourt d’aborder ces oeuvres avec trop de sérieux. Il est vrai que ces versions manquent parfois de paillettes, mais elles disent surtout combien Strauss est un grand compositeur, à l’époque respecté par Brahms et Wagner.

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Les vivants et les morts

Semaine pour le moins contrastée. Beaucoup d’avancées, les choses qui bougent enfin, les promesses tenues, des idées nouvelles qui bousculent les routines, tout ce que j’aime. Une énergie intacte malgré les inerties. La vie en somme…

C’est ce que je retiens du dernier – que je n’espère pas ultime –  ouvrage de l’ami Jacques Chancel, que je suis inquiet de ne pas avoir revu depuis un bon bout de temps.

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« L’âge est venu et mon appétit redouble, je ne vois que des soleils jusque dans les jours les plus sombres, je ne sais toujours pas d’où me vient cette résistance à l’ennui, ce bonheur de vivre, cette irrésistible envie de rester auprès de tous les miens. Pourquoi partir en effet ? » . Du pur Chancel, mais moins de ces phrases toutes faites, des fragilités, des nostalgies émouvantes dans ce journal 2011-2014.

Radio France et l’INA ont la bonne idée de rééditer en CD les grandes heures de cette émission légendaire qu’était Radioscopie

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C’était aussi un temps où les grands compositeurs du moment ne rechignaient pas à écrire les indicatifs des émissions de radio. Ici Georges Delerue :

Semaine assombrie par des disparitions de gens qu’on a aimés ou côtoyés. Le nom de Jacques Barrot n’a jamais été très populaire, malgré une très longue carrière, l’homme qui occupa à peu près toutes les fonctions politiques, n’a jamais été (ni voulu être) aux avant-postes. Maire, Député d’Yssingeaux (Haute-Loire), plusieurs fois ministre de Giscard et Chirac, vice-président de la Commission Européenne (c’est entre autres à lui qu’on doit le projet européen de GPS Galileo), et depuis 2010 l’un des neuf Sages du Conseil Constitutionnel. Dans mes jeunes années, j’ai partagé nombre de combats d’idées et de convictions à ses côtés, puis la vie nous a séparés, sans que se réduisent l’attachement et l’affection que je lui portais. Je l’avais revu à Liège au cours d’une cérémonie un peu protocolaire au Palais provincial l’an dernier, nous avions rattrapé le temps perdu à nous raconter tout ce que nous étions devenus, et nos familles, et nos vies. Il m’avait fait promettre de venir déjeuner avec lui à Paris au Palais Royal (où siège le Conseil Constitutionnel). Je l’avais furtivement aperçu l’été dernier. J’ai manqué ce dernier rendez-vous.

Une image résume Jacques Barrot, ce reportage du 1er tour de la présidentielle de 2002

(On aura reconnu le grand type à côté de Jacques Barrot… dommage qu’il n’ait pas suivi la voie de son maître)

La Belgique, quant à elle, a perdu coup sur coup deux personnalités pour jamais associées à la vie musicale et à un concours de réputation mondiale : « le » Reine Elisabeth. Son président, Jean-Pierre de Launoit, et aujourd’hui la reine Fabiola qui en a été si longtemps la bienveillante gardienne. Souvenirs, souvenirs…

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Et puis, ce 6 décembre, comme chaque année depuis 42 ans, je constate que le temps qui passe n’efface rien, qu’il ravive au contraire la présence de ceux qui ne sont plus…

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L’acteur connaît la musique

Je n’ai pas la culture cinéphilique de beaucoup de mes amis mais j’ai quelques affections de longue date pour des acteurs et des actrices qui n’ont jamais été à la mode et sont donc indémodables. Chez les hommes, Gabin, de Funès, Ventura, Michel Serrault bien sûr et Paul Meurisse, irrésistible.

Vu récemment deux films qui n’ont pas laissé de trace particulière dans l’histoire du cinéma et qui sont pourtant dans une veine si typiquement française. D’abord le moins connu – je ne l’avais jamais vu – des quatre films réalisés par Pierre Tchernia avec son acteur fétiche Michel Serrault : Bonjour l’angoisse (1988), avec quelques jeunes comparses Pierre Arditi, Jean-Pierre Bacri ou Guy Marchand. Plus encore que dans Le Viager ou La Gueule de l’autre, on a vraiment le sentiment que Tchernia a laissé libre cours à la loufoquerie de son acteur fétiche, au point que les situations et les répliques semblent improvisées. Tout ce que j’aime…

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Autre chef-d’oeuvre de kitsch et de dérision : L’assassin connaît la musique, avec l’improbable couple formé par Maria Schell et l’inimitable Paul Meurisse. L’un de ces acteurs, comme Gabin, qui ne cesse jamais d’être lui-même, quelque soit le personnage qu’il incarne. Ici un musicien et compositeur fantasque. Un petit bijou de 1963 signé Pierre Chenal.

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Années 20

Je retrouve les Mémoires non publiés de Robert Soetens et ce billet, comme pour prolonger le souvenir d’un concert mémorable jeudi dernier « (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/10/02/linconnu-de-varengeville/)

Retour dans le Paris des années 20 :

« Quant à Milhaud, que je retrouvais au Boeuf sur le Toit, il me fit connaître Arthur Honegger, Germaine Tailleferre, Poulenc, Wiener et Doucet, les incomparables duettistes, dont les pianos – des « crapauds » – vu l’exiguïté du bar, se chevauchaient l’un l’autre; la technique volubile de Doucet venait envelopper de ses arabesques le jeu thématique, syncopé, volontairement accusé de Wiener.Unknown

Honegger avait déjà publié ses deux excellentes sonates pour violon et piano, dont je m’empressai d’être l’interprète, Germaine Tailleferre allait dédier à Jacques Thibaud sa charmante et féminine Sonate, qu’ils créèrent ensemble…….

…La Salle Pleyel de cette époque, encore très recherchée, était toujours celle de la rue Rochechouart, où joua Chopin, on l’appelait Les Salons Pleyel, Ysaye et Pugno y donnaient régulièrement leurs séances de sonates, de même que Capet avec son quatuor.

Je choisis ce temple sacré de la musique pour y donner deux récitals à quelques jours d’intervalle. Au programme du premier la 3e partita de Bach intégralement tout comme Enesco qui fut le premier à programmer en concert une Suite de Bach entière, ma deuxième audace fut de donner à Paris en première audition le 23 janvier 1925 dans la version violon avec piano de la rhapsodie Tzigane de Ravel qui venait d’être publiée…

… L’accoutumance à l’écriture violonistique d’Ysaye, de Bartok, Prokofiev et autres contemporains a fait monter le niveau technique considérablement…

Clin d’oeil à Tedi Papavrami, qui vient d’être récompensé d’un Diapason d’Or 2014 pour son enregistrement des six sonates d’Ysaye pour violon seul

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Le bonheur Sibelius

Echapper parfois au flux de l’actualité, replonger dans sa phonothèque, redécouvrir une merveille :

Un violoniste de 33 ans, Christian Ferras, à son apogée, un chef de 30 ans, Zubin Mehta, un orchestre de légende, à l’époque « Orchestre National de la RTF », c’était en 1966. Une des plus grandes versions du concerto pour violon de Sibelius. 412u+0Fr-LL

Pas encore ouvert le livre acheté ce dimanche, qui « se veut moins un commentaire musicologique que l’accompagnement spirituel d’une grande aventure artistique ». Richard Millet se dit fasciné par le compositeur finlandais, qui a cessé d’écrire pendant plus de trente ans avant sa mort en 1957. 71jFynPshZL Fascination que j’ai aussi éprouvée très jeune, depuis deux émissions de La Tribune des critiques de disques du temps de la bande à Panigel, Bourgeois, Goléa : sur le Concerto pour violon (de la m…. selon Goléa), et surtout l’incroyable 7e symphonie, d’un seul tenant. J’avais profité d’un passage aux puces de Saint-Ouen, et d’une véritable caverne d’Ali Baba, où mes modestes moyens me permettaient d’acquérir des coffrets neufs à tout petit prix, pour acheter l’intégrale des symphonies dirigée par Lorin Maazel. C’est resté ma référence. 41wgnyeUA2L

Emotion de retrouver l’une des dernières interprétations du grand chef, disparu le 13 juillet dernier, ici à New York en 2013.

Et puis, pour qui aime Sibelius, l’ouvrage incontournable de l’ami Vignal

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Souvenirs enfin d’un voyage à l’été 2006 en Carélie, ce pays de lacs et de forêts qui fut celui de Sibelius.

Sonate d’automne

Les records de température semblent avoir été battus pour cette Toussaint 2014. Pourtant les souvenirs de beaux jours ne sont pas si rares dans ma mémoire : en 1997, quatre jours à Venise et le jour de la Toussaint, sous le soleil, la visite du cimetière de San Michele et les tombes des Stravinsky et de Diaghilev.

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Hier Paris était en beauté sous la douceur du soleil d’automne.

IMG_1404 L’hôtel de Soubise, dans le Marais, siège des Archives NationalesIMG_1405

La Seine près de Notre DameIMG_1406

Un petit coin de Paris, rue de BuciIMG_1407 IMG_1408 IMG_1409

La place Fürstemberg, à Saint-Germain-des-PrésIMG_1411 IMG_1412 IMG_1414

L’église Saint-Germain-des-PrésIMG_1415

Un célèbre café où rodent encore les ombres de Sartre, Beauvoir ou Sapritch !

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Un grand magasin qui porte mal son nomIMG_1418

La rue du Cherche-Midi

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La fontaine et l’église Saint-SulpiceIMG_1425 IMG_1428

L’Académie Française, quai de ContiIMG_1429 IMG_1431 IMG_1433

Le Louvre, la Seine, le Vert-Galant, le Pont NeufIMG_1434 IMG_1435 IMG_1436 IMG_1437

Saint-Germain-l’AuxerroisIMG_1438

 

Cette Toussaint s’achevait au théâtre des Champs-Elysées par le triomphe d’une Cecilia Bartoli toujours généreuse envers un public conquis d’avance, même lorsque le propos musical est parfois un peu mince. Conforme à ce que nous aimons d’elle et de son art depuis 25 ans.

La mort d’Anita

Coïncidence, j’étais à Milan lorsque j’ai appris hier la disparition d’une étoile filante, la cantatrice Anita Cerquetti, à qui Sylvain Fort a consacré ce bref et parfait hommage : http://www.forumopera.com/breve/anita-cerquetti-vient-de-mourir

Brève carrière, mais inoubliable. Un CD culte – surtout pour sa couverture castafioresque –  dont chaque air touche au coeur, une Norma, une Gioconda prodigieuses :

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C’est dans la maison de retraite des artistes de Milan qu’avait été filmé ce documentaire :

On ne sait que choisir, il ne faut pas choisir, mais tout écouter :

La représentation mythique de Norma, en 1958 à Rome, où Cerquetti avait du in extremis remplacer Callas :

L’inconnu de Varengeville

Inconnu ? Le terme est peut-être excessif pour qualifier celui que ses amis et disciples portèrent dans la terre du cimetière marin de Varengeville le 27 août 1937 (Evocations de Roussel). En effet, le nom d’Albert Roussel n’est pas inconnu des mélomanes. En revanche, que connaît-on de son oeuvre, à part deux ou trois partitions symphoniques, comme sa 3eme Symphonie, le Festin de l’Araignée, la 2e suite de Bacchus et Ariane ? Les oeuvres qu’évoque Robert Soëtens dans ses souvenirs, la Suite en fa, la 2e sonate pour violon, les Evocations, sont absentes des salles de concert, et peu fréquentes dans les parutions discographiques récentes. L’intégrale des quatre symphonies a bénéficié d’une magnifique version toute récente due à Stéphane Denève :

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La précédente remonte à 1994 et à Marek Janowski et à l’Orchestre Philharmonique de Radio France dont il était alors le directeur musical (version rééditée en 2012 sous l’étiquette Newton Classics)

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En 1987, Charles Dutoit, qui n’en était pas encore le directeur musical, avait réalisé avec l’Orchestre National de France une intégrale d’autant plus remarquée que c’était une première pour un orchestre français… 50 ans après la mort du compositeur !

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Les mélomanes parisiens se rappellent une 3e symphonie survoltée de Leonard Bernstein dirigeant l’Orchestre National…

 

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Il faut remonter aux années 70 pour trouver deux très beaux disques de Jean Martinon avec l’Orchestre National (alors « de l’ORTF »), et des raretés à l’époque (la 2e symphonie, le ballet Aeneas, l’intégrale de Bacchus et Ariane et le Festin de l’Araignée)

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C’est en se tournant vers les grands anciens, Paul Paray, Charles Munch, André Cluytens qu’on trouve de belles références

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Mais dès qu’on sort du symphonique, on approche du désert. Le grand triptyque orchestral et choral, Evocations (1910-11), que Robert Soëtens fit découvrir au public norvégien en 1925 ? Deux versions seulement, et difficiles à trouver :

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Un jour, sur une scène parisienne ou dans un festival, entendra-t-on ces Evocations ? Des six ouvrages lyriques (dont trois inachevés) ne subsiste au disque que l’opéra Padmavâti. Une seule version, certes superlative, due à l’infatigable Michel Plasson, avec une distribution de haut rang :

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J’ai, quant à moi, une tendresse particulière pour la 1ere symphonie, vaste poème symphonique intitulé Le poème de la forêt, encore tout imprégné des effluves d’un romantisme finissant et se coulant dans le moule debussyste.