Carmen(s)

Je ne voulais pas manquer le spectacle que proposait Montpellier Danse cette semaine, à l’Opéra Berlioz à Montpellier : Carmen(s)  de José Montalvo.

IMG_8701

Succès public assuré pour ce Carmen(s) qui tourne sur les scènes de France depuis sa création il y a deux ans au théâtre national de Chaillot

safe_image.php

Un peu plus d’une heure totalement jouissive, avec des interprètes, danseurs/chanteurs/diseurs, exceptionnels d’énergie, de virtuosité, de grâce.

Comme Emmanuelle Bouchez l’écrivait dans Télérama, il y a deux ans : Le chorégraphe décline Carmen au pluriel et la figure mythique se multiplie selon les interprètes. Sa quête de la mixité chorégraphique ne semble jamais s’être aussi bien illustrée qu’ici, dans une exigence conjointe d’art populaire et d’art tout court.

La danseuse classique d’origine japonaise Chika Nakayama toise le public dans la majesté de sa tenue rouge (composée d’une culotte et d’un soutien-gorge !). La frappe des pieds de la bouillante Beatriz Santiago en impose avec panache et humour. La Coréenne Ji-Eun Park chante un air célèbre en jouant de l’éventail, technique traditionnelle pour elle aussi. Ce bouquet d’artistes pour un seul rôle est la première réussite du spectacle.

La seconde trouvaille est de ne pas vraiment nous faire entendre l’opéra. Mais d’en envoyer les thèmes musicaux sous tous les modes (rap, jazz ou électro). Entre toutes ces déclinaisons amusant l’oreille des connaisseurs (que les néophytes pourront apprécier telles quelles), chaque danseuse livre sur grand écran sa lecture du mythe. Ainsi les interprètes écrivent-elles elle-mêmes le livret : en voyageant d’une langue à l’autre, Carmen rayonne.

Les jupes (rouges) tournent, les chemises nouées sur jean serré autorisent toutes les figures. Sur talons bobines, sur pointes ou pieds nus, l’intrigue avance. L’énergie file de corps en corps ou s’arrête net sur des variations d’une grande douceur. Les garçons (tous des Don José, l’amoureux trahi) rôdent ou quémandent. Ils ont beau faire des démonstrations de cabri, les Carmen(s) ont pris le pouvoir sur scène ! On n’imagine même plus que la belle meure à la fin.

Le genre de spectacle que j’aime sans réserve, me laissant surprendre, émouvoir, amuser  sans complexe. Il y a des ficelles, parfois un peu grosses, des facilités, mais tout concourt ici à faire aimer, par toutes les générations et tous les publics, ce personnage universel et toujours si actuel qu’est la Carmen dessinée par Mérimée et transfigurée par Bizet.

L’opéra français le plus joué au monde, justement. J’en ai écouté et vu beaucoup de versions, et je reviens toujours à deux enregistrements légendaires, inaltérables, celui de Thomas Beecham 

91JVx3hxIoL._SL1500_

et celui de Georges Prêtre, 

81mt3ji2SsL._SL1500_

où l’étonnante Maria Callas est entourée du meilleur Escamillo et de la meilleure Micaela de la discographie.

On peut observer que tous ces interprètes chantent dans leur arbre généalogique, dans un français parfait, que les couleurs des orchestres et des choeurs sont incomparablement françaises. Ce n’est pas le plus négligeable des atouts dans un tel chef-d’oeuvre !

J’apprends, au moment de conclure ce billet, que le blog de Claude Samuel s’interrompt : Les meilleures choses ont une fin.

 

 

Les lettres de Maria C.

Il y a deux ans, j’écrivais (Callas intime) :

Je ne me suis jamais rangé dans la catégorie des admirateurs absolus de celle qu’on appelle « la » Callas  J’ai même souvent été agacé par la surexploitation médiatique, discographique, d’une légende qui a fini par occulter la vraie personnalité et l’art singulier de la chanteuse.

….J’ai acheté le très bel ouvrage que le commissaire de cette exposition, Tom Volfle très jeune homme qui est littéralement « tombé en amour », comme disent nos amis canadiens, de celle dont il ne savait rien il y a encore cinq ans.

C’est vraiment un ouvrage exceptionnel, je n’en connais pas d’équivalent sur un musicien ou même un interprète. On trouverait presque la présentation de l’éditeur trop modeste :

« A l’occasion des 40 ans de la disparition de la cantatrice, cet ouvrage nous invite à marcher dans les pas de la Callas, femme fragile et artiste acharnée de travail, en parcourant ses archives personnelles : photos inédites issus de ses albums privés, extraits de sa correspondance et de ses carnets, entretiens redécouverts où elle se livre sans fard sur sa vie, son art, les scandales qui ont jalonné son parcours. Une expérience bouleversante, au plus près de la femme que fut Maria Callas. »

On doit être reconnaissant à Tom Volf d’avoir réuni dans ce livre beau et lourd autant de témoignages, de documents – les quelques entretiens, peu nombreux, donnés à la presse par la cantatrice – de photos intimes, inédites, en évitant le piège du voyeurisme ou de l’idolâtrie. Comme un chant d’amour à une femme qui en a tant manqué derrière le masque de la légende. (30 octobre 2017)

On pensait que Tom Volf avait tout dit, fait le tour de la question Callas. Et on tombe, dans l’excellente librairie Les Mots à la boucheà Paris, sur un nouvel ouvrage :

81Rx8f5d3vL

Peut-être plus passionnant encore que le précédent ouvrage de Tom Volf.

« Un jour, j’écrirai mon autobiographie, je voudrais l’écrire moi-même afin de mettre les choses au clair. Il y a eu tellement de mensonges dits sur moi…»
Sont ici réunies plus de 350 lettres inédites couvrant trois décennies (1946-1977) et les Mémoires inachevés de Maria Callas.
De son enfance modeste à New York aux années de guerre à Athènes, de ses discrets débuts à l’opéra aux sommets d’une carrière planétaire entachée par les scandales et les épreuves personnelles, de l’amour idéalisé pour son mari à sa passion enflammée pour Onassis, la légende Callas se dévoile, tantôt Maria, la femme vulnérable, déchirée entre la scène et sa vie privée, tantôt Callas, l’artiste victime de son exigence, en perpétuelle bataille avec sa voix, et qui, malgré la solitude parisienne des dernières années, continue de travailler sans relâche jusqu’à son dernier souffle, à l’âge de 53 ans.

Toutes les lettres ne sont pas d’un égal intérêt, mais elles expriment si bien, si justement, la réalité d’une vie d’artiste, l’isolement de la star parvenue au faîte de sa gloire, qui voit sa confiance trahie par ses plus proches, son besoin d’amour (magnifiques pages sur Aristote Onassis) bafoué, et son inquiétude fondamentale jamais apaisée. Un ouvrage nécessaire. Salutaire.

 

Journal 4/11/19 : Friedemann Layer, Marie Laforêt

Friedemann Layer (1941-2019)

Le chef autrichien Friedemann Layer est mort ce 3 novembre à Berlin, à l’âge de 78 ans.  C’est peu dire que son nom est attaché à Montpellier, à l’Orchestre national de Montpellier, dont il fut le directeur musical de 1994 à 2007, et bien sûr au Festival Radio France Occitanie Montpellier. 

91d48b347a61c1cfc3c87597efc939a4

Dernier souvenir de lui, un extraordinaire Fantasio d’Offenbach, donné le 18 juillet 2015 à l’opéra Berlioz de Montpellier, où Friedemann Layer retrouvait « son » orchestre après une éclipse de quelques années, et une distribution éblouissante dominée par Marianne Crebassa (Le Monde titrait Fantasio prend sa revanche à Montpellier

La discographie de Friedemann Layer avec Montpellier est impressionnante et résulte évidemment de la politique audacieuse de redécouverte de répertoires menée par l’infatigable René Koering, directeur du Festival Radio France de 1985 à 2011.

11745930_1624265984479064_6537288773938186216_n

(Le 19 juillet 2015, le lendemain de Fantasio, j’avais tenu à honorer mon prédécesseur et à créer son concerto pour piano ! De gauche à droite : René Koering, Jean Pierre Rousseau, Jean-Noël Jeanneney (PDG de Radio France en 1985), Damien Alary, alors Président de la Région Languedoc-Roussillon, Mathieu Gallet, alors PDG de Radio France, Philippe Saurel, Maire de Montpellier)

 

Friedemann Layer portait bien son prénom (homme de paix). Sa vaste culture, son humanité dans ses relations avec les musiciens et les chanteurs, sa curiosité intellectuelle, en faisaient une personnalité extrêmement attachante, à part du star system. Hommage soit rendu à un authentique musicien !

Marie Laforêt (1939-2019)

La-chanteuse-aux-yeux-d-or-Marie-Laforet-est-morte

Hier aussi on apprenait la disparition de la chanteuse et actrice Marie Laforêt.

Bien sûr tout le monde se rappelle certains de ses tubes, qui nous trottent dans la tête depuis si longtemps

Comment oublier la sublime partenaire d’Alain Delon dans Plein soleil de René Clément (1960) ?

Dans mon souvenir, Marie Laforêt incarne Maria Callas dans la pièce Master Class de Terrence McNally.

 

Les sans-grade (IX) : Georges Sebastian

Des photos échangées sur Facebook, et voici que remontent les souvenirs d’un personnage que j’ai un peu, trop peu, connu à la fin de sa vie, grâce à l’ami François Hudry (Disques en Lice) : le chef d’orchestre d’origine hongroise Georges Sebastian (1903-1989)

42381511_10156007912037602_5582205445998641152_n

(de gauche à droite François Hudry, Georges Sebastian, Jean-Charles Hoffelé, JPR)

42308483_10212804754854071_8358874327956848640_n

(Photos prises lors d’une soirée à laquelle ne participait pas la grincheuse épouse !)

Première rencontre au domicile de François, un dîner je crois, le vieux chef était arrivé au bras de son épouse, sans doute plus jeune que lui, mais tellement fardée, apprêtée, embijoutée, coiffée d’un  chapeau à plumes, qu’il était difficile de lui donner un âge. Elle s’appelait Noëlle, une ancienne comédienne ou chanteuse (de cabaret ?), une sorte de mélange entre Suzy Delair et la productrice de France Musique que je décrivais iciManifestement elle entendait que toute l’attention des invités se portât sur elle et des bouts de récits qui semblaient n’avoir ni queue ni tête, alors qu’évidemment nous avions mille questions à poser au musicien, qui avait été l’assistant de Bruno Walter, avait connu Puccini, Richard Strauss…, dirigé tant d’opéras et connu tant d’illustres interprètes, comme la Callas. Au milieu du repas, furieuse de constater qu’on s’intéressait plus aux récits hauts en couleur de son mari, elle se leva brusquement, prétextant un malaise, et demanda qu’on lui appelle une voiture pour la raccompagner chez elle. Nul ne songea à la retenir… Inutile de dire que le reste de la soirée, qui se prolongea fort tard, fut d’un coup beaucoup plus détendu et chaleureux…

J’étais d’autant plus impressionné de me trouver face à Georges Sebastian que c’est par lui et sa version légendaire gravée avec le Gewandhaus de Leipzig, que j’avais découvert La Nuit transfigurée de Schoenberg… et l’adagio de la 10ème symphonie de Mahler (un 33 tours EMI/Electrola). Je le lui dis timidement, essayant de trouver les mots pour décrire les très fortes impressions que m’avait faites ce disque. Incandescente, c’est ainsi que je qualifiai sa Nuit transfigurée, à quoi il me répondit en riant que l’adjectif était particulièrement bien trouvé, s’agissant d’un enregistrement qui avait été fait de nuit – ce qui arrivait très souvent, en Allemagne de l’Est, lorsqu’on voulait éviter les bruits parasites de la journée – par une température glaciale ! Tous les musiciens étaient gantés de mitaines ou de moufles, qu’ils ôtaient dès que les micros s’allumaient ! Pour éviter que la séance ne se prolonge, ils manifestaient une concentration totale, et toujours selon Georges Sebastian, cette version est le résultat d’à peine deux prises !

51eneLOSgDL

51DAEMkH2TL

Ce couplage Mahler/Schoenberg a été récemment réédité par le label Praga

81ry-lWkvkL._SL1220_

La discographie disponible de Georges Sebastian ne reflète que très partiellement la carrière de chef lyrique et symphonique qui fut la sienne. Sur les sites de téléchargement, on peut trouver, plus ou moins bien restitués, des enregistrements qu’un éditeur serait bien avisé de regrouper en un coffret hommage.

Il y a une dizaine d’années, une collection éphémère d’Universal France nous a rendu deux CD – maigre moisson – qui attestent de l’art très Mitteleuropa de Georges Sébastian

41QM93SP98L41VTBB1DQ0L

Mais pour le grand public, si tant est qu’il l’ait jamais remarqué, le nom de Georges Sebastian est à jamais associé au légendaire concert des débuts parisiens de Maria Callas en 1958.

 

415uP04Oe4L

81aWoSywTPL._SL1500_

81OpJ4smJHL._SL1500_

Chez Audite, un double CD nous présente Sebastian accompagnateur – le mot est faible ! – de la grande Kirsten Flagstad.

51WG2ojIDUL

Attendons d’autres rééditions, notamment plusieurs disques réalisés avec l’Orchestre Colonne, comme une Symphonie de Dukas et plusieurs Franck, et avec l’orchestre du Südwestfunk de Baden Baden…

Le destin brisé de Maria C.

Suis-je en train de devenir fan sur le tard ? J’avais déjà avoué ma faiblesse pour les rééditions soignées du legs discographique studio et live de Maria Callaset surtout pour le très beau livre que lui a consacré le jeune commissaire de l’exposition Maria by Callas Callas intime

callas-confidential

Je suis allé voir hier le film réalisé par Tom Volfet sans y apprendre rien de neuf sur la vie et la légende de la chanteuse new-yorkaise (Maria Callas est née à Manhattan le 2 décembre 1923 et ne renoncera à sa nationalité américaine… qu’en 1966 !), on suit avec intérêt, et souvent émotion, le parcours chaotique d’une artiste qui a construit la légende dont la femme est restée prisonnière.

4780483.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Beaucoup de documents privés, souvent précaires, mais tellement justes humainement, une belle compilation d’interviews, et les lettres de Callas lues par une Fanny Ardant d’une sobriété inaccoutumée.

Je vais me risquer à revoir le film-hommage de Franco Zeffirelli, dans lequel Fanny Ardant joue Callas…

51SK85Z7Q8L

Et pour ceux qui n’ont ni les moyens ni l’envie d’acquérir les gros  coffrets Warner « remasterisés », ce beau coffret bien présenté de 3 CD constitue un résumé très réussi de la carrière de Maria Callas « live »sur scène.

91FVIK7AVWL._SL1500_

91oBWHPWOeL._SL1500_

 

Callas intime

Je ne me suis jamais rangé dans la catégorie des admirateurs absolus de celle qu’on appelle « la » Callas  J’ai même souvent été agacé par la surexploitation médiatique, discographique, d’une légende qui a fini par occulter la vraie personnalité et l’art singulier de la chanteuse.

Je dois reconnaître que Warner, qui avait tant et tant réédité pour exploiter le filon, a, cette fois, bien fait les choses. La publication, à un prix raisonnable, après un remastering souvent exceptionnel, des enregistrements de studio d’une part, des captations « live » d’autre part, est un très bel hommage à la cantatrice disparue il y a quarante ans, le 16 septembre 1977.

51es26T93aL

81GjL1PnTCL._SL1500_

Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir l’exposition proposée par la Seine Musicale : Maria by CallasMais elle vaut certainement d’être visitée.

En revanche, j’ai acheté le très bel ouvrage que le commissaire de cette exposition, Tom Volfle très jeune homme qui est littéralement « tombé en amour », comme disent nos amis canadiens, de celle dont il ne savait rien il y a encore cinq ans.

Callas-confidential

C’est vraiment un ouvrage exceptionnel, je n’en connais pas d’équivalent sur un musicien ou même un interprète. On trouverait presque la présentation de l’éditeur trop modeste :

A l’occasion des 40 ans de la disparition de la cantatrice, cet ouvrage nous invite à marcher dans les pas de la Callas, femme fragile et artiste acharnée de travail, en parcourant ses archives personnelles : photos inédites issus de ses albums privés, extraits de sa correspondance et de ses carnets, entretiens redécouverts où elle se livre sans fard sur sa vie, son art, les scandales qui ont jalonné son parcours. Une expérience bouleversante, au plus près de la femme que fut Maria Callas.

On doit être reconnaissant à Tom Volf d’avoir réuni dans ce livre beau et lourd autant de témoignages, de documents – les quelques entretiens, peu nombreux, donnés à la presse par la cantatrice – de photos intimes, inédites, en évitant le piège du voyeurisme ou de l’idolâtrie. Comme un chant d’amour à une femme qui en a tant manqué derrière le masque de la légende.

Le tsar Nicolai

C’est hier, juste avant un concert d’hommage à Kurt Masur – j’y reviendrai demain, que j’ai eu confirmation (merci Forumoperade la disparition, prématurément annoncée en juillet 2015, du ténor suédois Nicolai GeddaLe compatriote de Jussi Björling a eu une carrière d’une longévité exceptionnelle, sur scène comme au disque.

Premiers enregistrements, jamais dépassés, à 27 ans, des opérettes de Johann Strauss, sous la baguette idéale d’Otto Ackermann avec une partenaire de légende.

711wzdfohbl-_sl1200_713au8otlgl-_sl1200_

Elisabeth Schwarzkopf, interrogée le 23 décembre 1995 par Jean-Michel Damian, avait cité ce Wiener Blut comme l’enregistrement qu’elle préférait. Ce duo avec Nicolai Gedda est bien proche de la perfection (écouter notamment à 2’25 ») :

81ub5bgppgl-_sl1432_

Gedda n’a jamais renoncé à ce répertoire où sa voix solaire faisait merveille.

Mais il détient une sorte de record des rôles qu’il a joués et enregistrés, comme en témoigne une discographie d’une incroyable diversité.

71bynta87tl-_sl1200_51fgwva6xyl

71ck9zya72l-_sl1200_

On comprend le secret de sa longévité, en écoutant Nicolai Gedda, ici octogénaire, expliquer, certes en suédois, sous-titré anglais, la technique qui fut la sienne et celle de ses glorieux aînés (Caruso, Björling).

Ici, dans un extrait des Pêcheurs de perles de Bizet, capté dans les années 90, la voix n’a rien perdu de son éclat, et on admire la diction française d’un chanteur qui parlait et chantait couramment toutes les langues de l’opéra.

J’ai eu le privilège de l’entendre chanter pour la soirée surprise organisée, au théâtre de Vevey, pour les 90 ans de son illustre voisin et collègue Hugues Cuénoden 1992. Pour preuve de la modestie de ce grand musicien, cette anecdote rapportée hier par mon ami François Hudry sur sa page Facebook

« Il me revient le souvenir de ma rencontre chez lui, en dessus de Morges, en Suisse, pour une émission de la Radio Suisse. C’était un jour de canicule. Gedda (prononcer Yedda) avait si chaud qu’il m’avait appelé le matin même pour me donner rendez-vous…dans son garage, afin d’avoir un peu de fraîcheur pendant notre entretien. Muni du NAGRA d’usage en bandoulière, j’arrive dans ce que je croyais être son garage, lorsqu’une voix péremptoire me demanda ce que je faisais là. Je répondis que j’avais rendez-vous avec Nicolaï Gedda et la voix de répondre d’un ton sentencieux : « Monsieur, vous êtes ici dans le garage de Madame Audrey Hepburn ». J’avais probablement mal écouté la description faite par un autre de ses voisins célèbres : le ténor et grand ami Hugues Cuenod ! La Suisse Romande est peuplée de célébrités qui vivent dans la quiétude et la discrétion, mais je n’oublierai jamais cette méprise qui me fait rire encore aujourd’hui en ce triste jour de sa disparition. »

Un aspect moins connu du répertoire qu’affectionnait Nicolai Gedda, la chanson populaire russe.