C’est un exercice auquel je refuse de me livrer, même si j’y suis parfois contraint : comment décrire une voix humaine, a fortiori chantante ? On en est réduit à des images, à des adjectifs dont la banalité le dispute souvent à l’inexactitude.
Une centenaire solaire
Victoria de Los Angeles est née, il y a cent ans, le 1er novembre 1923 à Barcelone et morte le 15 janvier 2005 dans sa ville natale. Warner a eu la bonne idée de lui dédier un coffret copieux, qui ne contient à ma connaissance aucun inédit, mais qui résume bien la carrière exceptionnelle de cette voix sensuelle, gorgée de lumière, qui s’était confiée au micro de Jean-Michel Damian sur France Musique à l’occasion de ses 70 ans : Mémoire retrouvée, Victoria de Los Angeles. J’ai pour ma part le souvenir d’un récital donné à Cannes, à l’occasion du MIDEM, à l’automne 1993, récital capté par France Musique : les craintes de l’équipe technique, et la mienne, avaient été levées dès les premiers instants. La cantatrice savait parfaitement ce qu’elle pouvait encore chanter, à un âge où ses consoeurs avaient depuis longtemps renoncé, et ce fut un éblouissement constant.
J’évoquais l’été dernier les circonstances particulières de l’enregistrement de l’un des plus beaux disques de Carmen de Bizet – L’impossible Carmen –
Je ne vais pas me livrer au petit jeu des préférences : tout est admirable dans cette boîte. Quelques-uns des trésors qui font mon bonheur depuis des lustres :
Dans ce Ravel, on ne sait qu’admirer le plus : la diction, le timbre, la souplesse de la voix…
Jessye enfin
Bien plus que Victoria de Los Angeles, Jessye Norman (1945-2019) a été, dès mes premiers émois musicaux, la compagne de mon éducation à l’univers de la voix, de la mélodie, de l’opéra même, comme je l’ai raconté ici lorsqu’elle a disparu il y a quatre ans : Les chemins de l’amour .
Ce coffret récapitulatif de ses enregistrements de studio (à l’exception des intégrales d’opéra) avait été annoncé il y a plus de deux ans – lire Disques fantômes, et on avait fini par penser qu’il ne sortirait jamais. Finalement, commandé vendredi (sur un site italien), reçu samedi, je l’ai ouvert et découvert comme un enfant à qui on aurait fait le plus beau cadeau de Noël. Il n’y a là pourtant rien que je ne connaisse déjà, que j’ai précieusement collectionné au fil des ans, à part peut-être The Child of our time de Tippett, dirigé par Colin Davis, qui m’avait échappé. Il y a des doublons, mais on ne fait pas la fine bouche quand la 9e de Beethoven est dirigée par Levine ou Böhm, la 3e de Mahler par Abbado et Ozawa, ou encore quand se présentent deux versions du Chant de la Terre de Mahler (avec une préférence pour celle de James Levine et le trop rare et magnifique Siegfried Jerusalem)
Comme pour le coffret Los Angeles, une somme admirable qui rend justice à l’une des plus extraordinaires musiciennes de la fin du XXe siècle, voix de bronze et d’ambre d’une puissance inégalée.
Détails du coffret :
CD1 Schubert & Mahler Lieder CD2 Schumann: Frauenliebe und -leben Op. 42; Liederkreis, Op.39 CD3 Les Chemins de l’amour – Songs By Duparc, Ravel, Poulenc & Satie CD4 Brahms: 12 Lieder CD5 Brahms: 29 Lieder CD6 Brahms: 23 Lieder CD7 Schubert: 12 Lieder CD8 Richard Strauss: 20 Lieder CD9 Live at Hohenems CD10 Live in Europe CD11 Salzburg Recital CD12 Tippett: A Child Of Our Time CD13 Jessye Norman sings Wagner CD14 Mahler: Songs from « Das Knaben Wunderhorn » (dir. Bernard Haitink avec John Shirley-Quirk) CD15 Schoenberg: Gurrelieder CD16 Schoenberg: Gurrelieder (dir. Seiji Ozawa) CD17 Berlioz: Les Nuits d’été; Ravel: Shéhérazade CD18 Beethoven: Symphony No.9 in D minor, Op.125 – « Choral » (dir. Karl Böhm CD19 Mahler: Das Lied von der Erde (dir. Colin Davis avec Jon Vickers) CD20 Mahler: Symphony No.3 in D minor CD21 Mahler: Symphony No.3 in D minor (dir. Claudio Abbado) CD22 Richard Strauss: Four Last Songs CD23 Beethoven: Symphony No.9 in D minor, Op.125 – « Choral » (dir. James Levine) CD24 Wagner: Tristan und Isolde excerpts; Siegfried Idyll; Overture « Tannhäuser » CD25 Live at Notre Dame CD26 Beethoven: Missa Solemnis, Op.123 CD27 Beethoven: Missa Solemnis, Op.123 (dir. James Levine) CD28 Schoenberg: Erwartung; Cabaret Songs CD29 Mahler: Symphony No.3 in D minor CD30 Mahler: Symphony No.3 (dir. Seiji Ozawa) CD31 Mahler: Das Lied von der Erde (dir. James Levine avec Siegfried Jerusalem) CD32 Spirituals CD33 Sacred Songs CD34 A Great Day in the Morning CD35 Spirituals in Concert CD36 Christmastide CD37 In the Spirit – Sacred Music for Christmas CD38 With a Song in My Heart CD39 Lucky To Be Me CD40 I Was Born in Love with You CD41 Mahler: Kindertotenlieder; Lieder eines fahrenden gesellen; Wagner: Wesendonck Lieder CD42 Berlioz: La Mort de Cléopatre; Brahms: Alto Rhapsody; Bruckner: Te Deum
DVD1: Jessye Norman Recital DVD2: Jessye Norman at Christmas DVD3: Jessye Norman A Portrait
Cet été j’ai pas mal voyagé et donc écouté beaucoup de musique. Une programmation aléatoire m’a fait entendre deux versions de la Première symphonie de Rachmaninov et m’a, du même coup, rappelé une promesse que je m’étais faite d’établir quelques discographies des oeuvres du compositeur russe, né il y a 150 ans et mort il y a 70 ans.
Les heureux Parisiens auront la chance de pouvoir l’entendre fin octobre à la Philharmonie avec l’orchestre « rachmaninovien » par excellence, celui que dirigea le compositeur lui-même et avec lequel il enregistra plusieurs de ses oeuvres, l’orchestre de Philadelphie et son actuel chef Yannick Nezet-Seguin
En attendant, revue de quelques versions -de ma discothèque- pas toujours les plus connues :
Lorin Maazel, Orchestre philharmonique de Berlin (DG)
Une fois de plus, ce n’est pas spontanément qu’on associe Rachmaninov à un chef comme Lorin Maazel. Et pourtant sa gravure des trois symphonies avec Berlin est plus qu’intéressante, elle a été heureusement rééditée dans le coffret presque complet des enregistrements DGG du chef américain disparu en 2014.
2. Walter Weller, Orchestre de la Suisse Romande (Decca)
A l’occasion du décès du violoniste et chef viennois Walter Weller (1939-2015) en juin 2015, j’avais écrit ceci :
« Quelques années plus tôt, j’avais acheté au marché aux puces de St Ouen un coffret de 3 33 tours des Symphonies de Rachmaninov et j’avais été fasciné par la 1ere symphonie (plus, à l’époque, que par les 2e ou 3emes) et par la beauté de la version de….Walter Weller et de l’Orchestre de la Suisse Romande, une captation Decca réalisée en 1971 au Victoria Hall de Genève.
Je me dis que jamais plus je n’aurais l’opportunité d’entendre « en vrai » l’oeuvre et les interprètes de ce disque, si je ne demandais pas à Walter Weller de reprendre cette 1ere symphonie de Rachmaninov vingt ans après cet enregistrement. Il fut d’abord très surpris de ma demande – peut-être n’avait il jamais plus redonné l’oeuvre en concert depuis l’enregistrement ?!, moi-même j’ai dû attendre 2007 et l’enthousiasme de Patrick Davin pour la reprogrammer à Liège ! –
Inutile de dire que ce concert genevois de Walter Weller m’est resté en mémoire (d’autant plus que le Berg donné en première partie avait pour soliste un Pierre Amoyal au sommet de ses moyens).
3. Vladimir Ashkenazy, Concertgebouw Amsterdam (Decca)
Autant je suis loin d’être convaincu par le pianiste Ashkenazy – qui a beaucoup, trop, enregistré – autant je lui reconnais pas mal de belles réussites comme chef d’orchestre, en particulier dans l’oeuvre symphonique de Rachmaninov, où il bénéficie de surcroît du somptueux Concertgebouw d’Amsterdam
4. Charles Dutoit, orchestre de Philadelphie (Decca/Newton)
Ce n’est pas – et de loin – la part la plus connue de la discographie du chef suisse, et pourtant la quasi-intégrale symphonique Rachmaninov que Charles Dutoit a enregistrée l’a été à Philadelphie et compte pour moi parmi les plus inspirées.
5. Zoltan Kocsis, Orchestre national de Hongrie (Budapest Music Center)
Lorsque j’avais rendu hommage à Zoltan Kocsis, le grand pianiste hongrois disparu en novembre 2016, j’avais évoqué, trop brièvement, son activité de chef d’orchestre. La dernière fois que je m’étais rendu à Budapest (et que j’avais encore trouvé un magasin de disques !) j’avais pu acheter ce CD, comportant… la Première symphonie de Rachmaninov !
Je n’ai malheureusement pas trouvé de vidéo de cet enregistrement… mais je le recommande très chaudement. Comme on a toujours chaleureusement recommandé Kocsis dans les concertos de Rachmaninov…
6. Mikhail Pletnev, Orchestre national de Russie (DGG)
Le pianiste Mikhail Pletnev est, de mon point de vue, aussi génial au clavier que sur le podium du chef. Il ne laisse personne indifférent, et c’est pour cela qu’on l’admire.
Il a aussi gravé les trois symphonies de Rachmaninov, et ses partis-pris dans la 1ere peuvent déconcerter autant que passionner l’auditeur.
Pour ne pas encourir le reproche que d’aucuns de mes lecteurs ne manqueraient pas de me faire, je précise que les versions que j’ai retenues ici n’excluent pas évidemment les références que sont Ormandy, Jansons, Svetlanov, et qui demeurent chères à mes oreilles !
Petite série estivale pendant que ce blog prend quelques distances avec l’actualité, quelques disques enregistrés en été, tirés de ma discothèque : épisode 9.
Lucerne et son festival au coeur de la Suisse ont sans doute compté pour beaucoup dans ma destinée professionnelle, sans que j’en aie rien deviné quand j’y ai travaillé à l’été 1974 (lire : La découverte de la musique)
Ce fut aussi le dernier refuge musical de Claudio Abbado (1933-2014), là où il livra ses dernières forces dans des interprétations épurées, comme déjà détachées des souffrances terrestres. Comme cette Première symphonie de Bruckner, captée le 17 août 2012, quelques mois avant la mort du chef italien.
Intéressant de noter que cette première symphonie, pas si fréquente ni au concert ni au disque, a été l’un des premiers enregistrements du tout jeune Abbado avec l’orchestre philharmonique de Vienne en 1970
Depuis 1990, le festival de Cannes est identifié par ce générique musical :
Il s’agit d’un extrait – Aquarium – d’une oeuvre, la plus célèbre de son auteur, qui a failli ne jamais voir le jour…
En effet, lorsque Saint-Saëns écrit son Carnaval des animaux, c’est pour une circonstance particulière, et dans son esprit c’est une pochade qui n’a surtout pas vocation à la postérité. L’oeuvre est créée en auditions privées le 9 mars 1886 à l’occasion du Mardi gras par et chez le violoncelliste Charles Lebouc, puis redonnée le 2 avril 1886 chez Pauline Viardot en présence de Franz Liszt. Puis Saint-Saëns en interdit l’exécution de son vivant (à l’exception du Cygne ) craignant sans doute d’abîmer l’image de sérieux qui s’attache à sa personne et à son oeuvre, C’est d’ailleurs la même année, 1886, le 19 mai, qu’est créée à Londres l’autre « tube » de Saint-Saëns, sa symphonie n° 3 avec orgue ! Il faudra donc attendre 1921 et la mort du compositeur pour que Le Carnaval des animaux soit donné en public dans son intégralité, les 25 et 26 février 1922 sous la direction de Gabriel Pierné.
Des trilles de piano et des montées de violons et de violoncelles. Marche très majestueuse, en do majeur pour les premiers accords, en la pour la suite, sur un rythme très strict. Quelques montées chromatiques de piano, puis d’autres aux instruments à cordes qui imitent les rugissements du lion, d’une manière qui n’est guère terrifiante, mais qui jouent un peu sur le tableau de l’inquiétude. Le mouvement finit sur une gamme chromatique ascendante puis descendante de la mineur. L’ambiance générale est celle d’un ballet.
II – Poules et Coqs
Exemple de musique purement imitative, ce caquetage concertant, auquel vient s’ajouter la clarinette, est un morceau de bravoure. Très ironique, avec des notes dont la venue est quasiment incohérente aux cordes, imitant les caquètements ; ce passage amuse toujours les plus petits par son caractère imitatif. Inspiré de La Poule de Jean-Philippe Rameau.
III – Hémiones (ou Animaux véloces)
Uniquement au piano, très rapide, à base de gammes exécutées tambour battant, cela rend la course véloce de ces ânes sauvages du Tibet.
IV – Tortues
Le thème, bien évidemment lent, est interprété par les violoncelles et les altos. Saint-Saëns met en place une opposition rythmique entre le piano en triolets et le thème binaire en croches. Ce passage s’inspire du célèbre galop d’Orphée aux Enfers, dont Saint-Saëns n’a retenu que le thème. Le ralentissement extrême du rythme (échevelé chez Offenbach) produit un effet des plus savoureux.
V – L’Éléphant
Ce mouvement est lui aussi comique de manière très directe. Le thème, lent, est tenu par la contrebasse, soutenue par des accords de piano. On note un nombre important de modulations à partir de mi bémol majeur. Ce morceau est une citation de la Danse des sylphes de La Damnation de Faust de Berlioz ; très aérien dans sa version originale, il devient pachydermique chez Saint-Saëns. Il s’est aussi inspiré du Songe d’une nuit d’été de Felix Mendelssohn.
VI – Kangourous
Le piano alterne joyeusement des accords avec appoggiatures, ascendants puis descendants, et des passages plus lents, où sans doute l’animal est au sol…
VII – Aquarium
Célèbre thème, tournoyant et scintillant, évoquant le monde des contes de fées et pays imaginaires, avec des notes de l’harmonica de verre ― souvent jouées au glockenspiel ou au célesta ― et des arpèges descendants de piano.
VIII – Personnages à longues oreilles
Très évocateur, cet épisode, joué au violon, utilise les harmoniques aiguës et des tenues basses. Dans certaines interprétations, on jurerait entendre les braiements de l’âne.
IX – Le Coucou au fond des bois
C’est un mouvement très satirique, où la clarinette a le privilège de répéter vingt-et-une fois le même motif, sur les mêmes deux notes, alors que le piano mène la mélodie seul par des accords lents…
X – Volière
Mouvement très gracieux, où le thème est tenu presque exclusivement par la flûte, soutenue par des tremolos discrets des cordes et des pizzicatos.
XI – Pianistes
Autre passage, très humoristique, qui donne lui aussi dans la caricature. Les pianistes ne font que des gammes, ascendantes et descendantes, dans les tonalités majeures à partir de do, entrecoupées par des accords des cordes. Ce morceau peut être exécuté de différentes façons, selon la manière dont les musiciens interprètent la mention portée par Saint-Saëns sur la partition : « Dans le style hésitant d’un débutant ». Ils peuvent ainsi se permettre de se décaler l’un par rapport à l’autre et de jouer des fausses notes.
Il faut rappeler que Saint-Saëns était l’un des plus grands virtuoses de son temps !
XII – Fossiles
Passage parodique évoquant, outre les animaux disparus, les vieux airs d’époque. La clarinette reprend l’air célèbre du Barbier de Séville de RossiniUna voce poco fa. Le compositeur plaisante même avec sa propre Danse macabre, rendue gaie pour l’occasion ! Le thème est joué au début par le xylophone et le piano, avec des pizzicati des cordes. On entend aussi très clairement un fragment de Au clair de la Lune, joué par la clarinette, ainsi que les notes gaies de Ah vous dirais-je maman, deux chansons enfantines, puis, enchaîné à l’air du Barbier, un passage de Partant pour la Syrie, chanson populaire d’époque napoléonienne, dont la mélodie est attribuée à la reine Hortense.Saint-Saëns parodie particulièrement les artistes sans talent, en mettant bout à bout ces airs anciens, ajoutant même un passage fugué, du « remplissage » utilisé par les compositeurs en manque d’imagination.
Peut-être le mouvement le plus connu de toute la pièce, en tout cas le seul qui a l’honneur d’être parfois joué seul, c’est un magnifique solo de violoncelle soutenu par le piano, très poétique et sans doute sans humour ni caricature d’un quelconque excès de lyrisme propre aux cordes.
XIV – Final
Ce dernier morceau équivaut à la parade des fins de revue. Entamé par la reprise des trilles des pianos du 1er mouvement, il développe lui aussi un thème maintes fois repris plus tard sur d’autres supports. Ledit thème s’appuie sur une descente de basse par figure de marche. On y voit réapparaître plus ou moins brièvement les animaux dans l’ordre suivant : les hémiones (avec des accords scandés par les cordes), les fossiles (notamment par l’utilisation plus importante du xylophone), les poules et coqs, les kangourous, les ânes et, implicitement par la tonalité, le lion.
Et comme pour prouver que ce Carnaval des animaux n’est pas 1. réservé aux enfants 2. l’apanage des musiciens français, je veux citer ici des versions dirigées par des chefs étrangers- tirées de ma discothèque – parfois surprenantes, qui toutes attestent du génie universel de son auteur.
Quand je parle de chefs, j’évoque bien sûr seulement la version pour orchestre d’une oeuvre écrite au départ pour un ensemble de 11 instrumentistes (2 violons, 1 alto, 1 violoncelle, 1 contrebasse, 1 flûte, 1 clarinette, 2 pianos, 1 xylophone, 1 harmonica de verre ou, le plus souvent, 1 célesta) et qui, dans cette formation, bénéficie de quantité de versions discographiques éminentes.
C’est évidemment Bernstein lui-même, fabuleux pédagogue, qui présente le Carnaval des Animaux
Karl Böhm, Orchestre philharmonique de Vienne (1975)
S’il y a un nom qu’on ne s’attend pas à trouver dans cette oeuvre, c’est bien celui de Karl Böhm, et c’est pourtant l’une des plus grandes versions de l’oeuvre, que je place en toute première place dans mes références (tout comme son Pierre et le Loup qui y est couplé)
Dans la version allemande, c’est le fils du chef, l’acteur Karlheinz Böhm qui fait le récitant, dans la version française devenue très difficile à trouver, c’est le comédien Jean Richard.
Le chef suisse qui fut longtemps le seul à avoir gravé les poèmes symphoniques de Saint-Saëns, donne ici une version très poétique du Carnaval
Carl Eliasberg, Orchestre philharmonique de Leningrad (1951)
Sans doute la version la plus inattendue de ma discothèque, celle conduite par le chef russe Carl Eliasberg (1907-1978), avec, excusez du peu, comme pianistes Emile Guilels et Yakov Zak, qui s’en donnent à coeur joie dans ces Hémiones. Je sais que cette version est disponible en numérique, la mienne figure dans le magnifique coffret édité par Melodia pour le centenaire de Guilels (voir tous les détails ici)
Assez étrangement, cette version est l’une des plus « sérieuses », même si les solistes de l’orchestre de Boston sont superlatifs.
Skitch Henderson, London Symphony Orchestra (1960)
Skitch Henderson (1918-2005) a un peu le même profil qu’Arthur Fiedler. Né en Angleterre de formation classique, il a fait l’essentiel de sa carrière aux Etats-Unis comme chef de « musique légère ». Ici, il a un duo de pianistes de première catégorie, rien moins que Julius Katchen et Gary Graffman !
Ion Marin, Orchestre symphonique de Hambourg (2019)
De nouveau, ici, ce n’est pas tant la personnalité du chef que celle des deux pianistes – Martha Argerich et Lilya Zilberstein – qui fait l’intérêt de cette toute récente version captée à Hambourg, où la pianiste argentine a déménagé ses pénates depuis la fin de ses années Lugano.
Aux côtés de l’épouse du chef russe, Victoria Postnikova, le pianiste français Jean-François Heisser, dans un Aquarium bien languide
Felix Slatkin, Concerts Arts Orchestra (1953)
On a déjà dit ici tout le bien qu’on pense du légendaire animateur des concerts d’été du Hollywood Bowl à Los Angeles, Felix Slatkin (1915-1963) père du chef Leonard Slatkin (lire Felix à Hollywood)
Martin Turnovsky, Orchestre symphonique de Prague (1961)
J’aime infiniment cette version pragoise qui respecte autant l’esprit que la lettre de cette « fantaisie zoologique »
Une version due à l’un des grands chefs tchèques du XXème siècle, Martin Turnovsky (1928-2021), auquel j’avais consacré un portrait – voir ici – lorsque Supraphon a eu la bonne idée de nous restituer plusieurs de ses grands enregistrements, dont ce Carnaval des animaux
Maïwenn et la Dubarry
Et puisque le film Jeanne du Barry ouvre le festival de Cannes 2023 ce mardi soir
un souvenir et une recommandation musicale.
Le souvenir, je l’ai raconté ici (lire Inattendus) : en mai 2016, je me suis retrouvé assis à côté de Maiwenn à l’occasion d’un « stage de sensibilisation routière ». Moment délicieux, vraiment inattendu.
La recommandation musicale, c’est l’opérette de Carl Millöcker, Gräfin Dubarry (La comtesse Dubarry), créée le 31 octobre 1879 à Vienne au Theater an der Wien, revue, « actualisée » par Theo Mackeben en 1931, et depuis lors plus souvent jouée sous le titre « Die Dubarry (La Dubarry)«
Le coffret, commandé il y a plusieurs semaines, est arrivé ce vendredi, que les chrétiens célèbrent comme le Vendredi Saint, commémoration de la Passion du Christ.
Le « hasard » n’en est pas un, s’agissant d’un musicien qui a tant oeuvré pour Bach, donné certaines des plus grandes versions des Passions du Cantor de Leipzig. Je reviens souvent non seulement à ces enregistrements mais aussi à ce livre magnifique : Musique au château du ciel
Mais l’essentiel du legs discographique de Gardiner voué à Bach a été réédité dans le gros coffret Deutsche Grammophon qu’on a longuement évoqué ici : Le jardinier de la musique. DG avait pris un peu d’avance sur Warner pour fêter les 80 ans de Sir John Eliot… le 20 avril prochain !
Avant de passer chez Archiv et DGG, le jeune John Eliot Gardiner avait été repéré par Michel Garcin, infatigable découvreur de talents qu’il enrôlait chez Erato.
Rien de nouveau dans ce coffret qui n’ait déjà été réédité, mais un regroupement bienvenu (c’est toujours une économie de place dans une discothèque fournie !) par ordre chronologique d’enregistrement. Cette présentation a l’avantage de permettre à l’auditeur de suivre un parcours, d’emprunter les chemins de traverse d’un chef qui n’a jamais caché ses dilections, par exemple pour la musique française. Ainsi, dès 1978, après les plus attendus Purcell et Haendel de ses débuts chez Erato, Gardiner grave deux disques Massenet à Monte-Carlo, longtemps restés sans concurrence moderne.
L’un de mes tout premiers albums haendeliens, l’un de ceux vers lesquels je reviens souvent, est la première gravure (1978) d’Israël en Egypte.
C’est aussi avec Gardiner que je découvris la sublime Messe des morts de Campra
Dans ce précieux coffret, quelques opéras et non des moindres : Tamerlano de Haendel, Scylla et Glaucus de Leclair, L’Etoile de Chabrier, Les Brigands d’Offenbach, Iphigénie en Aulide et Les Pèlerins de La Mecque de Glück, Fortunio de Messager etc.
Quelques curiosités aussi, un beau disque de mélodies de Berlioz (avec les Nuits d’été à plusieurs voix), en revanche de très évitables Ravel et Duparc par Barbara Hendricks, dont je n’ai jamais compris les raisons de la célébrité sauf à constater qu’un excellent marketing a pu masquer des moyens vocaux plus que modestes. Et un disque très inattendu : Steven Isserlis dans un bouquet de pièces concertantes pour violoncelle.
CD 1Purcell Music for Queen Mary / Lott, Brett, Williams, Allen / Monteverdi Choir & Orchestra
CD 2 Haendel Dixit Dominus, Zadok the Priest / Palmer, Marshall, Brett, Messana, Morton, Thomson, Wilson-Johnson / Monteverdi Choir & Orchestra
CD 3 Rameau La Danse / Gomez, Rodde, Orliac / Monteverdi Choir & Orchestra
CD 4 Haendel The ways of Zion do mourn / Burrowes, Brett, Hill, Varcoe / Monteverdi Choir & Orchestra
CD 5-6 Massenet Scènes dramatiques, Scènes de féerie, Le dernier sommeil de la Vierge, Scènes alsaciennes, Scènes pittoresques, Don Quichotte interludes / Monte-Carlo
CD 7-8 Haendel Israel in Egypt / Knibbs, Troch, Stafford, Royall, Elliott / Monteverdi Choir & Orchestra
CD 9 Purcell The Tempest / Varcoe, Thomas, Earle, Hardy, Hall, Smith, Elwes / Monteverdi Choir & Orchestra
CD 10 Purcell The Indian Queen / Varcoe, Hill, Elwes, Hardy, Fisher, Thomas, Smith / Monteverdi Choir/ English Baroque Soloists
CD 11 Music of the Chapels Royal (Purcell, Locke, Blow, Humfrey) / Monteverdi Ch. EBS
CD 12 Campra Messe des morts / Nelson, Harris, Orliac, Roberts / Monteverdi Ch. EBS
CD 13-14 Haendel L’Allegro, il Penseroso ed il Moderato / Kwella, McLaughlin, Smith, Gian, Hill, Davies, Varcoe
CD 15-16 Bach Motets
CD 17 Haendel Concerti grossi op 3 / EBS
CD 18 Haendel Water Music / EBS
CD 19 Bach Cantates 4 et 131 / Kendall, Varcoe
CD 20-21 Haendel Semele / Burrowes, Kwella, Priday, Jones, Donley, Rolfe-Johnson, Davies, Lloyd, Thomas
En cette veillée de Noël, plus que les habituels chants traditionnels, européens ou américains (lire White Christmas), j’ai eu envie de réécouter la Nuit transfigurée de Schoenberg. Le poème de Dehmel qui a inspiré ce chef-d’oeuvre au jeune Schoenberg n’est finalement pas si éloigné que cela de l’histoire de la Nativité, Marie et Joseph: « J’ai porté un enfant, mais pas de toi (Ich trag ein Kind, und nit von Dir), et un peu plus loin « Que cet enfant que tu accueilles Ne soit pas une charge pour ton âme » (Das Kind, das Du empfangen hast, sei Deiner Seele keine Last) »
J’ai découvert il y a peu de temps une version saluée unanimement par la presse musicale française et anglaise. Une absolue merveille.
Matthieu Herzog rejoint Karajan au premier rang de mes versions favorites de cette oeuvre. Ici Karajan, plus encore que dans enregistrement de studio de 1973, est phénoménal en public à Londres lors de sa dernière tournée avec les Berlinois.
Noël russe
Je l’ai déjà évoqué, mais j’ai une affection particulière pour la « Nuit de Noël« , un opéra bien méconnu de Rimski-Korsakov, que l’opéra de Francfort a eu la très bonne idée de monter l’an dernier.
Un peu plus courante au disque est la suite d’orchestre qu’en a tirée le compositeur lui-même, ici dans la version magique de Neeme Järvi.
En pensant très particulièrement à tous ceux qui ne vont pas fêter ce Noël dans la joie, les Ukrainiens agressés, envahis depuis 10 mois ces petits bijoux enregistrés par une modeste chorale suédoise il y a trente ans :
C’est aujourd’hui le bicentenaire de la naissance, le 10 décembre 1822 à Liège, de César Auguste Franck.
En dehors de sa ville natale, et de quelques concerts parisiens, on ne peut pas dire que cet anniversaire ait bénéficié de grandes célébrations. Pas très vendeur sans doute le père Franck.
Après le point fait sur la discographie – lire Ave César -, mes choix purement subjectifs, et quelques pépites bien cachées ou oubliées.
Symphonie
L’unique symphonie, en ré mineur, de César Franck, achevée en 1888 et créée le 17 février 1889, bénéficie d’une discographie pléthorique. J’ai déjà ici souvent exprimé mes préférences, corroborées par la critique.
Je ne peux évidemment pas revoir, sans une profonde émotion, ces deux vidéos pourtant si différentes : l’Orchestre national de France exalté par le geste conquérant de Leonard Bernstein, l’Orchestre de la Suisse romande et Armin Jordan si authentiques.
J’ai fait le compte, j’en ai 43 versions dans ma discothèque (en CD) sans compter les téléchargées. Dont les trois enregistrées par Carlo-Maria Giulini, à Londres, à Berlin et à Vienne. On admire immensément ce chef, mais sa lecture hiératique, chargée d’intentions, statufie un peu plus le père Franck !
La sonate pour violon
Définitivement le duo Christian Ferras – Pierre Barbizet dans leurs deux versions EMI (1958) et DG (1965)
Psyché avec ou sans choeur
Déjà écrit (Ave Cesar), pour ceux qui voudraient sortir de la Symphonie, la trop justement méconnue symphonie qui ne dit pas son nom, le « poème symphonique avec choeur » Psyché.
Malheureusement pas grand chose à tirer ni à entendre de la toute récente et bien banale version des Liégeois dirigés par leur actuel chef, mais tout à redécouvrir grâce à la réédition d’un enregistrement de 1976 avec le même orchestre de Liège et son chef de l’époque, l’Américain Paul Strauss, pour la version complète avec choeur :
Et pour la version sans choeur, un enregistrement que j’écoutais hier dans un taxi – c’est rare un taxi branché sur France Musique ! – et qui m’enthousiasmait sans que je parvienne à le reconnaître. Lorsque j’entendis, à la fin de l’extrait, « désannoncer » Armin Jordan et l’orchestre symphonique de Bâle. (et pas, comme je l’entendis jadis sur cette même chaîne, l’orchestre Basler !!), je n’en fus pas surpris. Comme dans la symphonie, Armin Jordan est un chef qui a tout saisi du caractère de la musique de Franck, né au carrefour des cultures germanique et latine.
Sans doute l’oeuvre la plus « romantique » de César Franck, un poème symphonique d’une quinzaine de minutes où rodent les ombres de Berlioz, de Weber et du premier Wagner.
Michel Plasson et « son » Capitole de Toulouse en donnent une vision frémissante :
Piano et orchestre
Franck a écrit plusieurs pièces pour piano et orchestre, un concerto notamment (on les retrouve dans le coffret anniversaire OPRL/Fuga Libera. Seules restent jouées les Variations symphoniques – en réalité un concerto bref en trois parties – et Les Djinns.
J’ai longtemps été rebuté par le début empesé, lourd, de beaucoup de versions des Variations symphoniques, malgré l’excellence des pianistes et des chefs. Et à chaque fois je reviens à mon tout premier disque, inégalé, inégalable : Artur Rubinstein en 1957 et un chef Alfred Wallenstein qui ne se croit pas obligé d’embrumer Franck.
Pour le reste, je renvoie à l’esquisse de discographie déjà dressée dans Ave Cesar.
Petit cadeau pour cet anniversaire, une version vraiment inattendue de l’une des mélodies (genre qu’il a peu cultivé) de Franck, son Nocturne :
Reçu avant-hier deux coffrets commandés en Grande-Bretagne (parce que nettement moins chers qu’en France). C’est peu dire que j’attendais l’un d’eux avec impatience
Il aurait dû fêter son soixantième anniversaire dans quelques jours. Le cancer l’a emporté il y a cinq ans en pleine gloire. Lire Le combat perdu de Dmitri H.
La collection Eloquence réédite tous les enregistrements réalisés par l’immense baryton russe Dmitri Hvorostovsky pour Philips dans ses jeunes années. Rien d’inédit, mais plusieurs de ces disques étaient devenus rares. 11 CD (voir détails ici)
Je ne vais pas répéter ici l’admiration sans borne que je portais à cette voix d’or et de bronze.
Comment ne pas être bouleversé par cette « dernière fois » sur la scène de l’opéra de Vienne, dans l’un de ses plus rôles, quelques mois avant sa mort. La canne sur laquelle il s’appuyait n’était pas dans la mise en scène… le chanteur au physique de colosse était atteint d’une tumeur au cerveau qui lui causait des vertiges et qui l’avait contraint à plusieurs interruptions (Dmitri Hvorostovsky, sans exhibitionnisme, tenait sur les réseaux sociaux une sorte de journal de bord les dernières années de sa vie)
Ecouter aussi Hvorostovsky dans le répertoire mélodique et lyrique russe, et même dans des chansons populaires ou sacrées, pour ne pas oublier que la Russie, les Russes, c’est une culture, une langue, une civilisation immémoriales qu’un sinistre dictateur est en train de détruire en prétendant le contraire (Poutine signe l’annexion de quatre régions d’Ukraine)
Bella Davidovitch, la pianistesoviétique devenue américaine
Elle n’est pas morte, même si elle a l’âge respectable de 94 ans. Née à Bakou en 1928, Bella Davidovitch épouse en 1950 le grand violoniste Julian Sitkovetsky qui meurt d’un cancer en 1958. Entre temps est né Dmitri, qui va suivre les traces de son père, en devenant l’un des plus brillants violonistes de notre temps. Le fils émigre aux Etats-Unis en 1977, la maman pianiste le suit en 1978, et devient citoyenne des Etats-Unis en 1984.
Etrangement, Bella Davidovitch n’a pas fait en Europe la carrière que d’autres de ses collègues y ont faite (on pense à Elisabeth Leonskaia par exemple). Ses disques n’ont pas connu un rayonnement important.
Le coffret qu’Eloquence publie aujourd’hui rattrape, de ce point de vue, une injustice, même si, à la réécoute, certains enregistrements que je connaissais, comme le 2ème concerto de Saint-Saëns, enregistré à Amsterdam sous la baguette de Neeme Järvi, se révèlent bien décevants. S’il fallait une démonstration que la perfection d’un jeu pianistique n’est pas toujours synonyme de perfection stylistique, qu’on écoute le presto de ce concerto. Toutes les notes, mais rien de l’esprit léger, aérien qu’y met Saint-Saëns.
On est beaucoup plus gâtés du côté de Chopin, où l’absolue maîtrise technique sert une fantaisie, une poésie, un art du chant remarquables (contenu du coffret ici)
En rédigeant cet article, je découvre ce « live » du second concerto de Chopin donné en 1990 aux Nations Unies à New York, l’orchestre philharmonique tchèque étant dirigé par Jiri Belohlavek. Malgré la précarité de l’image et de la restitution sonore, on voit et on entend une grande musicienne.
Le beau chant
Enfin je voudrais signaler cette nouveauté chez DGG, un chanteur qui n’est pas encore très connu, le ténor chilien Jonathan Tetelman, 34 ans.
Il y a trois ans, j’avais vu et entendu, à Montpellier, une Madame Butterfly qui m’avait beaucoup séduit. De celui qui incarnait Pinkerton, j’avais écrit : Le Pinkerton du jeune ténor chilien Jonathan Tetelmana toutes les séductions, la voix n’est pas très puissante, mais le timbre est solaire et la prestance admirable.
Dans un billet de… 2015, je regrettais que le centenaire de la naissance d’Igor Markevitch (1912-1983) fût passé inaperçu et je remerciais Warner d’avoir – un peu – rattrapé le coup avec un coffret intéressant. Mais je notais : Mais rien du côté de chez Universal ! Pourtant le catalogue Markevitch chez Philipset Deutsche Grammophon est très loin d’être négligeable. N’y a-t-il plus personne dans les équipes de cette major qui connaisse la richesse et la variété des catalogues de ces marques prestigieuses ?
Six ans après, j’ai été entendu, puisque l’infatigable Cyrus Meher-Homji (lire La fête de Meher), responsable de la branche classique d’Universal Australie, et à ce titre de la magnifique collection Eloquence, propose dans les semaines à venir de nous restituer la totalité des enregistrements d’Igor Markevitch pour Philips et Deutsche Grammophon.
Dans le coffret Philips il y aura de vraies raretés, que j’avais pu acheter en Espagne, mais jamais revues ailleurs depuis, notamment un disque d’extraits de zarzuelas – le coffret à venir en annonce deux !.
Les chanteurs, les choeurs, et même l’orchestre de la radio-TV espagnole sont parfois fâchés avec la justesse, mais inutile de dire que Markevitch donne l’impression d’être né dans cet univers si particulier de l’opérette espagnole (et même madrilène si on veut être historiquement plus précis).
Première d’une série limitée à ce mois d’août, des versions inattendues, des rencontres parfois surprenantes entre un chef et une oeuvre/un compositeur, peut-être même des « références » oubliées ou négligées.
Igor Stravinsky est mort il y a cinquante ans. On cite rarement Herbert von Karajan (1908-1989) comme l’un de ses interprètes de prédilection. Et pourtant ! Deux versions de studio et plusieurs « live »du Sacre du printemps, mais ni Petrouchka ni L’Oiseau de Feu.
Mais de sublimes interprétations d’Apollon musagète, du Concerto en ré, de la Symphonie de psaumes, de la Symphonie en ut et même de Circus polka, et un rare Jeu de cartes capté avec le Philharmonia.