Stephen Kovacevich 1940-2026 : souvenirs et hommage

Un soir à Genève

C’est un souvenir que je ne suis pas près d’oublier : en décembre 1986, je fis en même temps la connaissance de Martha Argerich, de sa troisième fille Stéphanie (11 ans à l’époque) et du père de celle-ci, Stephen Kovacevich.

J’avais commencé en septembre à travailler à la Radio suisse romande à Genève, chargé, entre autres, de la production de certains concerts de l’Orchestre de la Suisse romande. En l’occurrence, la saison de concerts de l’OSR était le fruit d’une « coproduction » entre l’orchestre, la Radio et la Ville de Genève, chacun gérant les aspects pratiques de « ses » concerts. C’est ainsi que pour le concert du 19 décembre 1986, il me revint de m’occuper du chef – Okko Kamu* – et du soliste, Stephen Bishop-Kovacevich… qui faisait alors ses débuts avec l’Orchestre de la Suisse romande ! J’étais allé chercher le pianiste à l’aéroport la veille du concert et dans la voiture il me posa d’emblée une colle : où pourrait-il faire nettoyer et repasser son frac ? Je ne me rappelle plus la solution finalement trouvée. Lorsque je l’interrogeai sur sa carrière qui m’impressionnait beaucoup, il m’avoua que c’était la première fois qu’il jouait à Genève alors que, me dit-il, « je viens souvent ici voir ma fille et Martha ». Le soir du concert, il me proposa d’aller dîner « chez Martha » qui habitait un bel hôtel particulier à quelques centaines de mètres du Victoria Hall. C’est ainsi que je rencontrai pour la première fois la pianiste argentine, dans son univers, une sorte de phalanstère, du monde à tous les étages, un joyeux désordre, des pianos et des discussions animées. Lorsque Stephen me présenta à elle, elle me demanda aussitôt : « Vous jouez du piano » ? Je m’entends encore lui faire cette réponse : « À vous je ne dirai jamais que je sais jouer du piano »… La suite avec Martha je l’ai racontée dans plusieurs épisodes de ce blog.

Quant à Stephen Kovacevich, je l’ai entendu par la suite en concert, pas aussi souvent que je l’aurais souhaité, mais plus jamais eu l’occasion de partager un moment plus privé avec lui.

Il me reste, il nous reste un héritage discographique exceptionnel.

Le pianiste oublié

A l’occasion de son 75e anniversaire, Decca avait publié la totalité de ses enregistrements réalisés dans les années 60 et 70 pour Philips (voir le détail sur bestofclassicfr.wordpress.com)

« Il va fêter ses 75 ans le 17 octobre, un an avant celle qui est la mère de leur fille Stéphanie, Martha Argerich. Il s’est appelé Stephen Bishop, puis Bishop-Kovacevich, et enfin Kovacevich (Stephen_Kovacevich).

C’est un formidable, magnifique pianiste, qui n’a jamais eu la célébrité, ni même la notoriété de sa compagne. En quelque sorte, un pianiste pour connaisseurs.

Decca réédite heureusement ce que Stephen Kovacevich a enregistré pour Philips dans les années 60/70. Puisse ce coffret permettre au plus grand nombre de (re)découvrir un artiste vraiment exceptionnel. Ses Beethoven et ses Brahms sont tout simplement des références, éloquence, clarté, virtuosité, il les reprendra, piano seul et concertos, avec presque autant de réussite pour EMI dans les années 90 (cf. ci-dessous).

Depuis toujours, ses Variations Diabelli sont mon disque de chevet pour cette oeuvre.

Mais Mozart, Bartok, Chopin, toute une discographie qui, au fil des ans, était devenue quasiment introuvable, nous sont enfin restitués.

CD1
Beethoven: Diabelli Variations op.120

CD2
Beethoven: Piano Concerto No.1 & Piano Sonata, op.10/1
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD3
Beethoven: Piano Concertos Nos. 2 & 4
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis<
br> CD4
Beethoven: Piano Concerto No.3 & Piano Sonata, op.13 “Pathétique” BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD5
Beethoven: Piano Concerto No. 5 BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD6
Beethoven: Piano Sonatas opp.101 & 109

CD7
Beethoven: Piano Sonatas opp.110 & 111

CD8
Beethoven: Piano Sonatas op.31/2 & 3

CD9
Beethoven: Bagatelles op.33, 119, 126

CD10
Chopin: Polonaise No.7, Impromptu No.3, Mazurka No.39, etc.

CD11
Dvořák: Piano Quintet op.81 & String Quintet op.97

Mozart: Kegelstadt Trio*
Members of the Berlin Philharmonic Octet
* With Jack Brymer and Patrick Ireland

CD12
Brahms: Piano Concerto No.1 London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD13
Brahms: Piano Concerto No. 2 London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD14
Brahms: Scherzo in E Flat Minor op.4, 4 Ballades op. 10, 8 Klavierstücke op.76

CD15
Brahms: Klavierstücke Op. 116, 117 & 119

CD16
Brahms: Variations and Fugue on a Theme by Handel op.24, Klavierstücke op. 117 & 119 [Analogue]

CD17
Brahms: 16 Waltzes, Op.39, 2 Rhapsodies, Op.79, Klavierstücke op.118

CD18
Mozart: Piano Concertos Nos. 21 & 25
London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD19
Mozart: Piano Concertos Nos. 20 & 23
London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD20
Grieg & Schumann: Piano Concertos
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD21
Bartók: Mikrokosmos Nook 6* / Out of Doors / Sonatina [*first international CD release]

CD22
Stravinsky: Concerto for piano and wind
Bartók: Piano Concerto No. 2
BBC Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD23
Bennett: Piano Concerto No. 1 & Jazz Calendar
London Symphony Orchestra, Sir Alexander Gibson

CD24
Bartók: Piano Concertos Nos.1 & 3
London Symphony Orchestra, Sir Colin Davis

CD25
*Bartók: Sonata for 2 Pianos and Percussion
Andante and Five Variations for Piano duet in G, K.501
Debussy: En blanc et noir
With Martha Argerich,
*With Martha Argerich, Willy Goudswaard and Michael De Roo » (13 septembre 2015)

Le duo

Tout comme le duo que Martha Argerich forma longtemps avec Nelson Freire au concert et au disque, il faut chérir les plus rares occasions où Martha Argerich et Stephen Kovacevich se retrouvaient pour des moments d’une poésie infinie.

Ici il y a dix ans à la Philharmonie de Paris

Plus tard pour EMI, il enregistra le corpus des sonates et des bagatelles de Beethoven, les concertos de Brahms à nouveau avec Wolfgang Sawallisch, et les Valses de Chopin qui lui donnèrent, paraît-il, beaucoup de mal, parce que le compositeur lui « résistait » !

Je m’en veux encore aujourd’hui d’avoir manqué le tout dernier concert que Stephen Kovacevich donna en France – c’était à quelques kilomètres de chez moi, dans les écuries de Chantilly, en avril 2026 – Ces images si tendres de ce duo avec Martha Argerich ne cessent de me bouleverser. Hommage !

Les joies de juin

D Day #80 : Félicitations

Félicitations à France 2, à la télévision publique en général, pour cette journée très réussie de commémoration des 80 ans du Débarquement. De Télématin à la cérémonie de fin d’après-midi, j’ai appris beaucoup de choses, de détails historiques, que j’ignorais, et cela sans le recours à d’incessants micro-trottoirs qui tiennent trop souvent lieu de reportages. Musicalement, la cérémonie internationale d’Omaha Beach avait l’allure et la carrure nécessaires : tout et tous étaient à leur place. Lambert Wilson, magnifique récitant, Alexandre Tharaud et son piano poétique, le choeur de l’Armée française préparé par sa cheffe Aurore Tillac, et peut-être surtout la Maîtrise populaire de l’Opéra Comique qui nous a profondément émus.

Chantilly sans crème

En septembre dernier, j’avais bien aimé le rendez-vous festif qu’Iddo Bar-Shai propose à Chantilly (Double crème). Je me réjouissais de retrouver le cadre imposant des anciennes écuries royales, en ce premier jour de juin, pour les Coups de coeur de Steven Isserlis.

Déception, frustration de ne pas plus et mieux entendre des musiciens que j’admire, comme je l’ai écrit pour Bachtrack : Frustrations à Chantilly

Oslo à Paris

Mardi dernier en revanche, l’affiche a tenu ses promesses. Un programme tout Brahms proposé par l’Orchestre philharmonique d’Oslo en tournée, dirigé par un chef qu’on connaît bien à Paris, Klaus Mäkelä, jouant aussi la partie de violoncelle du double concerto de Brahms. En compagnie d’un violoniste, Daniel Lozakovich, qui ne cesse de nous impressionner, concert après concert. Compte-rendu enthousiaste à lire sur Bachtrack : Klaus Mäkelä voit double avec l’Orchestre philharmonique d’Oslo

En marge du concert, deux brèves rencontres inattendues. Dans le métro de retour d’abord, une vieille dame un peu voûtée, le regard pétillant, s’adressant à deux jeunes hommes qui venaient manifestement d’assister au concert, et une voix que je n’ai reconnue qu’au dernier moment avant qu’elle ne sorte à la station Stalingrad, l’une des productrices emblématiques de France Musique, Martine Kauffmann, que je n’avais plus revue depuis près de trente ans.

En revanche, je savais d’avance que j’apercevrais au pupitre de clarinettes, Pierre Xhonneux (prononcer O-noeud), un musicien que j’avais engagé tout jeune – il avait 18 ans ! – à l’Orchestre philharmonique de Liège, et qui avait rejoint les rangs du philharmonique d’Oslo en 2015. Impossible de le retrouver dans le dédale de couloirs et de salles qui forme les coulisses de la Philharmonie, au milieu des « flightcases » de l’orchestre. Le lendemain matin, sortant du Café Charlot, rue de Bretagne où j’ai mes habitudes pour le petit déjeuner, je tombe sur Pierre et deux de ses collègues norvégiens. Ou comment le hasard fait bien les choses…

Sawallisch inconnu

Je l’ai longuement évoqué il y a un mois (Sawallisch ou les retards d’un centenaire) à propos de deux publications récentes. Je n’avais pas encore reçu le premier des deux coffrets que Warner consacre au chef allemand, né en 1923, disparu en 2013. Par rapport à un premier coffret EMI, acheté naguère au Japon, qui était limité au répertoire symphonique et concertant, il y a bien sûr l’œuvre chorale (Schubert) et de nombreux disques de Lieder où Sawallisch est au piano, mais aussi quelques pépites que je n’avais jamais vues en CD parmi les premiers enregistrements du jeune chef avec le Philharmonia.

ou encore une complète découverte pour moi que ces mélodies de Pfitzner avec Dietrich Fischer-Dieskau

Et puis, last but not least, l’excellent texte de Remy Louis, qui est une mine d’informations de première main sur l’art de ce chef.

Mon marché de printemps

J’ai une dilection particulière pour ces musiques qu’Armin Jordan qualifiait de « décadentes » avec une gourmandise non feinte, comme celles de Schreker ou Zemlinsky. Christoph Eschenbach nous offre une belle nouveauté avec ce double album enregistré à Berlin, et deux solistes splendides, Chen Reiss et Mathias Goerne.

Trouvé à petit prix sur jpc.de, je n’avais jamais repéré ce CD paru en 1998 de Stephen Hough (pour la prononciation, je renvoie à Comment prononcer les noms de musiciens ?) consacré à un compositeur singulier autant qu’admirable, Federico Mompou

Double crème

C’était dimanche dernier, sous la canicule, le plaisir de pouvoir enfin répondre aux invitations répétées du pianiste Iddo Bar-Shai qui anime, depuis 2021, les, ses « Coups de coeur à Chantilly« . Et d’y retrouver, à ses côtés, Matthias Goerne et le quatuor Modigliani dont on a peine à croire qu’ils fêtent leur vingtième anniversaire.

Compte-rendu à lire sur Bachtrack : Le quatuor Modigliani double crème pour ses vingt ans.

Le titre de mon billet a été vite trouvé : deux programmes de concert exclusivement viennois (Mozart, Beethoven, Schubert) à Chantilly ! Mais les spécialistes de l’art culinaire trouveront sans doute la comparaison osée : la Schlagsahne (ou Schlagobers) de la capitale autrichienne est-elle la même que la fameuse crème Chantilly ? Réponse : pour avoir goûté (et parfois abusé) aux deux in situ, je n’ai honnêtement jamais pu faire de différence ! On lira avec intérêt la très complète notice Wikipedia sur l’origine de l’association entre le château de prince de Condé et cette spécialité laitière !

Le concert du dimanche matin avait lieu dans la galerie de peintures du musée Condé – la deuxième collection française de peintures anciennes après le Louvre !, et réunissait le jeune quatuor Elmire et son aîné le quatuor Modigliani (sur la photo, les deux sont réunis pour le salut final… la parité n’est pas encore la règle dans l’univers feutré des quatuors !)

Au moment du déjeuner, on a pris la direction d’une auberge de campagne que la rumeur générale présentait sous un jour sympathique. Sympathique l’accueil l’a été, mais c’est à peu près tout. On ne lui fera donc pas de publicité.

Sur le chemin du retour vers Chantilly, on s’est arrêté à Senlis qu’on avait jamais vu de jour et sous le soleil !

J’ai bien fait rire mes amis de Facebook avec cette plaque de rue et cette sainte qui n’est répertoriée nulle part…

La belle cathédrale Notre-Dame de Senlis s’inscrit dans le circuit de ces chefs-d’oeuvre de l’art gothique si denses en ces terres picardes.

Et pour la première fois j’ai pu apercevoir l’ancienne chapelle royale Saint-Frambourg, qui fait partie de la légende Cziffra, du nom du pianiste d’origine hongroise, György devenu Georges Cziffra (1921-1994) qui s’était établi à Senlis et avait racheté, en 1974, ce monument à tous points de vue historique – c’est ici qu’Hugues Capet fut élu en 987 roi des Francs – en état de complet délabrement. C’est aujourd’hui le siège de la fondation Cziffra et un auditorium recherché par les musiciens. On a pu y pénétrer quelques instants avant un concert et y photographier les vitraux que Cziffra avait commandés à Juan Miro (les seuls que le peintre espagnol ait réalisés avec ceux de Saint-Paul-de-Vence.

Après cette halte caniculaire à Senlis, il était temps de retrouver Chantilly et ses grandes écuries pour le concert conclusif du week-end anniversaire des Modigliani.

On accède au lieu du concert en passant devant les stalles des pur-sang qui font les beaux jours de l’hippodrome de Chantilly

Bref extrait du quatuor avec piano K 478 de Mozart, avec Iddo Bar-Shai et les membres du quatuor Modigiliani à Chantilly


De gauche à droite, le quatuor Modigiliani : Amaury Coeytaux (1er violon), Laurent Marfaing (alto), Loïc Rio (2nd violon) et François Kieffer (violoncelle)

Et pour couronner ce vingtième anniversaire, le quatuor fait la couverture de Classica – une première en soi, on n’a pas le souvenir qu’un quatuor, français de surcroît, ait jamais fait la une d’un magazine musical ! –

Balade d’automne

Un bref reportage vendredi matin sur France 2 et la décision fut prise de retourner à Chantilly où se déroulent ce week-end les Journées des Plantes.

Magie des petits matins d’automne, le château et les alentours émergent doucement de la brume.

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IMG_9371(Les grandes écuries)

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IMG_9383Le domaine de Chantilly, le parc, les jardins, sont pures merveilles à l’automne.

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Constitué depuis le Moyen Âge par ses propriétaires successifs, le domaine de Chantilly est un vaste ensemble de 7 830 hectares de terres qui appartient depuis 1897 à l’Institut de France. Il s’étend sur 15 communes de l’Oise et du Val-d’Oise. Il est composé du château de Chantilly, de ses collections d’œuvres d’art, regroupées dans le musée Condé, de son parc et d’une forêt, la forêt de Chantilly, pour ses éléments les plus célèbres, mais aussi de propriétés, de bâtiments dont plusieurs monuments historiques, de terres agricoles, de terrains de golf. Cet ensemble est protégé au titre des sites classés depuis 1960.

De 1386 à 1897, le domaine est passé par héritage, sans jamais être vendu, à différentes branches d’une même famille. Après les Orgemont (xive et xve siècles), les Montmorency (xve – xviie siècles), une des plus puissantes familles du royaume, contribue beaucoup au développement du domaine, notamment au temps du connétable Anne de Montmorency. Familier des rois François Ier et Henri II, il fait construire le petit château par Jean Bullant. Viennent ensuite les Bourbon-Condé (xviie – xixe siècle), cousins des rois de France. Le plus célèbre, le Grand Condé, fait dessiner le parc par André Le Nôtre.

Le domaine est mis sous séquestre le en application de la loi sur les émigrés et vendu par lots. Une première partie est vendue entre 1793 et 1795 : l’ancien potager, le jardin des cascades, les derniers terrains disponible le long de l’actuelle rue du Connétable et autour de l’actuelle petite pelouse ainsi que les maisons de la ville appartenant au Prince. Une bonne partie de ces premières aliénations ne réintègreront jamais le domaine. Le reste du domaine est loti en 1798 et vendu progressivement2.

Les Princes reviennent à Chantilly, récupèrent une bonne partie du parc et la totalité de la forêt. À la mort du dernier prince de Condé, son petit neveu Henri d’Orléans, duc d’Aumale, fils du roi Louis-Philippe, hérite du domaine de Chantilly, à l’âge de huit ans, en 1830. Il fait reconstruire « le grand château », rasé après la Révolution, par l’architecte Honoré Daumet de 1875 à 1882 pour y installer ses collections de livres, peintures, dessins, objets d’art, etc. L’opération coûte la somme considérable pour l’époque de 5 360 000 francs.

En 1886, le duc, sans héritiers directs vivants, lègue son domaine de Chantilly à l’Institut de France et non à la France qui change régulièrement de régime. Celui-ci créée alors la fondation d’Aumale pour regrouper l’ensemble de la donation (donation sous réserve d’usufruit) et ouvre le musée Condé au public moins d’un an après sa mort, le . L’ensemble est confié à un collège des conservateurs, soit trois académiciens issus de trois Académies de l’Institut.

En 2005, face aux difficultés de gestion du domaine par l’Institut, il est décidé de créer une fondation pour la gestion des éléments les plus importants et prestigieux : le Château, le parc et les Grandes Écuries : c’est la « Fondation pour la sauvegarde et le développement du domaine de Chantilly ». Elle est fondée à l’initiative et avec le soutien financier de Karim Aga Khan IV. Elle est chargée de réaliser le développement économique du domaine tout en assurant sa restauration et sa pérennité (Source Wikipedia)

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