Festival d’inconnus

#FestivalRF22 #SoBritish

De Notre-Dame à Montpellier

Les Montpelliérains rencontrés aux abords de la cathédrale Saint-Pierre n’en croyaient pas leurs yeux : de longues files à l’extérieur, des bancs remplis à l’intérieur : ils n’avaient jamais vu autant de monde pour un récital d’orgue. Il faut dire que l’invité du festival Radio France ce mercredi soir n’était pas n’importe qui. Le talentueux et médiatique titulaire de Notre-Dame-de-Paris, l’organiste Olivier Latry

Tant de souvenirs avec lui ! Indspensable réécoute de son récital sur francemusique.fr en particulier de son improvisation flamboyante sur « A la claire fontaine » !

Tempête en mer

La soirée du 21 juillet était très attendue (lire RVW(1) : A Sea Symphony) : l’Orchestre national de France, le Choeur de Radio France, en grand équipage, sous la baguette inspirée de Cristian Macelaru.

D’abord Marianne Crebassa dans les Sea Pictures d’Elgar : une révélation, une voix de contralto qui a encore gagné en densité excessive et en puissance. Rendez-vous mardi prochain pour retrouver la chanteuse agathoise en récital (lefestival.eu).

En seconde partie, une longue croisière en mer grâce à Ralph Vaughan Williams et Walt Whitman, la première symphonie, vaste fresque chorale et vocale, du grand symphoniste britannique du XXème siècle. Les très nombreux spectateurs présents à l’Opéra Berlioz, comme les auditeurs de France Musique, ont pu constater que les voyages en mer ne sont pas toujours sans surprise. Quelques minutes après le début de l’oeuvre, la jeune soprano Jodie Devos – fabuleuse Ophélie de l’Hamlet donné en ouverture de festival le 15 juillet – qui avait accepté de remplacer l’interprète prévue, Lucy Crowe, faisait un malaise, heureusement sans gravité, obligeant à interrompre quelques minutes le concert. Impossible de donner le 1er mouvement en entier. Mais après du repos, après que Cristian Macelaru a dirigé les 2ème et 3ème mouvements avec la seule présence requise du baryton – formidable – Gerald Finley, la soprano rayonne de nouveau dans le tableau final de la Sea Symphony. Et c’est une longue ovation qui salue tous les interprètes d’une oeuvre dont tous, musiciens et public, se demandent pourquoi elle n’est quasiment jamais donnée en France (quelques exceptions, à Strasbourg et à Besançon il y a une trentaine d’années !). Malheureusement, en raison de l’incident survenu, ce concert n’est pas disponible à la réécoute sur France Musique. On peut qu’espérer qu’après montage entre la générale et le concert, il sera à nouveau proposé.

De gauche à droite : Sibyle Veil, PDG de Radio France, JPR, Jodie Devos, Gerald Finley, Cristian Macelaru

Eurovision des jeunes musiciens

Ce soir, en direct sur France Musique et sur CultureBox (France Télévisions), une première pour la France et le Festival Radio France, la finale du concours Eurovision des Jeunes Musiciens. Je disais malicieusement à un journaliste de France Inter qu’à la différence de l’Eurovision de la chanson, la France avait peut-être une chance de l’emporter. Ils seront neuf très jeunes artistes à confronter leurs talents sur le vaste plateau de l’Opéra Berlioz de Montpellier, aux côtés de l’Orchestre national de Montpellier conduit par Pierre Dumoussaud. Mais je ne peux rien dire de plus, je suis membre du jury (en bonne compagnie, Müza Rubackyte, Nora Cismondi, Tedi Papavrami et Christian-Pierre La Marca) et donc tenu à un strict devoir de réserve.

(Photo Midi Libre)

Feu sacré

#FestivalRF22 #SoBritish

Barry l’Irlandais

Je l’ai voulu so British, le Festival Radio France est entré samedi de plain pied dans sa thématique, après le succès de la version ténor d’Hamlet… d’Ambroise Thomas (lire l’excellent papier de Clément Mariage sur Forumopera : Être Hamlet), c’était la présence remarquable et remarquée de mon cher Barry Douglas, natif de Belfast, qui inaugurait les diffusions en direct du Festival sur France Musique.

Sur francemusique.fr on peut en effet réécouter un récital dont le programme avait été spécialement composé pour le festival : deux nocturnes de John Field, inventeur d’un genre que Chopin a porté à la perfection, la première française de Clandeboye Overture (2021) du jeune compositeur irlandais Sean Doherty présent au concert, les quatre impromptus D 935 de Schubert, et en seconde partie les dix pièces pour piano reprises par Prokofiev lui-même de son ballet Roméo et Juliette.

de gauche à droite Sean Doherty, JPR, Barry Douglas.

Royaux chanteurs

Les King’s Singers, c’est un mythe. Les spectateurs de Montpellier ne s’y sont pas trompés, on n’était pas loin de la salle comble à l’Opéra Berlioz du Corum lundi soir. Et quelle ambiance !

C’est une chose d’avoir souvent entendu au disque l’ensemble vocal britannique le plus célèbre au monde

c’en est évidemment une toute autre de les entendre – enfin – en vrai (et de pouvoir les réécouter intégralement sur francemusique.fr ! merci France Musique !).

De gauche à droite, Patrick Dunachie, Edward Button, Julian Gregory, Christopher Bruerton, Nick Ashby, Jonathan Howard

Admirables, adorables, ces super professionnels sont d’exquises personnes, généreuses de leur talent, de leur temps consacré au public, et de leur répertoire qui semble sans limite. Ils sont encore ce soir à l’Abbatiale de Saint-Gilles (Gard)…

Le Sacre méditerranéen

Hier soir, toujours en direct et en réécoute sur France Musique, un autre événement du #FestivalRF22, le jeune chef anglais Duncan Ward et surtout l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée (OJM), formidable rassemblement de musiciens de 16 à 26 ans de 22 nationalités différentes du pourtour de la Méditerranée.

Avant ce concert, un Tea Time auquel on avait convié Lionel Esparza, l’auteur d’un très remarqué Stravinsky. Prélude à la seconde partie du concert qui devait nous offrir un Sacre du printemps plus sauvage que jamais !

L’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et Duncan Ward avaient choisi, en première partie, l’élégant D’un matin de printemps (1917) de Lili Boulanger (1893-1918), puis une surprise, une création collective à laquelle participaient Adriana Bignagni Lesca, mezzo-soprano Jawa Manla, chant, oud, Fabiana Manfredi, chant, Islem Jemaï, chant, oud, Omar Ababji, chant, luth, Panagiotis Lazaridis, clarinette, Matteo Nicolin, guitare.

Adriana Bignani Lesca, l’OJM et Duncan Ward terminaient la première partie par les Cinco Canciónes negras du Catalan Xavier Montsalvatge.

Et puis un Sacre du printemps qui restera longtemps dans la mémoire de cette centaine de jeunes musiciens et d’un public qui les a longuement applaudis.

Hamlet & Co.

#FestivalRF22 #SoBritish

Hamlet à Montpellier

C’était hier la soirée d’ouverture du Festival Radio France, édition 2022 « So British ». Avec l’opéra d’Ambroise Thomas, Hamlet, dans sa version initiale, reconstituée, pour ténor. Un triomphe on peut le dire.

De gauche à droite : Philippe Talbot, Jodie Devos, Michael Schonwandt, John Osborn, Clémentine Margaine

Richard Martet, dans Opera Magazine, écrit :

« Une « prima donna » est née ! Nous avons toujours senti, chez Jodie Devos, l’étoffe d’une cantatrice d’exception. Elle a littéralement explosé hier, vendredi 15 juillet, dans une somptueuse version de concert d’Hamlet d’Ambroise Thomas, au Festival Radio France Occitanie Montpellier. L’excellente chanteuse que nous connaissons, au timbre frais et à la technique ébouriffante, est passée au niveau supérieur. La voix a gagné en rondeur et en puissance, sans rien perdre de ses qualités virtuoses, trouvant un terrain d’épanouissement idéal dans la redoutable scène de folie d’Ophélie, à l’acte IV. Variant les climats et les couleurs à l’infini, alternant longues phrases rêveuses et véhémentes cascades de vocalises, avec une netteté de diction jamais prise en défaut, la soprano belge a été saluée par une ovation aussi spectaculaire que méritée. Et quelle poésie, quelle émotion dans le passage qui suit, quand Ophélie, accompagnée par le chœur (Montpellier et Toulouse réunis) à bouche fermée, s’enfonce lentement dans le lac ! L’intensité de l’incarnation est telle qu’on en oublie complètement qu’il s’agit d’une version de concert. Jodie Devos a, de plus, la chance d’être remarquablement dirigée (Michael Schønwandt, à la tête de l’Orchestre National Montpellier Occitanie) et entourée : John Osborn en Hamlet (l’opéra est donné dans sa version avec un ténor dans le rôle-titre), Clémentine Margaine en Gertrude (impressionnante), Philippe Talbot en Laërte, Jérôme Varnier en Spectre…« 

Michael Schonwandt me confiait avant le concert combien l’incarnation d’Hamlet par un ténor changeait la couleur, la teneur du drame, et plusieurs des comparses des deux rôles principaux disaient après coup qu’ils préféraient presque cette version à l’habituelle avec baryton dans le rôle-titre. Evidemment Jodie Devos a vraiment triomphé pour sa première Ophélie sur scène – je n’oublie ni Natalie Dessay, jadis à Covent Garden, ni Sabine Devieilhe naguère à l’Opéra Comique, toutes deux sous la direction de Louis Langrée – mais la grâce, le fruité de la voix de la jeune cantatrice belge, en ont fait hier soir une Ophélie de rêve. John Osborn, d’abord par sa diction parfaite, sa prononciation et sa compréhension intime de la langue française, autant dans les élans héroïques que dans les confidences brisées, nous a infiniment touchés. Comme le souligne Opéra Magazine, tous les comparses, à commencer par Clémentine Margaine, les choeurs de l’opéra de Montpellier et du Capitole de Toulouse, l’opulent Orchestre de Montpellier, la direction généreuse et inspirée de Schonwandt, ont fait de cette soirée d’ouverture du festival un événement, bientôt diffusé sur France Musique.

D’autres Hamlet

Shakespeare et son prince du Danemark ont finalement peu inspiré les compositeurs d’opéra. En revanche, musiques de scène ou poèmes symphoniques n’ont pas manqué, même si aucune n’a jamais atteint la célébrité des nombreux Roméo et Juliette mis en musique.

Liszt

Liszt très impressionné par une représentation de Hamlet à Weimar en 1856, écrit un poème symphonique d’une vingtaine de minutes qui « résume » le drame shakespearien. Ici dans une version d’une grande densité, l’Orchestre national de France, enregistré au Théâtre des Champs-Elysées, est dirigé par Daniele Gatti, dont on a appris récemment la nomination à la tête de la Staatskapelle de Dresde.

Tchaikovski

Tchaikovski écrit en 1888 une « ouverture fantaisie » éponyme. De loin moins célèbre qu’une autre « ouverture fantaisie » intitulée.. Roméo et Juliette !

Emotion que de retrouver cette captation dirigée par le grand Evgueni Svetlanov :

Prokofiev une musique de scène

Prokofiev écrit lui une musique de scène à la demande du metteur en scène Sergei Radlov, qui est créée en mai 1938.

Très belle version discographique due au regretté Mikhail Jurowski (1945-2022) :

Chostakovitch

Le jeune Chostakovitch a précédé Prokofiev : c’est un jeune homme de 25 ans qui écrit lui aussi une musique de scène en 1931.

Plusieurs versions russes recommandables, mais la plus étonnante est sans doute celle d’Arthur Fiedler à la tête de ses Boston Pops !

So British

#FestivalRF22 #SoBritish

Les Anglais ne font rien comme tout le monde (cf. la situation politique actuelle !), c’est d’ailleurs pour cela qu’on les aime. Et pour cela qu’on leur consacre un Festival (lefestival.eu).

Mais contrairement à mes billets précédents (A Sea Symphony, La mer qu’on voit danser), je ne vais pas parler d’oeuvres ou d’artistes programmés à Montpellier ce mois de juillet, mais d’un label britannique, Alto, qui recycle, réédite des enregistrements parus sous d’autres étiquettes, souvent disparues, et dont le catalogue semble inépuisable et accessible à petit prix sur des sites britanniques (comme prestomusic.com).

Il y a peu, Jean-Charles Hoffelé signalait (Nuits de pleine lune) la réédition d’un disque Falla par Alicia de Larrocha naguère paru chez Hispavox, avec la première version enregistrée par la pianiste espagnole des Nuits dans les jardins d’Espagne

En prévision de l’été, j’ai bien sûr commandé ce disque et une palanquée d’autres, parmi lesquels je recommande aujourd’hui des « produits » typiquement britanniques, qu’on n’imagine simplement pas sous les labels français ou allemands.

Un programme parfait pour le Tea Time…

Plus original encore cette compilation qui donne à entendre les orgues des grandes cathédrales d’Angleterre et leurs titulaires. Suivez le guide !

Heureux d’entendre le Carillon de Westminster de Louis Vierne sur l’instrument de la célèbre cathédrale londonienne de… Westminster

Originalité encore avec le compositeur Samuel Coleridge-Taylor, né à Holborn en 1875 d’un père originaire de Sierra Leone et d’une mère anglaise, mort à Londres en 1912.

La mer qu’on voit danser

#FestivalRF22 #SoBritish

Je l’évoquais avant-hier (A Sea Symphony) ce mois de juillet s’annonce très British du côté de Montpellier.

L’une des oeuvres que l’on y a programmées m’est très chère depuis des lustres, depuis que j’ai découvert la mythique version au disque des Sea Pictures d’Edward Elgar, ce cycle de cinq mélodies écrites pour contralto et orchestre et créées en 1899 : Janet Baker et John Barbirolli (le grand chef est né la même année que les Sea Pictures !)

C’est pour sortir de cette idée idiote, de ce cliché, selon lesquels la musique anglaise ne serait l’apanage que des Anglais que nous avons proposé à l’une des plus belles et chaudes voix françaises du moment, Marianne Crebassa, de chanter ces Sea Pictures le 21 juillet prochain à Montpellier. Elle-même nous avouait ne pas connaître ce cycle mais n’a pas hésité une seconde, une fois lue et entendue cette partition, à répondre à notre invitation.

Il est vrai que dans la discographie de l’oeuvre, les chanteuses anglophones se taillent la part du lion: Yvonne Minton, Alice Coote, Della Jones, etc…

C’est encore un chef anglais – Paul Daniel – mais avec un orchestre français – Bordeaux – qui a signé avec une chanteuse canadienne – Marie-Nicole Lemieux – l’une des plus récentes et belles versions discographiques :

Mais j’ai aussi dans ma discothèque dans un gros coffret consacré à Evgueni Svetlanov, une version très surprenante de ces Marines (c’est le titre français validé par Elgar lui-même !), chantée… en russe par Larissa Avdieyeva !

Une idée pour Warner (qui édite Marianne Crebassa) : un « live » des Sea Pictures ? Puisque le concert du 21 juillet est bien entendu capté et diffusé par France Musique

#RVW 150 (I) : A Sea Symphony

#FestivalRF22 #SoBritish

Une fois de plus, il y a bien peu de chances que soit célébré, en Europe continentale, le sesquicentenaire (150ème anniversaire) de la naissance du plus grand symphoniste britannique, Ralph Vaughan Williams, né le 12 octobre 1872 à Down Ampney et mort le 26 août 1958 à Londres.

Au moins le Festival Radio France relève le gant, le 21 juillet prochain, en donnant ce qui pourrait bien être une première française (pour une oeuvre créée en 1910 !), la Première symphonie, intitulée « A Sea Symphony » de Vaughan Williams. Des interprètes d’exception pour cette oeuvre monumentale : Lucy Crowe, soprano, Gerald Finley, baryton, le Choeur de Radio France et l’Orchestre national de France, dirigés par Cristian Macelaru.

Un océan de musique

« Avec son orchestre volumineux, son grand chœur, ses solistes et son finale d’une demi-heure, la mer de Vaughan Williams est nettement plus vaste et profonde : ce n’est pas pour rien que le compositeur avait songé à appeler son ouvrage Ocean Symphony ! Vaughan Williams mit sept ans à élaborer ce qui devint sa première symphonie. Pendant cette période, il étudia auprès de Maurice Ravel, collecta des centaines de folksongs, produisit de premières esquisses de pièces chorales… Créée en 1910, sa Sea Symphony porte cet héritage et plus encore : la partition s’inspire de l’oratorio d’Elgar The Dream of Gerontius, tant dans la forme – le mouvement lent pour baryton et demi-chœur – que dans le fond – la méditation mystique du finale.

L’évocation de la mer est en effet essentiellement métaphorique pour Vaughan Williams dont l’œuvre traite surtout de la traversée de l’existence. Le premier mouvement est ainsi un acte de naissance solennel, qui prend la forme d’un hymne à l’humanité prête à prendre le large (« un chant pour les marins de toutes les nations »), tandis que le finale interroge le temps qui passe et le sens de la mort (« Que cherches-tu, âme inquiète ? »). Entre ces deux mouvements qui constituent les piliers de l’œuvre, un nocturne contemplatif et un scherzo vif font office d’intermèdes, dans la pure tradition des symphonies romantiques. Le troisième mouvement est celui qui se rapproche le plus de l’élément marin : avec son style luxuriant qui multiplie les effets de vague et les coups de vent, ce scherzo montre que le jeune Vaughan Williams maîtrise parfaitement les lois de l’écriture orchestrale – huit autres symphonies suivront jusqu’à la mort du compositeur en 1958″. Tristan Labouret pour lefestival.eu

La version donnée par Sakari Oramo lors des Prom’s 2013 donne une assez juste idée de l’ampleur et du souffle de l’oeuvre :

Des disques

Pas mal de versions séparées. On privilégie deux d’entre elles, parues d’ailleurs dans le cadre d’intégrales des symphonies, Bernard Haitink qui concilie grandeur et intelligence du détail, et André Previn qui impressionne dans un discours qui s’avoue post-romantique.

Les airs du bonheur

Fin de saison plutôt agréable et légère. Où l’on s’aperçoit, une fois de plus, que le temps passe vite, trop vite, malgré une interruption involontaire (Une expérience singulière), et qu’on se retrouve fin juin comme si de rien n’était…

Une forme olympique

C’est toujours un bonheur de retrouver Julien Chauvin et son Concert de la Loge qui n’a toujours pas le droit de s’appeler olympique. C’était vendredi dernier dans l’église Notre-Dame d’Auvers-sur-Oise (à jamais immortalisée par Van Gogh quelques jours avant sa mort en juillet 1890) dans le cadre du Festival d’Auvers.

Un programme comme toujours savamment concocté qu’on aurait pu éviter de titrer pompeusement en anglais « Opera Gala Vienna Masters » ! Haydn, Gluck, Mozart (avec sa symphonie Jupiter comme fil rouge).
(De gauche à droite: assis de dos Julien Chauvin, Patricia Petibon, Gaëlle Arquez, Stanislas de Barbeyrac)

Trois solistes, Patricia Petibon, Gaelle Arquez, Stanislas de Barbeyrac. Des airs, des duos, des trios, des découvertes aussi.

Une pure splendeur à épingler : l’air de Don Ottavio – Il mio tesoro – dans Don Giovanni de Mozart. Stanislas de Barbeyrac impérial à Auvers, comme ici au Metropolitan Opera

Mélodies du bonheur

Avant-hier c’était au Théâtre des Champs-Elysées que s’achevaient en même temps la saison du théâtre et le festival annuel du Palazzetto Bru Zane, avec un programme qui ne pouvait que nous enchanter.

L’Orchestre de chambre de Paris dirigé par Hervé Niquet, Véronique Gens, Hélène Guilmette, Julien Dran, Tassis Christoyannis, le harpiste Emmanuel Ceysson, le violoncelliste Xavier Philips, le pianiste Cédric Tiberghien, pour servir la muse poétique, légère et capricieuse de Chausson, Fauré, Saint-Saëns et surtout Massenet, il y avait peu de risque qu’on soit déçu. Et on ne l’a pas été ! Peu de chefs-d’oeuvre dans cette enfilade d’airs, de duos, de quatuors, quelques jolis solos, mais de la musique sacrément bien troussée et réjouissante. En résumé, que du bonheur !

Retours

On a appris cette semaine deux bonnes nouvelles.

La comète Alexia

Alexia revient. Sylvain Fort signait dans Forumopera un billet plein d’espoir : Alexia Cousin, un retour plein d’usage et de raison.

J’ai plusieurs fois évoqué Alexia Cousin dans ce blog et de précédents. Je l’avais entendue en 1998 à la maison de la Radio lorsqu’elle remporta le concours Voix Nouvelles à 18 ans, et de 2000 à 2005 je l’ai suivie, engagée, entendue à Genève, Liège, Paris…

Dans ce documentaire produit pour marquer le mandat de Louis Langrée comme directeur musical de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, il y a de précieux extraits d’Alexia Cousin en concert : à 2’09 dans Ravel et à 14’30 dans Beethoven.

alexiacousin.com

Réhabilitation

Les musiciens de la Staatskapelle de Dresde ont choisi celui qui succèdera en 2024 à leur actuel directeur musical Christian Thielemann : ce sera Daniele Gatti. Et pour le chef italien une réhabilitation définitive et éclatante après sa bien peu glorieuse éviction d’Amsterdam en 2018 (Remugles). Lire le papier d’Hugues Mousseau pour Diapasonmag : Daniele Gatti à Dresde, une logique d’excellence

Daniele Gatti en février dernier à la tête de l’Orchestre National de France et du Choeur de Radio France au Théâtre des Champs-Elysées.

Grâce à YouTube, je retrouve un grand souvenir d’il y a huit ans presque jour pour jour. J’avais entraîné Mathieu Gallet, alors PDG de Radio France, au concert que donnaient l’Orchestre national et le choeur à la Basilique de Saint-Denis, le 27 juin 2014, sous la direction de Daniele Gatti pour une rareté au concert : l’oratorio Elias de Mendelssohn. Il faisait chaud, nous étions bien mal assis sur les chaises bien raides de l’église, mais quel souffle, quelle grandeur !

Les souvenirs

Ce 23 juin 2012, c’était jour de fête en Haute-Marne. Les familles rassemblées autour d’Anne-Sophie et Pierre-François pour célébrer leur union.

Aujourd’hui ils fêtent leurs noces d’étain avec leurs trois beaux enfants.

Le matin du 23 juin 2012, j’avais exaucé le voeu de ma mère de visiter Colombey-les-deux-églises, à quelques kilomètres des lieux de la noce. Je retrouve cette photo amusante :

Dix ans plus tard il y eut une nouvelle fête de famille, à Nîmes, pour celle qui a fêté ses 95 ans avec le sourire.

Toujours Brigitte

Mais le matin du 23 juin 2012, j’apprenais la nouvelle que nous redoutions depuis plusieurs semaines, la mort de Brigitte Engerer.

Je renvoie à l’article que j’avais écrit il y a cinq ans, à ces merveilleux souvenirs avec elle, à ces documents exceptionnels : Pour Brigitte

Quatorze ans après

J’évoquais dans mon dernier billet – Des hommes bien – la belle figure du musicien Bruce Richards, cor solo de l’Orchestre philharmonique royal de Liège, décédé le week-end dernier.

J’ai emprunté à Emilie Belaud, aujourd’hui à l’Opéra de Paris, alors violon solo de l’OPRL, cette photo prise à Rio de Janeiro (le pain de sucre !) en août 2008, où l’on voit à gauche Bruce Richards (et à droite son collègue trompettiste Philippe Ranallo)

La fête à Sao Paulo

Ce soir, l’OPRL donne le premier concert de sa tournée en Amérique du Sud, à Sao Paulo.

Les photos des musiciens, à l’aéroport et à l’hôtel (le même qu’en 2008!) ne font que raviver les souvenirs de la précédente tournée sud-américaine que j’avais eu la charge et la chance d’organiser.

Fort heureusement, les circonstances dramatiques qui avaient marqué l’arrivée de l’orchestre il y a quatorze ans ne se sont pas reproduites. Récit et photos à voir ici : Un début en catastrophe.

Les Liégeois seront en bonne compagnie, ils ont choisi le magnifique Nikolai Lugansky qui jouera le premier concerto de Chopin.

Et comme il se doit, le programme des concerts de l’OPRL s’ouvre avec un chef-d’oeuvre, l’Adagio pour quatuor d’orchestre du compositeur belge Guillaume Lekeu, emporté par la fièvre typhoïde à 24 ans..