Coup sur coup, j’ai acheté, commandé, reçu des coffrets de piano – oui encore du piano ! – qui révèlent des personnalités disparues de nos radars, ou méconnues dans certains répertoires.
Quand Beethoven c’est Hough !
Je n’avais pas repéré cette intégrale des concertos de Beethoven par un pianiste que j’admire infiniment – Stephen Hough – que j’avais précisément entendu jouer le 3e concerto – mon préféré – à Londres en mai 2023, la veille du couronnement de Charles III (lire Couronnement)
Et ce premier mouvement du 3e concerto confirme, s’il en était besoin, que le pianiste ne suffit pas pour réussir une version, qu’il faut comme ici un chef qui sait tenir un discours, en particulier dans cette introduction en do mineur.
Si je n’avais vu une offre sur le site prestomusic.com, je n’aurais peut-être jamais acheté ce coffret de 3 CD regroupant des enregistrements magnifiquement réalisés de 1958 à 1960 pour le label Kapp, et j’aurais manqué ces merveilles léguées par la pianiste américaine Ann Schein disparue il y a quelques mois.

Cristina la Brésilienne
C’est un nom que je connais depuis longtemps, notamment comme interprète de Villa Lobos. Normal, le plus grand compositeur brésilien ne peut avoir comme interprètes que des musiciens brésiliens. C’est ce qu’on appelle une assignation à résidence musicale.
Formée en France, élève de Magda Tagliaferro, la jeune Cristina Ortiz est la révélation du troisième Concours Van Cliburn, dont elle remporte le 1er prix en 1969. Le coffret que Warner vient d’éditer – avec beaucoup d’inédits en CD – reflète son début de carrière et, pour le discophile, révèle quelques pépites sud-américaines.

CD 1 ‘Brazilian Soul (Alma Brasileira)’ Villa-Lobos, Vianna, Miguez, Guarnieri, Fernández Solo Piano Works (Cristina Ortiz)
CD 2 Shostakovich Concertos for Piano; Three Fantastic Dances (Cristina Ortiz, Bournemouth Symphony Orchestra, Paavo Berglund)
CD 3 Rachmaninov Rhapsody on a Theme of Paganini; Dohnányi Variations on a Nursery Song (Cristina Ortiz, New Philharmonia Orchestra, Kazuhiro Koizumi)
CD 4 Poulenc Piano Concerto (Cristina Ortiz, City of Birmingham Symphony Orchestra, Louis Frémaux); Gershwin Second Rhapsody; Lambert The Rio Grande (Cristina Ortiz, London Symphony Orchestra, André Previn)
CD 5 Prokofiev Highlights from Cinderella & Romeo and Juliet (Cristina Ortiz)
CD 6 ‘Pictures of Childhood’ Debussy, Khachaturian, Mompou, Prokofiev, Ibert Solo Piano Works (Cristina Ortiz)
CD 7 Villa-Lobos Bachianas brasileiras No. 3; Mômoprecóce (Cristina Ortiz, New Philharmonia Orchestra, Vladimir Ashkenazy)
CD 8 ‘Spanish Soul’ Albéniz, Falla, Granados, Turina Solo Piano Works (Cristina Ortiz)
CD 9 Franck Piano Quintet (Cristina Ortiz, Medici String Quartet)
CD 10 Chopin 4 Ballades; Polonaise No. 6 “Heroic”; Fantaisie-impromptu (Cristina Ortiz)
CD 11 Grieg Piano Concerto; Franck Symphonic Variations; Les Djinns (Cristina Ortiz, Philharmonia Orchestra, Vladimir Ashkenazy)
Une rareté dans ce coffret, ces très virtuoses variations de Dohnanyi sur « Ah vous dirai-je maman » :
Cadeau
L’une des premières versions que j’aie eues entre les mains du 2e concerto pour piano de Chostakovitch est justement celle de Cristina Ortiz et Paavo Berglund. Quoi de plus bienfaisant que le mouvement lent de ce concerto au milieu du fracas du monde ?
Et toujours humeurs et rumeurs du moment dans mes brèves de blog