Le français bien-aimé ou malmené

Dans l’actualité, deux faits d’inégale importance qui disent le traitement qu’on réserve à la langue française.: la disparition d’une immense artiste, qui fut longtemps la doyenne de la Comédie-Française, Catherine Samie d’une part, un récent arrêt du Conseil d’Etat à propos de l’usage par la Mairie de Paris de l’écriture dite inclusive que conteste vivement l’Académie française, d’autre part;

La grande Catherine

Pourquoi ai-je immédiatement aimé Catherine Samie ? c’était ma première fois à la Comédie-Française en 1966, j’avais dix ans, et sa personne, sa personnalité, son personnage m’ont marqué à jamais. Parce qu’elle était unique, parfaite quelque soit le rôle qu’elle endossait, le registre dans lequel elle brillait. Je vais la regarder à nouveau dans les trésors rassemblés par la Comédie-Française dans ces deux coffrets :

On a l’embarras du choix : Musset (On ne badine pas avec l’amour), Feydeau (La dame de chez Maxim’s, Un fil à la patte) Molière (George Dandin, L’école des femmes, Les précieuses ridicules) pour ne citer que quelques-unes de ses « apparitions » (ah l’affreux anglicisme !) de ses cinquante ans de carrière au Français.

Au cinéma, quel chic, quel charme, quelle gouaille … !

Comment oublier ce qu’on n’appelait pas encore « série » mais feuilleton, Les Folies Offenbach,, où Catherine Samie côtoyait l’inoubliable Michel Serrault ?

Inclusif excluant

Je m’auto-cite. Extrait d’un article de mon blog Les nouveaux ridicules (24 juillet 2020)

« On n’ose même pas relever le ridicule de la décision du nouveau maire de Lyon, décision illégale (mais c’est vraiment secondaire !), d’adopter désormais l’écriture inclusive dans les actes et textes de la nouvelle municipalité. Peut-on recommander à ces nouveaux moralistes de lire cet excellent article de Wikipedia sur le langage épicène ? Peut-on rappeler à ces nouveaux élus que l’apprentissage du français si difficile pour beaucoup d’écoliers, et particulièrement pour des enfants (ou des adultes) handicapés, devient un authentique chemin de croix avec cette écriture prétendument inclusi.v.e, totalement incompréhensible et complètement… excluante ?«  »

A propos d’une décision du Conseil d’Etat que conteste l’Académie française,

je me régale (comme souvent) de lire les commentaires que Jean-Yves Masson (lire Le chaos et la beauté) publie, sur le sujet, sur sa page Facebook. D’un éditeur, critique, écrivain, poète comme lui, qui est tout sauf un vieux ronchon, on goûte à leur juste mesure ces mots :

« Pour l’instant je constate que l’écriture inclusive ne concerne que le jargon bureaucratique et de très rares médias : il s’agit uniquement d’un signe de reconnaissance, d’un code qui manifeste l’adhésion à une idéologie. Dans ce que vous dites, je ne vois pas en quoi vous ne pouvez pas faire un effort et distinguer votre unique participant masculin de l’ensemble de ses collègues femmes. Le recours aux signes inclusifs n’est absolument pas nécessaire. On peut très bien écrire : « Chers étudiants et chères étudiantes » si on veut éviter de regrouper tout le monde sous la même appellation. Ça demande juste de dépenser un petit peu d’énergie pour écrire quelques caractères de plus. Le point médian, lui, on ne sait absolument pas comment le lire. Et il y a dans votre propos une ambiguïté bien révélatrice : vos tutoriels sont-ils écrits ou oraux? Quand on s’exprime correctement comme une personne instruite, on sait très bien trouver des moyens naturels de s’adresser aux gens oralement sans blesser qui que ce soit. L’écriture inclusive n’est pas du tout un métissage ou une évolution naturelle. Elle se rapproche au contraire des lubies des incroyables et des merveilleuses du Directoire qui avaient décidé de ne plus prononcer les R, jugés intolérablement agressifs. Ça n’a duré que quelques saisons. On a déjà du mal à apprendre à écrire et à lire aux enfants, les former à l’écriture inclusive serait une complète perturbation pour eux. C’est un luxe de petits bourgeois intellectuels qui se donnent des émotions. » (Jean-Yves Masson, Facebook, 12 janvier 2026).

Et toujours humeurs et bonheurs du jour à lire dans mes brèves de blog

De l’Athénée au Grand Palais

 

Yes

Début d’année réjouissant au théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet

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IMG_8536(De précieux témoignages de la présence de Louis Jouvet dans ce théâtre qu’il dirigea de 1934 à 1951)

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Les infatigables animateurs du Palazzetto Bru Zane (lire Un joyeux anniversairey proposaient, depuis le 19 décembre, le délicieux Yes (1928) de l’un des rois français de l’opérette Maurice Yvain (1895-1974). J’avoue que jusqu’à mardi dernier, je ne connaissais de l’ouvrage que cet air savoureux :

Ne me demandez pas de choisir entre Susan Graham et Felicity Lott !

On s’amuse beaucoup de ce vaudeville qui a le rythme et la douce folie d’un Feydeau. Toute l’équipe du spectacle doit être citée et félicitée

Totte Clarisse Dalles
Loulou / Clémentine Caroline Binder
Marquita Negri Emmanuelle Goizé
Mme de Saint-Aiglefin Anne-Emmanuelle Davy
M. de Saint-Aiglefin Gilles Bugeaud
René Gavard, le roi du vermicelle Éric Boucher
Maxime Gavard, son fils Célian d’Auvigny
César Mathieu Dubroca
Roger Flannan Obé
Paul-Marie Barbier direction musicale, piano et vibraphone
Matthieu Bloch contrebasse
Thibault Perriard percussions et piano

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Il y a encore quelques dates sur leur agenda : Vichy, Charleroi, Niort, Haguenau.

Le Greco au Grand Palais

On a enfin trouvé le temps d’aller voir cette exposition annoncée comme la première grande exposition jamais consacrée en France à ce génie artistique.

82257987_10157854467463194_4281685375925092352_o(L’agonie du Christ au jardin des Oliviers, 1590)

82832377_10157854467328194_8417825408384237568_o(L’adoration des bergers, 1579)

J’ai eu la chance de voir les grandes oeuvres de ce maître si atypique, si étonnamment moderne, dans la plupart des musées que j’ai visités dans le monde, Tolède bien sûr (où Le Greco a vécu, travaillé et connu la gloire puis la ruine durant près de quarante ans, de son arrivée en Espagne à sa mort en 1614), Madrid, New York, Paris, Londres, Edimbourg récemment.

La rétrospective proposée par le Grand Palais à Paris ne manque pas d’intérêt, ni de pertinence pédagogique. D’où vient cette impression qu’il y manque une dimension, l’absence de certaines grandes toiles, comme L’enterrement du comte d’Orgaz ?

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Mais les chefs-d’oeuvre ne manquent pas, et on aurait tort de ne pas visiter l’exposition.

IMG_8564(Portrait du cardinal Nino de Guevara – vers 1600)

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Toulouse-Lautrec

On ne s’ennuie jamais à lire le jargon des commissaires d’expositions ! L’exposition Toulouse-Lautrec que présente le Grand Palais jusqu’au 27 janvier ne déroge pas à cette crispante habitude qu’ont les grands musées publics de tenir à distance les manants incultes que nous sommes, nous pauvres visiteurs en quête de beauté et d’un peu de culture, par l’emploi de ce langage de spécialistes pour spécialistes.

« Depuis 1992, date de la dernière rétrospective française de l’artiste, plusieurs expositions ont exploré les attaches de l’oeuvre de Toulouse-Lautrec avec la « culture de Montmartre ».

Cette approche a réduit la portée d’un artiste dont l’œuvre offre un panorama plus large.

L’exposition du Grand Palais – qui réunit environ 225 oeuvres – veut, à la fois, réinscrire l’artiste et dégager sa singularité (!!)

Si l’artiste a merveilleusement représenté l’électricité de la nuit parisienne et ses plaisirs, il ambitionne de traduire la réalité de la société contemporaine dans tous ses aspects, jusqu’aux moins convenables.

L’exposition montre enfin comment cet aristocrate du Languedoc, soucieux de réussir, a imposé son regard lucide, grave et drôle au Paris des années 1890 et pourquoi Toulouse-Lautrec s’inscrit comme un précurseur de mouvements d’avant-garde du 20e siècle, comme le futurisme »

Mieux vaut en sourire…

Quoi qu’en dise la présentation, cette expo donne à voir et revoir le Toulouse-Lautrec qu’on a déjà vu cent fois, l’affichiste, l’illustrateur, le peintre de Pigalle et Montmartre. On n’apprend rien de neuf, même si on a plaisir à découvrir quelques toiles moins connues en Europe.

IMG_8620(Portrait de Toulouse-Lautrec par Henri Rachou, 1893)

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IMG_8648(Jane Avril dansant, 1892)

IMG_8644(Le divan, 1893, musée de Sao Paulo)

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IMG_8640(Clownesse Cha-U-Kao, 1895)

IMG_8635(Au Moulin Rouge, 1892-95, Chicago Art Institute)

IMG_8632(Bal du Moulin de la Galette, 1889)

IMG_8630(Portrait du Docteur Bourges, 1891, Pittsburgh Carnegie Museum)

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IMG_8626(Carmen Gaudin, 1884, Williamstown)

 

Théâtres

On ne résiste pas à Feydeaudont les origines, la vie et la mort sont d’invraisemblables scènes de théâtre.

Georges Feydeau est officiellement le fils de l’écrivain Ernest Feydeau et de Léocadie Boguslawa Zalewska, en réalité selon les dires de sa mère, le fils de Napoléon III. Ou du demi-frère de l’empereur, le duc de Morny, lui-même descendant illégitime de Talleyrand  !

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Il puise son inspiration de sa vie de noctambule triste, notamment chez Maxim’s, au cours de laquelle il perd beaucoup d’argent au jeu, prend de la cocaïne dans l’espoir de stimuler ses facultés créatrices et trompe son épouse avec des femmes et, peut-être, des hommes. Il écrit plusieurs pièces en collaboration, notamment avec Maurice Desvallières7.

Après le succès de Tailleur pour dames en , Feydeau connaît une autre période difficile. Ses œuvres suivantes, (La Lycéenne, Chat en poche, L’Affaire Édouard…), ne reçoivent au mieux qu’un accueil tiède. La consécration vient en avec le succès retentissant des pièces Monsieur chasse !, Champignol malgré lui et, dans une moindre mesure, Le Système Ribadier, œuvres qui lui valent le titre de « roi du vaudeville ». Dès lors, Feydeau enchaîne les réussites : L’Hôtel du libre échange et Un fil à la patte en , Le Dindon en , La Dame de chez Maxim en , La main passe en , Occupe-toi d’Amélie en 4.

Collectionneur d’art, il fera notamment l’acquisition du tableau La Neige à Louveciennes d’Alfred Sisley lors de la vente Armand Doria par la Galerie Georges Petit en

En septembre 1909, après une violente dispute avec la coquette Marie-Anne, qui a pris un amant, il quitte le domicile conjugal du 148 rue de Longchamp (cette séparation aboutit au divorce en février 1916) et prétextant les embarras d’un déménagement, s’installe pour quelques jours dans un palace tout proche de la gare Saint-Lazare, le Grand Hôtel Terminus, chambre 189, rue de Londres. 

Ce lieu devient son domicile pour une dizaine d’années et les murs de sa chambre accueillent des œuvres d’artistes devenus à la mode comme Van Gogh ou Utrillo mais il a vendu la majeure partie de son importante collection. Dans cet hôtel, il commence à s’intéresser aux petits grooms de service et en fait apparaître dans ses pièces.

À la suite de sa séparation conjugale, Feydeau renouvelle le genre du vaudeville par une étude plus approfondie des caractères dans ses comédies de mœurs en un acte, montrant notamment la médiocrité des existences bourgeoises dont il trouve l’origine dans son propre environnement et qu’il tourne en ridicule : On purge bébé (), Mais n’te promène donc pas toute nue ! (). Il est le plus souvent question d’intrigues tournant autour du trio du mari cocu, de la femme infidèle et de l’amant, dont les turpitudes divertissent les spectateurs.

Très aimé de ses contemporains et des autres auteurs, il est témoin avec Sarah Bernhardt, le , au mariage d’Yvonne Printemps et Sacha Guitry, un ami qui le visitera quand il sera interné pour des troubles psychiques dus à la syphilis contractée par le biais d’une jeune travestie dans la clinique du docteur Fouquart à Rueil-Malmaison, pavillon des Tilleuls

Durant un séjour de deux ans dans ce sanatorium où il est soigné par le docteur Bour, Feydeau est atteint tour à tour de surmenage, de délire, de mégalomanie, de paranoïa, il parle aux objets… On essaie de le traiter avec les moyens de l’époque : douches froides, bromure, chloral, sédatifs. Puis on grillage la fenêtre de sa chambre. Il meurt à l’âge de 58 ans, ses funérailles ont lieu à l’église de la Trinité et il est enterré au cimetière Montmartre auprès de son père.

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On ne résiste pas à Feydeau, mais Feydeau résiste à l’usure du temps, aux changements d’époque, parfois même aux « adaptations » qu’on lui fait subir.

Le traitement que Zabou Breitman réserve à La Dame de chez Maxim, qui fait salle comble depuis des semaines au théâtre de la Porte Saint-Martin à Paris, m’a laissé partagé.

D’abord le rôle de la Môme Crevette confié à Léa Drucker ! Un contre-emploi où personne ne l’attendait. Plutôt réussi. Chapeau l’artiste !

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On s’interroge, en revanche, sur les coupures qu’aurait pratiquées la metteuse en scène, et surtout sur le recours au travestissement qu’elle opère pour la scène de la noce à la campagne. 74597731_10157688036583194_6477029588261142528_n

Pourquoi rajouter des effets comiques à une mécanique déjà parfaitement réglée par Feydeau lui-même? On ne voit pas ce que cela apporte, en dehors de faire sourire – timidement – la salle.

En revanche, toute la distribution est à louer, à commencer par Anne Rotger, impayable épouse, bigote, trompée, par son grand dadais de mari, Micha Lescot. André Marcon campe un général que sa propre caricature finit par entraîner dans un fou rire communicatif. Tous les autres à l’avenant.

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Autre théâtre humain, celui dont la reine Elizabeth est le coeur, celui que dépeint l’excellente série The Crown dont on attendait avec impatience la saison 3.

Il va de soi que The Crown court continûment le risque de verser dans l’élégie ou l’apitoiement à l’égard de personnages que rien ne porte à plaindre a priori. Mais son créateur, Peter Morgan, parvient la plupart du temps à contourner cet écueil, que ce soit par l’humour, la peinture des défaillances des personnages royaux ou, plus encore, au travers du spectre politique britannique que le premier ministre vient dépeindre chaque semaine à la reine. Par ailleurs, la structuration des épisodes et l’intelligence de la mise en scène (notamment dans l’épisode 1) en font une série qui n’innove en rien, mais reste remarquable. (Le Monde, 16 novembre 2019)

RellikL’actrice Olivia Colman incarne Elizabeth II parvenue à la quarantaine.

 

Le goût du piano

Encore un parfait petit livre à offrir, dans cette épatante collection du Mercure de France, Le goût de… (format de poche, 8 €)

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Nul besoin d’apprendre à en tirer des sons, il suffit d’en effleurer les touches pour qu’il se mette à chanter. Juste. En cela, le piano se distingue des autres instruments. Ses quatre-vingt-huit touches, offertes en un regard, suggèrent toutes les combinaisons possibles, innombrables, passées et à venir, de la musique occidentale. Complet, imposant, solitaire, le piano est l’instrument du virtuose et l’outil du chef d’orchestre, capable de condenser toute la complexité d’un opéra, d’une symphonie. Le piano fascine, et pas seulement les musiciens : Flaubert, Fontane, Feydeau, comme Tolstoï, Zola, Sand ou Verlaine ont composé non pas pour, mais sur et avec lui. Interprètes et compositeurs eux-mêmes ont cédé au plaisir d’en parler. Mozart d’abord, puis Berlioz, Schumann, Liszt et bien d’autres encore. Tout le XIXᵉ siècle a résonné de ce nouvel instrument, massif, lascif, magique. Le XXᵉ siècle est resté sous son charme, Vian, Sagan, Colette ou Duras en témoignent. Quant aux écrivains du XXlᵉ siècle, tels Echenoz ou Barnes, ils continuent à en porter l’écho. (Présentation de l’éditeur)

Cécile Balavoine a fait un heureux choix de textes, comme le portrait de Debussy par Colette, ou celui de Chostakovitch par Julian Barnes, une lettre de Mozart à son père sur les pianos de Stein à Augsbourg, et tant d’autres signés Tolstoi, Boris Vian, Marguerite Duras, Mörike…

En écho à La Sonate à Kreutzer, la célèbre nouvelle de Tolstoi (citée dans ce livre), une version de la sonate de Beethoven, qui ne laissera pas indifférent.

Post scriptum à mon billet d’avant-hier : Le lièvre au pays des malicesCet aphorisme du grand pianiste Alfred Brendel:

The word LISTEN contains the same letters as the word SILENT

Hautes figures

Je l’ai lue. Puis je l’ai écoutée. Entendue. Et enfin rencontrée. Il était tellement aisé d’aimer sa pensée et sa personne. Et la voilà partie…
C’est ainsi que Christiane Taubira rend le plus poétique et doux des hommages à Françoise Héritier, l’anthropologue disparue mercredi, le jour de son 84ème anniversaire (lire son papier dans Le Monde Un esprit libre et opiniâtre).

J’avais bien aimé la sensualité et la légèreté qui se dégageaient de ce Goût des mots.

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Françoise Héritier poursuit ici son exploration tout en intimité et en sensualité de ce qui fait le goût de l’existence.
Elle nous invite à retrouver nos étonnements d’enfance, quand la découverte des mots, à travers leur brillance, leur satiné, leur rugosité, s’apparentait à celle de la nature et des confitures.
À travers les mots, c’est le trésor caché s’établissant en nous entre les sons, les couleurs, les saveurs, les touchers, les perceptions et les émotions qu’elle nous convie ici à redécouvrir.
À chacun, à son tour, à partir de quelques mots, de trouver la richesse de l’univers intime qu’il porte en soi. (Présentation de l’éditeur).

L’autre haute figure de notre mémoire vive, qui nous a quittés hier, est Robert Hirsch.

Eric Ruf, administrateur de la Comédie-Française : »Il a incarné cette maison. Si vous demandez aux gens de citer un grand acteur de la Comédie-Française, beaucoup vont vous dire Robert Hirsch. C’était un acteur rare, singulier, capable de tout jouer, il y avait de la folie en lui qui en faisait un caractère comique et tragique en même temps, il était l’acteur protéiforme par excellence. »

C’est d’ailleurs à l’occasion d’un hommage au doyen de la troupe Louis Seigner, que Robert Hirsch livre cette séquence-culte en 1974 :

Cette autre séquence de 1956 démontre l’incroyable versatilité des dons du comédien disparu :

On peut retrouver Robert Hirsch dans une partie des grands rôles qu’il a interprétés au Théâtre-Français dans ces DVD, notamment l’inénarrable Bouzin du Fil à la patte.

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On espère que les chaînes du service public auront à coeur de rediffuser quelques-uns de ces trésors.