Il est tellement discret, et peu soucieux de sa « com », qu’on a loupé son 70ème anniversaire. Pourtant on aurait dû être alerté par la parution, au printemps dernier de cette « Conversation » menée par Camille de Rijck.
Philippe Herreweghe est donc septuagénaire depuis le 2 mai 2017. On a peine à le croire, tant le chef de choeur et d’orchestre gantois, qui a fait ses débuts à Liège (il a créé et animé l’éphémère choeur symphonique qui devait compléter l’orchestre philharmonique de Liège) a conservé un air d’éternel adolescent.
Avec d’autres moyens, par d’autres voies moins impérieuses, moins radicales qu’un Harnoncourt, Herreweghe a ravivé, ressourcé notre écoute des grandes partitions baroques et classiques, et quand il s’est aventuré dans le romantisme, d’aucuns lui ont reproché une certaine timidité, une absence d’extraversion, alors que nous aimions cette approche fraternelle, empathique, de l’intimité de Beethoven, Schubert, Mendelssohn ou Schumann.
Un très beau et copieux coffret, à très petit prix, nous restitue, en 30 CD, près de 30 ans d’aventure discographique partagée entre Philippe Herreweghe et Harmonia Mundi. couvrant quatre siècles de répertoire : de la Renaissance (Palestrina, Hassler…) au XXème siècle (Pierrot Lunaire de Schoenberg, Das Berliner Requiem de Weill), en passant par les Requiem de Fauré, Mozart, Brahms, la Passion selon Saint Matthieu et le Magnificat de Bach, les Nuits d’été de Berlioz, entre autres chefs-d’œuvre.
Il n’y a bien qu’en France qu’on peut s’enflammer pour ce genre de combat, qu’on peut en faire un sujet d’actualité, la une d’un hebdomadaire et une flopée de bouquins : la langue, celle qu’on parle, celle qu’on écrit, notre langue française !
Je ne suis pas en reste sur ce blog, dernier article en date : Inclusif intrusif.
« On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs. »
« Si on fait autant d’histoires autour d’elle, c’est sans doute une bonne nouvelle. On parle d’attachement à une langue. « Non à l’écriture inclusive, volontairement machiste, rendue machiste par les hommes » disent certaines et certains… « Une langue mise en péril. La langue française parle d’histoire et d’héritage. Y toucher, c’est la mettre en péril » disent les autres, comme l’Académie française pour qui le masculin est neutre. .
Nous adorons, nous les français* (Dommage d’avoir laissé cette faute sur le site de France Inter : nous les Français, et pas les français !), les querelles linguistiques et historiques. Nous en faisons des débats qui tournent souvent au vinaigre. La réforme de l’orthographe il n’y a pas si longtemps… L’écriture inclusive depuis quelques semaines, depuis que Hatier a introduit, dans un manuel scolaire, ce point milieu qui met sur le même niveau féminin/masculin : Auditeur.trice.s ou encore agriculteur.trice.s. Quelle histoire et bien parlons-en ! »
Au-delà de cette question, que je trouve parfaitement ridicule et surtout inopérante – en quoi cette déformation de la langue française favoriserait-elle l’égalité hommes-femmes ? – demeurent de vraies interrogations sur l’évolution du français (cf. le remarquable dossier du Point la semaine dernière). Dans l’entreprise, sur les réseaux sociaux, dans les médias.
Tous les jours, que ce soit dans les journaux, à la télévision, mais aussi dans la publicité ou au supermarché (sans parler des réseaux sociaux), l’orthographe et la grammaire sont maltraitées… Il est temps que cela cesse ! Je t’apprends le français bordel! se propose de rétablir les vérités les plus évidentes (par exemple, connaître l’utilité des accents : « DSK à la barre » ne signifie pas la même chose que « DSK a la barre ») aux plus subtiles (la différence entre « apporter » et « emmener », ou entre « censé » et « sensé », les noms à double consonne, l’accord des adjectifs et des couleurs).
Tel un justicier de l’orthographe, l’auteur(Julien Szewczyk) illustre dans un style ironique et grinçant, avec de vrais exemples à l’appui, toutes ces fautes que nous ne voulons plus jamais voir, comme ces « comme même » au lieu de « quand même », ces « en dirait » au lieu de « on dirait », ou ces « entre guimets » au lieu de « entre guillemets », mais aussi ces étiquettes de supermarché faites à la va-vite qui promeuvent fièrement des « tronches de pastèque », des « merguez de beauf », des « jambons péchés en Côte d’Ivoire », ou des « qui oui ».
L’humour n’est pas de trop dans un combat qui est tout sauf rétrograde ou réactionnaire, mais un combat pour la richesse et la diversité d’une langue qu’on aime, qu’on admire, et qu’on pratique dans le monde entier.
On doit à l’historienne Françoise Schwab qui se consacre passionnément à la restitution de l’oeuvre de Jankélévitch la publication de nombre d’inédits, ou d’introuvables, rassemblés sous un titre évocateur : L’enchantement musical.
« Comptes-rendus de concerts et de festivals, évocations poétiques des musiciens chers à son coeur,: les musiciens français, particulièrement Debussy, Ravel, Fauré; les musiciens de l’Europe centrale, Chopinet Liszt, le rhapsode et baladin du monde européen, image même de notre modernité; les génies de la musique russe, notamment Moussorgski et Rimski-Korsakov. Pour Vladimir Jankélévitch « on ne pense pas la musique » mais on peut penser en musique… »
Il faudrait pouvoir citer l’imposante préface de Françoise Schwab qui évoque les « morceaux de temporalité enchantée » que constituaient ces « respirations » entre deux livres de philosophie, bien distinctes aussi des monographies de Jankélévitch sur ses compositeurs préférés.
Pris au hasard de ces pages qu’on ne va pas lâcher de sitôt.
Après un concert d’hommage à Fauré (vingt ans après sa mort), le 29 novembre 1944 à Toulouse : « Le Requiemde Fauré décevra les oreilles trop habituées au pathos de Berlioz, à sa folie des grandeurs, à sa volonté de puissance, à son souffle révolutionnaire et messianique, à ses trompettes d’apocalypse. Mais il comblera les amis de la dévotion lisztienne et peut-être pas tant de La Bénédiction de Dieu dans la solitudeque de l’incomparable Messe de Gran »
Ou ce portrait du grand Paul Paray, quelques pages plus loin, toujours à Toulouse :
« Paul Paray ne dirige pas comme tant d’autres pour les spectateurs, mais pour les musiciens. Aussi est-il modérément attentif à sa ligne, aux effets de frac et aux gestes coquins de la baguette… Il s’identifie pour quelques quarts d’heure au musicien qu’il interprète, il est tour à tour Poulenc, Dukas, Debussy; son adaptation à des écritures et à des atmosphères aussi différentes que celles de Schubert, de Debussy, de Liszt, tient du prodige…. Il faut le dire aussi, L’Apprenti sorcier n’aurait pas eu cette verve éblouissante, les Préludesn’auraient rendu un son si neuf, si pathétique, ni exaltant, les Sirènesn’auraient pas été si captivantes, ni si mystérieuses les lointaines trompettes des Fêtes, si immatériels les Nuagesfloconneux qui glissent dans l’azur, sans le bel orchestre (l’Association symphonique des concerts populaires de Toulouse) que Galinier a su former en sept mois de travail quotidien (on est en juin 1945) et qui fut sous la baguette de Paul Paray un instrument merveilleusement docile et une espèce de harpe d’Eole intelligente et sensible »
Je ne me suis jamais rangé dans la catégorie des admirateurs absolus de celle qu’on appelle « la » Callas J’ai même souvent été agacé par la surexploitation médiatique, discographique, d’une légende qui a fini par occulter la vraie personnalité et l’art singulier de la chanteuse.
Je dois reconnaître que Warner, qui avait tant et tant réédité pour exploiter le filon, a, cette fois, bien fait les choses. La publication, à un prix raisonnable, après un remastering souvent exceptionnel, des enregistrements de studio d’une part, des captations « live » d’autre part, est un très bel hommage à la cantatrice disparue il y a quarante ans, le 16 septembre 1977.
Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir l’exposition proposée par la Seine Musicale : Maria by Callas. Mais elle vaut certainement d’être visitée.
En revanche, j’ai acheté le très bel ouvrage que le commissaire de cette exposition, Tom Volf, le très jeune homme qui est littéralement « tombé en amour », comme disent nos amis canadiens, de celle dont il ne savait rien il y a encore cinq ans.
C’est vraiment un ouvrage exceptionnel, je n’en connais pas d’équivalent sur un musicien ou même un interprète. On trouverait presque la présentation de l’éditeur trop modeste :
A l’occasion des 40 ans de la disparition de la cantatrice, cet ouvrage nous invite à marcher dans les pas de la Callas, femme fragile et artiste acharnée de travail, en parcourant ses archives personnelles : photos inédites issus de ses albums privés, extraits de sa correspondance et de ses carnets, entretiens redécouverts où elle se livre sans fard sur sa vie, son art, les scandales qui ont jalonné son parcours. Une expérience bouleversante, au plus près de la femme que fut Maria Callas.
On doit être reconnaissant à Tom Volf d’avoir réuni dans ce livre beau et lourd autant de témoignages, de documents – les quelques entretiens, peu nombreux, donnés à la presse par la cantatrice – de photos intimes, inédites, en évitant le piège du voyeurisme ou de l’idolâtrie. Comme un chant d’amour à une femme qui en a tant manqué derrière le masque de la légende.
Le hasard des publications a fait que j’ai acheté en même temps deux coffrets qui, l’un de manière avouée, l’autre dans une discrétion regrettable, honorent deux grandes chanteuses françaises.
Voyant annoncé le coffret Warner « Régine Crespin, a Tribute », on se disait qu’on aurait peut-être enfin rassemblée une discographie très dispersée, hors intégrales d’opéras, de la cantatrice française disparue il y a dix ans, Régine Crespin, dont je n’ai jamais été un admirateur inconditionnel. Raté !
Pourquoi les concepteurs de ce coffret qui y ont intelligemment placé des récitals parus sous étiquette Decca (comme les incontournables Shéhérazade et Nuits d’été avec Ansermet), se sont-ils arrêtés en chemin, privant l’acheteur d’autres enregistrements Decca, airs d’opérettes avec Lombard et Sebastian – de très loin le meilleur disque de Crespin ! – extraits de Wertherde Massenet, d’Ascanio de Saint-Saëns ?
En remplissant mieux les galettes, un ou deux CD de plus auraient fait l’affaire, et on aurait eu un portrait complet d’une artiste, dont la discographie reste finalement modeste.
Je n’ai jamais osé dire ni écrire, n’étant pas un spécialiste de la chose lyrique, que la voix de Régine Crespin m’a plus souvent irrité que comblé, même si je lui ai toujours reconnu une supériorité incontestable dans l’art de dire, de chanter le français. J’ai un peu moins de complexes à l’avouer depuis que j’ai lu le texte d’André Tubeuf dans le nouveau coffret : « en ce début d’années 60 qui étaient celles de sa splendide jeune trentaine… la voix encore dans sa première splendeur soyeuse et lumineuse, capable de liquidités » et, plus loin « jusqu’au moment où ce surmenage lié au fait de n’être chez soi nulle part… altéra sensiblement la beauté purement physique de sa voix, et son aigu, lui, irrémédiablement. »
La vraie révélation vient d’un autre coffret de 10 CD qui pourrait passer inaperçu à cause de la banalité et de l’ambiguïté de son titre : Jacques Mercier conducts French Masterworks.
Jacques Mercier, pour nos amis belges, c’est une sorte de Bernard Pivot, la star du Jeu des dictionnairesde la RTBF. C’est l’un de ses homonymes, le chef d’orchestre français Jacques Mercier, qui est ici à l’oeuvre, et ce n’est pas lui faire injure que de constater qu’il n’a pas la notoriété de plus illustres confrères, français ou étrangers. Ensuite le concept de « French masterworks » ? Inadapté pour le moins, s’agissant d’oeuvres rares, trop rares, dont ce sont, pour la plupart, les seuls enregistrements. On va y revenir, pour recommander très chaleureusement l’achat de ce coffret à tout petit prix.
Mais, quand j’évoquais dans mon incipit une « discrétion regrettable », c’est de celle qui est l’héroïne de cinq des dix CD de ce coffret, qu’on a souvent présentée comme l’héritière, à défaut d’en être l’élève ou la disciple, de Régine Crespin, la soprano française Françoise Pollet.
Pas plus que de Régine Crespin, je n’ai jamais été un inconditionnel de Françoise Pollet, mais elle ne mérite en rien l’oubli d’une carrière, d’une personnalité, d’une voix singulières, même si elle partage sans doute avec son aînée des traits de caractère qui ne l’ont pas toujours servie. Il faut lire ce bel entretien en toute liberté donné à Camille de Rijck sur Forumopera : J’ai souvent dit tout haut ce que les autres pensaient tout bas
J’ai quant à moi un souvenir très fort de l’ouverture du trop bref mandat de LouisLangrée à l’Opéra national de Lyon, en octobre 1998, Ariane et Barbe-Bleue de Dukas: Françoise Pollet y était impériale dans le rôle-titre.
Ce coffret Sony redonne ainsi à entendre la cantatrice dans un récital d’airs sacrés très original (CD 1, 1996), le Requiem et le Psaume XVIII de Saint-Saëns(CD 2, 1989), le Requiem d’Alfred Bruneau (CD 7, 1994), La Lyre et la harpe, Le Déluge, La Nuit de Saint-Saëns (où elle partage l’affiche avec une toute jeune Natalie Dessay – CD 8 & 9, 1993).
Mais, outre l’intérêt de retrouver Françoise Pollet dans ce répertoire français qu’elle a magnifiquement servi, il faut re…mercier (!) Jacques Mercier d’avoir défriché des répertoires oubliés, même d’un Michel Plasson qui a tant fait (et tant enregistré !) pour la musique française. C’est une aubaine de voir reparaître des enregistrements depuis longtemps disparus, dans des versions sans concurrence, où se déploient la fine fleur du chant français des années 90 et un Orchestre national d’Ile-de-France qui a fait oeuvre de pionnier sous la direction de son infatigable animateur durant vingt ans, de 1982 à 2002.
Le Concertgebouw d’Amsterdam, le Festival d’Edimbourg, le Musikverein de Vienne, le Festival Radio France, et tant d’autres scènes, où se déploie le talent unique d’une artiste – musicienne, chanteuse, danseuse – qu’on aime et qu’on admire – la répétition d’un compliment n’est pas complaisance, mais simple et rassurant constat -, Isabelle Georgesétait hier soir à Paris, dans un lieu chargé d’histoire qui vient de ressusciter par la volonté d’un homme et d’une équipe, le Bal Blomet.
Pour cette première française du spectacle Oh Là Là écrit pour et créé au Festival d’Edimbourg 2016. Isabelle Georges était bien entourée, de formidables musiciens comme Adrien Sanchez (clarinette et saxophone), Samuel Domergue (batterie), Edouard Pennes (guitare), Jérome Sarfati (contrebasse), et le complice de toujours Frederik Steenbrink (piano et chant).
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La presse écossaise a comparé Isabelle Georges à des monstres sacrés comme Judy Garland, Lisa Minnelli ou Barbra Streisand. On ne la démentira pas…
On se réjouit de retrouver Isabelle et plusieurs de ses complices au Théâtre des Champs-Elysées le 21 décembre prochain pour un programme qui m’est cher à plus d’un titre (les Liégeois s’en souviennent) : Broadway symphonique. Et comme l’avait quittée le 17 juillet dernier à Montpellier, il se dit, dans les milieux autorisés, qu’on pourrait bien la retrouver dans un tout nouveau projet pendant l’été 2018 en Occitanie…
L’actualité d’Isabelle Georges c’est aussi la sortie d’un disque, qu’on n’a pas encore écouté, mais qui reflète plusieurs des concerts/récitals qu’elle a donnés ces derniers mois notamment à Radio France.
Commencé avant l’été – ma mauvaise (?) habitude d’avoir plusieurs lectures en parallèle – je venais d’achever Intrigue à Givernyd’Adrien Goetz.
Après Bayeux, Versailles et Venise, voici Pénélope à Giverny, la patrie de Claude Monet. Notre intrépide conservatrice-détective assiste à un dîner au musée Marmottan-Monet, au cours duquel elle rencontre deux spécialistes de l’œuvre du grand impressionniste. Le lendemain, l’une, une religieuse, a disparu, alors que l’autre, une Américaine, est retrouvée égorgée. Wandrille, le compagnon-journaliste de Pénélope, est à Monaco où il couvre le mariage du prince Albert et de Charlène. Dans la principauté se prépare aussi la vente d’une toile de Monet. Vrai ou faux ? Le peintre, ami de Clemenceau, était-il vraiment l’homme tranquille qu’on connaît ? Un quatrième volume des Enquêtes de Pénélope aussi drôle qu’érudit. (Présentation de l’éditeur)
Je confirme : au-délà de l’intrigue policière qui n’est qu’un prétexte, le nouvel académicien (Adrien Goetz a été élu au printemps dernier à l’Académie des Beaux-Arts) livre des trésors d’informations sur le célèbre peintre, son amitié avec Clémenceeau, le petit monde des conservateurs de musée, une certaine faune parisienne.
Lorsque le même Adrien Goetz signale sur Facebook une exposition à voir au Musée de Vernon avant le 29 octobre – Blanche Hoschedé-Monet, un regard impressionniste – l’évidence s’impose.
Blanche Hoschedé-Monetest la double belle-fille de Monet ! D’abord comme fille d’Alice Hoschedéqui, après la mort de son mari, épouse Claude Monet, dont elle était déjà la maîtresse, ensuite comme épouse de Jean Monet, le fils de Claude (vous suivez toujours ?). Le lien entre Claude et Blanche ne s’arrête pas à cette parenté, puisque après 1914, la mort de Jean, Blanche retourne vivre à Giverny auprès de Claude, veuf d’Alice depuis 1911.
La peinture de Blanche n’est pas d’une originalité folle, mais comment le serait-elle dans pareil voisinage ? Mais il y une touche, une patte, quelque chose de mélancolique dans ces paysages familiers.
Le Musée de Vernon n’est pas grand mais sa collection permanente comporte quelques jolies pièces
(Claude Monet, Nymphéas, 1908)
(Félix Vallotton, Le Château Gaillard et la place des Andelys, 1924)
Arrivé dans la bourrasque à Vernon, le temps se calmant, je n’avais pas d’autre choix que de pousser jusqu’à Giverny,où je n’étais pas revenu depuis une bonne dizaine d’années. Mais un dimanche à midi, était-ce bien raisonnable de s’aventurer dans le flot de touristes qui a définitivement fait disparaître le charme paisible que Monet et ses amis affectionnaient ? Oui ce le fut, la météo du matin avait sans doute éloigné, momentanément, les hordes redoutées. La visite de la maison et des jardins de Monet en fut d’autant plus agréable (voir Jardins d’automne à Giverny)
(La chambre de Blanche Hoschedé-Monet)
Comme la veille on avait dîné chez Van Gogh à l’auberge Ravoux (voir La passion Van Gogh, on se dit qu’on devait faire étape pour déjeuner dans un autre lieu-culte, l’ancienne Auberge Baudy de Giverny. Demeure chargée d’histoire, et bonne table fleurant bon la tradition des déjeuners dominicaux de mon enfance. Le contraire de l’attrape-touristes !
L’histoire est simple : En 1891, à Paris, le facteur Joseph Roulin demande à son fils Armand de remettre une lettre à Theo van Gogh, le frère du peintre Vincent van Gogh qui s’est donné la mort en juillet 1890. Mais Armand apprend que Theo est mort quelques mois après son frère. Dès lors, Armand se rend à Auvers-sur-Oise pour enquêter sur la vie intime et artistique de Vincent van Gogh
Le récit est construit comme une enquête de police, le bel Armand essayant de reconstituer les faits qui ont précédé la mort de Vincent – suicide, meurtre ou accident ? – en rencontrant tous les protagonistes des dernières semaines du peintre à Auvers, Adeline Ravoux, la gouvernante, la fille et le Docteur Gachet lui-même, les rares compagnons d’un artiste obsédé par son travail, 80 toiles en 70 jours !
La voix française d’Armand Roulin est Pierre Niney. Les amateurs de séries seront, eux, surpris d’entendre le docteur Gachet doublé par Gabriel Le Doze, la voix si caractéristique de Kevin Spacey alias Frank Underwood dans House of Cards !
En sortant du cinéma samedi, je n’ai eu qu’une envie, celle de dîner à l’Auberge Ravoux, qui m’est devenue si familière depuis que j’ai établi mon refuge dans la région, sur les bords de l’Oise, il y a bientôt trois ans.
(L’intérieur de l’auberge Ravoux tel qu’il est aujourd’hui et tel que l’a connu Van Gogh)
Parce que, en effet, comme le montre le reportage ci-dessous, Van Gogh est indissociable du village d’Auvers-sur-Oise, Auvers et ses alentours sont l’oeuvre ultime de Van Gogh (voir Les blés d’Auvers)
Un magnifique film à voir absolument, une visite qui s’impose à quelques kilomètres de Paris pour ceux qui ont la passion Van Gogh (voir Vincent à Auvers)
(Les simples tombes des frères Van Gogh dans le cimetière d’Auvers, la dépouille de Theo ayant été transportée des Pays-Bas à Auvers, en 1914, à la demande de sa veuve, pour que soient réunis dans la même sépulture les deux frères inséparables)
C’est une histoire de fou : un fan s’introduit dans la loge d’un célèbre musicien, il le prend en otage et ne quittera l’endroit qu’une fois parvenu à ses fins (qu’on ne dévoilera pas ici). Le théâtre raffole des duos de comédiens qui bataillent à coups de mots dans des pièces si tendues qu’elles pourraient se jouer sur des rings de boxe. Il ne manque qu’un arbitre pour compter les coups. En l’occurrence, cet arbitre est le public, témoin du face-à-face entre les deux héros, dont l’un (Christophe Malavoy) traque la vérité quand le second (Tom Novembre) fait tout pour l’esquiver. Les masques tombent, et ce qu’ils dissimulent sent mauvais. De grands thèmes sont brassés : la faute, le pardon, la culpabilité. La pièce est ambitieuse mais cousue à traits si épais qu’il faut aux acteurs une finesse de jeu singulière pour échapper à la caricature. (Télérama)
Ce n’est pas la première fois que le théâtre explore l’histoire compliquée des liens entre musiciens et politique. On a pu voir à Paris deux pièces à succès de Ronald Harwood,
Le propos de Didier Caron, l’auteur de cette Fausse note puise à la même inspiration, comme l’expliquent les deux interprètes :
Je n’ai pas vu ni entendu les longueurs ni les « traits épais » que certains ont critiqués, le face-à-face est dense, l’histoire est prévisible certes, le contexte historique et artistique crédible – ce qui est loin d’être toujours le cas dans ce type d’ouvrages -. Et les deux acteurs sont parfaits. Assis au premier rang, je ne pouvais rien manquer de leur belle performance. Chapeau bas Messieurs !
L’hommage est unanime. L’âge d’abord, elle a atteint son centenaire dans la forme de jeune fille qui nous l’a fait tant aimer. Une carrière comme on n’en fait plus : Un destin et une longévité hors du commun
Danielle Darrieux,disparue ce 17 octobre, ne nous laisse pas tristes. Puisqu’elle nous lègue tant de beaux rôles au cinéma, tant de jolies chansons aussi, et cette forme d’émerveillement, de bonne humeur, qui nous faisait du bien chaque fois que nous la voyions..
On va revoir ses films, en découvrir certains, Madame de, Marie Octobre, 8 femmes, et bien d’autreset se rappeler sa très jolie voix.