Accords d’Evian

J’ai vécu de 1981 à 1999 à Thonon-les-Bains, à 10 km d’Evian, où se tient actuellement le G7. Une précision d’emblée : la notoriété d’Evian, ne serait-ce que par son eau minérale, est sans commune mesure avec celle de Thonon, mais les visiteurs sont toujours surpris de la différence de population, près de 38.000 habitants pour Thonon, sous-préfecture de Haute-Savoie, et seulement 9200 pour Evian.

Politique

Entre 1981 et 1986, j’ai été l’assistant parlementaire du député de la circonscription, et très actif politiquement dans une région que je découvrais. En 1982, un jeune conseiller municipal ambitieux demande et obtient le soutien du député pour se faire élire conseiller général du canton, Marc Francina est élu, il deviendra plus tard député à son tour et maire d’Evian. En 1983, ce sont les élections municipales, le maire d’Evian d’alors, Henri Buet, paraît indéboulonnable. Dans les rangs de la section locale du CDS plusieurs jeunes talents nous ont rejoints, dont le chef d’entreprise Philippe Maire (de trois ans mon aîné, mais né comme moi un 26 décembre!) que rien ni personne n’arrête dans son ambition de conquérir la mairie d’Evian : il échouera à 16 voix près.

Rencontres Musicales

Dès le printemps 1982 je fréquente Evian et son festival de musique, les Rencontres musicales d’Evian, et ses divers avatars. Jusqu’à la construction de la Grange au Lac, les concerts ont lieu dans la salle du Casino au centre ville. Robert Lassalle,, le directeur, et le chef d’orchestre Serge Zehnacker, invitent généreusement. « Mon » député qui n’a aucun intérêt pour la musique me confie ses invitations, ce qui me vaut l’insigne privilège, mais surtout un grand moment de gêne, d’être cité par le journaliste Antoine Livio sur une liste de personnalités au premier rang desquelles figure la reine Marie-José d’Italie.

Durant ces premières années, j’entends pour la première fois les tout jeunes Paul Meyer, Marc Coppey, et beaucoup de jeunes orchestres étrangers.

Paul Meyer, 17 ans à l’époque, jouait la Rhapsodie pour clarinette de Debussy avec orchestre. Il sera l’un des premiers solistes que je ferai inviter à l’Orchestre de la Suisse romande quelques années après (il en résultera un très beau disque des concertos de Weber)

Marc Coppey, lui, tout fluet, encore auréolé de son prix au concours Bach de Leipzig, rejoint sur scène Maria-Joao Pires et Viktoria Mullova pour un trio de Beethoven (l’opus 1 n°1). Marc sera ensuite un fidèle compagnon d’aventures musicales à Liège puis Montpellier. En témoigne cet extrait du trio L’Archiduc capté à la Salle Philharmonique de Liège avec Tedi Papavrami au violon et Nelson Goerner au piano.

Et puis il y aura la période Rostropovitch – exit Zehnacker et son équipe, pas assez brillant pour le maître des lieux, Antoine Riboud, patron de Danone… et des eaux d’Evian. Beaucoup de concerts, de réussites diverses, et surtout beaucoup de mondanités, là même où se déroule actuellement le G 7, dans ce magnifique palace qui surplombe le lac Léman, l’hôtel Royal. Antoine Riboud invite largement le Gotha politique de droite et de gauche – on se rappelle y avoir croisé Robert et Elisabeth Badinter, Michel Rocard, Raymond Barre, des ministres, des « people » comme on ne dsait pas encore à l’époque. C’est ainsi que, lors de l’inauguration de la Grange au Lac, je me suis trouvé assis à côté de Claire Chazal et Patrick Poivre d’Arvor… Ce soir-là il avait beaucoup plu, et les chemins qui menaient de la nouvelle salle de concert à l’hôtel Royal n’étaient pas encore goudronnés. Toute la joyeuse foule en fut quitte pour se tremper les pieds et les jambes et je recueillis, pour la postérité, cette formule de Raymond Barre, rigolard, à un mètre derrière moi : « Ce n’est pas la grange au lac, mais la grange aux flaques! ».

Amusant de retrouver sur YouTube ce reportage de TV5 Monde, présenté par Jean-Baptiste Urbain, l’excellent matinalier actuel de France Musique !

D’autres souvenirs amusants me reviennent. Rostropovitch était connu pour ne pas dormir beaucoup la nuit et consommer plus que de coutume une petite eau (vodka en russe) qui n’était pas d’Evian. On le vit plusieurs années flanqué de l’épouse officielle Galina Vichnievskaia, et puis celle-ci disparut deux années de suite, remplacée par une célèbre violoniste – qui jouait beaucoup et merveilleusement bien -. Et puis Galina réapparut, délestée de ses rondeurs passées, liftée, relookée. Autre histoire qui déclencha de furieux fous rires dans cette assistance huppée : un Pierre et le Loup dirigé par Rostro dont le récitant n’était autre qu’Antoine Riboud ! Une authentique catastrophe, d’un comique aussi avéré qu’involontaire !

Je trouve sur YouTube cet extrait d’un documentaire réalisé en 1996 :

Dans mes fonctions successives à la Radio Suisse romande, puis à France-Musique, Evian fut toujours une étape obligée, parce que, au-delà de mondanités qui m’indiffèraient, il s’y produisait d’authentiques rencontres musicales entre générations de musiciens, venus du monde entier. Avec une place importante pour la création comme cette présence bouleversante d’Alfred Schnittke (lire La fête des mères)

Afters

J’ai aussi participé à beaucoup d’après-concerts dans les salons de l’hôtel Royal. C’est là que j’ai quasiment signé mon engagement à France Musique en mai 1993. C’est là que j’ai vu à une table voisine, Olivier Messiaen, déjà âgé, entouré par ses deux vestales, sa femme et sa belle-soeur, Yvonne et Jeanne Loriod, qui donnaient quasiment la becquée au compositeur. C’est là que j’ai encouragé Pierre Bouteiller à improviser sur un piano du bar.

En dehors du festival, je suis allé quelquefois dîner dans ce bel établissement, j’y ai emmené mes enfants profiter de la piscine.

Et toujours mes brèves de blog pour les humeurs et les rumeurs du temps : 14.05.2026

Grandeurs et petitesses

L’actualité nous régale de quantité de petitesses et, heureusement, de quelques grandeurs.

Pas d’amalgame

J’ai suivi la belle et sobre cérémonie d’entrée au Panthéon de Robert Badinter. Plusieurs amis ont souligné l’intérêt que l’ancien ministre de la Justice portait à la musique classique. Il paraît même que c’était un client régulier de feu Melomania. Je ne l’y ai jamais vu. En revanche, du temps de la grandeur passée du festival d’Evian – alors piloté par Antoine Riboud et Rostropovitch – il n’était pas rare de le voir, lui et son épouse Elisabeth, parmi les invités « connus ».

La cérémonie elle-même a été rythmée par de belles séquences musicales. On passera sur la pénible prestation de Julien Clerc, mais cette chanson illustrait une prise de position importante un an avant l’abolition de la peine de mort. Juste un peu agaçant de lire en bandeau « The Goldberg Variations » lorsqu’on entend Glenn Gould jouer la célèbre aria initiale.

Parenthèse, les Variations Goldberg étaient au programme de La Tribune des critiques de disques de France Musique dimanche dernier. Si j’y avais participé, je pense que j’aurais souscrit au résultat des débats de mes camarades. En 2016, au Festival Radio France à Montpellier, j’avais invité Beatrice Rana à donner pour la première fois en public ces Variations qu’elle devait enregistrer quelques semaines plus tard, et en 2021 j’avais convié Gabriel Stern, dans des conditions climatiques et acoustiques difficiles pour lui. Je suis heureux que cet artiste trop discret soit mis en lumière par ce beau disque

A propos de Robert Badinter, j’avais rappelé un épisode (lire La voix des justes), plusieurs fois cité au cours de la cérémonie, et notamment par le président de la République, un épisode auquel j’ai été associé, par une tribune que j’avais adressée au Monde, en septembre 1983, et que mon fils avocat a retrouvée dans les archives du journal.

Le Monde titrait, le 6 septembre 1983 : Le Juge et la victime

«  »Le projet de loi relatif à l’exécution des peines présenté début août par le garde des sceaux au conseil des ministres, puis l’article de Robert Badinter (le Monde du 18 août 1983), après la tuerie d’Avignon, ont suscité de nombreuses réactions.Daniel Lecrubier met en lumière les avantages de la future législation, mais aussi ses limites. Bernard Prévost, de son côté, accumule les réserves.On trouvera aussi, dans cette page, un témoignage de Roger Knobelspiess et une importante prise de position de Jean-Pierre Rousseau, membre du conseil politique du C.D.S« 

Il faut rappeler qu’à l’époque le CDS était dans l’opposition. C’est sans doute pourquoi Le Monde avait publié mon texte.

Extraits :

Je n’ai évidemment pas une ligne à retrancher ou réécrire dans ce texte d’il y a plus de trente ans. Sauf que j’ai cessé d’adhérer au CDS, comme à toute autre formation politique, depuis 1995 !

La paix enfin ?

Peut-on voir un signe du destin dans le fait qu’au moment où la France faisait entrer au Panthéon l’un de ses grands hommes qui, plus et mieux que tous les médiocres commentateurs au petit pied qui sévissent sur les réseaux sociaux et certains plateaux de télévision, a su ce qu’il en coûtait d’être juif dans la France de 1940, Israel et le Hamas signaient, en Egypte, un accord de paix, où pour une fois la manière forte et décomplexée de Trump a fait effet. L’espoir est enfin de retour !

Lecornu bis

Au moment précis où je sortais hier soir du théâtre des Champs-Elysées, une alerte du Monde s’affichait sur mon portable : Lecornu reconduit. Le Canard enchaîné de mercredi était prémonitoire (voir Pendant ce temps).

Programme intéressant, en particulier les mélodies d’Alma Mahler chantées par Joyce DiDonato. Compte-rendu à lire sur Bachtrack.: Joyce DiDonato rehausse le concert du National.

Et comme toujours la possibilité de (ré)écouter le concert sur France Musique.

Pour les brèves de blog, je pense qu’on attendra prudemment la fin du week-end !

Victoires jubilaires

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Alors que j’avais émis quelques réserves l’an dernier (lire Quelles victoires ?) je dois saluer la réussite des 25èmes Victoires de la musique classique qui ont eu lieu hier soir dans le cadre magique de la Grange au Lac d’Evian.

Sans doute parce que tant de souvenirs m’attachent à ce lieu, à l’inauguration duquel j’avais assisté. J’ai déjà évoqué ici l’âme et l’instigateur de cette Grange au Lac (lire Anniversaires 90 + 175 :

« Evian d’abord où le grand patron d’industrie Antoine Riboud s’était entiché de Slava, dont il avait fait, en 1987, le président et l’âme des Rencontres Musicales d’Evian (fondées en 1976 par Serge Zehnacker) et à qui il avait offert une salle de concert hors norme dans le parc de l’hôtel Royal, la Grange aux Lacs.

Beaucoup de souvenirs pas seulement musicaux de ces retrouvailles annuelles, auxquelles j’assistais en voisin. J’y reviendrai, tant il y en eut d’émouvants, d’agaçants ou de cocasses. L’un me revient à propos de Pierre Bouteiller : celui-ci n’était jamais le dernier à courir les cocktails d’après-concert, surtout lorsqu’ils avaient lieu au Royal. A l’heure où la plupart des convives rassasiés partaient se coucher, Pierre se mettait au piano près du bar et jouait des standards de jazz…

Autre souvenir lié à l’inauguration devant un parterre très people de la Grange aux Lacs. La soirée avait été particulièrement pluvieuse, les abords immédiats de la salle n’étaient pas achevés, et c’est sur des chemins de terre détrempés que les invités devaient rejoindre le dîner au Royal en contrebas. Sortant par hasard de la salle à côté de Raymond Barre, j’entendis l’ancien Premier ministre s’exclamer : « Ce n’est pas la Grange aux lacs ce soir, c’est la grange aux flaques » !

La soirée d’hier était aussi mieux rythmée, plus courte (relativement, puisque terminée à 23h30). Leila Kaddour-Boudadi a de loin surclassé ses consoeurs stars de la télé qui s’étaient naguère essayées avec nettement moins de bonheur à l’exercice délicat de la présentation de cette soirée et bien entendu Frédéric Lodéon nous a encore servi des anecdotes dont il a le secret, après avoir avoué que ce serait la « der des der » et qu’il était temps pour lui de transmettre le flambeau après 17 ans de présentation des Victoires de la musique classique.

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Sur le nombre de récompenses, la sélection des « nommés », les votes de la profession, les critiques n’ont jamais manqué et n’épargneront pas ces 25èmes Victoires. Je constate simplement que le tableau d’honneur de cette soirée était à nouveau très impressionnant, qu’aucun des nommés, a fortiori aucun des récipiendaires de cette année n’était indigne d’y figurer, bien au contraire. Le plus surprenant – qui atteste d’ailleurs de l’incroyable foisonnement de talents français dans cette discipline – est peut-être que les prix de la Révélation du soliste instrumental et du meilleur Soliste instrumental soient allés à deux violoncellistes, quasiment du même âge, les excellents Bruno Philippe et Victor Julien-Laferrière.

IMG_4503(Bruno Philippe en pleine discussion avec le pianiste Jérôme Ducros)

IMG_4512Que Sabine Devieilhe ait raflé deux Victoires n’aura étonné personne !

On est moins convaincu par l’utilité d’un vote pour le « meilleur compositeur » de l’année, comme si on pouvait juger de l’oeuvre et du travail d’un compositeur dans ce genre de compétition, mais on est heureux qu’après Thierry Escaich l’an passé, ce soit Karol Beffa qui ait été honoré hier soir.

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Et puis il faudrait remercier Paul Meyer, Nelson Goerner, Anna Vinnistakaia, Lucas Debargue, et tous les autres, des moments rares de musique qu’ils nous offerts, exercice particulièrement périlleux dans ce genre de soirée télévisée. On me pardonnera d’avoir à mon tour succombé – après plus de 2 millions de personnes qui l’ont vu sur les réseaux sociaux – à la voix, au talent, au charme du contre-ténor polonaos Jakub Józef Orlinski

Toute la soirée est à revoir/réentendre sur francemusique.fr25èmes Victoires de la musique classique (mais contrairement à ce qu’indique le site de France Musique, ce n’est pas l’Orchestre national mais celui de l’Opéra de Lyon qui officiait hier soir)

28276254_1477216289072764_142791242358761763_n(Nelson Goerner après un Clair de lune de Debussy gorgé de poésie)

IMG_4511(Paul Meyer jouant un extrait du concerto de Thierry Escaich).

Enfin nul n’oubliera la prestation survoltée de Barbara Hannigan, chef et soliste d’un arrangement de Girl crazy de Gershwin

Tous les détails du palmarès de ces 25èmes Victoires ici : Le palmarès des 25èmes Victoires de la musique classique

 

Anniversaires : 90 + 175

Certains artistes deviennent des emblèmes de leur vivant, des icônes après leur mort. Callas c’est LA cantatrice, Menuhin c’est LE violoniste, et Mstislav Rostropovitch c’est LE violoncelliste ! Tout est prétexte à les célébrer et les recélébrer, multiples rééditions en prime.

Hier France Musique consacrait toute sa journée au « violoncelliste du siècle », né le 27 mars 1927 et disparu le 27 avril 2007. Deutsche Grammophon et Warner proposent deux imposants coffrets (rien d’inédit) : cf. L’aristocrate et le moujik

51AMDe6GCDL81z1lKxGIIL._SL1400_Deux souvenirs personnels de Rostro.

Evian d’abord où le grand patron d’industrie Antoine Riboud s’était entiché de Slava, dont il avait fait, en 1987, le président et l’âme des Rencontres Musicales d’Evian (fondées en 1976 par Serge Zehnacker) et à qui il avait offert une salle de concert hors norme dans le parc de l’hôtel Royal, la Grange aux Lacs.

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Beaucoup de souvenirs pas seulement musicaux de ces retrouvailles annuelles, auxquelles j’assistais en voisin. J’y reviendrai, tant il y en eut d’émouvants, d’agaçants ou de cocasses. L’un me revient à propos de Pierre Bouteiller : celui-ci n’était jamais le dernier à courir les cocktails d’après-concert, surtout lorsqu’ils avaient lieu au RoyalA l’heure où la plupart des convives rassasiés partaient se coucher, Pierre se mettait au piano près du bar et jouait des standards de jazz…

Autre souvenir lié à l’inauguration devant un parterre très people de la Grange aux Lacs. La soirée avait été particulièrement pluvieuse, les abords immédiats de la salle n’étaient pas achevés, et c’est sur des chemins de terre détrempés que les invités devaient rejoindre le dîner au Royal en contrebas. Sortant par hasard de la salle à côté de Raymond Barre, j’entendis l’ancien Premier ministre s’exclamer : « Ce n’est pas la Grange aux lacs ce soir, c’est la grange aux flaques » !

Pour les 70 ans de Mstislav Rostropovitch, ce fut une fête comme Paris en a peu connues à la fin du siècle dernier, un concert hors norme au Théâtre des Champs-Elysées le jeudi 27 mars 1997. Le compte-rendu du New York Times est éloquent. France Musique diffusant la soirée en direct (non sans d’âpres négociations préalables !), j’avais obtenu une petite place au parterre du théâtre (je me rappelle avoir été assis à côté du chroniqueur des têtes couronnées qui n’était pas encore la star des médias qu’il est devenu Stéphane Bern ! il avait fort à faire ce soir-là avec le prince de Galles, la reine Sophie d’Espagne et quelques autres célébrités du Gotha). Tout était too much, à la mesure et à la démesure du héros de la soirée. On n’avait pas encore de smartphone/appareil photo… sinon j’aurais sûrement conservé des instantanés magiques comme cette conversation surprise dans un recoin du théâtre entre Maia Plissetskaia et Van Cliburn  Le pianiste américain nous gratifia d’un Widmung à pleurer…

Ce 28 mars est un autre anniversaire : le premier concert de l’Orchestre philharmonique de Vienne, il y a 175 ans, en 1842, sous la direction du compositeur Otto NicolaiFaut-il en rajouter sur l’admiration qu’on porte depuis toujours à une phalange qui a jalousement préservé son identité sonore ? Lire L’orchestre en gloire.

Deutsche Grammophon annonce un coffret anniversaire, qui risque de décevoir l’amateur de raretés mais qui comblera ceux qui veulent un aperçu fidèle d’une histoire prestigieuse.

91feMDszKcL._SL1500_91q9zdVz0ZL._SL1500_Détails à venir sur bestofclassic