L’été 23 (X): Karajan et Lipatti à Lucerne

J’ai plusieurs fois évoqué ici le festival de Lucerne et en particulier l’été 1974 qui fut pour moi une révélation : c’est là que je vis et entendis pour la première fois Karajan diriger ses Berliner Philharmoniker. Extrait d’un article précédent.

« Karajan et Lucerne, c’est une histoire qui vaut d’être rappelée. Le chef autrichien, compromis avec le régime nazi, avait été, de fait, banni des principales scènes de concert et d’opéra dans l’immédiat après-guerre. En 1948, le festival de Lucerne, fondé dix ans plus tôt par Ansermet et Toscanini, lui tend la main et lui offre ainsi une réhabilitation spectaculaire. Karajan ne l’oubliera jamais, et jusqu’en 1988 (il est mort en juillet 1989), il honorera chaque été le festival de Lucerne de sa présence. Le rituel était immuable : à partir de 1968 avec les Berliner Philharmoniker deux concerts, deux programmes différents le 31 août et le 1er septembre (le détail de quarante ans de présence de Karajan à Lucerne sur l’excellent site japonais Karajan info). C’est dans l’orchestre du Festival que Karajan trouvera son légendaire premier violon berlinois Michel Schwalbé….

J’ai pu assister à l’un des deux concerts de Karajan avec « son » orchestre philharmonique de Berlin, le 31 août. J’en suis sorti – bêtement – déçu, je n’étais pas prêt à goûter les subtilités d’un programme qui comportait La Mer de Debussy et le Pelléas et Mélisande de Schoenberg. Le triptyque debussyste ne m’était pas familier, quant à Schoenberg je faisais manifestement un blocage. Je me suis rattrapé depuis… »

Audite annonce pour bientôt un coffret de 3 CD relatant quelques-uns des concerts de Karajan à Lucerne de 1952 à 1957 (avec l’orchestre suisse du festival ou le Philharmonia).

J’ai depuis longtemps dans ma discothèque un CD du petit label canadien Palexa qui mélange des prises de concert de 1978 à Berlin et à Lucerne, dont un Sacre du printemps qui a une énergie que n’ont pas les prises de studio de 1964 et 1977.

En attendant de découvrir les bandes promises par Audite, on rappelle un incunable absolu, le féerique 21e concerto de Mozart capté le 23 août 1950 au festival de Lucerne, avec Dinu Lipatti au piano et Karajan à la baguette. A-t-on jamais entendu pareil finale ?

Le pianiste roumain était à trois mois de sa mort…il allait encore donner un dernier récital à Besançon le 16 septembre 1950.

L’été 23 (IX) : Abbado à Lucerne

Petite série estivale pendant que ce blog prend quelques distances avec l’actualité, quelques disques enregistrés en été, tirés de ma discothèque : épisode 9.

Lucerne et son festival au coeur de la Suisse ont sans doute compté pour beaucoup dans ma destinée professionnelle, sans que j’en aie rien deviné quand j’y ai travaillé à l’été 1974 (lire : La découverte de la musique)

Ce fut aussi le dernier refuge musical de Claudio Abbado (1933-2014), là où il livra ses dernières forces dans des interprétations épurées, comme déjà détachées des souffrances terrestres. Comme cette Première symphonie de Bruckner, captée le 17 août 2012, quelques mois avant la mort du chef italien.

Intéressant de noter que cette première symphonie, pas si fréquente ni au concert ni au disque, a été l’un des premiers enregistrements du tout jeune Abbado avec l’orchestre philharmonique de Vienne en 1970

L’été 23 (VIII) : premiers Verdi avec Renata Scotto

J’apprends la disparition de la cantatrice italienne Renata Scotto (1934-2023). Les hommages vont fleurir et c’est bien ainsi. Même si je me rappelle avoir jadis lu ici et là des commentaires pas toujours agréables sur la personnalité de la disparue.

Pour l’adolescent que j’étais et qui se constituait peu à peu une discothèque à petit prix, Renata Scotto ce fut ma première Traviata et, quelques années plus tard, ma première Abigail dans Nabucco de Verdi.

Je me fichais bien que les critiques des magazines spécialisés que je commençais à lire à l »époque ne trouvent pas cette version assez ceci ou cela, trouvant la direction d’Antonino Votto « routinière ». Ma première Traviata fut et reste pour toujours Renata Scotto. Quand en 1980 Riccardo Muti la sollicitera à nouveau dans sa pleine maturité, je craquerai encore…

C’est encore avec Riccardo Muti au disque que je vais découvrir l’intégralité de l’opéra Nabucco. Je ne trouverai jamais version plus convaincante que celle-ci, et une fois encore Abigail sera pour moi la voix de Renata Scotto.

Je vais passer en revue ma discothèque, du côté de Puccini en particulier. Et d’autres trésors sûrement.

Merci Madame ! Vous resterez la Traviata de mon coeur.

L’été 23 (VI): Boulez à Salzbourg

Petite série estivale pendant que ce blog prend quelques distances avec l’actualité, quelques disques enregistrés en été, tirés de ma discothèque : épisode 6.

Je n’en ai jamais fini avec Pierre Boulez (1925-2016), notamment avec ses enregistrements « live » que je collectionne précieusement, tant ils révèlent une part de liberté, de sensualité qu’on ne soupçonne pas toujours chez un personnage a priori austère et rigoureux.

Dans le gros coffret que Deutsche Grammophon a publié à l’occasion du centenaire de la fondation du festival de Salzbourg – en 1920 – à l’initiative de Max Reinhardt et Hugo von Hofmannstahl (prononcer Hof-mann-s-tâl et non -chtal, se référer à un classique de ce blog : Comment prononcer les noms de musiciens ?)

il y a évidemment quantité de trésors, comme le concert que dirigeait, le 14 août 1997, Pierre Boulez à la tête du Gustav Mahler Jugendorchester, un orchestre de jeunes musiciens basé à Vienne, fondé par Claudio Abbado en 1986. Un programme « pur Boulez » avec une oeuvre de Bartok, que Boulez fut l’un des seuls à enregistrer et diriger souvent, les quatre Pièces op.12, les quatre Notations qu’il avait alors orchestrées et un Sacre du printemps sauvage et sensuel.

Ici Boulez parle de ses « Notations » et les dirige à Lucerne (où j’avais eu la chance de longuement le rencontrer avant un concert-fleuve, lire : Un certain Pierre Boulez)

Et Le Sacre du printemps !

L’été 23 (IV) : la belle Maguelone

Petite série estivale pendant que ce blog prendra quelques distances avec l’actualité, quelques disques enregistrés en été, tirés de ma discothèque : épisode 4

D’abord un souvenir de l’été 2022 à Montpellier, le 25 juillet précisément, une délicieuse soirée où Stéphane Degout nous conta les aventures de la belle Maguelone selon Brahms.

Les 24 et 25 juillet 1970, ce sont deux géants qui enregistraient à la Bürgerbräu de Munich, ce cycle de 15 romances : Dietrich Fischer-Dieskau et Sviatoslav Richter.

S’il en fallait une preuve supplémentaire, les prises de concert me semblent toujours supérieures musicalement au studio. L’exemple est éclairant ici : cette année-là DFD et Richter donnèrent plusieurs fois ce cycle, à New York au Carnegie Hall, à Aldeburgh dans le cadre du festival animé par leur ami Benjamin Britten.

La version de studio :

La version « live » à Aldeburgh (pour la prononciation de ce lieu, je renvoie à un article devenu incontournable de ce blog : Comment prononcer les noms de musiciens ?)

Une fête de la jeunesse

Retour sur un festival (voir Pépites portugaises) qui a véritablement célébré la jeunesse : Au Festival international de Marvão, le triomphe de la jeunesse.

C’était d’ailleurs assez amusant d’être au Portugal, et même dans les lieux les plus reculés de l’Alentejo, et d’y voir des centaines, des milliers de jeunes déjà présents sur place pour les Journées mondiales de la jeunesse. C’est ainsi que visitant la cathédrale de Portalegre dimanche dernier, on y a surpris un groupe de jeunes Français répétant pour la messe qui allait suivre…

La jeunesse, elle irriguait tout le festival de Marvão, comme on a pu le constater durant tout le week-end dernier.

J’aimerais m’arrêter sur trois des artistes qui m’ont particulièrement intéressé, et qui méritent vraiment d’être mieux connus, en particulier en France où ils semblent ignorés.

L’Orquestra XXI et Dinis Sousa

Créé en 2013, Orquestra XXI est un projet qui rassemble de jeunes musiciens portugais vivant à l’étranger – souvent membres de grandes phalanges – avec le double objectif de maintenir un lien fort entre ces jeunes et leur pays d’origine.

Ce que j’ai entendu samedi dernier je l’ai écrit ici : Un grand Mahler. Mon seul regret est de n’avoir pas connu plus tôt cet excellent orchestre et de n’avoir donc pu l’inviter au Festival Radio France, où pendant huit ans, j’avais instauré la tradition d’inviter à Montpellier chaque été un orchestre de jeunes .

J’ espère que les grandes salles européennes, en dehors du Portugal, inviteront ces musiciens dans leurs saisons Ils le valent bien !

L’archet de Leia

C’était la plus jeune soliste du concert de clôture du festival de Marvao. A 16 ans, la jeune Britannique Leia Zhu (prononcer « joue ») – ses parents, tous deux d’origine chinoise se sont rencontrés en Angleterre où ils se sont établis – a déjà tout d’une grande, reconnue comme telle au Royaume-Uni – débuts à 12 ans aux Prom’s -, et rien d’un phénomène de foire. Elle-même comme sa mère, avec qui j’ai pu converser à l’issue du concert, sont extrêmement sereines et réalistes quant aux perspectives de carrière, aux risques d’une célébrité trop vite acquise. Leia continue ses études en pension à Oxford. Mais elle comme sa mère sont surprises que la France ne lui ait encore rien proposé (sauf m’ont-elles dit une invitation à… Reims pendant les Jeux olympiques de 2024 !);

Simon Rattle n’avait pas hésité, lui, à l’inviter avec le London Symphony il y a deux ans !

Tout comme Paavo Järvi en avril dernier à la Tonhalle de Zurich :

Ceux qui me suivent savent que je me laisse difficilement séduire par les sirènes de la pub (ou de la com c’est pareil) lorsqu’il s’agit de « vendre » un nouveau talent. Mais je crois savoir reconnaître quelqu’un d’authentiquement musicien. Cette jeune violoniste ne se la joue pas, son attitude sur et hors scène, son sourire disent la tête bien faite, la belle personnalité.

Gabriel Pidoux le hautbois chantant

Même si ce ne fut pas dans les meilleures conditions acoustiques – le plein air peut parfois s’avérer impitoyable – j’ai été heureux d’entendre le hautboïste français Gabriel Pidoux (26 ans) jouer le concerto de Richard Strauss (lire Le triomphe de la jeunesse). Tiens encore un artiste qu’on avait invité au Festival Radio France il y a deux ans après qu’il eut été désigné « Révélation soliste instrumental » par les Victoires de la musique classique en 2020. Le jeune homme a de la branche : père Raphaël (le trio Wanderer) et grand-père Roland violoncellistes renommés.

Pépites portugaises

J’ignore l’origine de l’expression bien peu distinguée « avoir les portugaises ensablées » ! En l’occurrence, c’est tout le contraire qui s’est produit le week-end dernier pour quelques milliers d’auditeurs/spectateurs du Festival international de Marvão. Les oreilles grandes ouvertes pour apprécier toutes les pépites musicales qui nous étaient offertes par une manifestation encore jeune (c’en était la 9ème édition) mais qui honore véritablement le concept même de festival !

Les lieux sont spectaculaires : à 2h30 de route à l’est de Lisbonne, un promontoire rocheux culminant à 900 mètres et dominant toute la plaine de l’Alentejo, à quelques kilomètres de l’Espagne.

La citadelle de Marvão

Parmi les concerts « couverts » pour Bachtrack, le week-end dernier, j’ai particulièrement apprécié la Cinquième symphonie de Mahler qu’a osé proposer l’Orquestra XXI – un orchestre de jeunes musiciens portugais, tous en poste dans de grandes phalanges étrangères, qui se retrouve trois fois l’an pour travailler sous la houlette de leur fondateur, ‘un chef extrêmement prometteur Dinis Sousa. Lire mon compte-rendu enthousiaste sur Bachtrack.fr : Un grand Mahler au festival de Marvão.`

Deux brefs extraits captés par mon téléphone portable…

Auparavant on aura assisté à une vraie Schubertiade, d’inégal intérêt mais avec un quatuor vocal qui restituait bien l’atmosphère de ces soirées amicales qu’affectionnait tant Schubert.

Le dimanche, dans la même petite église Saint-Jacques, où la température était à peine inférieure aux plus de 30° qui régnaient sur le village, c’était au tour d’un sextuor de jeunes Portugais de nous régaler d’un programme vraiment original (compte-rendu à lire ici : Le triomphe de la jeunesse à Marvão )

(de gauche à droite : Diogo Coelho, Gonçalo Lelis, Ricardo Caspar).

Le soir concert final comme on les aime, un joli patchwork de pièces connues.

Au premier rang, sans protocole, le président de la République portugaise Marcelo Rebelo de Sousa (un petit air d’Yves Montand !) soutien de toujours du Festival.

(de gauche à droite, la soprano Juliane Banse, la jeune violoniste (16 ans!) Leia Zhu, le flûtiste Michael Faust, Christoph Poppen, le clarinettiste Horacio Ferreira, la mezzo Caterina Sereno, le baryton Nikolai Borchev)

Lorsque la nuit est tombée, la citadelle de Marvao s’éclaire aux couleurs du Portugal

L’été 23 (III) : la mer à Lucerne

Petite série estivale pendant que ce blog prendra quelques distances avec l’actualité, quelques disques enregistrés en été, tirés de ma discothèque : épisode 3

J’ai déjà raconté ici mon été 1974 à Lucerne (La découverte de la musique). Etrangement, problème de droits sans doute, il y a assez peu de témoignages discographiques « live » d’un festival qui, depuis sa fondation par Toscanini et Ansermet en 1938, et singulièrement après la Seconde Guerre mondiale, a été et reste l’une des plus grandes manifestations estivales d’Europe avec Salzbourg.

Le label allemand AUDITE a entrepris, depuis quelques années, de publier les belles archives de ce festival, dont celle-ci, en 2021.

Le disque est le reflet de deux concerts donnés en 1988 et 1994, et donne une image de l’art du chef suisse beaucoup plus conforme au souvenir que j’ai de ce qu’il pouvait donner en concert.

Il y a de surcroît ici un inédit dans l’abondante discographie d’Armin Jordan (1932-2006), la deuxième suite de Bacchus et Ariane de Roussel.

Et il y a surtout une fabuleuse version d’une pièce qu’Armin Jordan connaissait par coeur, qu’il est le seul à avoir enregistrée avec trois cantatrices différentes – Jessye Norman, Françoise Pollet, Felicity Lott, excusez du peu ! – le Poème de l’amour et de la mer de Chausson.

L’été 23 (II) : l’impossible Carmen

Petite série estivale pendant que ce blog prendra quelques distances avec l’actualité, quelques disques enregistrés en été, tirés de ma discothèque / épisode 2.

C’est l’un des enregistrements les plus célèbres de l’histoire du disque, une version toujours considérée comme une référence pour l’opéra de Bizet, Carmen. Celle où brillent Victoria de Los Angeles, Nicolai Gedda, Janine Micheau et Ernest Blanc, dans les principaux rôles, sous la direction du plus francophile des chefs britanniques, Thomas Beecham.

Et pourtant l’entreprise a bien failli être compromise.

Je cite George Hall, dans le livret qui accompagne la dernière réédition en date de ce coffret:

« Les séances d’enregistrement commencent à la salle Wagram à Paris le 4 juin 1958 et s’étalent sur une semaine…. Beecham qui venait de faire une longue tournée de concerts était fatigué et irritable, et les relations avec la soprano (Victoria de Los Angeles) devinrent de plus en plus tendues. Finalement la chanteuse appela l’un des responsables d’EMI à Londres pour lui annoncer qu’elle ne supportait plus la situation et qu’elle rentrait chez elle à Barcelone ». Les morceaux finiront par se recoller mais il faudra attendre un an, du 1er au 6 septembre 1959, pour qu’une nouvelle session d’enregistrement puisse être programmée. Lorsque Los Angeles et Beecham se retrouvent, le chef lui ouvre les bras en s’exclamant : « Voilà ma Carmen! ».

Nicolai Gedda, quant à lui, émet le souhait de refaire les airs qu’il a déjà – magnifiquement – enregistrés en 1958, parce qu’il pense que sa voix a pu évoluer entre temps comme il s’en ouvre à Thomas Beecham. Celui-ci lui répond : « En mieux ou en moins bien » ?

A l’écoute de cet enregistrement miraculeux, nul ne peut se douter des difficultés qui ont dû être surmontées. Et on reste songeur quant au coût d’une telle réalisation…évidemment impossible à imaginer de nos jours, où la plupart des nouveaux enregistrements d’opéra sont le fruit de captations « live » éventuellement « corrigées » à la marge, parce que plus aucune maison de disques n’a les moyens d’engager en studio les dizaines d’artistes, musiciens, chanteurs, choristes nécessaires.

C’était le Sud : Orange, Avignon, Vaison, Grignan etc.

Rien n’est plus étrange et excitant à la fois que de jouer les touristes en des lieux qu’on a longtemps fréquentés pour des raisons professionnelles.

J’ai déjà parlé de Montpellier (Festivals et surprises) – mais j’y reviendrai une fois la fête terminée, parce qu’on ne peut pas laisser dire n’importe quoi -, j’ai poursuivi mon parcours du côté de la Provence, en dehors de toute activité festivalière, à une exception près.

Orange sans Chorégies

J’avais été très heureux de retrouver les Chorégies d’Orange – si bien menées par mon ami Jean-Louis Grinda, malgré les restrictions qu’il doit subir – en juillet 2021, pour un Samson et Dalila d’anthologie. Cette fois le théâtre antique était vide et muet, mais j’ai vu Orange comme je ne l’avais fait auparavant. Notamment des hauteurs de la colline Saint-Eutrope qui domine la cité et le mur romain.

(Orange a aussi sa « bonne mère », la statue de la Vierge qui protège la ville du haut de la colline Saint-Eutrope)

Vaison-la-Romaine

Je n’étais pourtant jamais très loin mais je n’avais jamais poussé jusqu’à Vaison-la-Romaine, un lieu mythique où j’avais toujours rêvé de participer aux Choralies animées par un personnage hors norme, César Geoffray, fondateur du mouvement A coeur joie, qui faisait chanter des dizaines de milliers d’amateurs dans toute la France.

On a peine à imaginer que la crue de l’Ouvèze, le 22 septembre 1992, avait submergé le pont romain… sans le détruire.

Avignon

Avignon, sans être un festivalier régulier, j’y suis venu souvent au tournant des années 80/90 par intérêt personnel, mais aussi comme élu à la culture de Thonon (de 1989 à 1995) pour voir des spectacles, des troupes, qui pouvaient éventuellement être repris dans la programmation de la MAL (l’une des premières Maisons de la Culture Malraux).

La dernière fois c’était en 2014 ! Mais je n’avais ni eu ni pris le temps de me promener comme un touriste dans cette ville qui vit complètement au rythme du théâtre .

J’ai tout de même assisté à un spectacle, et pas n’importe lequel, le formidable « seul en scène » de Christine Murillo, évoquant le personnage haut en couleurs de Pauline Carton.

C’est à la Scala Provence et c’est à voir absolument, si vous passez du côté d’Avignon, jusqu’au 29 juillet

Honte à moi, il m’a fallu un passage par la collégiale Saint-Didier pour découvrir qu’Olivier Messiaen (1908-1992) est né à Avignon…

Après Avignon, on a fait un détour sur l’autre rive du Rhône, à Villeneuve-lès-Avignon, où je me rappelle jadis des réunions et colloques à la Chartreuse. Le Fort Saint-André et les jardins réaménagés valent la visite, narguant la Cité des Papes juste en face.

Châteauneuf-du-Pape

Après Avignon, une visite de la résidence secondaire des papes s’imposait. De la forteresse construite par le pape Jean XXII, il ne reste que des ruines certes imposantes, mais le vignoble alentour continue de produire les meilleurs flacons de la région !

Chez la marquise

Une soirée à Grignan s’imposait tout autant, même si on a raté l’occasion de voir Jérôme Deschamps jouer l’Avare (c’est jusqu’au 19 août !).

Le nom de Marie de Rabutin-Chantal, plus connue comme marquise de Sévigné (1626-1696) est à jamais lié à ce village de la Drôme, puisqu’elle est morte au château chez sa fille Françoise de Grignan.

La marquise de Sévigné est inhumée dans la collégiale Saint-Sauveur.

Au Mont-Ventoux

On a fait l’ascension du Mont-Ventoux, pour prendre de la hauteur (1912 m) et de la fraîcheur (18°), mais pas à vélo avouons-le…

Arrivant au sommet dénudé, désertique, je pensais irrésistiblement à la célèbre pièce de Moussorgski, Une Nuit sur le mont chauve