Le danseur et la philosophe

Comme souvent des lectures parallèles, poursuivies au gré des circonstances, et qui n’ont aucun rapport entre elles.

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Je n’appartiens pas au club des fidèles de Philippe Grimbert, j’ai plus été attiré par le sujet que par l’auteur. Mais l’exercice est réussi. Ce n’est pas exactement un livre de plus sur le danseur star du XXème siècle. Quand le romancier emprunte les traits d’un psychanalyste, la fiction devient troublante réalité.

De retour de sa première visite en Russie depuis son célèbre saut vers la liberté, le danseur étoile Rudolf Noureiev, mal dans sa peau, consulte Tristan Feller, psychanalyste du Tout-Paris. Le thérapeute est rapidement déstabilisé par la personnalité hors du commun de « Rudik », qui impose un cours peu orthodoxe à la cure : plongée dans l’histoire d’une légende vivante mais aussi affrontement entre les deux hommes durant lequel se déploient jeux de pouvoir et de fascination.

L’essai de Mazarine Pingeot, pour n’avoir pas la palme de l’originalité, présente le double avantage de l’expertise et de l’expérience. Expertise parce que l’auteur opère une synthèse réussie des idées brassées partout et par tous depuis l’apparition des systèmes d’information instantanée, expérience parce que le fille longtemps cachée de François Mitterrand sait de quoi il retourne en matière de secret et de transparence !

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De la presse à scandale à la téléréalité, de la vie de nos dirigeants politiques au traitement de l’information, des nouvelles technologies aux réseaux sociaux, l’exigence de transparence s’est imposée dans tous les domaines, gommant subrepticement la frontière entre espace privé et espace public. Entre injonction morale et fantasme de contrôle absolu, le règne de l’image et du tout-visible ne risque-t-il pas de nous conduire à la lisière du totalitarisme ?

P.S. Après avoir écrit sur ce blog Non merci, je dois reconnaître la performance artistique de certains joueurs de foot comme le but marqué par Dimitri Payet le soir de France-Roumanie. Pour le reste, la banalisation des images, match après match, des bagarres rangées de supporters dans les rues de Marseille ou de Lille ou d’ailleurs, n’est pas près de me faire changer d’avis…

Non merci

L’abstention n’a jamais été mon choix comme citoyen. Mais pendant un mois je vais m’abstenir. Ou essayer, cerné que je serai par tous les médias et réseaux sociaux qui ne parlent déjà plus que de cela : l’Euro 2016.

Après avoir vu Pièces à conviction hier soir, lu la brillante interview de Zlatan Ibrahimovic dans Le Monde, et n’en déplaise à mon ami Jacques Vendroux, je confirme : Non merci !

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Qu’on ne vienne pas me vanter les vertus du sport, je les connais et je les pratique. J’en avais étonné plus d’un jadis quand, adjoint à la Culture de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) – et seul de la Municipalité –  j’avais participé chaque année aux épreuves du Club des nageurs, avec un palmarès honorable.

Mais à peu près tout ce que charrie le foot devenu un spectacle de masse, un business incroyablement juteux, le symbole d’une corruption massive et organisée, me révulse. On est loin, si loin de l’esprit sportif prôné par Pierre de Coubertin, quand on voit le comportement « normal » des supporters, on n’évoque même pas le phénomène des hooligans.

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