Etat de grâce

11 septembre

« Banalité que de rappeler que nous, les gens de plus de 30 ans, nous souvenons exactement de ce que nous faisions, le 11 septembre 2001, lorsque les tours jumelles du World Trade Center de New York ont été attaquées« . Rien à ajouter (ou retrancher) à cet article posté il y a cinq ans : 11 Septembre, vingt ans après

Louis Langrée m’avait rapporté que le soir même des attentats à New York, je ne sais plus si c’est le New York Philharmonic ou le Met, en tout cas des musiciens new yorkais avaient joué le dernier mouvement de la Troisième symphonie de Mahler.

Bucarest et Chicago

Il y a trois ans, à Bucarest, l’émotion m’avait submergé lorsque Klaus Mäkelä avait entamé l’adagio final de la 3e symphonie de Mahler, à la tête de l’orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam (lire sur Bachtrack : Le Concertgebouw en majesté). Il y avait longtemps que je n’avais pas entendu une interprétation aussi aboutie, passionnante de bout en bout, de cette oeuvre-monde.

Je vois sur YouTube cet extrait d’un concert donné cette fois à Chicago, dont le chef finlandais va aussi prendre la direction musicale dans un an.

L’osmose

C’est peu dire que le concert de ce mercredi à la Philharmonie m’a laissé dans le même état de bouleversement que celui de Bucarest, mais avec une dimension supplémentaire. C’était à Paris, le premier concert de la dernière saison de Klaus Mäkelä à l’Orchestre de Paris. Comme je l’ai écrit pour Bachtrack (Mäkelä et l’Orchestre de Paris en état de grâce), on n’a pas fini de regretter la brièveté – un quinquennat – du mandat du jeune chef à Paris.

Une très longue ovation pour l’Orchestre de Paris et Klaus Mäkelä après une prodigieuse 3e symphonie de Mahler

C’est un bonheur très rare pour le mélomane que d’entendre d’abord une telle osmose entre un orchestre et un chef, ensuite et surtout une si parfaite adéquation entre une oeuvre et son interprète. J’espère que cette 3e de Mahler a été captée et nous sera restituée très vite en audio et/ou vidéo.

Cadeau

Les larmes me montent aux yeux chaque fois que je revois ce moment fabuleux entre deux monstres sacrés ou que j’entends cette chanson éternelle

Et toujours humeurs du moment dans mes brèves de blog.

Vive la vie !

Les mauvais coucheurs vont peut-être parvenir à nous démontrer que la COP21 n’aura servi à rien, ou que l’accord négocié au Bourget est insuffisant, pas assez ceci, pas assez cela…

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Ce soir j’ai simplement envie de me réjouir, de dire merci à des dirigeants, des militants, des responsables qui, à force d’obstination et de constance, sont parvenus à cet accord véritablement historique. Comme l’ont rappelé Laurent Fabius et François Hollande, l’accord de Paris n’est pas une fin, mais le début de tout ce qui reste à faire.

http://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/cop21/video-cop21-francois-hollande-vous-l-avez-fait_1218985.html

Et de la même manière que nous avions appris à économiser l’énergie après les premières  crises pétrolières des années 70 (rappelez-vous : La France n’a pas de pétrole, mais elle a des idées !), les citoyens du monde ont pris conscience que de nous tous, et pas seulement de nos gouvernants, dépend l’avenir de la planète.

Ce samedi 12 décembre devait être un beau jour. France Musique n’avait pas oublié que c’était le centenaire de Frank Sinatra (1915-1998) et j’ai retrouvé non seulement la légende Sinatra, mais aussi le ton, l’esprit unique de cette chaîne de radio indispensable, trop souvent décriée, qui pourtant a nourri des générations d’auditeurs (comme moi) et qui, dans de telles occasions, prouve qu’elle est irremplaçable. Vivement le podcast et la possibilité d’écouter ce qu’on a manqué, de réécouter ce qu’on a aimé. Et bien ressortir de sa discothèque tout le rayon Sinatra… et cette chanson qui colle bien à l’humeur de ce samedi :

Juste après avoir appris l’accord de Paris sur le climat, la soirée prévue au théâtre des Champs-Elysées s’annonçait sous d’heureux auspices.

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J’allais entendre pour la première fois « live » une artiste que je suis depuis ses premiers disques, Stacey Kent, entourée de quatre excellents musiciens, son mari Jim Tomlinson (flûte et saxophone), Jeremy Brown (contrebasse), Graham Harvey (piano), Josh Morrison (batterie), rejoints pour quelques sets par un guitariste américain,  ami de la chanteuse, en vacances à Paris… dont je n’ai pas retenu le nom !

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Une soirée intime, sur le ton de la confidence, des standards, peu de chansons nouvelles, les figures tutélaires de la bossa nova, Chopin, Henri Salvador. Une belle douceur.

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Et l’émotion palpable lorsque, pour finir, Stacey Kent rappelait ce Jardin d’hiver de Salvador (et Benjamin Biolay et Keren Ann !) qui avait marqué son premier passage il y a dix ans sur la scène de l’avenue Montaigne, et que toute la salle ce soir murmurait avec elle.