Les soeurs aimées

Autant l’ouvrage consacré à Felicity Lott (voir Il nous faut de l’amour) m’avait laissé sur ma faim, autant celui que signe Renaud Machart relève le défi d’une biographie-interview documentée, qui évite l’anecdote futile.

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Le célèbre duo des soeurs pianistes Katia et Marielle Labèque fait pour la première fois l’objet d’une biographie… Il y a en effet beaucoup à dire sur ce singulier parcours double : les Labèque se produisent avec les plus grands orchestres internationaux, jouent des pianos anciens avec leurs amis baroqueux, Katia a un « band », fait des duos avec le chanteur Sting ou son compagnon David Chalmin (du groupe Red Velvet), Marielle s’en tient au duo avec sa grande soeur et à sa vie de couple avec son mari, le chef d’orchestre Semyon Bychkov.
Elles pourraient se contenter d’accumuler les cachets en jouant le Concerto de Poulenc et celui de Mozart, mais elles ne cessent, depuis leurs débuts, de commander des oeuvres. Leur coeur balance entre concertos avant-gardistes et oeuvres grand public. Mais l’essentiel est cette quête, cette envie farouche de nouveauté, ce constant renouvellement.
Illustré par des photographies rares, l’ouvrage de Renaud Machart nous fait entrer dans l’intimité de ce duo détonant (Présentation de l’éditeur)

Renaud Machart a l’honnêteté de reconnaître, dans sa préface, que sa relation avec les deux soeurs avait très mal commencé. Agacé par les extravagances du duo, il avait signé un papier méchant dans Le Monde, jusqu’à ce que, quelques années plus tard, il se ravise et leur découvre bien des talents cachés.

Bref, ce nouveau bouquin est passionnant, d’abord par la liberté de ton revendiquée par Katia et Marielle, la curiosité, l’appétit de découverte qui les caractérise depuis… si longtemps.

J’en ai encore eu deux magnifiques preuves ces dernières années. Lorsque j’avais interrogé le grand Philippe Boesmans dans la perspective du cinquantenaire de l’Orchestre philharmonique de Liège – la dernière commande faite par l’orchestre au compositeur belge remontait à…1980 ! – il m’avait spontanément dit vouloir écrire pour les soeurs Labèque. Et ce fut un petit bijou concertant qui fut créé le 5 mars 2011 !

Nous nous étions alors promis, Katia, Marielle et moi, de refaire très vite d’autres projets. Le 14 juillet 2015, les 30 ans du Festival de Radio France nous en offrirent l’occasion…

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Deutsche Grammophon publie un joli coffret constitué d’enregistrements récents, où les soeurs Labèque paraissent comme assagies, moins tentées par la pure virtuosité, d’autant plus émouvantes en particulier dans une Fantaisie de Schubert toute de retenue.

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Amadeus : toujours plus

On croyait que la monumentale Edition Mozart de Philips, publiée en 1991 pour le bicentenaire de la mort de Mozart avait fait le tour de la question.

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Et que le succès populaire du coffret Brilliant Classics en 170 CD avait étanché la soif des mélomanes…

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C’était sans compter avec les progrès dans la recherche – sous l’égide du Mozarteum de Salzbourg – et l’interprétation. Universal propose, 25 ans après l’édition Philips, un pavé de 200 CD à l’occasion, le 5 décembre prochain, du 225ème anniversaire de la mort du plus célèbre enfant de Salzbourg. Luxueusement constitué, deux forts ouvrages explicitant toute l’oeuvre de notre cher Amadeus, le catalogue Köchel actualisé et complété.

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Côté interprétations, ne subsistent de l’édition 1991 que des pièces qui n’ont pas été réenregistrées (les premières messes, des airs de concert, toute la série des danses, menuets surtout). Mais le choix a été clairement fait de privilégier les versions « historiquement informées » – la quasi totalité des symphonies se partage entre Pinnock et Hogwood, idem pour les concertos pour clavier, les opéras sont tous récents (comme le Don Giovanni de Nézet-Seguin). Le coffret est organisé en quatre cubes d’environ 50 CD chacun – musique instrumentale, symphonique et concertant, opéras, musique sacrée – qui proposent néanmoins quelques versions historiques ou de grands classiques (Haskil, Grumiaux).

Un très beau travail qui fait honneur à ce grand label. Un cadeau de fin d’année idéal (les prix varient assez sensiblement d’un site ou d’un magasin à l’autre !). Et quelques très longues heures d’écoute, dont il n’y a pas à craindre de se lasser.

Détails du coffret à lire ici : Le Monument Mozart 225

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Dans les cordes

Trump, la primaire à droite, les spéculations à gauche, j’ai mis sur pause. J’ai préféré faire le plein de musique, sans souci de l’actualité. Les gros coffrets s’accumulent, j’en reparlerai, mais voici un sujet que la disparition récente de Neville Marriner m’a suggéré : la littérature musicale pour les orchestres à cordes. Essentiellement celle des XIXème et XXème siècles.

C’est un souvenir précis et flou à la fois, j’étais encore au Conservatoire de Poitiers, était-ce dans le bureau du directeur, sur sa chaîne, que j’ai découvert la Sérénade pour cordes de Tchaikovski, dans la première version de Karajan ? 

Est-ce parce que j’y entends les échos des lointains d’une Russie millénaire (plus fantasmée que réelle) que j’aime si passionnément cette oeuvre ? Particulièrement dans les deux versions (1966 et 1980) qu’en ont gravées Karajan et ses Berlinois.

Un peu plus tard, c’est un disque en solde (les petits budgets des étudiants !) qui me révélait la Sérénade pour cordes de Dvořák, un 33 tours Heliodor que j’ai mis des années à retrouver en CD, avec le grand Hans Schmidt-Isserstedt

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Puis suivront les sérénades de Dag Wirén, Elgar, Sibelius (Rakastava), Nielsen (Petite suite), Grieg (Suite Holberg) presque toutes découvertes grâce à Marriner…

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Je garde le plus rare, mais pas le moins bon, pour la fin.

Franz Tischhauser, ce nom ne vous dit assurément rien ! Compositeur suisse né en 1921, sa notoriété n’a jamais vraiment franchi les limites de la Confédération. Prolifique, il écrit en 1963 une brève suite pour 12 cordes Omaggi a Maelzel, créée par les Festival Strings de Lucerne. Un petit bijou vraiment méconnu à tort : 

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L’autre Suisse Othmar Schoeck est évidemment d’une tout autre dimension, mais il est loin d’avoir chez nous la renommée que son oeuvre devrait lui valoir. En particulier cette Sommernacht /  Nuit d’été qu’Armin Jordan défendit, avec raison, comme un chef-d’oeuvre inspiré par La Nuit transfigurée de Schoenberg.

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Sous les pavés la musique (VI) : l’oreille sur le Gidon

On ne pourra pas accuser Deutsche Grammophon de ne pas avoir anticipé le 70ème anniversaire de Gidon Kremer, le violoniste letton né le 27 février 1947 à Riga. Et ce pavé de 22 CD est tout simplement exceptionnel. Il ne s’agit pas, comme certains intitulés pourraient le faire croire, de l’intégrale des enregistrements du violoniste pour la marque jaune, mais de tous les concertos ou oeuvres concertantes qu’il a gravés pour Philips et DGG.

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Et sans vouloir être désagréable, ni établir d’inutiles comparaisons, ce coffret n’a pas grand chose à voir avec les pavés récents de DGG consacrés à Ithzak Perlman ou Pinchas Zukerman. Aucun des illustres confrères de Kremer n’a jamais eu cette inlassable curiosité pour les compositeurs de son temps, et cette passion pour le travail d’interprétation « historiquement informée » des grands classiques. Qui se souvient aujourd’hui du choc provoqué par l’intégrale des concertos pour violon de Mozart enregistrée avec Harnoncourt et des Wiener Philharmoniker sacrément bousculés ?

C’est grâce à Gidon Kremer que j’ai  découvert et aimé des oeuvres phares comme Offertorium de Sofia Goubaidoulina, puis les concertos de John Adams ou Philip Glass, plusieurs pièces de Schnittke et d’improbables compositeurs baltes, qu’il fut souvent le premier à « révéler » en Europe de l’Ouest.

J’ai un très beau souvenir personnel de Gidon Kremer, une tournée de l’Orchestre de la Suisse Romande à l’automne 1987 au Japon. Il partageait avec Martha Argerich le rôle de soliste invité d’Armin Jordan. Jamais plus entendu depuis interprétation plus habitée, incandescente, intense du concerto pour violon de Sibelius. Je me rappelle aussi un long entretien passionnant, enregistré dans un train, que j’avais fait pour la Radio suisse romande et qui a dû être effacé presque aussitôt (comme celui que j’avais réalisé – deux heures de bande magnétique – avec Martha Argerich !). Sibelius n’est pas dans ce coffret jaune, mais je conseille vivement ce formidable témoignage du tout jeune Kremer (23 ans) capté à Moscou avant son départ pour l’Occident.

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On l’a compris, pour moins de 60 €, ce coffret est un indispensable de toute discothèque, l’honneur d’un musicien qui a épousé son siècle et ne s’est jamais reposé sur des lauriers précoces.

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Un jeune centenaire

Rappelez-vous, pour célébrer le centenaire de Sviatoslav Richter l’an dernier, Melodiya n’avait pas lésiné : un coffret à tous égards exceptionnel (lire Edition limitée). 

Ce 19 octobre, on célèbre un autre centenaire, celui d’un autre géant du piano russe, Emil Gilels (1916-1985).

Après que ses divers éditeurs occidentaux ont anticipé, de belle manière, ce centenaire, c’est à nouveau le label russe qui propose un somptueux coffret – peut-être moins luxueux dans sa présentation que le coffret Richter – en édition limitée (à 2016 exemplaires).

Ce qui est le plus captivant dans la boîte rouge de Melodiya, ce sont tous les témoignages des jeunes années du pianiste au masque de lion, l’étendue incroyable du répertoire, une technique qui semble sans limites, et l’électricité du concert. Avec un très beau travail de remastérisation, qui n’efface pas cependant toutes les scories inhérentes à des prises de concert.

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Tous les détails et dates à lire ici : Emil Gilels centenaire 

Des bizarreries parfois, comme le Concert champêtre de Poulenc, écrit pour le clavecin, joué ici sur un piano délicat et enjoué, des oeuvres souvent remises sur le métier – comparaison passionnante au fil des années – des Schubert taillés dans le roc, comme d’époustouflantes Etudes symphoniques de Schumann. Mais tout vaut d’être écouté.

Regrets cependant de trouver peu de témoignages des années de maturité de Gilels en URSS. Comme si le label ex-soviétique ne disposait plus de certaines bandes , publiées par d’autres voies, comme cette intégrale survoltée des concertos de Beethoven, captée à Moscou en 1974 sous la baguette de Kurt Masur.

Ce coffret, en édition limitée, a un prix, sensiblement plus élevé que ceux qui fleurissent cet automne. C’est sur Amazon.it qu’on trouve la meilleure offre (100 € d’écart avec les sites français !).

Le ténor magnifique

Il est mort il y a cinquante ans, le 17 septembre 1966, né trente-six ans plus tôt, le 26 septembre 1930. Une carrière abrégée par un accident domestique. Mais un éclat jamais oublié. Le ténor Fritz Wunderlich portait bien son nom.

Ses disques n’ont jamais quitté les bacs, tous – notamment le répertoire léger germanique – n’ont pas toujours été disponibles en France. EMI devenu Warner lui avait déjà consacré un beau coffret, avec pas mal de raretés.

Deutsche Grammophon avait aussi proposé un coffret patchwork.

La nouveauté de cet automne c’est la réédition dans un magnifique boîtier, et à tout petit prix, de tous les enregistrements de studio réalisés par le ténor allemand pour le célèbre label jaune (et ses sous-marques comme Polydor). 

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Aucun inédit, mais enfin rassemblés des enregistrements légendaires, où la voix solaire, virile et lumineuse de Wunderlich transcende des versions parfois un peu datées (les Bach avec Karl Richter) ou restées insurpassées (comme la première Création de Haydn due à Karajan, que Wunderlich n’eut pas le temps d’achever), les opéras de Mozart avec Karl Bôhm, les quelques cycles sublimes de Lieder de Schubert ou Schumann.

Détails de ce coffret de 32 CD :

Bach : Oratorio de Noël (K.Richter), Passion selon St Matthieu (Münchinger), Oratorio de Pâques (Couraud), Magnificat + cantate 41 (Couraud) /

Beethoven : Missa Solemnis (Karajan)

Haydn : La Création (Karajan)

Berg : Wozzeck (Böhm)

Monteverdi : Orfeo (Wenzinger)

Mozart : L’enlèvement au sérail (Jochum), La flûte enchantée (Böhm)

Lortzing : Zar und Zimmermann

Tchaikovski : Eugène Onéguine, extr. en allemand (Gerdes)

Verdi : La Traviata, extr. en allemand (Bartoletti)

Airs de Haendel, Gluck, Bellini, Rossini, Verdi, Puccini, Lortzing, Bizet, Maillart, Kreutzer, Mozart, Kalman, etc.

Schubert : La belle meunière

Schumann : Dichterliebe + Mélodies de Beethoven, Schubert

Chansons populaires allemandes et italiennes, chants de Noël, opérette viennoise.

PS Je me demande ce qui justifie une différence de 20 € sur le prix de ce coffret selon qu’on l’achète en Allemagne (Amazon.de) ou en France (Amazon, Fnac ou Gibert)

 

 

Disques d’été (II) : Witold Rowicki

Voilà un nom, Witold Rowicki, qui, en dehors d’un petit cercle de mélomanes, ne doit plus rien dire à personne. Ce fut pourtant l’un des grands chefs d’orchestre du XXème siècle, qui consacra certes l’essentiel de sa carrière à la Pologne et qui, faute de rechercher la gloire internationale, connut, comme tant de ses confrères, l’injuste oubli de la postérité.

Heureusement sa discographie a bénéficié de rééditions, certes non exhaustives, et parfois limitées au seul marché polonais.

Un peu à l’instar de ses contemporains Igor Markevitch ou Evgueni Mravinski, Rowicki se refuse aux épanchements, préférant la précision et la fougue dans sa vision des romantiques ou des compositeurs de son temps. C’est particulièrement manifeste dans de flamboyantes intégrales des symphonies de Brahms et Dvořák.

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Encore plus évident dans une 5ème symphonie de Chostakovitch republiée en catimini dans la collection bon marché de Deutsche Grammophon :

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Et bien entendu dans les enregistrements légendaires de Sviatoslav Richter du concerto de Schumann et du 5ème concerto de Prokofiev gravés à Varsovie à la toute fin des années 50

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Les collectionneurs connaissent l’intégrale des concertos de Mozart due à Ingrid Haebler, partiellement rééditée en CD, que se partageaient quatre chefs, Eduard Melkus, Alceo Galliera, Colin Davis et… Witold Rowicki

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Sur les sites de téléchargement, on trouve encore d’autres témoignages de l’art de Rowicki, notamment sur ses contemporains polonais (Lutoslawski en particulier).

La découverte de la musique (I): carnet tchèque

Ce blog va prendre un rythme estival, ce mois de juillet risquant d’être très chargé pour le directeur de festival que je suis – et comme je m’interdis d’être juge et partie, ce n’est pas ici qu’on trouvera la moindre critique des concerts à l’organisation desquels j’aurai participé. Je ne m’interdirai certes pas d’exprimer émotions et enthousiasmes, mais on s’arrêtera là.

Au fil de mes connexions, et comme le sujet revient souvent chez ceux, proches ou professionnels, qui m’interrogent, je reviendrai sur les grands moments de découverte de répertoires, de musiciens, d’oeuvres, d’interprètes, qui ont jalonné mon adolescence et… le reste de ma vie. Mon approche de la musique a toujours été d’abord sensible, avant d’être intellectuelle, littéraire ou musicologique. C’est ce que, faute de mieux, j’appelle « l’émotion première ».

J’ai passé les vingt premières années de ma vie à Poitiers. Un bon conservatoire, une excellente organisation des JMF (Jeunesses Musicales de France) qui m’a permis tant de découvertes – j’y reviendrai ici -, mais jusqu’à la création des Rencontres Musicales de Poitiers au début des années 70, très peu de concerts classiques. Souvenirs d’autant plus vifs de ceux auxquels j’ai pu assister.

Ainsi la découverte de la 8ème symphonie de Dvořák, avec un orchestre de Berlin-Est je crois, dirigé par Rolf Reuter, dans l’acoustique improbable du Parc des Expositions de la Couronnerie (il n’y avait aucun autre lieu apte à accueillir un orchestre symphonique !).

Quel choc ! La toute première fois que j’entendais en vrai un grand orchestre qui sonnait large et puissant. Je n’étais pas en mesure de porter un jugement critique sur ce que j’entendais, mais j’ai été suffisamment bouleversé par cette symphonie de Dvořák, pour aussitôt la commander à un club de disques suisse (Ex Libris), qui proposait en « nouveauté » la version de Rafael Kubelik et de l’Orchestre philharmonique de Berlin.

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J’ai depuis lors découvert bien d’autres versions, mais j’ai toujours gardé un attachement particulier à celle-ci, et à l’intégrale des symphonies que le chef tchèque a gravée à Berlin.

Mon trio de tête :

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Martha A.

Un vieux fond d’éducation m’empêcherait normalement de citer l’âge d’une dame, a fortiori de lui souhaiter son anniversaire. Mais comme elle défie les années et qu’à 75 ans aujourd’hui, elle reste d’une éternelle jeunesse, j’y vais aussi de mon compliment à Martha Argerich. 

Tout a été dit, écrit sur cette musicienne hors norme, cette pianiste phénoménale, cette personnalité singulière. J’ai eu la chance de la rencontrer à plusieurs reprises, de l’entendre plus souvent encore (La reine et le géant). Elle fait partie de ma vie. Je lui souhaite un bel anniversaire et lui exprime une infinie gratitude pour tout ce qu’elle nous apporte.

Ces jours-ci a lieu, à Lugano, la dernière édition d’un festival unique, conçu avec, pour et par Martha Argerich (La fin d’une belle aventure). On se consolera, un peu, en réécoutant les beaux échos de ce « projet », publiés année après année, et riches de formidables rencontres, moments inédits, découvertes musicales.

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Bernstein again

On ne pourra pas dire que ses éditeurs historiques ont manqué son centenaire ! Sony d’une part, Deutsche Grammophon d’autre part, n’ont pas attendu 2018 pour fêter Leonard Bernstein (1918-1990), celui dont Artur Rubinstein disait qu’il était « le plus grand pianiste parmi les chefs d’orchestre, le plus grand chef parmi les compositeurs, le plus grand compositeur parmi les pianistes ».

Deutsche Grammophon vient de publier le second volume de la monumentale Leonard Bernstein Collection. Détails ici (http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2016/03/18/leonard-bernstein-collection-vol-2-8583363.html)

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Magnifique travail, outre le contenu musical, un livret richement illustré et documenté.

Lenny pour l’éternité !