Un si Joly hommage

On ne pouvait pas y couper, l’hommage conçu par Pierre Palmade à la comédienne Sylvie Joly, disparue le 4 septembre dernier, rassemblait hier soir une jolie brochette. Deux annoncées ne sont pas venues, mais la soirée fut joyeuse, un peu foutraque, talentueuse aussi.

Et puis sobre, amicale, chaleureuse. Peu de people dans la salle, Charlotte de Turckheim, Stéphane Bern, Marc-Olivier Fogiel, mais surtout cette génération, la mienne, qui a presque tout suivi de Sylvie Joly et qui connaît certains de ses sketches par coeur. Le spectacle a été enregistré par France 3.

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C’est amusant, parce que deux des « tubes » de Sylvie Joly – Catherine et l’Après-dîner – ne lui étaient pas destinés au départ. C’était pour Maria Pacôme, qui, tournage au cinéma oblige, n’avait pu assurer un spectacle composé de scènes et de sketches. C’est ce que j’ai appris en lisant les souvenirs de la comédienne, publiés en 2010, qu’elle conclut par l’aveu de la maladie de Parkinson qui l’avait atteinte quelques mois auparavant.

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Pas très friand d’ordinaire de ce genre d’autobiographie. Ici, au contraire, on a, dans un beau désordre, des tranches de vie, d’humanité, et ce style si caractéristique. Elle balance la Sylvie, mais rien de méchant, et beaucoup d’amour :

« Mon principe a toujours été d’aimer les gens, d’observer leurs spécificités avec bienveillance et de capter leur essence avec précision…. Les personnages de mes sketches je les aime profondément »

Hier soir donc, au Théâtre de Paris, émotion et amitié étaient au rendez-vous. Rien d’évident pour celles et celui qui avaient relevé le défi d’être quelques minutes Sylvie Joly sur scène. On eut droit à quelques séquences filmées, personne n’ayant osé par exemple reprendre Madame Touchard :

Carole Bouquet se lança la première, sa Catherine fut plus qu’honorable, réussie.

Muriel Robin avait choisi un sketch beaucoup moins connu Le lièvre et la lune, ça restait du Robin, mais l’affection affleurait.

La merveilleuse Madame Foldingue du Collaro show, la précieuse Claire Nadeau s’y reprit à quelques fois, sous les applaudissements nourris de la salle, pour achever la petite annonce immobilière. Valérie Mairesse, les plus beaux yeux du cinéma des années 80, nous donna une Coiffeuse plus authentique que nature :

Anne-Elisabeth Rideau fit une excellente lieutenant Moussu :

Anémone passa le Bissell avec maestria, Valérie Karsenti reprit un sketch un peu long sur le bottin, Michèle Laroque fut impériale dans une satire, qui n’a pas pris une ride, du théâtre contemporain « Je me gratte »

Et le meilleur vint à la fin : Valérie Lemercier restitua avec un sens du vécu indéniable L’après-dîner (parfois appelé La mousse au chocolat !).

Une pirouette finale mit un terme à deux heures de bonheur partagé :

 

Arnaques

On n’imagine pas comme ça, vu du dehors, mais le petit monde de la musique classique est plein de chausse-trapes. Comme le relève Gaëtan Naulleau dans le numéro de novembre de Diapason, la guerre fait rage entre Deutsche Grammophon-Decca / Universal et Sony : la première s’est fait piquer par le second deux de ses stars, Jonas Kaufmann et Lang Lang. Au moment où le pianiste chinois sort son dernier album (on y reviendra, pour la belle arnaque sur le titre : Lang Lang in Paris ) chez Sony, Deutsche Grammophon ressort – objet de l’ire diapasonesque – une compilation très hétéroclite du même sous le titre Lang Lang the Vienna Album !

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Un mot sur le titre du CD Sony : le lien entre Paris et les Scherzos de Chopin ou les Saisons de Tchaikovski ? Aucun ! Tromperie sur la marchandise ? Pas tout à fait puisque ce disque a bien été enregistré… à Paris (à l’Opéra Bastille précise-t-on même !). La belle affaire… ou plutôt la bonne affaire pour l’image internationale de  LL.

La guerre Sony/Universal avait commencé il y a quelques semaines, dans le même genre :

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Decca avait dégainé le premier avec un album/compilation au titre encore une fois trompeur (The Age of Puccini), sachant que Jonas Kaufmann allait sortir un CD tout Puccini chez Sony. Il a fallu que le chanteur lui-même dénonce le procédé…

Pas très reluisant évidemment, mais il n’y a pas mort d’homme…et puis on est loin, très loin des montants engagés pour des transferts de stars du ballon rond !

Plus désagréables pour les auditeurs/consommateurs de musique que nous sommes, les petites arnaques qui non seulement trompent l’acheteur mais desservent les artistes qui en sont aussi victimes. En cause, les enregistrements « libres de droits », en gros ceux qui ont plus de 50 ans (beaucoup d’exceptions évidemment). Sur les sites de téléchargement (comme Itunes) on est envahi de repiquages, de mauvaises copies de microsillons, absolument épouvantables, à petit prix évidemment, avec parfois de très bonnes surprises (Monteux, Richter, Heifetz…) mais à condition de bien écouter d’abord avant de télécharger.

On est effaré par exemple par la désinvolture – pour rester poli – avec laquelle un établissement aussi prestigieux que la Bibliothèque Nationale de France réédite numériquement quantité d’enregistrements relevant du dépôt légal. Aucun travail éditorial, ni technique, sérieux. Des erreurs en pagaille sur les oeuvres, les interprètes, les compositeurs. Incompréhensible, inadmissible.

Même saccage dans certaines rééditions de CD. Depuis longtemps fan des symphonies de Beethoven gravées par René Leibowitz à Londres en 1959/1960 dans une prise de son stéréo de référence, publiées séparément sous diverses étiquettes (comme Chesky Records) je me suis réjoui de les voir enfin proposées dans un coffret que j’ai aussitôt acheté. Quelle déconvenue en mettant sur ma platine quelques plages au hasard ! Une catastrophe, un report complètement raté. Une honte !

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La même horreur existe, en pire, sur Itunes, si on n’y prend pas garde.

Autre arnaque, heureusement pas encore trop répandue, les rééditions « avec pochettes d’origine » de grands artistes du passé. Quand les minutages des microsillons d’origine étaient brefs, ça peut donner des CD très chiches.

On atteint parfois les limites du ridicule. Déjà le coffret des enregistrements de Jean Martinon avec l’orchestre symphonique de Chicago – que tous les amateurs attendaient avec impatience – aurait pu tenir en 5 CD au lieu des 10 qu’il  contient.

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Mais le pompon est décroché par cette sortie toute récente : Earl Wild, the RCA complete collection.

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On salivait à la perspective de redécouvrir des enregistrements forcément légendaires du grand virtuose américain qui n’était pas loin de fêter son centenaire sur scène (il est mort à 95 ans, en 2010, encore en activité). 5 CD (pour 40 € le coffret), qui tenaient sans problème sur…2 galettes ! Un Gershwin multi-réédité (ici coupé en deux !), certes deux ou trois raretés (le concerto de Paderewski, le 1er concerto de Scharwenka, et quelques babioles qui font très fond de tiroir). Il y a tellement de bons enregistrements, certes éparpillés entre plusieurs labels, à rééditer pour le centenaire du pianiste…qu’on se serait bien passé de ce triste boitier. Par exemple la plus éblouissante des intégrales concertantes de Rachmaninov, ou quand pianiste et chef sont à l’unisson de l’esprit et du style du compositeur.

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Capiteux

La vie du mélomane est faite d’enthousiasmes et de déceptions, comme la vie d’artiste. Il y a des soirs avec et des soirs sans.

Hier c’était avec ! Je suis sorti de l’auditorium de la Maison de la radio la tête encore pleine des mélodies capiteuses d’une oeuvre qui me fascine depuis longtemps : Die Seejungfrau (La petite sirène) de Zemlinsky.

J’attendais ce programme (je n’y étais à vrai dire pas totalement étranger) : en première partie Chasse royale et orage, un extrait symphonique des Troyens de Berlioz, le 2ème concerto de Chopin (avec Louis Lortie) et ce somptueux Zemlinsky en seconde partie. Emmanuel Krivine retrouvait l’Orchestre National de France, qu’il avait déjà mené au triomphe au festival de Montreux en septembre dernier.

En général on sait dès les premières minutes si le concert sera ou non réussi, si le couple chef/orchestre va fonctionner. Je soupçonne le cher Emmanuel Krivine d’avoir choisi ce Berlioz à dessein: un début pianissimo casse-gueule au possible, changements incessants de rythmes et de couleurs. Aucun doute hier soir, un National très concentré, chaleureux, visiblement heureux de suivre la baguette la plus précise et inspirée qui soit.

Chopin, peu de chefs aiment diriger le premier ou le second concerto, il n’y a « rien à faire », c’est « mal orchestré » – les poncifs ont la vie dure ! -. Krivine lui prend du plaisir à donner du relief à ce qui est un véritable écrin pour la virtuosité et la poésie du pianiste. Le jeu du soliste canadien, Louis Lortie, m’a toujours semblé un peu froid, neutre même, mais dans Chopin ce n’est pas forcément un défaut, ça nous épargne les mièvreries, les relucades de telle star chinoise.

Venons-en donc à Zemlinsky. J’avais une petite idée en suggérant que Krivine dirige cette Sirène plutôt qu’un Brahms ou un Tchaikovski : je voulais retrouver – et faire partager au public de l’Auditorium – l’incroyable émotion que j’avais ressentie le 18 juillet 2000 en découvrant… à Montpellier (le Festival déjà !) cette somptueuse fresque symphonique dirigée par…Emmanuel Krivine prenant congé de l’Orchestre national de Lyon (dont il avait été le directeur musical depuis 1987). Par deux fois plus tard je programmerais Die Seejungfrau à Liège (d’abord avec Armin Jordan, puis avec Pascal Rophé). Et à chaque fois j’entendrais public et musiciens comblés, ensorcelés, par cette sirène !

Nul mieux que Krivine aujourd’hui ne maîtrise cette partition qui fait scintiller tous les pupitres du grand orchestre, qui fait circuler de sublimes motifs, des Leitmotive presque, parmi les trois mouvements de l’oeuvre. Les alliages de timbres, l’allure, la souplesse si viennoises, montrent un Orchestre National et des solistes (le cor d’Hervé Joulain, le violon de Sarah Nemtanu, mais tous les autres sont à citer !) des très grands jours. On espère que l’histoire aura une suite…

La discographie de Zemlinsky n’est pas encore pléthorique, mais Chailly n’est pas le plus mauvais choix.

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Frontières

J’en ai eu confirmation dimanche soir, lors de la cérémonie de remise des trophées Echo-Klassik à Berlin (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/10/19/les-echos-de-la-fete/) : Schengen n’y a rien fait, les frontières existent bel et bien dans les médias comme dans les carrières musicales.

Lorsque les animateurs de la soirée, Rolando Villazon et sa comparse Nina Eichinger – excellente et charmante au demeurant, mais de moi et des rares Français présents jusqu’alors inconnue – nous annonçaient avec force adjectifs la présence exceptionnelle de tel ou tel, une vedette populaire de la télé, un ancien sportif de haut niveau, un « fantaisiste » célèbre, nous nous regardions, perplexes. Le nom de ces personnalités, très applaudies (puis très photographiées hors scène), est totalement inconnu hors des frontières allemandes, ou de la zone de diffusion des chaînes TV allemandes.

J’en ai eu maintes fois la preuve, lorsque je travaillais et vivais en partie en Belgique. Si beaucoup de Belges francophones regardaient les chaînes françaises, avec parfois une pointe de snobisme – ce qui était de Paris était nécessairement mieux que de Bruxelles ou de Liège – et connaissaient donc les figures de la télévision, et la gent politique française, on ne peut pas dire que les Français se soient jamais intéressés aux stars belges du petit ou du grand écran, sauf quand une récompense internationale venait à les mettre en lumière (comme Luc et Jean-Pierre Dardenne) ou que Paris les adoptait, comme Philippe Geluck ou plus récemment Charline Vanhoenacker.

Dans le domaine musical, les frontières demeurent bel et bien. Parfois doublement.

Prenons le cas des musiciens récompensés dimanche soir : Jonas Kaufmann est hors catégorie, mais sa célébrité mondiale est relativement récente. Quand il venait chanter un opéra inconnu de Humperdinck à Montpellier en 2005, c’était déjà un magnifique ténor, mais il était loin d’être la star adulée qu’il est aujourd’hui.  Sonya Yoncheva a une notoriété plus récente, mais le public français l’a vite adoptée et les scènes de Londres, New York, Milan se l’arrachent.

David Garrett, quant à lui, est justement le type même de la star nationale, connu et reconnu dans une sphère géographique et culturelle déterminée, l’Allemagne et l’Autriche. Son homonyme féminine, Lesley Garrett a la même trajectoire au Royaume-Uni. L’un et l’autre vendent des disques et des DVD par centaines de milliers (http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_2?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&url=search-alias%3Daps&field-keywords=david+garrett) En France ? quasiment inconnus, loin derrière un autre violoniste André Rieu (qui est des seuls de sa « spécialité », comme naguère un Richard Clayderman, à faire les têtes de gondole de tous les disquaires et boutiques d’aéroport du monde !).

Si l’on s’en tient aux musiciens au parcours plus classique, on assiste au même phénomène. Souvent inexplicable. Les réseaux, les amitiés, dit-on, les habitudes plus souvent, le manque de curiosité parfois des organisateurs de concerts. J’ai nombre d’exemples en tête, du temps de mes années liégeoises. J’étais accusé par certains de favoriser mes amis français (forcément au détriment des talents belges), alors que ma seule préoccupation était de faire connaître au public de fantastiques musiciens, d’où qu’ils viennent, et quelle que soit leur nationalité (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/10/11/merci/)

Quand Pieter Wispelwey est venu à mon invitation pour la première fois à Liège, il m’a avoué ne s’être jamais produit dans le pays voisin de quelques kilomètres du sien, les Pays-Bas ! En 1987, Stephen Kovacevich donnait son premier concert à Genève, en 1990 Christian Zacharias idem, alors que l’un et l’autre faisaient déjà une carrière internationale et un nombre impressionnant de disques.

Que dire, à l’inverse, de carrières de musiciens français qui ont connu leur plein essor loin de l’Hexagone, Philippe Entremont, Robert Casadesus, Jean-Yves Thibaudet, pour s’en tenir aux pianistes. Rencontrant il y a quelques années Cécile Ousset, qui était l’une des solistes favorites de Simon Rattle au Royaume-Uni – leur discographie commune n’est pas mince – qui a enregistré avec Kurt Masur et pour Berlin Classics, je lui avais demandé dans quelle ville allemande ou anglaise elle vivait. Elle a souri et m’a répondu avec une délicieuse pointe d’accent méridional qu’elle n’avait jamais quitté sa maison du Midi. Mais elle n’expliquait pas non plus pourquoi elle a joué si rarement dans son pays natal.

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Quand on fait son marché chez Dussmann, le seul disquaire digne de ce nom de Berlin, on découvre nombre de CD de jeunes artistes, non seulement inconnus en France, mais dont les disques ne sont même pas distribués (le principe du cercle vicieux, pas de disques, pas d’engagements, pas de carrière…). Exemples : Martin Stadtfeld et Nikolai Tokarev

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Je ne porte pas de jugement, je constate que leur jeune notoriété (et leur talent réel) restent circonscrits à une zone donnée.

Qui sait, en dehors de l’Italie, qu’une des intégrales les plus achevées, passionnantes – et aussi la mieux enregistrée – de l’oeuvre de Chopin vient de paraître sous le label Decca, branche italienne ? Qu’elle est due à un magnifique pianiste, qui n’est pas un perdreau de l’année – il a 48 ans – Pietro de Maria, ancien élève notamment de Maria Tipo à Genève (https://fr.wikipedia.org/wiki/Pietro_De_Maria).

Je me rappelle très bien sa belle participation au Concours de Genève justement, en 1990 : j’étais membre du jury qui a décerné le premier prix à l’unanimité à un autre immense pianiste, devenu un ami très cher, Nelson Goerner (qui a aussi attendu longtemps avant d’atteindre à la grande carrière qui est aujourd’hui la sienne).

Pourquoi l’Italie et pas la France ? Question sans réponse. Un bon conseil : se procurer ce coffret Chopin. De la beauté pure.

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Débuts

Un peu surpris d’abord par cette polémique : les chanteurs lyriques français se plaignent d’être trop peu employés sur les scènes françaises : http://www.franceinfo.fr/actu/societe/article/les-chanteurs-lyriques-s-estiment-sous-employes-738411.

Ce n’est pas l’impression que j’ai eue ces derniers mois (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/10/11/cherubins/), j’avais même le sentiment – mais un sentiment n’est pas une statistique ! – qu’il y avait depuis quelques années un véritable renouveau du chant français et une multitude d’excellents artistes pour repeupler festivals et théâtres non seulement en France mais dans le monde. Et puis le principe des quota par nationalité…ça me choque !

Voilà pour la mauvaise humeur, mais la semaine fut plutôt chaleureuse, en dépit d’une météo pré-hivernale. Deux débuts, deux jeunes chefs, deux temps de musique très différents, l’un et l’autre nécessaires.

C’est toujours un passage obligé, délicat pour un chef d’orchestre : faire ses débuts avec un orchestre, de surcroît dans son pays, dans sa ville. Le terme « débuts » peut paraître un peu dérisoire pour quelqu’un qui n’est vraiment pas un « débutant » : Lionel Bringuier, 29 ans (!)  est depuis septembre 2014 le directeur musical de la Tonhalle de Zurich, où il a succédé au vétéran David Zinman. Il a dirigé nombre de prestigieux orchestres américains et européens, il est loin d’être un inconnu à Paris, puisque il a été invité régulièrement par l’Orchestre philharmonique de Radio France. Mais c’était mercredi la première fois avec l’Orchestre de Paris et à la Philharmonie de Paris.

Salle comble, des amis musiciens dans le public, Philippe Jordan (Lionel Bringuier fait aussi bientôt ses débuts à l’Opéra de Paris dans Carmen) Paul Meyer, Beatrice Rana, et un programme sans risque, un peu bateau, avec une belle surprise pour commencer : Con brio, une pièce hyper-virtuose du génial Jörg Widmann qui fait écho au Beethoven des 7ème et 8ème symphonies, un éblouissement de timbres, de rythmes, de références et d’humour. Puis un concerto plus pastoral qu’emporté, plus classique que romantique, celui de Schumann sous les doigts propres et un peu trop sages à mon goût de Martin Helmchen. En seconde partie, les showpieces, Roméo et Juliette de Tchaikovski et les Danses de Galanta de Kodaly. L’Orchestre de Paris brille de tous ses feux, le chef n’en rajoute pas dans la démonstration, quitte à nous laisser un peu sur notre faim. Mais à tout prendre le respect de la partition vaut toujours mieux que la recherche de l’effet facile.

Hier on retrouvait, un an et deux jours après son dernier concert à Pleyel, le chef russe Vassily Petrenko (qui n’a aucun lien de famille avec Kirill, celui qui prendra, en 2019 et pas en 2018 finalement, la direction du Philharmonique de Berlin) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vasily_Petrenko

On se rappelait comme si c’était hier un fabuleux concert (et un dîner chaleureux où le jeune chef russe m’avait confié son amour du répertoire français !) : http://www.diapasonmag.fr/actualites/critiques/salle-pleyel-vasily-petrenko-et-l-orchestre-philharmonique-de-radio-france. On était impatient de retrouver la même équipe cette fois dans l’auditorium de la Maison de la Radio, que Petrenko découvrait. Surtout dans un programme taillé sur mesure pour et par le chef pétersbourgeois : la suite de Ma Mère l’Oye de Ravel – précision et poésie mêlées – à laquelle s’enchaînait parfaitement le 3e concerto pour piano de Prokofiev. On a d’abord été surpris par ce qui nous semblait de la prudence dans le jeu du jeune pianiste ouzbek Behzod Abduraimov – on a trop les feux d’artifice de Martha Argerich dans l’oreille ! – puis conquis par cette calme puissance, typique d’une certaine école russe, qui ménage ses effets, emporte l’adhésion sans épate. Preuve supplémentaire dans le bis : on aurait dit Gilels dans La Campanella de Liszt. 

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Puis venait la 1ère symphonie de Rachmaninov. L’an dernier, j’avais dit à V.Petrenko combien j’aimais cette oeuvre et j’étais impatient de l’y entendre. Je n’ai pas été déçu, bien au contraire. L’oeuvre est longue, pleine de maladresses (et de difficultés pour l’orchestre), mais tous les « fondamentaux » de Rachmaninov s’y trouvent et Petrenko les exalte sans complexe, magnifiquement suivi par le « Philhar ». Seule réserve, l’acoustique de l’auditorium de la Maison de la radio a encore besoin de réglages, pour éviter que les cuivres ne claquent aussi durement dans des oeuvres de grand effectif (les musiciens n’étant évidemment pas en cause).

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Légendes vives

Une photo prise dimanche sur la scène de l’opéra de Vienne a suffi pour raviver une cohorte de souvenirs émerveillés, tout simplement la découverte et l’apprentissage, par le disque d’abord, des chefs-d’oeuvre de la musique dite « classique ».

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Gundula Janowitz (à gauche) et Christa Ludwig (à droite), ont enchanté, formé une grande part de ma mémoire musicale. L’une et l’autre, souvent l’une avec l’autre, étaient de presque tous les enregistrements de Karajan durant les glorieuses décennies 60-70.

Beethoven (la 9e symphonie, la Missa Solemnis), Brahms (le Requiem allemand), Haydn (Les Saisons, la Création), Richard Strauss (Vier letzte Lieder) sont à jamais associés dans ma mémoire à la voix séraphique, et pourtant charnelle, lumineuse, et pourtant tendue, de Gundula Janowitz. 

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Lorsque Karajan a gravé la Messe en si et la Passion selon St Matthieu de Bach, il a réuni les deux dames, nées toutes deux à Berlin, l’une en 1928, l’autre en 1937.

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Christa Ludwig s’est, discographiquement parlant, partagée équitablement entre trois chefs qui ne pouvaient se passer d’elle, Karajan, Böhm, Bernstein, joli trio !

Impossible de dresser ici cette incroyable discographie.

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Et une perle rare de ma discothèque, une Femme sans ombre légendaire, précieusement conservée depuis ce jour de juin 1998, où nous avions fêté les 70 ans de Christa Ludwig sur France Musique.

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La dédicace qu’elle m’a laissée sur le livret de ce coffret dit tout de cette femme de tête et de coeur. Comme l’entretien qu’elle avait accordé il y a quelques mois à Forum Opéra : http://www.forumopera.com/actu/christa-ludwig-mezzo-ou-soprano-je-ne-sais-pas.

Ni Gundula Janowitz, ni Christa Ludwig n’ont jamais été qualifiées de « stars »- elles ne se sont jamais revendiquées comme telles ! – Si elles continuent de briller aussi fort dans nos mémoires, c’est parce qu’assurément ce sont de belles personnes, de celles qu’on aime comme nos mères ou nos grand-mères. Avec cette lumière et cette bienveillance intactes dans le regard.

C’était une autre légende que je rencontrais hier soir, à la Philharmonie de Paris, pas une cantatrice, mais un orchestre que je n’avais encore jamais entendu en concert (il y a un début à tout !) : le Gewandhaus de Leipzig. Dirigé par son directeur musical Riccardo Chailly (qui a pris tout le monde de court en annonçant son départ bien avant la fin de son contrat). Une mini-résidence à Paris autour de programmes associant Mozart et Richard Strauss. Il arrive parfois que la réalité ne rejoigne pas la légende. D’où vient cette impression qui ne m’a pas quitté de la soirée que ce Klangkörper – ce « corps sonore » – manque de personnalité ? Sauf quand il se fait partenaire à part entière d’un soliste extraordinaire, le violoniste Christian Tetzlaff qui parvient à nous captiver d’un bout à l’autre du 3e concerto de Mozart. Qui d’autre, Gidon Kremer peut-être ? Souvenir à vif de la dernière rencontre avec l’artiste, un certain 7 janvier 2015 : https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/01/10/le-silence-des-larmes/

Chérubins

Quelle que soit son étymologie, le chérubin (https://fr.wikipedia.org/wiki/Chérubin) est l’exact contraire du personnage de Beaumarchais, Mozart ou Massenet.

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(L’ange dormeur / Cathédrale d’Amiens)

La bonne idée c’est d’ouvrir la saison de l’Opéra de Montpellier avec le Chérubin  de Massenet, si rare à la scène que personne dans le public de la première ne se rappelait l’avoir déjà vu.

Ce n’était pour moi qu’un bel enregistrement, longtemps le seul :

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Trois beaux rôles féminins, les hommes étant – pour une fois – réduits à l’état de comparses, même si le Philosophe a une fonction honorable. Sur le plateau de l’Opéra Comédie, pas de star, mais un trio très réussi comme Valérie Chevalier sait les composer : Marie-Adeline Henry en pulpeux Chérubin, Cigdem Soyarslan sensuelle et fruitée Ensoleillad et Norma Nahoun, en Nina toute de fraîcheur et de naïveté amoureuse. Tous leurs camarades sont au même niveau, et on apprécie le clin d’oeil à la grande Michèle Lagrange qui caractérise à merveille une Comtesse en pâmoison.

La mise en scène et les décors très sixties de la fille, Juliette Deschamps, et de la mère, Macha Makeieff, n’ont pas fait l’unanimité. Qu’importe ! Tant pis pour ceux qui n’apprécient pas l’humour décalé, les clins d’oeil parfois insistants à une époque. Moi j’ai adoré, d’autant plus que, dramatiquement, l’ouvrage de Massenet peine à retenir l’attention. Qu’on en rajoute un peu ne me gêne pas, bien au contraire !

Massenet, en revanche, c’est toujours bien troussé musicalement. Et exigeant pour les interprètes ! L’orchestre et le chef n’ont pas le temps de bader, Jean-Marie Zeitouni et l’Orchestre national de Montpellier s’en tirent avec tous les honneurs (mention spéciale pour les mandolinistes et percussionnistes additionnels).

Bref une belle soirée, et ce salutaire rappel que le patrimoine lyrique français non seulement mérite d’être joué et diffusé, mais qu’il attire, intéresse un public beaucoup plus curieux que le cercle restreint des mélomanes dits « avertis ». Il n’est que de rappeler le succès, l’été dernier, des ouvrages que le Festival de Radio France et Montpellier Languedoc-Roussillon a présentés : Don Quichotte chez la duchesse de Boismortier, Fantasio d’Offenbach et La Jacquerie de Lalo et Coquard.

http://www.forumopera.com/fantasio-montpellier-festival-jai-envie-de-prendre-pour-maitresse-une-fille-dopera

http://www.diapasonmag.fr/actualites/critiques/festival-radio-france-montpellier-la-jacquerie-de-lalo

Sursaut

Il y a des jours où l’on n’est pas très fiérot, quand une élue caricature la pensée de celui dont elle dit s’inspirer, quand certains prétendus progressistes s’abritent derrière les vieilles lunes d’un conservatisme ranci.

Et puis il y a des jours où le sursaut s’exprime par la voix forte, indignée, d’un homme d’Etat qui rappelle l’enjeu, le défi, qui dit pourquoi tant sont tombés au champ des convictions et des libertés. Qui tout simplement redit l’honneur d’être français, l’honneur d’être européen.

http://www.francetvinfo.fr/economie/crise/crise-europeenne/video-l-ovation-des-deputes-europeens-a-hollande-contre-les-nationalismes-populismes-et-extremismes_1117239.html

Histoires belges

D’abord il y avait un devoir d’amitié, une présence depuis longtemps promise à l’ami P. qui prenait possession de ses nouvelles pénates. Et puis à d’autres aussi, parmi celles et ceux avec qui on a partagé toutes ces années liégeoises. Mais jusqu’au bout rien n’était sûr, on a donc un peu débarqué par surprise en Cité ardente, extrêmement animée en ce premier samedi d’octobre, conjonction de l’ouverture de la traditionnelle Foire d’octobre et des Coteaux de la Citadelle. Une horreur, un pic de pollution et d’embouteillages dont on s’est vite extirpé !

Une brève visite à la FNAC, qui n’est plus que l’ombre de ce qu’elle fut, hors le personnel et sa gentillesse légendaire – « je suis heureuse de vous revoir, ça fait longtemps que je ne vous vois plus » (une caissière, pardon une hôtesse de caisse !), dont je ne suis pas ressorti les mains vides.

D’abord un excellent livre, mal intitulé de mon point de vue, dû à un jeune et talentueux journaliste, François Brabant, l’un des meilleurs que j’aie croisés durant mes années belges. C’est très documenté, vif, alerte comme un thriller, et plus que le petit bout de la lorgnette d’une histoire locale – c’est pour cela que je n’aime pas le titre ! – c’est toute une époque de la vie politique belge qui est évoquée avec à la fois un sens de la vaste perspective et la précision du détail historique. Passionnant, et – plutôt rare – ni combattant, ni complaisant.

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Puis des disques à prix bradé, qui n’ont rien de belge ni de liégeois, mais que je n’avais pas trouvés ailleurs.

J’ai une pleine collection de concertos de Bach (Jean-Sébastien) au piano moderne, une hérésie pour certains, mais voilà mes oreilles ont toujours mieux supporté le Steinway au ferraillement du clavecin dans un répertoire où l’instrument compte moins que la musique elle-même. Et j’ai découvert que de  jeunes artistes ont appliqué le même traitement aux fils de Bach, avec un résultat surprenant et captivant, puisqu’au piano ludique, bondissant (on est aux antipodes du tricotage de Monsieur Gould) du sino-néerlandais See Siang Wong répond un orchestre de chambre de Bâle  baroque, rauque, acéré – trop parfois – mené à la cravache par le violon de Yuki Kazai, une ancienne élève de Raphael Oleg au Conservatoire de cette ville suisse, pionnière en matière d’interprétation « historiquement informée » (August Wenzinger, la Schola cantorum basiliensis) . Je jubilais sur la route du retour.

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Une belle découverte, et dans mon panier, une redécouverte, un grand monsieur du piano français, Vlado Perlemuter, dont ma discothèque est étrangement peu pourvue. Grâce à Alain Lompech qui avait construit une collection « Le Monde du piano », sans doute disponible en kiosque, mais que je n’avais pas remarquée à sa sortie française, et qui était justement proposée soldée à la FNAC de Liège, j’ai retrouvé les Ravel justement mythiques, enregistrés, pas très bien, au mitan des années 50, avec Jasha Horenstein au pupitre des concerts Colonne pour les concertos, et trois sonates miraculeuses de Mozart.

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J’ai bien sûr profité, outre de la joie des retrouvailles, de paysages, d’une campagne – le pays d’Herve, l’Ardenne bleue -, l’ancienne route de Liège à Aix-la-Chapelle, que l’autoroute toute proche et plus rapide m’avait jusqu’alors masquées.

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Réapprovisionnement en thés de toutes sortes dans un petit magasin familial de Maastricht qui vaut tous les Mariage Frères et autres Palais des thés, un authentique torréfacteur de surcroît, une adresse incontournable : Blanche Dael, Wolfstraat 28 (en plein coeur piétonnier de la ville)

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Légèreté

Il y a des expressions consacrées, dont les inventeurs n’ont pas mesuré l’ineptie : ainsi « spectacle vivant » (il y aurait donc des spectacles « morts » ?), ou « musique légère » (il y aurait donc de la musique « lourde » ?). Evidemment, on a fini par comprendre ce qu’elles recouvrent, il n’empêche, elles sont source de confusion.

Qui dit musique légère, pense musique facile, futile, un peu désuète, l’opérette de nos grands-parents, les viennoiseries qu’on nous sert chaque 1er Janvier.

Demandez plutôt aux interprètes, aux musiciens, aux chanteurs ce qu’ils en pensent, ils vous répondront tous que c’est souvent la plus difficile, la plus exigeante des musiques.

Pour reprendre les fameux concerts télévisés de Nouvel an, on pourrait s’amuser à dresser le palmarès des plus mauvaises prestations : de grands chefs qui n’ont pas trouvé la clé, le style, la manière des insubmersibles valses, polkas et autres marches de la dynastie Strauss & Co. (Ozawa, Jansons, Welser-Moest, Barenboim par exemple). Pourquoi revient-on toujours à Carlos Kleiber – deux concerts seulement, mais quels concerts ! en 1989 et en 1992 – ? Parce que, plus que tout autre, d’abord il aimait cette musique, et exigeait de multiples répétitions avec un orchestre pourtant aguerri. Il n’est que d’écouter (et voir) l’ouverture du Baron Tzigane (et ses tournures all’ungarese) ou la délicate polka lente Die Libelle (La libellule), pour mesurer tout le travail du chef qui donne à ces oeuvres non pas plus de poids ou de sérieux, mais au contraire leur véritable légèreté, et leur inépuisable parfum de nostalgie…

On commémorera en décembre prochain le centenaire de la naissance d’Elisabeth Schwarzkopf – je raconterai alors dans quelles circonstances nous avions organisé à France Musique une journée spéciale pour son 80ème anniversaire – Son éditeur historique EMI, même maquillé en Warner, prévoit un coffret-hommage :

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Pourquoi évoquer cette personnalité contestée, contestable, à propos de musique légère ? D’abord parce qu’elle-même, interrogée par Jean-Michel Damian lors de cette journée spéciale de décembre 1995, avait répondu que son enregistrement préféré, avant les Mozart, Richard Strauss où elle avait triomphé sur scène et au disque, était Wiener Blut (Sang viennois), et singulièrement le duo qu’elle forme avec Nicolai Gedda. On se rappelle une dame qui ne cherchait pas à cacher son âge, émue aux larmes de se réentendre dans cet enregistrement de 1953. En effet, il y a une manière de perfection dans ce que font les deux chanteurs et surtout le merveilleux chef suisse Otto Ackermann. Ensuite, parce que, dans les opérettes qu’elle a enregistrées (La Chauve-souris, Sang viennois, Le Baron tzigane, Une nuit à Venise de Johann Strauss et les Lehar – La Veuve joyeuse, le Pays du sourire), elle est tout simplement idéale, parce qu’elle met à chanter ces rôles le même soin, la même sophistication – qu’on lui a souvent reprochée, mais en quoi est-ce un défaut ? – que dans Mozart ou Richard Strauss. Et puis il y a un petit bijou, un disque d’extraits d’opérettes moins connues (Millöcker, Zeller, Suppé, Heuberger..) qui me quitte rarement. Comme un baume, une bouffée d’ailleurs, un bienfait.