Devoir de mémoires

Un long voyage est toujours propice à la lecture, surtout depuis qu’on peut recourir au livre virtuel (mais, me concernant, c’est l’exception). Trois bouquins, un pavé pour l’un d’eux, en lien direct avec l’actualité de ce début janvier.

D’abord une somme absolument passionnante, que les auteurs ont mis quinze ans à accoucher, les souvenirs d’un personnage qui n’évoque plus grand chose pour les jeunes générations, sauf pour les adeptes de Canal Plus : André Rousselet

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Vingt ans après la mort de François Mitterrand, le 8 janvier 1996 (j’y reviendrai après-demain), c’est sans doute le témoignage le plus complet, le plus attendu aussi – Rousselet, choisi comme exécuteur testamentaire par l’ancien président de la République, ne s’était encore jamais exprimé ni sur l’illustre défunt ni sur sa vie d’aventurier des médias et de la politique. Toute la saveur et l’ironie du personnage sont dans le titre, À mi-parcoursMême s’il les porte fièrement, l’intéressé a tout de même 93 ans ! Vraiment passionnant, souvent drôle, et de toute première main notamment pour qui veut revivre la fabuleuse explosion médiatique que la France a connue dans les années 80,90.

Et puis, autant l’avouer, on était un peu en manque depuis que Patrick Rambaud avait cessé ses chroniques du règne de Nicolas Ier. Son orientation politique notoire  allait-elle le et nous priver de passer François Hollande au tamis de son humour ravageur et salutaire ? On est rassuré :

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On sent bien l’affection de l’auteur pour son sujet, mais le trait fait mouche, et l’entourage en fait souvent les frais. L’ex-compagne du chef de l’Etat porte plutôt bien le surnom de Madame de Pompatweet…

Autre livre rappelant la tragique actualité de ces jours de janvier 2015. Oui, certainement, Philippe Val est de parti pris, oui il écrit, il décrit Charlie Hebdo, comme lui l’a vécu et dirigé pendant plusieurs années. Mais Philippe est devenu un ami et son témoignage, ses emportements, ses tortures intérieures, nous livrent un personnage complexe, et une situation, celle du journal satirique des vingt dernières années, qui l’est tout autant. Ce matin, à l’arrivée de l’avion, j’ai acheté le numéro spécial de Charlie Hebdo, j’adorais Cabu, mais je n’ai jamais été un lecteur régulier. Mais qu’on aime ou pas, qu’on trouve que c’est trop ceci ou cela, rien n’excusera, n’expiera jamais la tuerie du 7 janvier 2015, et même si Voltaire ne l’a jamais dite ou écrite, je reprends cette citation à lui, à tort, attribuée : « Je n’aime pas tout ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire »

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