Élégances, inélégances

Les mots que j’ai choisis pour le titre de cet article paraissent bien désuets, dépassés. Et pourtant, je trouve qu’ils résument tant d’attitudes, de comportements actuels. Florilège.

Des amours de violonistes

Je ne sais plus comment ça a commencé sur Facebook, ce devait être pour célébrer le centenaire d’une violoniste française aujourd’hui bien oubliée, Michèle Auclair, née le 16 novembre 1924, morte le 8 juin 2005.

J’ai découvert les concertos de Mendelssohn et Tchaikovski par ses 33 tours parus dans la collection Philitps/Fontana

C’est l’ami Laurent Korcia, lui-même élève de Michèle Auclair au conservatoire de Paris, qui a lancé la chasse aux souvenirs.

De nouveau, les souvenirs affluent : j’ai raconté (L’or des Liégeois) l’aventure, il y a bientôt 15 ans, de l’enregistrement des concertos de Korngold et Tchaikovski à Liège, et le Diapason d’Or qui a salué cette parution. Fierté et reconnaissance.

A cette « discussion » facebookienne sur l’héritage de Michèle Auclair, s’est greffé un dialogue inattendu, surprenant, magnifique entre Laurent Korcia et Tedi Papavrami. Les réseaux sociaux passent pour être des déversoirs de haine, de jalousie, d’insultes, et même Facebook n’y échappe pas toujours, y compris quand on échange sur la musique. Ici c’est au contraire un assaut de compliments, de témoignages d’admiration et d’amitié, auquel les « amis » de l’un et l’autre violonistes ont pu assister. J’approuve au centuple, concernant Tedi P. qui est une aussi belle personne qu’il est un fabuleux musicien. Il a raconté qu’un enregistrement de concert du 2e concerto de Paganini avait été longtemps bloqué par YouTube pour une histoire de cadence présumée couverte par des droits d’auteur. Et Laurent Korcia, rejoint par bien d’autres amis de l’intéressé, de redire haut et fort son absolue admiration pour ce « live » exceptionnel.

Voilà pourquoi j’ai tant aimé mon métier d’organisateur de concerts, de diffuseur de beauté.

A propos de réseaux sociaux, j’en profite pour signaler que comme des millions d’autres, je quitte X (ex-Twitter) pour rejoindre Bluesky

Nomination

Je n’ai pas été le dernier à me réjouir de l’annonce de la nomination de Philippe Jordan (lire Le Suisse de Paris) à la tête de l’Orchestre national de France… à compter de septembre 2027.

Tristan Labouret pour Bachtrack et Remy Louis pour Diapason ont rendu compte élogieusement du concert que dirigeait Philippe Jordan jeudi soir (qu’on peut réécouter sur France Musique), auquel je n’ai pu assister pour cause de perturbations météorologiques !

Mais au chapitre des élégances, ou plutôt des inélégances, on peut regretter que l’emballement qu’a suscité cette nouvelle ait fait perdre à certains la notion de calendrier. Il reste encore près de trois ans à Cristian Măcelaru à exercer son mandat de directeur musical (se rappeler ici les manifestations d’enthousiasme notamment de la direction de Radio France et des musiciens à l’annonce de sa nomination !). A lire les communiqués, les interviews, nombreux depuis jeudi, on peut avoir le sentiment qu’il a purement et simplement disparu de la circulation… Pas très élégant !

J’invite à relire le papier que j’écrivais pour Bachtrack en septembre 2023, et le numéro de décembre de Diapason qui évoque la liste des « Diapasons d’Or » décernée le 16 novembre dernier :

De manière générale – j’en ai parfois été le sujet ou l’objet – on ne gagne jamais rien, et jamais devant l’Histoire, à dénigrer, amoindrir, dissimuler l’action, le travail, voire la personnalité de celui auquel on succède. Certes il y a les formules toutes faites par lesquelles on lui « rend hommage », mais elles ne grandissent ni le nouveau nommé, ni ceux qui l’ont nommé.

Dans le cas d’un orchestre, comme le National, on ne mesure qu’après coup ce qu’ont apporté, construit, des chefs, des directeurs musicaux, qu’on a tour à tour admirés puis détestés, voire oubliés. C’est aussi vrai d’une grande entreprise comme Radio France.

L’autre Gould

Je lui ai déjà consacré tout un article : Le dossier Gould. J’invite à le relire. De nouveau, c’est une discussion sur Facebook qui me conduit à en reparler. L’un rappelait les formidables enregistrements de Morton Gould avec le Chicago Symphony, l’autre citait, parmi eux, son disque Ives comme une référence – je n’ai pas dit le contraire dans mon dernier article : L’Amérique d’avant

Pour Jodie

Trouvé par hasard dans une FNAC. Un disque qui m’avait échappé. Une lumière, un souvenir, celui de Jodie Devos, si douloureusement disparue il y a presque six mois (Jodie dans les étoiles)

Des morts vivants

La chronique mortuaire est l’une de celles qui ne risque pas de tarir. J’évite pourtant de faire de ce journal un obituaire.

Deux disparitions cette semaine qui marquent plus que d’autres. Mais l’art d’une interprète comme Jeanne Lamon, l’artisanat d’un éditeur comme René Gambini demeurent bien vivants.

Jeanne Lamon (1949-2021)

C’est un nom que les discophiles comme moi connaissaient depuis longtemps, mais on doute que sa disparition ait ému le monde musical européen : Jeanne Lamon, violoniste, cheffe d’orchestre canadienne, associée à l’ensemble Tafelmusik de Toronto, est morte à 71 ans le 20 juin dernier. C’est grâce à elle – même si elle partagea la direction de l’ensemble avec Bruno Weil – que s’est constituée une formidable discographie.

René Gambini

(Le couple Gambini, René et Suzanne, créateurs du label Lyrinx)

La disparition, mardi dernier, à 86 ans de René Gambini signe la fin d’une histoire, aussi féconde que romanesque, celle de ces couples d’artisans du disque – une spécificité française ? – qui ont forgé les catalogues les plus originaux de ces soixante-dix dernières années : Michel et Françoise Garcin pour Erato,

Eva et Bernard Coutaz pour Harmonia Mundi, et les Marseillais Suzanne et René Gambini pour Lyrinx

Le label est fondé en 1976 par René Gambini2 par un premier disque, La Nuit transfigurée de Schönberg, interprété par les Solistes de Marseille.

Le label s’est fait rapidement connaître au Japon et aux États-Unis par des prises de son naturelles, sans artifice, utilisant deux microphones et une électronique à tubes spécifiquement construite pour les besoins du label, dans des conditions de concert public.

Dans les années 1980 Lyrinx a attendu autant que possible avant d’abandonner le vinyle et de passer au format CD, la technologie de ce dernier n’étant selon nombre de spécialistes pas aboutie.

En 1998, à la suite de la présentation par Sony, dans les studios d’Abbey Road, du nouveau support numérique Super Audio CD (SACD) basé sur la technologie de numérisation Direct Stream Digital (DSD), Lyrinx s’est vu mettre à sa disposition du matériel expérimental, afin de le tester… le label réalise alors tous ses enregistrements en DSD stéréo depuis 1998, et en DSD « multichannel » (surround) depuis janvier 2001, devenant ainsi le premier éditeur français à utiliser cette technologie, et l’un des tout premiers dans le monde.

Lyrinx, c’est surtout pour les mélomanes, amateurs de beau piano, que nous sommes, une famille d’artistes, surtout des pianistes, réunie par Suzanne et René Gambini. La fidélité à des personnalités originales, singulières.

Parmi tous ces artistes, une tendresse particulière pour la si regrettée Catherine Collard (1947-1993) et ses Schumann d’anthologie, plusieurs ont fait les beaux soirs ou vont faire ceux l’été prochain du Festival Radio France, Muza Rubackyte, Vittorio Forte, Ingmar Lazar..

Femmes de théâtre

 

Même si, par un effet de sidération collective, au demeurant compréhensible, on ne parle plus, depuis lundi soir, que de l’incendie de Notre Dame de Paris et de ses suites, j’aimerais évoquer un film et une pièce, vus récemment, qui ont en commun d’avoir été mis en scène par deux femmes dont on aime le parcours et le talent.

D’abord le dernier film d’Anne Fontaine : Blanche comme neige :

Je ne me rappelle pas avoir été déçu par un film d’Anne Fontaine. Il y a un style, une touche, un art de filmer, qui ne sont qu’à elle et qui me la font aimer.

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Une version moderne du conte des frères Grimm ? L’allusion est évidente. Même si le scénario – de Pascal Bonitzer – paraît un peu téléphoné et dépourvu de tout suspense dès le début de l’intrigue. « Claire, jeune femme d’une grande beauté, suscite l’irrépressible jalousie de sa belle-mère Maud, qui va jusqu’à préméditer son meurtre. Sauvée in extremis par un homme mystérieux qui la recueille dans sa ferme, Claire décide de rester dans ce village et va éveiller l’émoi de ses habitants… Un, deux, et bientôt sept hommes vont tomber sous son charme ! Pour elle, c’est le début d’une émancipation radicale, à la fois charnelle et sentimentale… » 

Claire c’est Lou de Laâge – la moue de Jeanne Moreau jeune -, la belle-mère Isabelle Huppert, impériale comme toujours, juste un peu trop lisse, rides comblées, rictus figé, et un casting masculin surprenant où les stars Benoît Poelvoorde et Charles Berling font presque figure d’intrus. Claire les affole tous dans ce village de montagne, ces sept hommes qu’elle séduit sont tous attachants, dans leur maladresse, leur pudeur. Paysages et personnages somptueusement filmés par la caméra amoureuse d’Anne Fontaine…

Au lendemain de l’incendie de Notre Dame, on avait rendez-vous avec Molière et ses Femmes savantesrevisitées et mises en scène par l’excellente Macha Makeieff.

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C’est à la Scala... de Paris, cette salle qu’on a adoré découvrir en septembre dernier et qui confirme toutes les qualités qu’on lui avait trouvées (on conseille l’excellent restaurant à l’étage, prix doux, discrète originalité, service impeccable et rapide).

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C’était la première fois que je voyais cette pièce au théâtre ! Tout arrive…

Fantastique galerie de personnages :

  • Chrysale, le père. (Le rôle que Molière jouait lui-même à la création en 1672) Il se prétend le maître de la maison et affirme que les femmes ne doivent s’occuper de rien d’autre que des tâches ménagères ; cependant, il a du mal à contredire sa femme quand celle-ci prend ses décisions.
  • Philaminte, la mère. C’est elle qui dirige la petite « académie » et qui a découvert Trissotin. Parce que celui-ci flatte son orgueil, elle le considère comme un grand savant au point qu’elle pense réellement qu’il peut faire un bon parti pour sa fille. Elle milite également pour la « libération » des femmes et s’attache à diriger la maisonnée, même si c’est en dépit du bon sens.
  • Armande, la fille aînée. Autrefois courtisée par Clitandre, elle l’a rejeté et celui-ci est alors tombé amoureux de sa sœur Henriette. Elle prétend que cela la laisse indifférente, mais elle est jalouse de sa sœur et n’a qu’un but : empêcher les deux amoureux de se marier.
  • Henriette, la fille cadette. C’est la seule femme de la famille qui ne fasse pas partie des « femmes savantes » : à leur galimatias pédant, elle préfère les sentiments qui la lient à Clitandre.
  • Bélise, la tante. Sœur de Chrysale, c’est une vieille fille, et l’on devine que c’est en partie par dépit qu’elle a rejoint les « femmes savantes ». Elle se croit cependant irrésistible et s’invente des soupirants ; elle s’imagine en particulier que Clitandre est amoureux d’elle et qu’Henriette n’est qu’un prétexte.
  • Ariste, l’oncle. Frère de Chrysale, il n’accepte pas de voir celui-ci se laisser mener par le bout du nez par sa femme, et apporte son soutien à Clitandre et Henriette.
  • Trissotin, un pédant (« trois fois sot »). Bien qu’il se vante d’être un grand connaisseur en lettres et en sciences, il est tout juste bon à faire des vers que seules Philaminte, Bélise et Armande apprécient. S’il s’intéresse aux « femmes savantes », c’est semble-t-il davantage pour leur argent que pour leur érudition. Ce personnage est inspiré de l’abbé Charles Cotin, dans les œuvres duquel Molière est allé chercher les poèmes que lit le personnage à la scène 2 de l’acte III.
  • Vadius, un pédant comme Trissotin. Il est tour à tour son camarade et son rival. Sa querelle avec Trissotin sur leurs poèmes respectifs met en relief la petitesse d’esprit de ce dernier. Ce personnage est inspiré du grammairien Gilles Ménage. Une telle dispute est d’ailleurs réellement arrivée entre Charles Cotin et Gilles Ménage à l’époque de l’écriture de la pièce
  • Clitandre, le soupirant d’Henriette. Autrefois amoureux d’Armande, il fut éconduit par celle-ci.
  • Martine, la servante. Au début de la pièce, elle est renvoyée par Philaminte pour avoir parlé en dépit des règles de la grammaire. Elle revient à la fin pour défendre les arguments de Clitandre et d’Henriette.

L’esthétique Deschiens n’est jamais loin, chaque personnage est campé par des acteurs/actrices que Macha Makéieff pousse dans tous leurs retranchements.

On n’est pas toujours d’accord avec elle, mais on souscrit totalement à ce qu’écrivait Fabienne Darge dans Le Monde : Avec ce « Trissotin ou Les Femmes savantes », la directrice du Théâtre de la Criée, à Marseille, offre un spectacle totalement réussi, dont le succès ne se dément pas depuis sa création en 2015. Le talent visuel et plastique de Macha Makeïeff est ici particulièrement éclatant, de même que son sens du burlesque, mais ils s’accompagnent d’une lecture de la pièce on ne peut plus fine et pertinente. Ce qui est beau ici, c’est la manière dont le talent formel de Macha Makeïeff et son propos se nouent indissolublement. À ce théâtre-là, qui requiert une précision du corps comme du maniement de l’alexandrin moliérien, il faut des interprètes hors pair. Ils le sont, les premiers rôles en tête ».

Mentions spéciales pour Jeanne-Marie Lévy, excellente chanteuse et impayable Bélise nymphomane et pour le Trissotin métrosexuel de Philippe Fenwick, quelque chose entre Conchita Wurst et Francis Lalanne !

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Bref, si vous n’avez pas encore vu ces Femmes savantes à la sauce Makeieff, courez-y. Elles sont à la Scala de Paris jusqu’au 10 mai !

P.S. La musique est très présente dans le film d’Anne Fontaine comme dans la mise en scène de Macha Makeieff. Dans Blanche comme Neige, l’un des hommes que rencontre Claire dans la maison de montagne joue des suites de Bach au violoncelle, tandis que sur les bords du Rhône (?) on aperçoit au début du film une silhouette jouer Bach au violon (je crois avoir reconnu Laurent Korcia, mais il n’est pas crédité au générique..) Dans la pièce de Molière, les inserts musicaux sont nombreux, du très classique a capella à des arrangements plus pop et l’ouvrage s’achève… en chanson entonnée par toute la troupe.

L’or des Liégeois

Dans un récent billet (C’était mieux avant ? ) je regrettais que les discophiles, surtout les plus jeunes, ne disposent plus d’ouvrages de référence, de « dictionnaire » : Je ne suis pas le seul à être en manque d’ouvrages récapitulatifs, qui sont aujourd’hui trop coûteux à réaliser (même Gramophone et Penguin ont abandonné la partie). 

Le mensuel Diapason vient d’apporter une réponse, partielle certes, mais très bienvenue, à une demande que je n’étais pas le seul à formuler, en éditant un copieux hors-série de 300 pages reprenant la quasi-totalité des chroniques consacrées aux enregistrements récompensés d’un Diapason d’Or (dommage qu’on n’ait pas retenu les rééditions, notamment les coffrets, nombreux ces dernières saisons, récapitulatifs de l’art d’un grand chef d’orchestre ou soliste).

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Comme le tout dernier disque de l’Orchestre philharmonique royal de Liège vient de bénéficier de l’or de Diapason (le quatrième d’une série Respighi que j’avais eu la chance d’initier avec le label BIS il y a une dizaine d’années),

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j’ai eu la curiosité de feuilleter le hors-série Diapason pour rafraîchir ma mémoire et retrouver les Diapason d’Or attribués, cette dernière décennie, à la formation liégeoise chère à mon coeur.

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« Kantorow dirige comme s’il jouait lui-même la partie soliste, avec un engagement qui est pour beaucoup dans la réussite de l’enregistrement… Plus que la perfection immaculée, c’est la prise de risque, la signature qui comptent pour Laurent Korcia… » (Jean-Michel Molkhou, 2011)

Les équipes de l’OPRL et de Naïve se rappellent encore les très chaudes journées de juillet 2010, la patience infinie de Jean-Jacques Kantorow à l’égard d’un soliste imprévisible et fantasque. Mais le résultat est là…

On relèvera – pure coïncidence – que les deux concertos, de Tchaikovski et Korngold – sont dans la même tonalité – ré majeur – et portent le même numéro d’opus – 35 !

Un an après cette session, c’est le tout nouveau chef des Liégeois – Christian Arming – nommé en mai 2011 – qui s’attelait au monument, que dis-je, à l’hymne national liégeois  – la Symphonie de Franck et deux inédits de taille du compositeur né en 1822 à Liège (qui n’était pas encore belge, puisque le royaume de Belgique a été fondé en…1830 !). J’avais un peu forcé la main à l’éditeur, sachant qu’un tel disque serait une indispensable carte de visite pour les futures tournées de l’orchestre. Et alors que l’OPRL avait déjà donné deux très beaux disques, sous les baguettes de Pierre Bartholomée et Louis Langrée (régulièrement cités comme références par la plupart des guides et autres tribunes)

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Paul de Louit, qui n’avait pas été très tendre pour un précédent disque de l’OPRL – la symphonie n°3 de Saint-Saëns et la symphonie concertante de Jongen – ne fut pas avare de louanges lorsque parut, en 2012, ce premier-né de la collaboration du chef autrichien et de la phalange liégeoise : « Christian Arming contourne le poids de clichés (qui s’attache à l’oeuvre). Ce Viennois l’assume comme musique « pure » qui n’a d’histoire et de suspens qu’en elle-même….Loin de l’apollinisme dépassionné que certains y entendront, nous trouvons cet ensemble au contraire passionnant, incroyablement poétique. L’un des plus beaux Franck, et sans conteste le plus inattendu, de la discographie. »

Il faut écouter cet étonnant poème symphonique, Ce qu’on entend sur la montagne, inspiré d’un poème de Victor Hugo, écrit en 1846 – Franck n’a que 24 ans ! -, deux ans avant le même ouvrage éponyme dû à la plume de Liszt. César Franck précurseur…

Avec Musique en Walloniel’orchestre de Liège a engrangé une discographie remarquable et remarquée, avec nombre d’inédits de Jongen, Dupuis, et depuis quelques années la redécouverte de tout un pan de l’oeuvre concertante et symphonique d’Eugène Ysayequi n’est pas que l’auteur de six sonates pour violon seul

Le premier volume de cette série, paru en 2014, est distingué à son tour d’un Diapason d’Or.

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« On admire la souplesse impressionnante de la répartie orchestrale, émaillée de nombreux solos, et galbée par la baguette de Jean-Jacques Kantorow » (François Laurent, 2014)

Les Liégeois se rappellent aussi la performance du pianiste Bernard Chamayou venu donner en deux concerts d’affilée l’intégrale des 2h30 des Années de pèlerinage de Liszt, en novembre 2011. Intégrale saluée par l’Or au disque.

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Merci

Les Liégeois ont voulu conclure en beauté l’aventure qui a été la nôtre, ensemble, pendant 15 ans : voir OPRL, les adieux à J.P.Rousseau

Le temps n’est pas encore venu du souvenir, mais c’est celui de la reconnaissance et de la gratitude. Merci à tous ceux qui ont participé à cette formidable aventure humaine et musicale. Merci aux chefs d’orchestre Paul STRAUSS, Pierre BARTHOLOMEE, Louis LANGREE, Pascal ROPHÉ, François-Xavier ROTH, Christian ARMING qui, comme directeurs musicaux, ont attaché leurs noms à la prestigieuse histoire plus que cinquantenaire de l’Orchestre philharmonique royal de Liège.

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Merci à Serge BAUDO, Rudolf BARCHAI, Gabriel CHMURA, Alexandre DMITRIEV, Theodor GUSCHLBAUER, Luca PFAFF, Jaap SCHRÖDER, Jerzy SEMKOW, Muhai TANG, Ronald ZOLLMAN qui ont longtemps accompagné la vie de l’orchestre. Merci à tous ces amis qui ont fait confiance au talent des Liégeois, qui ont répondu à mes invitations, pour certains au tout début de leur carrière, bien avant qu’ils n’acquièrent sur les grandes scènes du monde la notoriété qui est aujourd’hui la leur : Eivid AADLAND, David AFKHAM,  Stefan ASBURY, Alain ALTINOGLU, John AXELROD, Christoph CAMPESTRINI, Edmon COLOMER, Paul DANIEL, Patrick DAVIN, Pieter-Jelle DE BOER, Stéphane DENEVE, Jean DEROYER, Enrique DIEMECKE, Rumon GAMBA, Edward GARDNER, Claire GIBAULT, Pablo GONZALEZ, Jean-Pierre HAECK, Vernon HANDLEY, Günther HERBIG, Philippe HERREWEGHE, Domingo HINDOYAN,  Armin JORDAN, Philippe JORDAN, Jean Jacques KANTOROW, Kirill KARABITS, Fayçal KAROUI, Pavel KOGAN, Hannu LINTU, Manuel LOPEZ-GOMEZ, John NELSON, John NESCHLING, George PEHLIVANIAN, Tommaso PLACIDI, Thomas RÖSNER, Pablo RUS, Petri SAKARI, Oswald SALLABERGER, Stefan SANDERLING, Thomas SANDERLING, Radoslav SZULC, Antoni WIT, Michael ZILM…

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Merci à ces grands artistes qui, pour les plus jeunes, ont souvent fait leurs débuts en Belgique avec l’OPRL, et qui ont témoigné d’une longue et belle fidélité, nourrie par une amitié rare et précieuse, les pianistes  Piotr ANDERSZEWSKI, Nicholas ANGELICH, Martha ARGERICH,  Yulianna AVDEIEVA, Jean Efflam BAVOUZET, Boris BEREZOVSKI,  Hervé BILLAUT, Daniel BLUMENTHAL,  Frank BRALEY, Ronald BRAUTIGAM, Rudolf BUCHBINDER, Philippe CASSARD, Bertrand CHAMAYOU, François CHAPLIN, Michel DALBERTO, Nikolai DEMIDENKO, Claire DESERT, Luc DEVOS, Severin von ECKARDSTEIN, Brigitte ENGERER, Till FELLNER, David FRAY, Nelson FREIRE, Kemal GEKIC, Jonathan GILAD, Boris GILTBURG, Roberto GIORDANO, Nelson GOERNER, Benjamin GROSVENOR, Alexander GURNING, François-Frédéric GUY, Jean-François HEISSER, Arthur et Lucas JUSSEN, David KADOUCH, Katia et Marielle LABEQUE, Florence et Isabelle LAFITTE, Adam LALOUM, Willem LATCHOUMIA, Claire-Marie LE GUAY, Eric LE SAGE, Bernard LEMMENS, Julien LIBEER, Robert LEVIN, David LIVELY, Benedetto LUPO, Radu LUPU, Plamena MANGOVA, Wayne MARSHALL, Denis MATSUEV, Jeremy MENUHIN, Laura MIKKOLA, Roger MURARO, Jean-Frédéric NEUBURGER, Ferhan et Ferzan ÖNDER, Francesco PIEMONTESI, Maciej PIKULSKI, Menahem PRESSLER, Dezsö RANKI, Vitaly SAMOSHKO, Fazil SAY, Johan SCHMIDT, Andreas STAIER, Cédric TIBERGHIEN, Andrew TYSON, Mauricio VALLINA, Jean-Claude VANDEN EYNDEN, Anna VINNITSKAIA, Stefan VLADAR, Bojan VODENITCHAROV, Vanessa WAGNER, Christian ZACHARIAS, et j’en oublie sûrement…,

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les violonistes Pierre AMOYAL, Rashya AVANESIAN, Boris BELKIN, Véronique BOGAERTS, Nikita BORISO-GLEBSKI, Marc BOUCHKOV, Boris BROVTSYN, Renaud CAPUÇON, Stéphanie-Marie DEGAND, Augustin DUMAY, James EHNES, Miriam FRIED, David GARRETT, Lorenzo GATTO, David GRIMAL, Daniel HOPE, Yossif IVANOV, Daishin KAJIMOTO, Ning KAM, Barnabas KELEMEN, Sergei KHATCHATRYAN, Laurent KORCIA, Harriet LANGLEY, Maria MILSTEIN, Sarah NEMTANU, Tedi PAPAVRAMI, Régis PASQUIER, Alina POGOSTKINA, Vadim REPIN, Tatiana SAMOUIL, Baiba SKRIDE, Valery SOKOLOV, Kirill TROUSSOV, Frank Peter ZIMMERMANN

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les altistes Lise BERTHAUD,  Nathan BRAUDE, Gérard CAUSSÉ, Kim KASHKASHIAN, Antoine TAMESTIT, Arnaud THORETTE, Tabea ZIMMERMANN

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les violoncellistes Emmanuelle BERTRAND, Gautier CAPUÇON, David COHEN, Marc COPPEY, Henri DEMARQUETTE, Anne GASTINEL, Alban GERHARDT, Marie HALLYNCK, Gary HOFFMANN, Christian-Pierre LA MARCA, Ivan MONIGHETTI, Truls MORK, Christian POLTERA, Jean-Guihen QUEYRAS,  François SALQUE, Sébastien WALNIER, Sonia WIEDER-ATHERTON, PIeter WISPELWEY

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et puis encore Thierry ESCAICH, Bernard FOCCROULLE, Johan FOSTIER, Anne FROIDEBISE, Sharon ISBIN, Olivier LATRY, Anneleen LEENHAERTS François LELEUX, Christian LINDBERG, Paul MEYER, Sergei NAKARIAKOV, Francis ORVAL, Emmanuel PAHUD, Bruno SCHNEIDER, Olivier VERNET

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les chanteurs Yann BEURON, Alexia COUSIN, Inger DAM-JENSEN, Stéphane DEGOUT, Marie DEVELLEREAU, Karine DESHAYES, Melanie DIENER, Ruxandra DONOSE, Domagoj DOROTIC, Wojtek DRABOWICZ, Karina GAUVIN, Anne-Catherine GILLET, Isabelle GEORGES, Susan GRAHAM, Nora GUBISCH, Sébastien GUEZE, Hélène GUILMETTE Werner GÜRA, Reinhard HAGEN, Barbara HANNIGAN, Dietrich HENSCHEL, Wolfgang HOLZMAIR, Sophie KARTHÄUSER, Marc LAHO, Thomas LASKE, Magali LEGER, Felicity LOTT, Geraldine McGREEVY, Charlotte MARGIONO, Sophie MARIN-DEGOR, Clémentine MARGAINE, Elsa MAURUS, Peter MIKULAS, Sara MINGARDO, Evgeny NIKITIN, Olga PASICHNYK, Patrick RAFTERY, Antony ROLFE-JOHNSON, Céline SCHEEN, Elzbieta SMYTKA, Kenneth TARVER, Béatrice URIA-MONZON, José VAN DAM, Iris VERMILLION, David WILSON-JOHNSON, Endrik WOTTRICH, etc

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Merci aux artistes qui sont venus jouer ou diriger dans la Salle Philharmonique, Sharon BEZALY, Andrey BOREIKO, Jean-Claude CASADESUS, Christophe COIN, Mikko FRANCK, Hélène GRIMAUD, Hilary HAHN, Pierre HANTAI,  Emmanuel KRIVINE,  Philippe PIERLOT, Christophe ROUSSET, Jordi SAVALL, Yuri SIMONOV, Kenneth WEISS… et tant d’autres ensembles, groupes, qu’il m’est impossible de tous citer ! Merci aux compositeurs qui nous ont fait confiance pour les créer, les jouer, les enregistrer, Ondrej ADAMEKJohn ADAMS, Nicolas BACRI, Philippe BOESMANS, Pierre BOULEZ, Jean-Paul DESSY, Pascal DUSAPIN, Thierry ESCAICH, Jean-Luc FAFCHAMPS, Bernard FOCCROULLE, Michel FOURGON, Claude LEDOUX, Jacques LENOT, Magnus LINDBERG, Bruno MANTOVANI, Benoit MERNIER, Marc MONNET, Wolfgang RIHM, Eric TANGUY, Jörg WIDMANN, liste non exhaustive…

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Et surtout merci à tous les musiciens de l’Orchestre, ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui, qui nous ont offert des centaines de concerts et de moments d’exception, comme pendant ces inoubliables tournées en France, en Allemagne, en Espagne, en Suisse, en Amérique du Sud, en Europe centrale – trois concerts en moins de dix ans dans la grande salle dorée du Musikverein de Vienne, trois concerts au Théâtre des Champs-Elysées, trois concerts au Concertgebouw d’Amsterdam, etc… Merci à Anne-France, Antoine, Christophe, Elise, Eric, Erwan, Hervé, Laurent, Malik, Marie-Caroline, Marlène, Pierre, Robert, Sabine, Séverine, Silvia, Sophie, Stéphane, Valérie, merci aux garçons et aux filles qui sont le sourire de la Salle Philharmonique.