Hommages (Père et fils, L’oncle Tom, Burt et Marlene)

Les Pregardien, père et fils

Le concert auquel on était convié ce jeudi soir était un – magnifique – prétexte pour l’Orchestre de chambre de Paris de dire au revoir à celui qui fut, durant dix ans, son directeur général, Nicolas Droin, qui rejoint Louis Langrée à la direction de l’Opéra Comique.

Mais ce fut, musicalement, émotionnellement, un nouvel hommage à Lars Vogt, qui avait conçu un programme d’un seul tenant – pas d’entr’acte, bravo ! – composé d’ouvertures de Beethoven et de Lieder de Schubert orchestrés, à deux exceptions près. Un programme qui honorait deux fabuleux artistes, père et fils, les ténors Christoph et Julian Pregardien.

Beethoven  Les Créatures de Prométhée, ouverture
Schubert-Reger  Prometheus D. 674
Schubert-Brahms  Greisengesang D. 778
Schubert  Der Vater mit dem Kind D. 906
Schubert-Reger  Erlkönig D. 328
Beethoven  Coriolan, ouverture
« Meine Seele ist erschüttert», air extrait de Christus am Öhlberge op. 85
Schubert  « Lied vom Wolkenmädchen », air extrait de Alfonso und Estrella D. 732
Schubert-Webern  « Der Wegweiser », extrait de Winterreise D. 911
Schubert  Totengräbers Heimweh D. 842 
« Der Doppelgänger », extrait de Der Schwanengesang D. 957, 
Nacht und Träume (orchestration de Clara Olivares)

Une totale, complète réussite, d’autant que le jeune chef britannique, 25 ans, Harry Ogg, que je ne connaissais pas, a été pour moi une révélation, menant un OCP en magnifique forme.

Accessoirement, j’ai eu le plaisir de faire la connaissance et d’échanger avec un chef que j’admire depuis longtemps – il était assis à côté de moi- Thomas Hengelbrock.

Plus d’une fois, le père ou le fils, ou les deux ensemble, m’ont tiré des larmes, notamment dans la version orchestrée par…. du Roi des aulnes / Erlkönig. Ici des extraits du bis :

L’oncle Tom

Pour ceux qui ont eu la chance de le connaître, un peu comme moi, il était comme un vieil oncle d’Amérique, en l’occurrence du Canada. Comme son ami l’a confirmé hier sur Facebook, Tom Deacon est mort dimanche dernier.: I am Tom’s partner, Stuart. As you all know Tom has been mostly absent from Facebook for many months due to his declining health. I am sorry to have to tell you that Tom died on Sunday morning February 5. He had been in hospital since mid December. His health had been declining over the past six months and declined rapidly in the last month.

Je sais peu de choses finalement sur un personnage d’abord connu dans le monde de la musique comme l’auteur de cette fabuleuse collection publiée par Philips : Great Pianists of the 20th Century.

Nous avions commencé à correspondre, via Facebook, il y a une douzaine d’années, Tom vivait au Canada, où il avait longtemps travaillé à la radio nationale (la CBC), mais il s’intéressait à la vie musicale partout. Il avait des avis souvent tranchés, toujours fondés, qui lui avaient valu pas mal d’inimitiés de la part de « professionnels de la profession » et des fâcheries d’abord avec les pianistes qu’il n’avait pas retenus dans sa collection (!!), ensuite avec des artistes vivants, des critiques – parmi eux plusieurs amis ! -.

Au cours de l’un de ses voyages en Europe, en 2016, j’avais réussi à trouver une date pour dîner ensemble à Paris. Je l’avais emmené au Boeuf sur le toit, pour le cadre, qu’il avait aimé, pas pour la cuisine que j’avais trouvée bien médiocre.

Extraits de notre « correspondance » :

T.D. :Could not agree more with your comments about the need for a « frisson » from music. Mostly it is what is missing. Starting a website soon dedicated to the  » great pianists of the 21st C ( yes, I have found some! ). I’ll let you know when it is up and running. (5/2/2010)

Après m’avoir félicité en mai 2014 pour ma nomination à la direction de la Musique de Radio France, Tom m’avait entrepris sur la situation de France Musique (il était remarquablement informé !) : Mon cher ami. Je suis navré à propos de tous ces virements chez FM. Quelle façon de changer de style! Je pense que cela aurait éte mieux que la nouvelle directrice de FM prenne un peu de temps avant de virer des tas de gens. Détruire avant de construire? Cela se fait dans la construction de maisons, mais dans une éntreprise comme Radio France, ce n’est pas vraiment conseillé. Je le dis après 20 ans d’expérience à la CBC au Canada. Ce genre de « human resources management », comme on dit, tourne joujours au mal, Jean-Pierre, quelque soit les soi-disant raisons données pour le faire. En tout cas, toi, tu auras de quoi faire en ce qui concerne le moral du personnel « non-viré ». Je te souhaite de la chance, mon ami. » (15/08/2014)

Lorsque j’avais évoqué Nelson Freire, en particulier ce disque (un « live » du 25 mars 1984 au Thomson Hall de Toronto) Tom m’avait envoyé ce précieux témoignage :

« Mon cher ami, je ne te raconte rien de nouveau sans doute en te disant que le récital de NF chez Alpha n’est autre que le récital que j’ai produit de ce grand pianiste à Toronto (Roy Thomson Hall) lorque je travaillais à la CBC. Le programme: Live from RTH. Nelson partageait la scène avec Gilels, Arrau, Leontyne Price et d’autres musiciens de ce genre. 2 saisons seulement, hélas. 72 concerts dont les bandes vivent toujours chez la CBC. J’ai fait le nécessaire pour que la bande de Nelson fût disponible à la maison de disques Alpha, et éventuellement à Philips pour l’édition des Grands Pianistes. Nelson a toujours dit que ce récital le captait à son mieux. Je ne dirais pas le contraire. On s’est connu à College Park, Maryland, en 1982. Nous étions tous les deux membres du jury du Concours William Kapell. Depuis nous sommes restés de grands amis, Jean-Pierre, autant pour sa gentillesse que pour son pianisme. Je te remercie infiniement pour ce petit mot sur Nelson, qu’il mérite énormément, bien sûr,« 

Comme on peut le voir sur sa photo, Tom Deacon était un bon vivant. Nous échangions souvent sur nos bonnes tables, lorsqu’il me voyait voyager, il ne manquait jamais de me recommander telle adresse et à l’inverse quand il venait en Europe, il prenait moult renseignements. En 2021, il avait manifesté le souhait de passer par Montpellier, s’enquérant du nouvel hôtel des frères Pourcel, de leur restaurant Le jardin des sens, et finalement, déjà très fatigué, y avait renoncé.

Beaucoup d’échanges à propos des disques et des concerts, et de ce penchant qu’a une certaine critique de toujours considérer le passé, l’ancien, comme plus intéressant que le présent.

« En tout cas tu as bien fait de signaler le problème de nos éternels Rückblicken. Moi, je fais de mon mieux de rester concentré sur les jeunes (musiciens et auditeurs). Moi, je suis vieux, mais l’avenir de la musique classique ne dépend pas de moi ni de mes contemporains. L’avenir appartient aux jeunes dans tous les cas. Pourquoi penser à Glenn Gould lorsqu’on peut écouter la jeune Rana. Pourquoi évoquer Schnabel lorsqu’on peut écouter le jeune Gorini* (, entre nous, J-P, tu devrais l’inviter à Montpellier) Et cetera. Les boîtes de tout ce qui a jamais été enregistré qui nous enchantent de nos jours sont séduisantes justement parce qu’elles nous présentent notre passé. On aime follement le familier. On déteste et soupçonne le nouveau. Naturellement il est bon que les jeunes apprennent ce qui fût, mais pas que ce même passé les étouffe, les empêche de suivre une nouvelle voie, de repenser tou. Je ne sais pas si je me suis bien exprimé, mais j’applaudis ton courage de dire ce qu’il faut dire et à haute voix en plus. Bravo! » (22/09/2017)

(* Suivant le conseil de Tom, j’avais bien invité Filippo Gorini au festival Radio France 2021. Mais le jeune pianiste italien nous a fait faux bond, prétextant une invitation plus « intéressante » pour sa carrière aux Etats-Unis !)

A propos d’un coffret qui constitue un pilier de ma discothèque

ce commentaire qui en dit long sur la personnalité du disparu : Cher Jean-Pierre! Je suis tellement satisfait de ton commentaire sur la boîte Beethoven Schmidt-Isserstedt. Je me souviens d’avoir créé cette compilationn CONTRE les conseils de mon collègue, qui ne voulait pas mélanger les concertos et les symphonies. Mais, comme il m’arrive souvennt dans la vie, je pousse en avant suivant mon propre chemin contre les conseils d’autrui. Un ancien collègue de Vancouver à la CBC sortait souvent les symphonies de S-I. Il les nommait “brown bread Beethoven”. Du Beethoven qui ressemble au pain complet, tu comprends. Je suis d’accord. Un Beethoven sans manières, sans chichi, etc. Enfin, merci de ton commentaire, J-P. Stay safe. Stay well. Tom » (26/05/2020)

Adieu Tom ! Je garde encore nombre de tes messages (après la mort de Nelson Freire par exemple), que je publierai un jour, et d’autres que je garderai pour moi, parce qu’ils relèvent de ce lien mystérieux qu’on appelle amitié.

Burt et Marlene

Burt Bacharach est mort à 94 ans. L’article de Bruno Lesprit dans Le Monde dit tout :

Avec ses mélodies scintillantes comme du cristal, Burt Bacharach, mort le 8 février à Los Angeles (Californie) à l’âge de 94 ans, fut un des compositeurs qui ont le plus divisé dans la musique populaire. Pour ses contempteurs, souvent des intégristes du rock’n’roll, son nom est associé au easy listening, qui renvoie à la musique d’ascenseur et de hall d’hôtels internationaux. Expression impropre, d’ailleurs, pour Bacharach, car sa production, certes « facile » et plaisante à l’oreille, est d’une rare complexité. Pour ses admirateurs, il restera comme un génie de la pop, notamment dans le pays où cet Américain fut prophète : le Royaume-Uni/…/Comme pour les plus grands compositeurs, sa marque est aussitôt repérable : des mélodies légères comme des bulles de champagne, avec toujours une larme de mélancolie, des progressions harmoniques subtiles en accords de septième diminuée et de neuvième, des changements de tonalité et de métrique renversants. Insensible à la fureur du rock’n’roll, Bacharach agit sous l’influence du jazz, de la bossa-nova et de ses percussions. Ses orchestrations comprennent généralement un piano conducteur, des cordes soyeuses ou emphatiques, des cuivres chaloupés, sans oublier sa signature, le gimmick de trompette, ou plus précisément de bugle. Parfois remplacé par un sifflement désinvolte, mains dans les poches. Un air de Bacharach doit se siffloter sous la douche.(Le Monde, 11 février 2023)

J’y reviendrai plus longuement. Pour saluer l’artiste, cette « apparition » de Marlene Dietrich, dont Bacharach avait paré les chansons de subtiles orchestrations.

Post scriptum : Stuart Henderson a publié, ce 16 février, sur la page Facebook de Tom Deacon cet obituaire que je reproduis ici intégralement :

TOM DEACON

« On September 6th, 1941 at 6:45 in the morning, Tom Deacon began this miraculous thing we call life. On Sunday, February 5th, 2023, that came to end. It is for us now to bear witness to that life and rejoice in the memories of a life well lived.

How do you describe someone like Tom Deacon? A force of nature. Larger than life. If you look at what he left behind – 25,000 LPs, 15,000 CDs, 3,500 bottles of wine, boxes of recipes and receipts from Michelin three star restaurants and friends, lots of friends and colleagues who looked to him as a mentor, a collaborator and a sparing

partner – you see a seeker. All his life he sought out the best. The best performance, the best recording, the best meal, the best Burgundy and the best in people. He loved the hunt.

Tom attended Lakefield Preparatory School and Upper Canada College. He went on to study French at Trinity College, Toronto, continuing his studies at the University of Illinois before writing his Ph.D comprehensives at University College, Toronto. In 1967 he left for Paris to study at the Sorbonne and research his never to be completed thesis. It was here he found and explored his first of many loves, France: the country, the food, the wine and its music.

In 1971 he returned to Canada to take up a teaching position at the University of Manitoba. He was well respected by his colleagues and liked by his students, although they found him a little intimidating because he had a witty but sharp sense of humour. He can be remembered saying at the end of one especially trying day, “If I have to teach the verb ‘to be’ one more time …” Teaching was perhaps not one of his great loves. But Tom loved to cook and it was in Winnipeg that he started his tradition of lavish dinner parties often with wine and cocktails leaving the guests with little memory of the previous evening. One year inexplicably a few of his classes were cancelled. Tom was practicing madly for a piano recital. Yes, his first love was music and he found his way into making that his life through the CBC. In 1975, while still at the university, he started working freelance, writing concert reviews from Winnipeg. It blossomed quickly.

In 1977 he put teaching behind him and left Manitoba. He took up residence in the idyllic family cottage on Hay Island, off Gananoque, Ontario and continued to work freelance for CBC, travelling to Leeds and Moscow to cover the international piano competitions until he was hired as a producer on the new morning program Stereo Morning. He always talked about how much he learned there, both in tradecraft and management. Tom often told the story of being handed an envelope by his mentor and executive producer with numerous tiny pieces of magnetic tape. These were the edits (editing was done with a razor blade in those days) of intrusive pauses he had made in an interview; a mistake he never made again.

It was also at this time that he met the person he called the love of his life, his partner Stuart. Their first vacation was, of course, to France. Fifteen Michelin starred restaurants in ten days, with copious notes of everything eaten and all the wines. He wanted to share the best of everything, the fruits of his hunt.

In 1982 he became the producer of his own programme, Live from Roy Thomson Hall. Two glorious seasons broadcasting across the country everything from Anna Russell to Leontyne Price to Emil Gilels to Claudio Arrau. He revelled in being able to share his musical idols, his musical bests, with the rest of Canada.

In 1984, with Roy Thomson Hall’s budget exhausted, the CBC moved Tom to Vancouver. There he hired Jurgen Gothe as host of his concert programme but something else happened. The synergy of passions and creativity gave birth to DiscDrive, the CBC’s afternoon drive programme that dominated the airwaves for more than two decades.

In 1989 as DiscDrive moved into maturity Tom looked south for a new challenge as Program Director at KUSC, a classical music station in Los Angeles. Ever restless for new challenges, in 1992 he moved to the Netherlands and began his career with Polygram.

At Polygram his life long hunt for the musical best paid off. Here he put his encyclopedic knowledge of classical music repertoire and recordings into creating legendary CD compilations of legendary artists. Since his great musical love was the piano, the realization of his life long hunt for the best was as the Executive Producer of Great Pianists of the Twentieth Century Edition, 250 hours of music on 200 discs – the largest CD edition ever released and he got to release it to the world. The New York Times said “It would be hard to imagine a more representative example of the piano in the 20th century.”

In 1998 Polygram was acquired by Universal Music and Tom became Vice-President Catalogue Development. In 2001 he returned to Canada but remained working for Universal Music, until he retired in 2005. He served on a number of international piano juries and continued to follow the development of the young generation of pianists very closely.

He will be greatly missed by his much loved and inseparable older brother John (Evie), his younger brother Bob (Janice) and Stuart Henderson, his partner, lost in a sea of CDs with Nelson and Martha, his two cats. In lieu of a memorial or flowers, have a nice meal and raise a glass to Tom ».

Ferveurs

Juste à la veille de ce « pont » de Toussaint, reçu deux coffrets commandés dès leur publication annoncée. Le collectionneur que je suis ne pouvait y résister, le mélomane et discophile que je suis aussi se demandait s’il n’allait pas être déçu, parce qu’on a toujours tendance à embellir le souvenir de ce qui a accompagné vos premiers pas, vos premières découvertes, ou tout simplement d’artistes qui vous ont marqué.

Michel Corboz ou la ferveur intacte

Michel Corboz est mort l’an dernier. Je n’ai pas un mot à retirer à l’hommage ému que je lui avais rendu : Michel Corboz (1934-2021)

Bien au contraire, le premier coffret qu’Erato (Warner) lui consacre – un autre est annoncé pour janvier avec le répertoire classique, romantique et XXe siècle – ne fait qu’aviver les souvenirs, et démontrer, au-delà des querelles d’écoles ou de chapelles, des comparaisons avec d’autres « inventeurs » du répertoire baroque, Michel Corboz c’est d’abord une ferveur rayonnante, une joie communicative de faire découvrir ou redécouvrir des chefs-d’oeuvre (Monteverdi, Ingegneri, Carissimi), de faire entendre un Bach si profondément humain (trois versions de la Messe en si, et ses Saint-Jean et Saint-Matthieu, compagnes de tant d’écoutes en concert ou au disque.

I Musici ou toutes les saisons de la musique

Ma première version des Quatre saisons de Vivaldi ce fut la leur, enfin l’une des leurs, la première en stéréophonie, en 1959, avec le prodigieux violon de Felix Ayo.

Oh bien sûr, tous les baroqueux ont bousculé parfois jusqu’à l’absurde ces tempi apaisés, cette lumière si puissante et douce, lorsque le soir tombe sur Venise. I Musici n’ont jamais oublié de chanter éperdument dans tous les répertoires qu’ils ont abordés. La perfection instrumentale de l’ensemble n’allait jamais sans cette élégance qui n’est qu’aux Italiens.

On reviendra bien sûr sur le contenu de ces deux malles aux trésors si précieux !

Les morts et les jours

Octobre n’est pas fini et on pleure déjà trop de morts.

Lari et France Musique

Le 28 septembre, sur Facebook, j’écrivais : J’apprends par ma chère Arièle Butaux le décès hier après-midi de notre ami Michel Larigaudrie.

De lui, nous qui avons eu la chance de le côtoyer à Radio France, à France Musique, nous pouvons dire : nous l’avons tant aimé.

Jusqu’au bout, dans sa retraite toulonnaise, il est resté un citoyen engagé, exigeant (à l’égard notamment de ses jeunes collègues du service public), révolté souvent par les injustices du monde, plein d’affection et d’attentions pour ses proches et ceux qu’il aimait.

Adieu Lari !

Ces dernières années, Michel Larigaudrie, Lari pour les intimes et comme il signait ses messages, ne manquait pas une occasion de me rappeler les jours heureux, les siens, les miens, de France Musique, m’envoyant les photos qu’il avait prises en maintes circonstances, documentant ainsi précieusement des émissions, des rencontres, qui n’auraient, sinon, pas laissé de traces autres que sonores.

Lire Fortes têtes, Les politiques au micro.

Michael Ponti l’intrépide

Michael Ponti (1937-2022), j’en ai entendu parler pour la première fois à Genève. C’était son partenaire de musique de chambre, Robert Zimansky, à l’époque violon solo de l’Orchestre de la Suisse romande, qui s’était étonné auprès de moi que ce pianiste à la virtuosité exceptionnelle ne soit jamais invité par l’OSR ! Je ne l’ai jamais entendu en concert, surtout depuis qu’à la fin des années 90 un accident vasculaire l’avait contraint à réduire considérablement son activité. Il est mort le 17 octobre dernier en Allemagne où il vivait.

Mais il laisse un nombre impressionnant d’enregistrements d’oeuvres concertantes, qu’il fut parfois le seul, souvent le premier, à graver. On conseille en particulier ce coffret qui regroupe notamment tous les disques enregistrés pour le label américain Vox :

Jean Teulé le dégingandé

Je ne le croiserai plus dans les rues du Marais, où il avait ses pénates. C’est bête de mourir d’une intoxication alimentaire. C’est ce qui est arrivé à Jean Theulé, 69 ans.

Je n’étais pas ce qu’on peut appeler un « fidèle lecteur », plutôt occasionnel. Je vais rattraper mon retard.

Philippe Aïche, le dernier violon

Je me demandais pourquoi, depuis un bon moment, je ne voyais plus Philippe Aïche à la première chaise – c’est ainsi qu’on nomme la place à laquelle est assis le premier violon, le Konzertmeister, d’un orchestre – de l’Orchestre de Paris. Christian Merlin en révèle la triste raison ce matin dans Le Figaro. Une tumeur au cerveau et la disparition annoncée hier, à 59 ans, d’un musicien, entré en 1985 à l’orchestre, qui récolte l’hommage unanime de toute la profession. Encore une mort injuste.

Philippe Aïche, David Gaillard, répètent la Symphonie concertante de Mozart avec l’orchestre de Paris dirigé par Gianandrea Noseda.

J’ai plein de souvenirs évidemment de Philippe Aïche, mais un tout particulier, lorsqu’il créa, en 1997 je crois, le 2ème concerto pour violon d’Eric Tanguy.

Condoléances à sa famille et ses collègues de l’Orchestre de Paris.

Pauvre hommage

Voici bientôt un an que Nelson Freire a quitté cette vie (voir L’admirable Nelson). Decca annonce des inédits à paraître ces jours-ci.

J’aurais aimé dire du bien d’un livre qui était attendu par tous les admirateurs et les amis du pianiste brésilien – et ils sont nombreux -. Je regrette presque de l’avoir acheté.
Voici comment l’éditeur le présente :

« Doté de fabuleux moyens, le Brésilien Nelson Freire est depuis son plus jeune âge l’un des plus grands pianistes au monde. Sa carrière a pourtant mis du temps à se hisser à la hauteur de son talent. Hypersensibilité maladive, caractère indocile et une sorte de malédiction l’ont maintenu à part, jusqu’à l’apothéose des dernières années.

Son jeu noble, puissant, sensuel et coloré a fini par lui valoir l’amour du public en plus de l’admiration des musiciens. Très proche de Martha Argerich, avec laquelle il a formé un duo de légende, il reste un interprète miraculeux de Chopin, Schumann, Brahms, Debussy ou Villa-Lobos.

En octobre 2021, sa mort soudaine a plongé le monde musical dans la sidération. Après une enquête minutieuse, Olivier Bellamy retrace son fascinant parcours et lève le voile sur l’un des secrets les mieux gardés du piano« 

Les raisons de ma colère ? Je n’ai rien appris que je ne connusse déjà (et qui était déjà écrit dans le bouquin que le même auteur a consacré à Martha Argerich). Mais quand on a eu la chance d’approcher des êtres comme Nelson Freire, de partager parfois leur amitié, on ne se répand pas en anecdotes douteuses, en détails intimes, qui n’apportent rien à la connaissance de l’artiste et s’apparentent à une violation de la vie privée d’un mort et de ses proches. Je dois être trop old school..

Ce qu’il nous reste d’eux

La camarde fauche large chez les pianistes ces derniers mois : Nelson Freire, Radu Lupu, Nicholas Angelich, avant-hier Lars Vogt. Les deux derniers au même âge, la cinquantaine juste passée, l’un et l’autre après avoir courageusement affronté la maladie, les poumons pour Nicholas Angelich, le foie pour Lars Vogt. Au-delà de leur talent et de leurs qualités pianistiques, c’est aussi, sûrement, cette tragique condition humaine, qui nous a profondément émus. Il n’est que de voir, comme l’a constaté France Musique, la pluie d’hommages qui, dans le monde entier, a salué la mémoire de Lars Vogt.

L’Orchestre de chambre de Paris, dont Lars était devenu le directeur musical, a diffusé hier l’extrait d’un concert donné au début de l’été dans la cour de l’Hôtel de Sully à Paris, le dernier sans doute de Lars Vogt. Je vois dans le choix de ce limpide et tendre second mouvement du 2ème concerto pour piano de Chostakovitch, comme une prémonition, comme un adieu au monde…

Alain Lanceron, le président de Warner Classics & Erato, rappelait hier que Lars Vogt avait beaucoup enregistré pour EMI, à la suite de son succès au concours de Leeds en 1990. Notamment ces disques avec Simon Rattle. On veut imaginer que Warner rassemblera ce legs dans un généreux coffret, on le souhaite !

Lars Vogt a beaucoup enregistré pour plusieurs labels. Difficile d’établir une discographie exhaustive. De Mozart à Janacek, de Beethoven à Brahms, en solo, en concerto, il y a abondance. Une sélection de coeur dans ses derniers disques pour Ondine :

J’ai une affection particulière pour ces disques enregistrés avec les amis de toujours du pianiste, le violoniste Christian Tetzlaff et la violoncelliste Tanja Tetzlaff. Le 9 janvier 2015, ils avaient joué à Radio France d’abord le Triple concerto de Beethoven puis le Kammerkonzert de Berg avec l’Orchestre philharmonique de Radio France dirigé par Daniel Harding (lire Le silence des larmes).

Nelson Freire inédit

Decca annonce la sortie d’un double CD d’inédits de Nelson Freire :

Gluck: Orfeo ed Euridice: Mélodie

Bach, J S: Jesu, bleibet meine Freude (from Cantata BWV147 ‘Herz und Mund und Tat und Leben’)

Beethoven: Andante Favori in F, WoO 57

Beethoven: Piano Concerto No. 4 in G major, Op. 58

  • Nelson Freire (piano)
  • Radio-Sinfonieorchester Stuttgart des SWR
  • Uri Segal

Beethoven: Bagatelle Op. 119: No. 11 in B flat major

Strauss, R: Burleske for Piano and orchestra in D minor, AV85

  • Nelson Freire (piano)
  • SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg
  • Zoltán Peskó

Debussy: La plus que lente

Villa-Lobos: Bachianas Brasileiras No. 4 for piano or orchestra: Preludio No. 1

Bartók: Piano Concerto No. 1, BB 91, Sz. 83

  • Nelson Freire (piano)
  • Frankfurt Radio Symphony Orchestra
  • Michael Gielen

Brahms: Piano Concerto No. 2 in B flat major, Op. 83

  • Nelson Freire (piano)
  • Frankfurt Radio Symphony Orchestra
  • Horst Stein

Brahms: Intermezzo in A major, Op. 118 No. 2

On ne va pas bouder son plaisir même si on peut penser qu’il y a beaucoup d’autres inédits qui dorment dans les archives des radios européennes. Rappelons cet autre coffret – des bandes radio – qui est un indispensable de toute discothèque :

Pour ce qui est de Radu Lupu, Decca avait déjà réédité tout ce qu’il avait enregistré en solo et en concerto. On espère que Nicholas Angelich bénéficiera, lui aussi, d’une belle réédition d’une discographie malheureusement incomplète.

Ici capté dans ce qui fut sans doute l’un de ses derniers récitals, chez l’ami René Martin à la Grange de Meslay en 2020.

Vacances 2022 : Lucca, la maison natale de Puccini

On avait été ému de visiter la maison que le compositeur de La Bohème s’était fait construire à Torre del Lago et où il vécut plus d’une vingtaine d’années entre 1899 et 1921 (lire Puccini à Torre del Lago)

On l’a été plus encore dans sa maison natale à Lucques au deuxième étage du 9 Corte San Lorenzo

Pas tant pour l’atmosphère des lieux qui ne comptent plus guère de mobilier ou d’objets d’origine que pour l’abondance et la richesse des documents qui y sont exposés. Puccini est partout intensément présent : photos, lettres et cartes postales, partitions.

Documents ordonnés selon une muséographie intelligente et intelligible tant pour le novice que pour le spécialiste de l’œuvre de Puccini.

La chambre des parents Puccini où naquit et fut baptisé le petit Giacomo
La tenue de scène de Maria Jeritza, l’une des premières interprètes de Turandot.

Puccini meurt à Bruxelles le 29 novembre 1924, des suites d’une opération d’un cancer de la gorge. Après des obsèques à l’église royale Sainte-Marie de Schaerbeek, son corps est transporté à Milan où, le 3 décembre 1924, ses funérailles sont célébrées dans la cathédrale par l’archevêque Eugenio Tosi. À l’issue de celles-ci, sa dépouille est inhumée provisoirement au cimetière monumental de Milan, dans le caveau de famille d’Arturo Toscanini. Deux ans plus tard, le 29 novembre 1926, il est inhumé définitivement dans sa maison de Torre del Lago selon la volonté de son fils Antonio

Vacances 2022 : Puccini à Torre del Lago

Le village toscan s’appelle, de son nom complet, Torre del Lago Puccini. C’est dire si tout ici repose sur la célébrité du compositeur Giacomo Puccini, né à quelques encablures, à Lucques (Lucca) en 1858 et mort à Bruxelles en 1924 des suites d’un cancer de la gorge.

Rien d’original ni dans l’architecture ni dans les monuments – inexistants au demeurant à l’exception d’une jolie église – n’attirerait ici le visiteur ni le touriste, sauf évidemment les très belles et longues plages qui vont de Torre del Lago à Viareggio. Et bien sûr la maison de proportions plutôt modestes que Puccini se fit construire au bord du lac en 1899.

Maison devenue musée mais restée dans son jus depuis un siècle, lorsque le compositeur déjà malade ne supporta plus les installations électriques en cours autour de sa maison et partit plus loin à Viareggio en 1921.

C’est d’abord le fils Antonio qui transforma l’une des pièces du rez-de-chaussée en chapelle dans laquelle il inhuma son père, puis suivit toute la famille, épouse et enfants de Puccini, jusqu’à la petite-fille Simonetta disparue en 2017 qui instaura une fondation qui porte son nom pour veiller à l’entretien et à la préservation du précieux patrimoine.

Il y a comme il se doit un festival Puccini sur place. On l’imagine du même type que le festival Rossini de Pesaro. La prochaine représentation est le 12 – Turandot je crois – mais je serai reparti. Avantage (ou inconvénient?) d’un ex-directeur de festival : je n’organise pas mes vacances en fonction des concerts ou des opéras qu’on donne dans mes villlegiatures. Si l’occasion se présente (Pesaro il y a deux ans) et que l’intérêt est là pourquoi pas ? Mais surtout pas de contrainte !

Et sur place trouvé un disque que je ne me rappelle pas avoir eu dans ma discothèque – à moins que ma mémoire discographique me fasse défaut – Jonas Kaufmann dans Puccini et ses contemporains.

C’est évidemment très beau mais le sombre métal dont est faite la voix de notre ténor allemand me surprend toujours dans ce répertoire où j’attends quelque chose de plus solaire alla Pavarotti.

L’archet et la baguette : le roi Heinrich

C’est un patronyme porté par plusieurs grands artistes : Schiff, comme Andras, le pianiste anglais d’origine hongroise, ou comme Heinrich, le violoncelliste et chef d’orchestre allemand, disparu en 2016 à 65 ans.

Un beau (et cher) coffret Universal est récemment paru, pour un hommage mérité mais univoque puisqu’il se concentre sur l’activité d’instrumentiste de Heinrich Schiff.

Je n’ai pas toujours prêté attention à ce violoncelle généreux, qui sonne comme un orgue, à cette personnalité extravertie, aventurière dans ses choix interprétatifs et ses partenaires.

Sur un site allemand (jpc.de), j’ai trouvé un coffret qui reflète beaucoup mieux le musicien qu’était Heinrich Schiff, violoncelliste certes, mais aussi chef d’orchestre inspiré ! Et à un prix qui défie toute concurrence (voir détails ici)

De J.S.Bach à Zimmermann ou Friedrich Gulda, Neos – qui reprend en partie des enregistrements du coffret Decca – propose plusieurs « live », des duos fascinants entre Schiff et Gulda ou Christian Zacharias. Et surtout Heinrich Schiff chef d’orchestre : Beethoven, Mozart, une phénoménale 2ème symphonie de Schumann captée à Oslo, une Quatrième de Bruckner qui vaut le détour…

Depuis que j’ai reçu ce coffret, je vais de surprise en émerveillement.

Le baryton oublié

Dans un article de 2017 – Blocs de bonheur – j’avais déjà évoqué ce baryton allemand qui fête ses 70 ans, qui n’a jamais eu la notoriété d’un Mathias Goerne, ou a fortiori d’un Fischer-Dieskau.

Le label australien Eloquence a – une fois de plus – la très bonne idée de republier en un coffret de 13 CD ce que Wolfgang Holzmair a enregistré dans les années 80 pour Philips.

Comme Mathias Goerne, la voix, le timbre de Wolfgang Holzmair peuvent déranger, voire déplaire. Et pourtant, dès la première fois où je l’ai entendu, j’ai aimé ce chanteur qui vivait, incarnait de l’intérieur, d’abord les trois grands cycles de Lieder de Schubert (Winterreise, Die schöne Müllerin, Schwanengesang) cherchant moins la beauté du chant que la vérité du texte.

J’ai un souvenir très précis d’une émission Disques en Lice dont l’invité était le pianiste allemand Christian Zacharias. François Hudry avait mis en comparaison – à l’aveugle – plusieurs versions de La belle meunière de Schubert (lire Holzmair à la grange de Meslay) Lorsque Zacharias entend la version de Holzmair, il s’exclame qu’il n’a jamais entendu quelque chose de plus juste, de plus « schubertien ». A la fin de l’émission, il demandera les coordonnées de ce chanteur qui l’a bouleversé, Wolfgang Holzmair. Ils feront plusieurs concerts ensemble.

Plus récemment, le pianiste et producteur de France Musique, Philippe Cassard, s’est attaché avec le même enthousiasme à faire entendre ce chanteur si amoureux de la mélodie française.

On chérit particulièrement le récital de mélodies françaises, notamment des Duparc de toute beauté, enregistré avec le pianiste suisse Gérard Wyss. On est moins convaincu par le disque plus tardif qu’on ne connaissait pas avec la pianiste Maria Belooussova.

De nouveau, grâce à Cyrus Meher-Homji, le patron du label australien, on dispose d’un merveilleux ensemble qui honore un artiste qui ne cesse d’émouvoir.

La grande porte de Kiev (IX): Sviatoslav Richter

La guerre en Ukraine s’enfonce dans la durée et dans l’horreur, même si la résistance héroïque du peuple et de l’armée ukrainiens a obligé l’envahisseur russe à se replier, laissant derrière lui mort et dévastation.

Il y a quelques semaines, on parlait souvent de la ville de Jytomyr, à l’ouest du pays (en orthographe internationale Zhitomyr, ce qui avait conduit nombre de journalistes occidentaux à déformer la prononciation du lieu !). Sauf pour l’excellent Lionel Esparza sur France Musique le 5 mars dernier, cette ville de Jytomyr n’évoquait rien de particulier.

C’est pourtant là qu’est né le 20 mars 1915 l’un des musiciens les plus illustres du XXème siècle, Sviatoslav Richter. Mais l’essentiel de son enfance et de son adolescence, le jeune pianiste les passe à Odessa, où son parcours est tout sauf académique. Celui que ses pairs et le public regarderont comme l’un plus grands musiciens du siècle ne reçoit pas de véritable formation. Ce n’est qu’à l’âge de 22 ans, à Moscou, que Sviatoslav prend des leçons auprès du grand pédagogue Heinrich Neuhaus. Le reste de l’incroyable vie et destinée de Richter est à lire ici : Sviatoslav Richter.

Impossible de faire le tour d’une discographie aussi prolifique que le répertoire extraordinairement vaste que le pianiste russe a abordé jusqu’à ses derniers jours. Voir : Edition limitée, Sviatoslav Richter l’extrême, Richter centenaire.

Le label Alto ressort deux enregistrements qui témoignent de la curiosité de Richter : celui-ci a enregistré au moins trois fois le concerto pour piano de Dvorak, qui ne compte pourtant pas parmi les oeuvres concertantes majeures du XIXème siècle (avec Kondrachine, avec Carlos Kleiber et celui-ci avec Vaclav Smetacek à Prague en 1966). Il a aussi donné plusieurs fois en concert les deux quintettes avec piano. Ici le second donné en concert à Moscou en 1983.

Le son du disque est de bien meilleure qualité que cette captation télévisée du concert du 2 juin 1966

Il en est de même avec cette émouvante captation moscovite : l’esprit même de la musique de chambre à son acmé

Cendrillon à la Bastille

C’est l’une des nouvelles productions de la saison de l’Opéra de Paris : Cendrillon, l’opéra de Massenet.

On est allé voir cette Cendrillon vendredi dernier, avec quelques réticences : les premières critiques n’étaient pas très flatteuses (Cendrillon rate le coche), on craignait d’être déçu par rapport au souvenir qu’on avait d’un spectacle très réussi il y a une dizaine d’années, à l’Opéra Comique, mis en scène par Laurent Pelly.

Crainte injustifiée : la mise en scène de Mariame Clément est astucieuse et poétique, les impressionnants décors de Julia Hansen composent un spectacle très plaisant (Forumopera : La machine féerique). Certes, la diction française des principaux rôles est encore perfectible, mais Tara Erraught en Lucette/Cendrillon, Anna Stephany (qu’on avait applaudie l’été dernier au Festival Radio France) en prince charmant, Daniella Barcelona en marâtre, tout comme la fée de Kathleen Kim, incarnent parfaitement leurs personnages, et tous leurs comparses sont dignes d’éloge. On se demande, en revanche, ce qui a motivé le choix de Carlo Rizzi, d’ordinaire abonné à l’opéra italien, pour diriger un Massenet méconnu.

D’autres Cendrillon

Il faut lire l’article remarquablement documenté de Wikipedia sur Cendrillon. J’avoue que je ne connaissais guère que les « versions » de Charles Perrault et des frères Grimm de ce conte très très ancien !

En musique, on connaît bien l’opéra-bouffe de Rossini, la Cenerentola, dont le livret repose sur le conte de Perrault.

Eblouissante Agnes Baltsa sous la direction d’un chef inattendu dans ce répertoire et qui a signé plusieurs réussites rossiniennes, Neville Marriner

Il faut évidemment connaître l’une des rares versions au disque de la Cendrillon de Massenet, malgré la diction marshmallow de Federica von Stade

On doit aussi citer le grand ballet de Prokofiev, que le théâtre Marinski de Saint-Pétersbourg presse d’écrire, après le succès de Roméo et Juliette. Prokofiev entreprend sa Cendrillon en 1941, mais ne l’achève qu’en 1944. La première a lieu le 21 novembre 1945 au Bolchoi à Moscou.

Une autre Cendrillon est, elle, beaucoup moins connue, et tout à fait contemporaine de celle de Massenet. Il s’agit d’un ballet dû au roi de la valse, compositeur de La Chauve-Souris, Johann Strauss fils, connu sous son titre allemand Aschenbrödel, la dernière oeuvre du maître, qui meurt en 1899.