Le pavé du pianiste

Je l’écrivais il y a peu, grâce à la branche italienne d’Universal (Decca, Deutsche Grammophon), j’ai acheté et reçu deux coffrets exceptionnels, l’un consacré au chef suisse Ernest Ansermet (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/02/20/suisse-sans-frontiere/), l’autre à un géant du piano, Sviatoslav Richter.

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Pour la première fois se trouvent rassemblés dans ce coffret de 33 CD tous les enregistrements « officiels » solo du pianiste russe, parus naguère sous étiquettes Philips, Decca ou Deutsche Grammophon, depuis le mythique récital de Sofia en 1958, jusqu’aux dernières prises des années 90. Cette parution anticipe sans doute le centenaire du pianiste né à Jytomyr en Ukraine le 20 mars 1915 et mort à Moscou le 1er août 1997.

Richter a été une légende de son vivant. Parce que toujours singulier, hors norme, ou plus exactement pour reprendre le titre de l’article que le critique italien Pietro Rattalino lui consacre dans le livret : Richter ou l’extrême comme norme (Richter, o dell’eccesso come regola).

Impossible de décrire ici, avec des mots, l’art, la personnalité, le son, le répertoire de Sviatoslav Richter. La seule évidence est que Richter, dans une écoute à l’aveugle, se reconnaît immédiatement.

Deux souvenirs personnels : l’un des tout premiers disques que j’ai achetés, étant adolescent (en vacances en Allemagne), était un 33 tours soldé : le 2e concerto de Brahms avec Richter et Leinsdorf (RCA). Grandiose !

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Un autre évidemment plus fort, puisque ce fut ma seule expérience de Richter en concert ! Annoncé presque en secret, en 1992 ou début 1993, un récital avait été organisé au dernier moment pour lui au Victoria Hall de Genève. Un piano à peine ouvert, une petite lampe posée dessus pour tout éclairage, les partitions à quelques centimètres d’une paire d’yeux qu’on devinait fatigués. Une première partie classique, des Haydn, des Beethoven, plutôt problématiques, comme résistants, et puis l’explosion du génie, de la légende avec une Isle joyeuse de Debussy phénoménale…

Impossible de faire un choix dans ce pavé prodigieux de 33 CD. Faites comme moi, chaque jour une galette choisie au hasard, et le sentiment de tutoyer le génie : je sors abasourdi de Variations Diabelli de Beethoven (que je ne connaissais pas sous les doigts de Richter) captées « live » au Concertgebouw d’Amsterdam le 17 juin 1986…

Le détail des oeuvres et des prises de son à lire sur http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2014/02/25/sviatoslav-richter-l-extreme-8115860.html

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