Beethoven 250 (IV): Charles Mackerras

Encore un nom qu’on a peu de chances de voir cité parmi les chefs beethovéniens : Charles Mackerras (1925-2010). Et pourtant…

Un chef atypique, né américain, devenu australien, anobli par la reine d’Angleterre, formé en république tchèque auprès de Vaclav Talich, qui a laissé des versions de référence des opéras de Janacek.

Charles Mackerras a réalisé deux intégrales des symphonies de Beethoven, qui sont passées quasi-inaperçues lors de leur parution, parce que peu distribuées hors du Royaume Uni.

J’écrivais ceci, après une séance d’écoute comparée de la 5ème symphonie de Beethoven« La séance d’écoute comparée, organisée hier soir à la Salle Philharmonique de LIège, de la 5e symphonie de Beethoven, a consacré la prééminence d’un grand chef, malheureusement trop méconnu sur le Continent, Charles Mackerras.

Il a gravé, entre 1992 et 1997, une intégrale des symphonies de Beethoven, avec l’orchestre de Liverpool, et c’est, écoute après écoute, une réussite exemplaire. Tous les enseignements, sans les tics ou les rigidités, des « baroqueux », une énergie, une vitalité toutes beethovéniennes, et un orchestre magnifique. »

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La première intégrale, réalisée à Liverpool, a été éditée et rééditée dans une collection économique qu’on ne trouvait qu’au Royaume-Uni. Elle est toujours disponible sur les sites en ligne.

Je continue de trouver que c’est l’une des intégrales modernes les plus captivantes.

Charles Mackerras a remis son Beethoven sur l’ouvrage, à la tête cette fois du Scottish Chamber Orchestra. En public. Vision souvent plus hachée, qui ne manque jamais d’envergure, mais qui ne renouvelle pas la réussite exceptionnelle de la première version. Quelque chose de trop sec, de trop univoque. Mais elle est à connaître !

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Enfin l’hommage

Je ne sais pas vous, mais moi je ne supporte plus ces querelles familiales autour de l’héritage de Johnny. Notre héros, l’unique, le plus grand, l’éternel. Un authentique saint !

Enfin je vois, officialisé, ce que je savais depuis quelques jours grâce à des amis bien placés. Toutes les stars du classique vont enfin rendre à notre si regretté Johnny Hallyday l’hommage qui lui est dû.

C’est forumopera qui le révèle ce matin, sous la plume ô combien autorisée du célèbre Maximilien Hondermarck :

« Les frontières du cross-over ne cessent de reculer : le label Sony annonce réunir les plus grandes stars de la scène lyrique pour un album entièrement consacré à Johnny Hallyday. Vedette du projet, Jonas Kaufmann confesse avoir appris ses premiers mots de français en écoutant, dans ses années d’adolescence, « L’envie » ou « Je te promets ». Des tubes qu’il reprendra dans leur langue originale. C’est par contre en allemand qu’il chantera, aux côtés de René Pape, « Anmachen das Feuer ! » – comprenez « Allumer le feu ». En bon wagnérien, Pape voit d’ailleurs dans ce titre « une réinterprétation moderne et concise de l’Immolation de Brünnhilde ». 

Outre Pape, ce sont la plupart des gloires de l’opéra qui ont répondu présent aux côtés de Kaufmann. La grande Angela Gheorghiu sera là, bien sûr, pour une reprise censément puccinienne de « Que je m’aime ! ». Cecilia Bartoli et Christophe Rousset au clavecin promettent des variations ébouriffantes sur « Gabrielle » (avec ports de voix et contre-mi bémol, dont les versions modernes nous privent si souvent), Bryn Terfel n’aura sans doute aucun mal à convaincre en bad boy dans « Ma gueule », et même Anja Harteros a officiellement annoncé qu’elle annulait sa participation au projet. 

Pour accompagner tout ce beau monde, c’est rien moins que la Staatskapelle de Dresde qui a été conviée, dirigée par son chef Christian Thielemann, qui a personnellement mis au point toutes les orchestrations, qu’il souhaite denses et profondes : « On ne peut pas faire à Goldman et Berger ce que Simon Rattle a fait à Beethoven et Brahms » a-t-il sobrement commenté au sortir d’une répétition, en santiags et manteau de cuir.

Nom de la tournée prévue à l’automne 2018 dans les stades européens: « On a tous quelque chose de Johnny ! »91eE3XvM3NL._SL1417_.jpg

Ce que ne dit pas cet article, c’est que la tournée d’hommage de l’automne sera dirigée par Ivan… Fischer.

Tosca sans chef

Soirée de gala hier à l’Opéra Bastille. Les mécènes étaient en nombre (était-ce une raison pour commencer systématiquement chaque acte en retard ?), la presse aussi. Pourtant la première de cette Tosca avait eu lieu samedi dernier. Les premiers papiers, comme celui de Forumoperalaissaient augurer du meilleur.

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La mise en scène de Pierre Audi ne se signale par aucune originalité, mais peut-on transformer, transposer, un ouvrage aussi lié à un contexte historique et géographique ?

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Alors les chanteurs ? Le public est venu pour eux, pour le ténor Marcelo Alvarezle baryton Bryn Terfelpeut-être surtout la soprano Anja HarterosEt il ne sera pas déçu.

Alvarez campe un Cavaradossi solide, un peu poseur, la voix conserve un beau métal, à Terfel il manque de la noirceur dans le timbre (ou est-ce moi qui n’ai jamais beaucoup aimé cette voix ?), mais peut-on rater Scarpia ? Aucune réserve en revanche, une adhésion enthousiaste à l’incarnation du personnage de Floria Tosca, à la voix pulpeuse, sensuelle et homogène sur toute la tessiture d’Anja Harteros. Sublime Vissi d’arte, mais toutes les difficultés vocales d’un rôle périlleux entre tous sont franchies sans que jamais la voix ne s’altère. La grande Tosca du moment, assurément !

Quelle déception en revanche dans la fosse ! Pas du côté des musiciens évidemment. Je trouve le rédacteur de Forumopera (cf.supra) bien indulgent à l’égard d’une direction plate, banale, caricaturale. Pourtant Dieu sait que l’orchestre de Puccini est riche, vétilleux aussi par ses incessants changements de couleur et de rythme. Il faut une grande baguette pour en maîtriser tous les rouages et en extraire tous les sortilèges (un Karajan, un Levine, un Solti…). Dommage qu’on n’ait pas eu Philippe Jordan… 

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La reine et la musique

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Difficile d’ignorer que la reine Elizabeth fête aujourd’hui ses 90 ans !

En revanche, il y a peu de chances que les médias traitent un aspect nettement moins people de sa vie et de son règne : son rapport à la musique. Rapport personnel ou officiel. Petite revue de détail, grâce à l’excellent dossier constitué par ClassicFM 😦http://www.classicfm.com/music-news/latest-news/queen-elizabeth-classical-music/)

Dès 1930, le vieil Edward Elgar dédie sa Nursery suite aux deux jeunes princesses, Elizabeth et Margaret.

Le 25 mars 1944, les deux princesses et leur mère sont au Royal Albert Hall pour fêter le 75ème anniversaire du chef d’orchestre Henry Wood, qui a fondé en 1895 les célèbres Promenade Concerts (devenus Prom’s) et arrangé nombre de mélodies traditionnelles (ici sa Fantasia on British sea songs dirigée par mon ami Paul Daniel lors d’une soirée des Prom’s)

En 1951, la future reine participe avec toute la famille royale à l’inauguration du Royal Festival Hall sur Southbank. Avec le Barbican center quelques années plus tard, ce sera l’un des principaux temples de la musique classique de la capitale britannique, la « maison » de plusieurs des grands orchestres londoniens, le London Philharmonic, le Philharmonia entre autres (on y reviendra).

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Le 2 juin 1953, le couronnement d’Elizabeth est évidemment accompagné par beaucoup de musique et de nombreuses créations. Le sujet mérite à lui seul tout un billet. Patience !

Quatorze ans  plus tard, la reine inaugure la nouvelle salle de concert de Snape Maltings pour la 20ème édition du festival d’Aldeburgh fondé par Benjamin Britten (à droite sur la photo).

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On découvre en feuilletant l’album réuni par ClassicFM qu’Elizabeth II assiste à un concert à la Scala de Milan en 2000 et y entend l’ouverture d’Elgar In the South dirigée par Riccardo Muti.

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En 2005, la reine remet une nouvelle décoration The Queen Medal of Music au vétéran Charles Mackerras, en 2006 c’est le baryton gallois Bryn Terfel qui la reçoit à l’issue d’un concert organisé pour les 80 ans de la souveraine.

Prochain épisode : les « maîtres de musique » de la reine !