Nostalgie

Un brin de nostalgie, c’était le thème de la dernière séance, pour cette saison, de Music Factory, une série de concerts commentés – nouvelle formule, nouveau format – que j’avais lancée à Liège en 2013 (Music Factory). J’avais décidé au dernier moment un bref séjour dans la Cité ardente, pour honorer une promesse faite à des amis d’y revenir avant l’été, de découvrir le nouveau musée inauguré début mai, alors que j’étais en voyage en Inde, et peut-être pour vérifier que cette formule avait toujours autant de succès. Vérification aisée, tant la relation si particulière que Fayçal Karoui a nouée avec les musiciens et le public fonctionne admirablement.

La perche était tendue aux visages amis, aux membres de mon ancienne équipe : n’étais-je pas mû par la nostalgie de mes années liégeoises, de l’orchestre, de la Salle philharmonique ? Au restaurant, dans l’hôtel où j’avais réservé une chambre, partout la même question : regrettais-je Liège, les amis, les relations que j’y avais ? Et moi de répondre que la nostalgie m’est étrangère. Je ne reviens jamais sur le passé, je ne le regrette ni ne l’idéalise, je ne sais pas ce qu’est le bon vieux temps. Certes j’adore les musiques nostalgiques, la saudade, j’aime me trouver parfois dans ce sentiment de « tristesse qui fait du bien ». Mais si, comme le rappelait hier Fayçal, la nostalgie est le regret du pays natal – la formule est de Châteaubriand – alors je suis incapable de nostalgie. Les souvenirs oui, la fidélité oui, à des personnes, à des lieux, mais sans la nuance de regret ou de tristesse qui fonde la nostalgie. J’ai sans doute une propension à tourner la page, à regarder devant, sans me complaire dans le passé, qui me nourrit et m’enrichit sans me lester.

C’est un tout autre sentiment que la nostalgie qui m’anime lorsque je parle avec mon successeur à la direction de l’orchestre de Liège, ou lorsque je vois les transformations de la ville de Liège depuis seize ans, ou lorsque je visite à mon tour le bâtiment construit pour l’Exposition universelle de 1905 dans le parc de la Boverie, une petit île sur la Meuse, et entièrement rénové, remanié. De la fierté sans doute d’avoir un peu contribué à ces évolutions, d’avoir servi des hommes et des entreprises, une certaine idée de la Culture et du public. Ni plus ni moins.

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(La Belle Liégeoise, l’élégante passerelle qui relie le quai de Rome à La Boverie)

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IMG_3354IMG_3367IMG_3375(Les collections liégeoises n’ont rien à envier à celles de musées plus prestigieux, au hasard cet hommage de Valerio Adami à Pablo Casals).

Liège était déjà très richement dotée sur le plan culturel, la transformation de l’ancien MAMAC (Musée d’art moderne et d’art contemporain) en La Boverie, en partenariat avec Le Louvre, est une nouvelle réussite (La Boverie).

D’autres images à voir : La renaissance

Une réflexion sur “Nostalgie

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