La dictée verte de Cendrillon

J’aime m’amuser avec les subtilités de la langue française (lire : https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/01/17/au-courant/). C’est en lisant sur le mur Facebook d’un ami cette faute malheureusement très fréquente – la pantoufle de verre de Cendrillon – que j’ai eu l’idée de cette nouvelle dictée… écologiste, puisque le Vert et tous ses homonymes y sont à l’honneur !

La poupée de verre

Lors de ma mise au vert, n’ayant ni le physique d’un vert Adam ni l’aura d’un ver luisant, j’ai fait des vers pour séduire la poupée de verre qui représente Cendrillon derrière la façade toute en verre de l’Opéra Bastille. Des vers, de la poésie quoi, pas des vers de terre, ni des vers solitaires, ni des verres à double foyer…

J’adore Cendrillon et son soulier de vair. J’aime quand elle s’habille de vert, envers et contre toutes les traditions du théâtre. Le vert porte malheur sur une scène, paraît-il, mais on dit bien : « Un vert ça va, trois verts bonjour les dégâts! » Mais je m’égare, ça c’était une plaisanterie d’un ancien ministre à propos des écologistes…

Charles Perrault, le père de Cendrillon, n’était ni d’Auvers, ni d’Anvers, pas plus d’ailleurs que de Vers (dans le Lot ou en Bourgogne), de Vers-sur-Méouge, de Vers-en-Montagne ou de Vers-sur-Selles, j’ai vérifié, il n’a visité ni l’imposant château de Vayres en Dordogne

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ni celui qui m’était beaucoup plus familier, tout près de Poitiers, le château de… Vayres !

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Je me consolerai d’avoir perdu la trace de Cendrillon et de son géniteur en buvant un bon verre de graves-de-vayres. Nu comme un ver, comme il se doit (pour un vert Adam)…

Et je reverrai avec bonheur la chorégraphie de Noureiev et réécouterai l’enregistrement d’Ashkenazy de la célèbre Cendrillon de Prokofiev !

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Le ressuscité de New York

Comme certains opéras ou certains compositeurs ( lire https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/04/20/lopera-honteux/), certains chefs d’orchestre ont mauvaise presse, ou ne sont pas considérés par une partie de la critique comme de grands chefs.

C’est le sort de James Levine, patron incontesté et adulé du Met (le Metropolitan Operade New York) depuis 40 ans, qui n’a jamais été vraiment reconnu en Europe. Trop américain, pas assez « old fashion » ou « Mittel Europa » pour avoir ses lettres de noblesse dans le répertoire classique ou romantique !

Emblématique de cette forme de mépris, le peu de cas, voire le passage sous silence, de l’intégrale des Symphonies de Mozart que Levine avait réalisées avec le Philharmonique de Vienne (la seule et unique à ce jour de cette prestigieuse phalange qui sait son Mozart mieux que personne), intégrale qui a été rééditée dans le gros coffret consacré à cet orchestre par Deutsche Grammophon :

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Moi j’ai écouté cette intégrale, et je la trouve passionnante par l’élan, la jeunesse, le souffle qui animent la baguette de James Levine.

Et j’ai eu la même impression, et le même bonheur, en écoutant les intégrales des Symphonies de Brahms et de Schumann que DGG avait fait graver au jeune chef à Berlin et à Vienne. Des intégrales qui sont presque devenues des « collectons » tant elles sont parcimonieusement distribuées…

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On trouve plus facilement des enregistrements antérieurs de ces symphonies chez RCA, du coup plus clinquantes, plus « américaines » en somme. Ici la préférence va nettement à Levine l’Européen !

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Un gros coffret souvenir de son passage à la tête des Münchner Philharmoniker (où il avait succédé à Celibidache !) ne fait que confirmer mon jugement favorable surtout dans les oeuvres de grande ampleur (Schönberg, Mahler)

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Il se trouve que pendant mon voyage en Croatie, j’ai trouvé dans un magasin de disques de Split – oui il en existe encore dans ces pays-là ! – le double CD qui a marqué le triomphal retour de James Levine devant son cher orchestre du Met, il y a un an, pour son 70ème anniversaire, après une terrible série d’épreuves de santé, qui l’ont obligé à démissionner de son poste à Boston et à laisser la direction de l’opéra new yorkais à de plus jeunes collègues qui guignaient la place avec aussi peu de retenue que de talent (je pense à  Fabio Luisi)

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Il n’est que d’écouter ce « live » capté au printemps 2013 au Carnegie Hall – un programme très classique, une ouverture de Wagner, le 4e concerto de Beethoven avec un Kissin impérial, la 9e symphonie de Schubert – pour balayer toutes les réserves émises sur le compte de ce chef si attachant.

Evidemment, il faudrait ici dérouler l’incroyable épopée lyrique de James Levine, tous ses enregistrements d’opéras, tous les CD et DVD de ses spectacles du Met. Tout n’est sûrement pas sur les mêmes sommets, mais tout de même… qui d’autre que lui pourrait aligner pareille somme de réussites !

Des émissions de France-Musique, des articles dans Diapason, réhabilitent heureusement celui à qui on souhaite d’avoir surmonté durablement la maladie. Les géants comme lui ne courent pas les rues ni les podiums !

Le pavé du pianiste

Je l’écrivais il y a peu, grâce à la branche italienne d’Universal (Decca, Deutsche Grammophon), j’ai acheté et reçu deux coffrets exceptionnels, l’un consacré au chef suisse Ernest Ansermet (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/02/20/suisse-sans-frontiere/), l’autre à un géant du piano, Sviatoslav Richter.

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Pour la première fois se trouvent rassemblés dans ce coffret de 33 CD tous les enregistrements « officiels » solo du pianiste russe, parus naguère sous étiquettes Philips, Decca ou Deutsche Grammophon, depuis le mythique récital de Sofia en 1958, jusqu’aux dernières prises des années 90. Cette parution anticipe sans doute le centenaire du pianiste né à Jytomyr en Ukraine le 20 mars 1915 et mort à Moscou le 1er août 1997.

Richter a été une légende de son vivant. Parce que toujours singulier, hors norme, ou plus exactement pour reprendre le titre de l’article que le critique italien Pietro Rattalino lui consacre dans le livret : Richter ou l’extrême comme norme (Richter, o dell’eccesso come regola).

Impossible de décrire ici, avec des mots, l’art, la personnalité, le son, le répertoire de Sviatoslav Richter. La seule évidence est que Richter, dans une écoute à l’aveugle, se reconnaît immédiatement.

Deux souvenirs personnels : l’un des tout premiers disques que j’ai achetés, étant adolescent (en vacances en Allemagne), était un 33 tours soldé : le 2e concerto de Brahms avec Richter et Leinsdorf (RCA). Grandiose !

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Un autre évidemment plus fort, puisque ce fut ma seule expérience de Richter en concert ! Annoncé presque en secret, en 1992 ou début 1993, un récital avait été organisé au dernier moment pour lui au Victoria Hall de Genève. Un piano à peine ouvert, une petite lampe posée dessus pour tout éclairage, les partitions à quelques centimètres d’une paire d’yeux qu’on devinait fatigués. Une première partie classique, des Haydn, des Beethoven, plutôt problématiques, comme résistants, et puis l’explosion du génie, de la légende avec une Isle joyeuse de Debussy phénoménale…

Impossible de faire un choix dans ce pavé prodigieux de 33 CD. Faites comme moi, chaque jour une galette choisie au hasard, et le sentiment de tutoyer le génie : je sors abasourdi de Variations Diabelli de Beethoven (que je ne connaissais pas sous les doigts de Richter) captées « live » au Concertgebouw d’Amsterdam le 17 juin 1986…

Le détail des oeuvres et des prises de son à lire sur http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2014/02/25/sviatoslav-richter-l-extreme-8115860.html

Suisse sans frontière

Je ne veux pas revenir sur la récente « votation » du peuple suisse qui a défrayé la chronique (mais je n’en pense pas moins !). J’observe simplement que la Suisse musicale et culturelle ne serait jamais devenue ce qu’elle est si elle n’avait, tout au long des siècles, accueilli, parfois recueilli, des artistes étrangers qui y trouvaient inspiration et sérénité. Et si les équipes du label britannique Decca n’avaient pas jeté leur dévolu sur Genève, son Victoria Hall et surtout le grand chef suisse Ernest Ansermet et « son » Orchestre de la Suisse Romande, ce sont des pans entiers – et indispensables – de l’histoire de l’interprétation et du disque qui n’auraient pas existé…

Ce n’est pas la première fois qu’on remarque et apprécie les initiatives de la branche italienne d’Universal (Deutsche Grammophon, Decca). Coup sur coup, paraissent deux imposants coffrets – à tout petit prix – consacrés à deux géants de la musique, le chef Ernest Ansermet et le pianiste Sviatoslav Richter (on y reviendra).

Mon ami et compagnon d’aventures radiophoniques de longue date, François Hudry, doit se réjouir de voir enfin réunis tous les enregistrements de musique française réalisés par le grand chef suisse pour Decca de la fin de la Seconde Guerre mondiale à sa mort en 1969.

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C’est la première fois à ma connaissance que sont regroupés en 32 CD tous ces enregistrements de musique française… et suisse (Honegger, Frank Martin).

Avec plusieurs doublons dont nul ne se plaindra, Decca ayant souvent demandé à Ansermet de refaire en stéréo  son coeur de répertoire, les Debussy et Ravel en particulier. Ainsi on dispose de deux versions du Pelléas et Mélisande de Debussy : la première – mythique ! – de 1952 avec Suzanne Danco, Pierre Mollet, Heinz Rehfuss, la seconde – tout aussi idéale – de 1964 avec Erna Spoorenberg, Camille Maurane, George London et toujours, faut-il le rappeler, l’Orchestre de la Suisse romande dont Ernest Ansermet fut le fondateur et inamovible directeur musical de 1918 à 1968 !.

Un legs discographique sans concurrence, pour savoir comment doit sonner la musique française, dirigée par quelqu’un qui a connu personnellement Debussy, Honegger, Frank Martin, Ravel…! INDISPENSABLE !

(Coffret disponible sur http://www.amazon.it)

Abbado, Karajan, les lignes parallèles

La mort de Claudio Abbado n’en finit pas de secouer le monde musical, et sur Facebook les souvenirs, les anecdotes, les témoignages se multiplient. Lorsque Sylvain Fort demande, avec son habituelle fausse naïveté, quels disques d’Abbado on préfère, il sait que les réponses ne vont pas être unanimes, et que la question même suscite le débat…

J’ai malheureusement peu de souvenirs personnels de concerts dirigés par Claudio Abbado. Deux ou trois seulement, à Paris, une fois à la Cité de la Musique, une autre.. au Cirque d’hiver (une chaleur étouffante, et le Gustav Mahler Jugendorchester si ma mémoire ne me fait pas défaut). Des symphonies de Haydn pétillantes, mais pas très creusées, un 3e concerto pour piano de Beethoven avec la toute menue mais épatante Maria Joao Pires… Maigre bilan donc, mais finalement pas étonnant pour quelqu’un comme moi qui n’a jamais cédé à une sorte d’Abbadomania !

Sur le legs discographique du chef italien j’en ai déjà beaucoup dit (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/01/20/lheritage-abbado/),

Mais, à bien y regarder, il y a plus d’un parallèle à faire entre Claudio Abbado et son prédécesseur légendaire à la tête des Berliner Philharmoniker, Herbert von Karajan. 

Morts au même âge – dans leur 81eme année – après des années de maladie et de souffrance, ils ont l’un et l’autre soigneusement construit et cultivé leur image, beaucoup enregistré (trop ?), Et l’un comme l’autre – c’est mon point de vue ! – ont laissé d’incontestables réussites là où on ne les attendait pas, et ne sont pas  toujours des références dans les répertoires qui leur étaient a priori les plus familiers.

Dans le symphonique, malgré plusieurs intégrales, ni Karajan ni Abbado ne sont mes « indispensables » dans Beethoven, Brahms ou Dvorak. En revanche, ils ont gravé d’admirables Tchaikovski, laissé d’inégales réussites dans Mahler et Bruckner, compris mieux que des natifs les sortilèges de Debussy et Ravel. Dans Mozart et Haydn, l’un et l’autre privilégiaient l’allure, la beauté plastique, et la manière de « retour aux sources » opérée par Abbado avec son orchestre Mozart cette dernière décennie ne m’a jamais vraiment convaincu.

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Dans la discographie de Karajan, ce sont les « hors piste » les plus intéressants : le coffret consacré au trio Schönberg/Berg/Webern, la 4e symphonie de Nielsen, la 5e symphonie de Prokofiev, la 10e symphonie de Chostakovitch (deux fois), et bien sûr les symphonies de SIbelius.

Chez Abbado, on doit rappeler la meilleure intégrale, la plus fiévreusement romantique, des symphonies et ouvertures de Mendelssohn :

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Mais ce qui, toujours dans le répertoire symphonique, rassemble les deux anciens « patrons » de l’orchestre philharmonique de Berlin, ce sont des Mahler et des Bruckner transfigurés par l’épreuve de la maladie, Abbado avec l’orchestre du festival de Lucerne qu’il avait ressuscité, Karajan avec les Viennois. Témoignages absolument admirables heureusement disponibles en DVD.

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Je reviendrai dans un prochain billet sur les parallèles entre Abbado et Karajan dans le domaine de l’opéra.

Pour l’heure, je retiens de Claudio Abbado un double enregistrement qui n’est sans doute pas ce qui viendrait immédiatement à l’esprit de qui voudrait citer une « référence » de ce chef : la 1ere symphonie de Bruckner. L’une de ses toutes premières gravures dans les années 60 avec Vienne, et l’une des dernières avec Lucerne – qu’on trouve l’une et l’autre séparément ou en coffret.

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L’héritage Abbado

Le 26 juin 2013, Claudio Abbado, décédé ce lundi 20 janvier, fêtait ses 80 ans. J’avais écrit tout un billet sur sa riche discographie (Claudio Abbado 80)

« Le grand chef italien Claudio Abbado fête aujourd’hui ses 80 ans. C’est en soi un exploit, puisque nul ne peut ignorer qu’il est gravement malade depuis plus de dix ans, et que peu lui prédisaient une telle longévité. Qui ne ne souvient des images d’Abbado dirigeant le Requiem de Verdi le visage ravagé, diaphane, au sortir d’une première opération ?

On est d’autant plus heureux de souhaiter à ce musicien qui a longtemps conservé (ou entretenu) une allure juvénile et séduisante, le meilleur des anniversaires !

Pour la circonstance, son éditeur de longue date a plutôt bien fait les choses, avec un beau coffret de rééditions de l’imposant corpus symphonique que Claudio Abbado a enregistré en quarante ans de collaboration avec le label jaune.

Ce n’est pas le lieu ni le moment de se livrer à une critique détaillée de ce coffret. Disons, pour faire bref, qu’on n’est pas très convaincu par les Mozart (tout récents, ceux qu’Abbado a gravés en Italie avec “son” orchestre Mozart), ou les Haydn (les 12 symphonies londoniennes) enregistrés “live” avec l’Orchestre de chambre d’Europe. Les Symphonies de Beethoven sont aussi les plus récentes – avec Berlin et en “live” – tout comme les Brahms, l’intégrale des symphonies de Mahler, souvent sous-estimée, me paraît le lot le plus abouti de ce coffret symphonique, avec les phalanges prestigieuses de Chicago et Vienne. De belles symphonies de Bruckner aussi avec les Viennois. Les symphonies de Mendelssohn avec le Symphonique de Londres ont toujours figuré en tête de la discographie de ces 5 bijoux du romantisme. Les symphonies de Schubert aussi avec l’orchestre de chambre d’Europe – à la réécoute je les trouve vraiment trop sages et impersonnelles.

Mais pourquoi a-t-on omis 4 magnifiques symphonies deTchaikovski, la 2eme enregistrée à Boston en 1967, les 4, 5, 6 avec un Philharmonique de Vienne somptueux ?

Autre réédition bienvenue, les quelques disques qu’Abbado avait faits pour Decca dans ses jeunes années, déjà avec Vienne ou Londres (une étonnante 1ere symphonie de Bruckner, déjà les 3e et 4e symphonies de Mendelssohn, les 7e et 8e de Beethoven, Prokofiev, Hindemith, et plus inattendu un récital d’airs de Verdi par Nicolai Ghiaurov.

En pleine année Verdi, Deutsche Grammophon a aussi eu la bonne idée de ressortir les opéras qu’Abbado avait gravés notamment pendant la période où il dirigeait la Scala de Milan. Je préfère souvent la fougue, l’élan de Muti dans les mêmes ouvrages, mais Abbado creuse les partitions et les caractères comme personne.

Je reste fasciné par le Claudio Abbado dernière période, et ses magnifiques concerts de Lucerne, avec l’orchestre d’amis qu’il a rassemblés autour de lui. L’homme n’a plus rien à prouver, l’artiste s’est dépouillé de tous les artifices, l’émotion naît de la musique, simplement offerte, donnée, à son acmé.

 

Jonas le vampire et les enfants du roi

… ou le terrible secret du ténor le plus sexy de la planète !

Il est beau, sexy, il chante Wagner et Verdi comme personne, c’est une star qui fait les beaux jours (et les bonnes recettes) de Decca et maintenant Sony. Son nom ? Jonas Kaufmann.

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Mais Jonas n’a pas toujours été le chanteur vedette du Met, de la Scala, et de toutes les grandes scènes du monde. Il a fait ses classes, chanté dans bien des productions plus modestes, et même enregistré des rôles et des répertoires complètement méconnus, oubliés.

En 1999, le tout jeune Kaufmann est en tête de distribution d’un ouvrage de Heinrich Marschner : Le Vampire. Une réédition en double CD à petit prix dans une fantastique collection du label allemand Capriccio (qui travaille essentiellement avec les orchestres de radio) :

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De meilleurs spécialistes que moi pourraient décrire ce compositeur, absolument méconnu dans nos contrées latines, comme le maillon manquant entre Weber et Wagner. À ce prix et avec cette distribution éblouissante, il ne faut surtout pas passer à côté de ce Vampire.

Le beau Jonas Kaufmann était aussi de l’équipe réunie en 2004 autour d’Armin Jordan (dont c’est le tout dernier enregistrement) à Montpellier pour cet autre opéra injustement méconnu d’Engelbert Humperdinck, Die Königskinder (Les enfants du Roi).

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Vous l’avez compris, si vous voulez faire un cadeau intelligent et original à ceux de vos amis qui sont fans de Jonas Kaufmann, et accessoirement (!) si vous voulez un peu sortir des sentiers rebattus de l’opéra allemand, ces disques sont pour vous.

Dans la même collection Capriccio, je signale dès maintenant – pour y revenir une autre fois – de fabuleuses opportunités de (re)découvrir Franz Schreker (Der Schatzgreber, Der ferne Klang), Franz Schmidt (Notre Dame), Alexander von Zemlinsky (Der Kreidekreis) et Victor Nessler (Der Trompeter von Säckingen) :

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Vous hésitez encore ? Jetez juste un oeil sur le casting de ces raretés : Siegfried Lorenz, Reiner Goldberg, Gwyneth Jones, Hermann Prey, Franz Hawlatha, James King, Thomas Moser, Gabriele Schnaut… Qui dit mieux ?