Ce matin je n’ai pas été réveillé par le coup de fil matinal qui me rappelait ma naissance un 26 décembre dans une clinique de Niort. Pas plus que l’an dernier. Je ne suis ni le premier ni le dernier à éprouver l’inexorable éloignement de celle qui m’a donné le jour et qui désormais me reconnait à peine, quand elle ne me confond pas avec un fantôme du passé…Puisse-t-elle être bientôt délivrée ! C’est le seul voeu que je puisse désormais formuler pour elle…
Mais ce Noël a été joyeux, familial, et les souhaits qui m’ont été adressés ce jeudi m’ont fait plaisir.
Happy Birthday
Je ne publierai pas ici les messages joués et chantés que j’ai reçus. En revanche, c’est devenu une tradition très répandue que d’interrompre une répétition ou un concert. Pour prolonger le billet que j’avais déjà consacré au sujet (La musique pour rire : Happy Birthday), ces quelques perles récentes sur YouTube m’ont mis de bonne humeur
Dans un autre billet, j’évoquais la personnalité fascinante de Victor Borge, né Børge Rosenbaum. J’ai retrouvé ce document, le concert que le Danemark lui a offert pour son 80e anniversaire.
Cadeaux
Il paraît qu’il a tout juste eu le temps de mettre la dernière main à sa contribution à cet ouvrage collectif, avant de disparaître brutalement le 3 octobre dernier: je suis heureux de retrouver Michel Blanc dans ce beau livre de photos et de souvenirs, que j’ai trouvé sous le sapin.
Lui je l’écoute, en cuisinant, tous les dimanches matin sur France Inter : François-Régis Gaudry sait aussi écrire, c’est réjouissant non ?
Je me suis aussi fait quelques cadeaux en commandant quelques-unes des parutions récentes de la collection Lost Recordings, entre autres ce « live » berlinois de Stan Getz et Astrud Gilberto… qui me donne de furieuses envies de soleil et de Brésil…
C’est sans doute la mélodie, la chanson, la plus célèbre au monde.
Elle vient de Good Morning to All, une chanson enfantine écrite et composée en 1893 par deux sœurs américaines, Patty et Mildred Hill, à l’époque institutrices dans une école de Louisville (Kentucky). La première attestation écrite de l’association entre la mélodie et les paroles de Happy birthday to you date de 1912, mais ne crédite pas les auteures. Une division de Warner/Chappell Music Inc. dépose une demande de protection juridique de la chanson en 1935 au nom de Preston Were Orem et Ron Forman, histoire de générer de fructueux droits d’auteur (jusqu’à atteindre 2 millions de dollars par an !). Jusqu’à ce qu’un juge fédéral (dans l’affaire Rupa Marya/Warner Chappell Music), le 22 septembre 2015, décide que la chanson faisait partie du domaine public… depuis 1921 !
Ce qui n’a pas empêché maints arrangements (et maints arrangeurs !), le plus célèbre étant celui de Stevie Wonder en 1981.
Ci-dessous quelques exemples, réussis, de variations sur le célébrissime thème.
J’ignore à quelle occasion Rostropovitch dirigea cet « arrangement » dû à John Williams, mais à voir Seiji Ozawa assis sur le tabouret du violoncelliste, on peut supposer que ce fut en 1995, à Tanglewood (l’académie d’été du Boston Symphony), pour célébrer les anniversaires de Seiji Ozawa (1935) , Itzhak Perlman (1950), Leon Fleisher et Yo Yo Ma, tous des habitués du lieu et du festival !
L’arrangement du chef russe Misha Rachlevsky est tout aussi surprenant.
J’ai trouvé quelques sympathiques manifestations de « joyeux anniversaire », les plus émouvantes étant celles qui nous permettent de retrouver le très regretté Mariss Jansons
On admire le travail de l’arrangeur de ce Happy Birthday qui surprend Roger Norringtonau moment où celui qui en fut le directeur musical de 1998 à 2011 commence à répéter l’Héroique de Beethoven avec l’orchestre du Südwestrundfunk de Stuttgart
Ici David Robertson surpris par les musiciens du New York Philharmonic (avec la complicité du violoniste Gil Shaham)
Lorsque Gustavo Dudamel commence à répéter la Cinquième symphonie de Mahler, c’est l’orchestre qui fait une ovation à son cor solo
On admirera autant la prestation, la virtuosité que la tenue du pianiste français Cyprien Katsarisqui nous régale d’extraordinaires variations sur « Happy Birthday » à l’intention de Yehudi Menuhin (pour ses 80 ans ?)
Vous pensiez, comme tout le monde, que ce Happy Birthdayque vous entonnez – faux bien sûr ! – lorsqu’arrive le gâteau d’anniversaire parsemé ou couvert de bougies, était une sorte de vieille chanson traditionnelle. En réalité, vous enrichissiez sans le savoir l’obscur auteur d’une comptine enfantine revue et corrigée au fil des circonstances (http://www.lefigaro.fr/culture/2015/09/24/03004-20150924ARTFIG00045-la-chanson-happy-birthday-desormais-libre-de-droits.php). C’est fini, Happy Birthday est libre….de droits !
Sans anniversaire, centenaire, sesquicentenaire, bi/tricentenaire, l’industrie du disque classique serait déjà morte sans doute. Heureusement que compositeurs et interprètes ont la bonne idée de rythmer chaque année d’un anniversaire « rond » : Verdi et Wagner – l’aubaine ! – nés tous deux en 1813, Richard Strauss en 2014 (150 ans de sa naissance, 65 ans de sa mort), deux nordiques cette année, le Danois Carl Nielsen (1865-1931) et le Finlandais Jean Sibelius (1865-1957). Inégalement traités.
Nielsen n’a, à ma connaissance, bénéficié d’aucune édition intégrale, et finalement de peu de nouveautés, alors que le Danois a tracé une voie originale, qui n’est en rien copie ou imitation. On en a eu la démonstration samedi dernier à Berlin (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/09/20/verifications/) avec sa 4ème symphonie.
J’ai découvert et appris à aimer ce compositeur grâce à un disque (des 3ème et 5ème symphonies) gravé par Leonard Bernstein à Copenhague avec l’orchestre de la radio danoise. C’est resté ma référence, même si, depuis, j’ai entendu bien d’autres versions et visions passionnantes du corpus des 6 symphonies et des poèmes symphoniques de Nielsen.
Sibelius est autrement mieux traité. Il y a d’abord la monumentale intégrale construite sur une bonne dizaine d’années par le label suédois Bis.
Deutsche Grammophon propose un coffret, assez inégal quant aux interprètes, mais bien composé pour brosser un large panorama de l’oeuvre du compositeur finnois.
Pour les symphonies, Kamu et Karajan sont depuis longtemps des références (prodigieuse 5ème par exemple). Pour certains poèmes symphoniques, on est heureux de la réédition des versions, épisodiquement disponibles, d’un chef finnois Jussi Jalas, qui avait curieusement enregistré en Hongrie (connivence linguistique ? le hongrois et le finlandais sont deux langues extra-européennes très proches, on parle de souche finno-ougrienne). DGG est allé piquer à Naxos la version idiomatique de Kullervo, cette superbe fresque symphonique et chorale, celle de Jorma Panula (le maître de quasi tous les chefs d’orchestre finlandais en activité !). Plus contestable, le choix d’Anne-Sophie Mutter dans le concerto pour violon (pourquoi pas Ferras/Karajan ?). Mais un très beau bouquet de mélodies autour de Kim Borg (voir détails ci-dessous)
CD 1 Symphony no. 1 Wiener Philharmoniker / Bernstein
CD 2 Symphony no. 2 Wiener Philharmoniker / Bernstein
CD 3 Symphony no. 3; Lemminkänen Suite Helsinki Radio Symphony Orchestra / Kamu CD 4 Symphonies nos. 4 & 6 Berliner Philharmoniker / Karajan
CD 5 Symphonies nos. 5 & 7 Berliner Philharmoniker / Karajan
CD 6 Kullervo Symphony Turku PO / Jorma Panula
CD 7 En saga Karelia Suite Helsinki Radio Symphony Orchestra / Kamu
Rakastava for Strings ASMF / Marriner Spring Song Finlandia Pohjola’s Daughter Gothenburg SO / Järvi
CD 8 Night Ride and Sunrise Gothenburg SO / Järvi
In Memoriam Hungarian State SO / Jalas
The Bard Helsinki Radio Symphony / Kamu
Luonnotar* The Oceanides Andante festivo Tapiola Gothenburg SO / Järvi * Soile Osokoski, soprano
CD 9 Violin Concerto in D minor op. 47 2 Serenades op. 69 Humoresque op. 87 no. 1 Anne-Sophie Mutter / Staatskapelle Dresden / Previn
CD 10 Songs Kim Borg, bass / Erik Werba, piano Tom Krause, baritone/Pentti Koskimies, piano
CD 11 String Quartet in D minor op. 56 “Voces intimae” Emerson String Quartet Malinconia op. 20 for cello and piano Heinrich Schiff / Elisabeth Leonskaja The Spruce, Winter Landscape for solo piano Bengt Forsberg Romance in D flat for solo piano op 24 /9 Shura Cherkassky
CD 12 King Christian II op. 27 – Suite for orchestra GSO / Järvi Pelleas & Melisande SRO/ Horst Stein
CD 13 Scénes historiques – Suite no. 1 op. 25 Scénes historiques – Suite no.2 op. 66 Scaramouche op. 71 Swanwhite – Suite op. 54 Hungarian State SO /Jussi Jalas
CD 14 Four Kuolema extracts: 1 Valse triste 2 Scene with Cranes 3 Canzonetta 4 Valse romantique GSO / Järvi
The Tempest Suite no. 1 op. 109 no. 2 The Tempest – Suite no. 2 op. 109 no. 3 Hungarian State SO / Jussi Jalas