La douleur

Impossible, ce week-end, d’échapper à l’actualité hydrologique. L’eau monte, la belle affaire, le centre du monde est sur les bords de la Seine et de ses affluents, si l’on en croit les médias français…

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IMG_4281L’Oise près de chez moi

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Les commentateurs en arriveraient presque à regretter que la crue de la Seine n’atteigne pas les niveaux de juin 2016… (images à voir ici : Paris sous l’eau)

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Ce fut donc un dimanche cinéma. Pour un film qu’on appréhendait un peu, malgré la rumeur favorable.

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Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

Comment traduire au cinéma, sans le trahir, un texte aussi intense, personnel, intime que ce monologue de Marguerite Duras ?

Même si la deuxième partie – l’attente interminable du retour – est un peu longue, même si le réalisateur Emmanuel Finkiel use et abuse de l’effet bokeh le film est une belle réussite. Mélanie Thierry incarne parfaitement la romancière, doublement prisonnière de ses sentiments, Benoît Magimel – à peine reconnaissable, tant il semble en voie de « depardieuisation » – en salaud séduisant, Benjamin Biolay en amant distant et cynique, dans un Paris qu’on (re)connaît bien. J’avais mes habitudes jadis au Petit Saint-Benoît, juste en face de l’appartement qu’occupait Marguerite Duras.

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Je suis très modérément « durassien ». Mais je dois reconnaître que lorsque La Douleur est sortie en 1985 (hommage à son éditeur Paul Otchakowsky-Laurens disparu en ce début d’année), j’ai été durablement marqué par sa lecture. J’y ai trouvé plutôt moins de trucs, de tics, de ces agaceries qui m’ont parfois rendu Duras insupportable. Et une intensité dans l’expression de l’indicible, cette douleur non partageable…celle de l’impossible retour, de l’irréparable séparation.

Contrepoint nécessaire à cette plongée dans l’univers de Marguerite Duras, le rire libérateur qui s’empare de vous à la lecture de ce merveilleux pastiche.

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