Barenboim 75 : première salve

Le discophile ne peut pas ignorer que l’un des artistes les plus prolifiques au disque va fêter le 15 novembre prochain ses 75 ans. Daniel Barenboim détient sans doute le record de disques enregistrés en sa double qualité de pianiste et de chef d’orchestre.

Et comme il a été généreusement servi par à peu près tous les grands labels classiques (à l’exception de Philips), les pavés s’annoncent, imposants, parfois surprenants. Comme cette première salve proposée par Sony.

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Un coffret particulièrement intéressant, parce qu’il contient des enregistrements qui avaient pratiquement disparu de la circulation, ou qui n’avaient, à ma connaissance, jamais été réédités en CD, comme la période Orchestre de Paris – dont Barenboim fut le chef  de 1975 à 1989 –

Tout n’est pas d’égal intérêt, même si rien de ce que joue ou fait Daniel Barenboim ne peut laisser indifférent. Certaines prises de son, typiques de CBS/Sony des années 70, cotonneuses, mal définies, sonnent toujours aussi médiocrement, comme celles captées à Londres avec l’English Chamber Orchestra ou le London Philharmonic.

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Quelques pépites dans ce coffret: un enregistrement tardif – que je ne connaissais pas – de deux cycles mahlériens avec un Dietrich Fischer-Dieskau vocalement fatigué mais diablement émouvant, les Escales de Jacques Ibert ou le Pelléas de Schoenberg avec l’Orchestre de Paris, un très beau 3ème concerto pour violon de Saint-Saëns avec Isaac Stern – j’ignorais qu’il l’eût enregistré – de sublimes Sea Pictures d’Elgar avec Yvonne Minton,

une première 4ème de Tchaikovski avec New York, une juvénile intégrale des concertos pour violon de Mozart avec Pinchas Zukerman, gâchée par la prise de son…

Moins indispensables, une intégrale souvent rééditée mais pas passionnante des symphonies de Schubert avec Berlin, les concertos de Brahms avec Mehta (on continue de préférer la version avec Barbirolli), l’intégrale tardive (trop ?) des concertos de Beethoven avec Rubinstein, et un concert de Nouvel an 2014 oubliable.

Deutsche Grammophon annonce un coffret de même importance dans quelques semaines – tout le piano enregistré par Barenboim pour la marque jaune – Warner a déjà commencé à regrouper une discographie considérable répartie entre les ex-labels EMI, Teldec et Erato. Ainsi ce coffret Beethoven qui vaut surtout pour la musique de chambre – légendaires trios avec la si regrettée Jacqueline Du Pré et Pinchas Zukerman.

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Faut-il être sexy pour avoir du talent ?

J’avais choqué bien des beaux esprits en titrant Faut-il être sexy pour être un grand chef ? à propos d’un coffret consacré à Karl Böhm (Bestofclassic). L’humour n’est pas toujours la chose la mieux partagée…

Je récidive – en espérant plus convaincre que choquer ! – après la lecture d’un article au titre autrement plus aguicheur Les pin-up du classique de Fabrice Pliskin dans le dernier numéro de L’Obs.

En cause nombre de récentes pochettes de disques, petit échantillon…

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Mais le phénomène n’est pas exclusivement féminin.

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Sur ses disques, rien ne transparaît des tenues de scène de la pianiste chinoise Yuja WangEn concert, c’est autre chose…

Sa consoeur géorgienne Khatia Buniatishvili n’est pas en reste quand il s’agit de mettre en valeur une plastique hollywoodienne

La jeune femme dit au journaliste de L’Obs assumer son côté « femme glamoureuse » et dénonce une « forme de sexisme qu’il y a à parler de la robe de la musicienne plutôt que de son jeu ». Est-ce parce qu’elle a fini par être lassée de ces sous-entendus macho sur son physique que la pochette de son nouveau disque donne dans une sobriété presque déprimante ?

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Isabelle Lafitte – qui forme avec sa soeur jumelle Florence un formidable duo pianistique  (comme les soeurs Labèque ou les soeurs Önder, elles n’ont rien à envier à leurs plus jeunes collègues en matière de canons esthétiques !) commente dans L’Obs : « C’est Wang qui en 2006 a cassé les codes traditionnels de la musique classique. Sur scène, dans les concours internationaux, elle jouait avec des longues robes fendues sur le côté, des décolletés vertigineux, mais on ne peut pas le lui reprocher : c’est une superbe musicienne ». La pianiste française Vanessa Wagner dénonce cette érotisation, choisie ou subie : « Quand on le déplore, on passe pour réac ou ringard » et y voit de « vieilles recettes ».

Cette mode en réalité ne date pas d’hier. Je me rappelle l’un des premiers disques du pianiste  américain Tzimon Barto qui donnait à admirer son physique de bodybuilder, allongé sur un Steinway de concert, ou, plus ridicule si c’est possible, un harpiste suisse posant nu de profil sur un quai de New York…

Va-t-on reprocher au clarinette solo de l’Orchestre philharmonique de Berlin, Andreas Ottensamer d’être aussi agréable à entendre qu’à regarder ?

Il arrive parfois que la beauté et le talent soient héréditaires…

clarinotts-home(De gauche à droite, Daniel Ottensamer qui a rejoint son père Ernst, à droite sur la photo, au pupitre de clarinette  de l’Orchestre philharmonique de Vienne, et Andreas qui est à Berlin !)

Bref on l’aura compris, un physique avantageux ne nuit pas au talent, dès lors qu’il n’est pas utilisé comme un argument de promotion. Les fausses idoles ne font pas longtemps illusion. Et puis il y a eu, et il y aura toujours ce quelque chose d’indéfinissable qui s’appelle le charisme, la présence, qui font qu’un artiste captive immédiatement son auditoire. Je me rappelle encore un concert d’été en plein air, devant la Maison des arts de Thonon-les-Bains – c’est ainsi qu’elle s’appelait alors – j’avais invité l’Orchestre de la Suisse romande et un jeune flûtiste qui n’avait pas encore la célébrité qui est la sienne aujourd’hui à jouer un concerto de Mozart. Les conditions acoustiques étaient loin d’être idéales, le concert était gratuit. Et j’ai vu des dizaines, des centaines de spectateurs très jeunes, affluer vers l’esplanade, s’asseoir à même le sol, tout près du soliste, captivés par une musique et un musicien dont ils ignoraient tout, et l’applaudir à la fin comme une rock star. 

Autre preuve que le talent et la beauté peuvent se rejoindre, le cas de Dinu Lipattiné il y a cent ans, le 19 mars 1917, et mort précocément en 1950.

Je ne connais pas de version plus miraculeuse du 21ème concerto de Mozart que cette captation réalisée à Lucerne le 23 août 1950 quelques semaines avant sa mort…

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Originaux

Vendredi soir j’étais à la Cité de la Musique pour une expérience originale, un projet comme toujours un peu fou de l’inclassable Hervé Niquet et de son Concert spirituel : la restitution d’un office à Saint Louis des Français de Rome

« Orazio Benevolo (1605-1672) fut d’abord enfant de choeur à l’église Saint-Louis des Français de Rome, avant d’en devenir le maître de chapelle. Il est l’auteur de nombreuses messes qui tantôt se situent dans l’héritage de Palestrina, tantôt s’aventurent sur des chemins plus novateurs. Pour ce concert, le chœur est réparti dans les balcons de la salle, autour du public, en référence à l’église romaine qui a connu la création de cette œuvre majestueuse. »

Expérience fascinante sur le plan sonore, puisqu’en effet nous, public, placé au centre de la salle, étions environnés par les musiciens et chanteurs répartis en huit groupes.

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Une expérience « polyphonique » que pourra revivre le public du Festival Radio France l’été prochain (les détails de l’édition 2017 sont annoncés le 10 mars prochain).

Samedi on apprenait la disparition d’un autre original : Jean-Christophe Averty

On a peine à imaginer que grâce à des talents aussi singuliers qu’Averty, un tel vent de liberté et  d’audace ait pu souffler sur la télévision et la radio publiques.

De la même génération qu’Averty, mais pas décidé à dételer, bien au contraire, Michel Legrand confirme qu’à 85 ans, il occupe une place originale dans la vie musicale. Et que, quand il décidé d’écrire de la musique « classique », il frappe fort et juste. Pour preuve, ce nouvel enregistrement (qui sort le 10 mars) écouté de bout en bout avec gourmandise :

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Le pianiste Legrand a encore de sacrés doigts, il connaît ses classiques – Messiaen, Ravel ne sont pas loin – et il confie au violoncelle d’Henri Demarquette une superbe élégie. Faut-il ajouter qu’ils bénéficient d’un accompagnement de grand luxe ?

Living Stereo

RCA/SONY avait déjà publié deux gros pavés de 60 CD chacun reprenant les glorieux débuts de la stéréo « à l’américaine ».

On y retrouve tous les grands artistes « maison, Fritz Reiner, Charles Munch, Artur Rubinstein, Jascha Heifetz, Van Cliburn, qui ont tous bénéficié d’éditions intégrales ou en boîtiers séparés. Pas vraiment nécessaires au discophile collectionneur donc !

Et on pensait qu’avec ces 120 CD le tour de l’aventure Living Stereo avait été bouclé.

Quand on a vu annoncé un troisième coffret, et qu’on a lu rapidement ce qu’il allait contenir, on a pensé qu’il s’agissait de fonds de tiroir de moindre importance. Et voici qu’on découvre tout un pan de l’histoire de l’enregistrement américaine… qui nous était inconnue, d’ailleurs 48 des galettes (qui reproduisent les pochettes, les programmes et les minutages des LP d’origine) de ce nouveau pavé n’ont jamais été éditées en CD !

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D’abord un format plus pratique que les deux précédents (en longueur et non plus carré). Un livret trilingue extrêmement bien fait et documenté. Et une quantité vraiment impressionnante d’inédits, et pour beaucoup d’artistes une forme de résurrection.

Des moments magiques comme cette musique de chambre jouée par un improbable Festival Quartet composé tout simplement de… Szymon GoldbergWilliam PrimroseNikolai Graudan et Victor Babin (!), quatre magnifiques artistes qui se réunissaient l’été au festival d’Aspen dans le Colorado. Le coffret s’ouvre par une Truite de Schubert d’une infinie délicatesse, qui vous saisit dès un début chuchoté, sur la pointe de l’archet. Les trois quatuors avec piano de Brahms sont dans le même esprit et ne le cèdent en rien aux enregistrements plus célèbres des compères du festival de Marlboro

Le légendaire Quatuor Juilliard est présent avec les derniers opus de Beethoven, Berg et Webern, Ravel, Debussy et, suprême audace pour l’époque, Elliott Carter et William Schuman

Mais qui se rappelle, en dehors des spécialistes, les pianistes André Tchaikowsky (Mozart et Chopin), Ania Dorfmann (Schumann), Jean Casadesus (premier cahier des Préludes de Debussy), les violonistes Erick Friedman – l’un des rares élèves de Jascha Heifetz – Liliane GarnierJaime Laredo à leurs débuts,

le violoncelliste Daniil Shafran ?

Les amateurs de grandes voix sont bien servis, pour l’essentiel des stars du MetBirgit Nilsson (deux récitals rares), Maureen Forrester (Schumann), ZInka MilanovCesare VallettiRoberta PetersGalina Vichnievskaia… 

Quelques  curiosités du côté de Bach, Vivaldi ou Handel, et compte-tenu de l’époque (la fin des années 50), rien d’inécoutable, au contraire : les Quatre saisons de la Societa Corelli, si elles ne constituent pas le choc de la première version des Musicine font pas leur âge.

Quelques galettes typiquement américaines avec les Boston Pops ou Morton Gould, de l’orgue plus spectaculaire que philologique, complètent un coffret vraiment indispensable.

Et déjà, au tout début des années 60, certains devaient s’excuser d’aimer la musique classique…

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Conseil aux amateurs : ledit coffret est en vente dans les magasins et sites FNAC, Gibert et autres entre 110 et 130 €, sauf sur Amazon.fr qui le propose à…70 € !

Détails du contenu du coffret : Bestofclassic

Sous les pavés la musique (V) : tout sur Robert

On a un peu oublié aujourd’hui l’art et la personnalité de Robert Casadesus (1899-1972), le pianiste français préféré des Américains, en tout cas de George Szell.

J’ai déjà raconté, dans une précédente version de ce blog, ce rendez-vous avec Gaby Casadesus qui, à 96 ans, avait tenu à se déplacer à mon bureau de France Musique pour s’assurer que le centenaire de son mari serait bien célébré comme elle entendait qu’il le soit, par les formations et les antennes de Radio France. Elle tenait, en particulier, à ce qu’on joue Casadesus compositeur, ce qui était rien moins qu’évident… La conversation avait été passionnante avec cette dame d’une élégance et d’une courtoisie hors d’âge. Je m’étais dit qu’elle tiendrait jusqu’à ce centenaire, elle est morte six mois après à 98 ans.

Aujourd’hui nous sont restitués quantité d’enregistrements devenus introuvables, ou très partiellement réédités au fil des ans, de Robert Casadesus, de sa femme Gaby et de leur fils Jean, tragiquement disparu en 1972 à 44 ans d’un accident de voiture au Canada.

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On trouvera ci-dessous les détails de ce coffret de 30 CD, des enregistrements qui vont de 1947 à 1972. Des références déjà connues – les Ravel – et rééditées – les concertos de Mozart avec Szell, mais curieusement pas la totalité, qu’on peut avoir dans le coffret très bon marché ci-dessous. Les formidables 1er et 4eme concertos de Beethoven captés à Amsterdam avec Eduard van Beinumla sonate de Bartok pour 2 pianos et percussions (avec le neveu Jean-Claude !), mais surtout des Chopin, Bach, Scarlatti et Rameau absolument admirables. Et puis, enfin disponibles (on les avait déjà dans un import japonais) ces sonates de Brahms et Beethoven avec le complice de toujours, le violon solaire de Zino FrancescattiMais quand donc SONY se décidera-t-il à rééditer le legs américain de ce fabuleux violoniste ?

Béla Bartók (1881-1945)
Sonata for 2 pianos and percussion Sz.110
Camille Saint-Saëns (1835-1921)
Concerto for piano and orchestra No.4 in C minor Op.44
Carl Maria von Weber (1786-1826)
Konzertstück for piano and orchestra in F minor Op.79
César Franck (1822-1890)
Sonata for violin and piano in A major, Symphonic Variations for piano and orchestra
Claude Debussy (1862-1918)
Arabesques, Children’s Corner, En blanc et noir, pour deux pianos, Estampes, Images Livre I et II, L’Ile joyeuse, Masques, Petite suite (for piano four hands), Préludes Livre I et II, Sonata for violin and piano in G minor, Sonata for violoncello and piano in D minor
Erik Satie (1866-1925)
Trois morceaux en forme de poire
Ernest Chausson (1855-1899)
Concert, Op.21
Franz Liszt (1811-1886)
Concerto for piano and orchestra No.2 in A major
Franz Schubert (1797-1828)
Divertimento « sur des motifs originaux francais » D.823  Andantino varié Op.84 No.1, Fantasia for piano 4 hands in F minor D.940
Frédéric Chopin (1810-1849)
Ballades, Sonata No.2 in B flat minor Op.35
Gabriel Fauré (1845-1924)
Ballad for piano and orchestra Op.19, Dolly Suite Op.56 for piano four hands, Quartet for piano and strings No.1 in C minor Op.15, Sonata for violin and piano No.1 in A minor Op.13,  Sonata for violin and piano No.2 in E minor Op.108, Two Préludes Op.103
Johann Sebastian Bach (1685-1750)
French Suite No.6 in E major BWV817, Italian Concerto in F major BWV971, Partita No.2 in C minor BWV826, Sonata No.2 in A major for violin and piano BWV1015, Toccata in E minor BWV914
Johannes Brahms (1833-1897)
Piano concerto No.2 in B flat major Op.83, Sonatas for violin and piano in A minor Op.100, in D minor Op.108, in G major Op.78 
Manuel de Falla (1876-1946)
Noches en los Jardines de España 
Jean Philippe Rameau (1683-1764)
Gavotte, Le Rappel des Oiseaux, Les Niais de Sologne, Les Sauvages

Domenico Scarlatti (1685-1757)
Sonata in A major K.533, Sonata in B minor K.27, Sonata in D major K.23, Sonata in D major K.430, Sonata in E major K.380, Sonata in G major K.14
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Concertos for piano and orchestra No.1 in C major Op.15, No.4 in G major Op.58, No.5 in E flat major Op.73 « Emperor », Sonatas No.1 in D major Op.12 No.1, No.10 in G major Op.96, No.14 in C sharp minor Op.27 No.2 « Moonlight », Sonata No.2 in A major Op.12 No.2, No.2 in A major Op.2 No.2, No.23 in F minor Op.57 « Appassionata », No.24 in F sharp major Op.78 « A Thérèse », No.26 in E flat major Op.81a « Les Adieux », No.3 in E flat major Op.12 No.3, No.31 in A flat major Op.110, No.4 in A minor Op.23, No.5 in F major Op.24 « Spring », No.6 in A major Op.30 No.1, No.7 in C minor Op.30 No.2, No.8 in G major Op.30 No.3, No.9 in A major Op.47 « Kreutzer », 
Maurice Ravel (1875-1937)
A la manière de Borodine (valse), A la manière de Chabrier, Berceuse sur le nom de Gabriel Faure, Gaspard de la nuit, Habanera, Jeux d’eau, Le Tombeau de Couperin, Ma mére l’Oye, Menuet Antique, Menuet sur le nom d’Haydn, Miroirs, Pavane pour une infante défunte, Piano concerto « for the left hand », Prélude in A minor, Sonatine, Valses nobles et sentimentales
Robert Casadesus (1899-1972)
Toccata Op.40, Sextet for piano and wind instruments Op.58, Sonata No.2 for violin and piano Op.34, Three Mediterranean Dances for 2 pianos Op.36
Robert Schumann (1810-1856)
Carnaval Op.9, Dichterliebe Op.48 (from the « Lyrisches Intermezzo » by H. Heine), Fantasia in C major Op.17, Papillons Op.2, Romance Op.28 No.2 in F sharp major, Symphonische Etüden, Waldszenen Op.82
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
Andante and Variations for piano four hands in G major K.501, Concerto for 2 pianos and orchestra No.10 in E flat major K.365, Concerto for 3 pianos and orchestra No.7 in F major K.242, Concertos for piano No.12 in A major K.414, No.18 in B flat major K.456, No.20 in D minor K.466, No.21 in C minor K.467, No.22 in E flat major K.482, No.24 in C minor K.491, No.26 in D major K.537 « Coronation », piano No.27 in B flat major K.595, Concerto in F major for 3 pianos KV.242, Quintet in E flat major for piano and winds K.452, Sonata for 2 pianos in D major K.448 (K.375a), Sonatas for piano No.13 in B flat major K.333, No.14 in C minor K.457, No.17 in D major K.576
Robert Casadesus, Gaby Casadesus, Jean Casadesus, pianos, Jean-Claude Casadesus, percussions
Zino Francescatti, violin
Maurice Marechal, cello
Jean-Pierre Drouet, percussions
Pierre Bernac, barítono
André Sagnier, flute – Lucien Debray, oboe – Marcel Jean, clarinet – Gérard Tantôt, bassoon
J. de Lancie, oboe – A. Gigliotti, clarinet – B. Garfield, bassoon – M. Jones, French horn
Joseph Calvet, violin – Léon Pascal, Alto – Paul Mas, cello
Guilet Quartet
Columbia Symphony Orchestra, Dir. George Szell
Cleveland Orchestra, Dir. George Szell
Concertgebouw Orchestra, Dir: Edward van Beinum
Philadelphia Orchestra, Dir. Eugene Ormandy
Orchestre National de France, Dir. Carl Schuricht
Orchestra della RAI di Torino, Dir. Fernando Previtali
New York Philharmonic, Dir. Leonard Bernstein
New York Philharmonic, Dir. Dimitri Mitropoulos

Un conseil d’achat : pour une fois éviter les magasins et les sites en ligne qui proposent ce coffret à 100-120 €.  En le commandant directement à l’éditeur Scribendumrecordings.comil vous en coûtera 60 £ (env. 67 €), et vous le recevrez dans les huit jours par la poste.

 

Sous les pavés la musique (IV) : l’hommage à Nikolaus H.

C’est le dernier en date de ses éditeurs qui a dégainé le premier pour rendre un hommage spectaculaire à Johann Nikolaus Graf von La Fontaine und Harnoncourt-Unverzagt plus connu comme Nikolaus Harnoncourt, disparu en mars dernier.

Un énorme pavé, format 33 tours, regroupant tous les enregistrements réalisés ces quinze dernières années pour Sony (et Deutsche Harmonia Mundi). Y compris les ultimes CD Beethoven posthumes, plusieurs « nouveautés », des enregistrements de 2007 « autorisés » mais non publiés jusqu’à ce coffret : le Stabat Mater de Dvorak, le Christ au mont des Oliviers de Beethoven, et deux cantates de Bach (26 et 36). S’y ajoute un somptueux ouvrage de 140 pages, remarquablement présenté et illustré, dans lequel chaque oeuvre, chaque période abordée par Harnoncourt dans ses disques est documentée par le maître lui-même – souvent par le biais d’interviews contemporaines des enregistrements – dans cette langue si éloquente, brillante…et compréhensible, qui nous rend plus intelligents, plus cultivés, plus curieux encore de partager les découvertes et les recherches que le chef disparu a menées pendant plus de soixante ans.

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Aussi imposant soit-il, ce coffret n’est certes pas complètement représentatif de l’art et de la personnalité d’Harnoncourt, tels qu’ils se sont inscrits dans la mémoire des musiciens et des mélomanes. Tout son travail de recherche sur le répertoire baroque et classique, entrepris dès le mitan des années 50, n’est présent ici que par les reprises d’ouvrages qu’il avait déjà enregistrés chez Teldec/Warner (aurons-nous un jour une « édition » Harnoncourt intégrale ?) : Requiem et dernières symphonies de Mozart, quelques cantates et l’Oratorio de Noël de Bach. Mais le bouquet final est extraordinaire : les Symphonies parisiennes de Haydn, les symphonies de jeunesse de Mozart – on est un peu moins enthousiaste d’un curieux alliage avec Lang Lang – , une paire de symphonies de Bruckner, une grandiose Paradis et la Péri de Schumann, un austère Requiem allemand de Brahms, toute une ribambelle de valses viennoises qui mériteraient vraiment un plus large sourire. Et des incursions pour le moins exotiques : Verdi et son Requiem (Harnoncourt s’est même essayé à Aida.. chez Warner !), des Dvorak, Smetana, Bartok, jusqu’à Porgy and Bess de Gershwin ! Mais quand on lit ce qu’Harnoncourt dit de ces oeuvres et de ces compositeurs, on les comprend (et on les entend) avec d’autres oreilles…

Absolument indispensable !

Tous les détails, oeuvres, interprètes, dates et lieux d’enregistrement à voir ici : Nikolaus le Grand

On relira avec intérêt la dernière interview que Nikolaus Harnoncourt avait accordée – en 2013 – au magazine Diapason : La dernière interview

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PS 1 Précision utile, qui répondra aussi à quelques commentaires sur Facebook : tous les disques, coffrets, que j’évoque sur mon blog, je les achète moi-même. À quelques très rares exceptions près, je ne les reçois pas gratuitement ni des éditeurs (ce qu’on appelle des « services de presse ») ni des artistes. Ma liberté est aussi à ce prix ! Accessoirement, j’ai appris à trouver les meilleurs fournisseurs au meilleur prix, en neuf ou en occasion.

PS 2 J’en profite pour rappeler à mes lecteurs qui sont à Paris ou qui passent par la capitale française qu’il y a, au 38 boulevard St Germain (en face de l’église St Nicolas du Chardonnet et de la Mutualité), le meilleur magasin classique de « seconde main » – avec beaucoup d’imports japonais -. Une visite régulière s’impose. Et pour ceux qui sont trop loin de Paris, le site est là pour combler vos attentes : Melomania, la passion du classique.

Sous les pavés la musique (III) : le grand Charles

Sony s’est fait une spécialité de la réédition exhaustive du prestigieux fonds de catalogue du label américain RCA. Après Arthur Rubinstein, Vladimir Horowitz, Jascha Heifetz et – pour les chefs – Pierre MonteuxFritz Reiner, c’est Charles Munch qui en bénéficie. 71eiyyffknl-_sl1200_

Le coffret est imposant, il aurait pu compter moitié moins de galettes (86 CD) si l’on n’avait pas strictement respecté les minutages (et la couverture) des LP d’origine. Livret trilingue de grande qualité, très bien documenté.

Peu d’inédits, les enregistrements mythiques de la grande époque Munch/Boston ont souvent été réédités, surtout les Berlioz, la musique française. On admire au passage la splendeur des prises de son, notamment les toutes premières en stéréo (1954/1955 !) malgré l’acoustique confinée (donc non trafiquée artificiellement) du Boston Symphony HallIl y a évidemment plusieurs doublons (Ravel, Berlioz), des déceptions (une Inachevée de Schubert étonnamment prosaïque), mais beaucoup de bonnes surprises (Milhaud, Martinů – la 6ème symphonie dont Munch est le dédicataire et le créateur en 1955), des curiosités, et pour les amateurs les plus anciennes gravures new-yorkaises excellemment remastérisées.

Un coffret indispensable, qui ne fera pas oublier que Charles Munch était un chef de l’instant, capable comme personne d’enflammer musiciens et public. On aimerait une réédition – aussi soignée que l’édition d’origine – de tous les live de Munch avec l’Orchestre National au Théâtre des Champs-Elysées…

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Détails du coffret RCA à lire ici : Bestofclassic : le grand Charles

Les nouveaux modernes

Stéphane Denève c’est une vieille connaissance ! À Liègesitôt nommé à la direction de l’orchestre, je l’invite à diriger, dès le printemps 2001, un programme de musique française (Pastorale d’été d’Honegger, les Nuits d’été de Berlioz – avec une toute jeune et merveilleuse soprano belge qui a fait le chemin qu’on sait… Sophie Karthäuser – la 2ème suite de Bacchus et Ariane de Roussel). Il revient fin 2003 diriger et enregistrer tout un programme Poulenc, aujourd’hui toujours considéré comme une référence et multi-réédité, avec les pianistes Eric Le Sage et Frank Braley.

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Ce n’est donc pas tout à fait une surprise si le chef français a fait la rentrée de l’Orchestre National de France avec deux programmes emblématiques des répertoires qu’il promeut depuis ses débuts.

J’ai manqué le concert du 15 septembre, à regret, mais je ne voulais pas rater celui d’hier. Un modèle de programme : La Création du monde de Milhaud (comme un superbe écho du disque mythique de Leonard Bernstein avec ce même orchestre)

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Puis une pièce « contemporaine » – au secours fuyons ! – le Concerto pour violoncelle de Guillaume Connesson. Stéphane Denève explique, dans une interview qu’il faut absolument lire dans le dernier numéro de Classica, qu’il ne peut concevoir son rôle de chef d’orchestre sans se nourrir de la création, celle d’aujourd’hui, qui n’a plus grand chose à voir avec ce que l’expression même de « musique contemporaine » – surtout en France – a signifié pour des générations de mélomanes et de musiciens.

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Alors oui Denève défend Connesson, il le dirige, l’enregistre. Fièrement. Et hier soir, la question n’était absolument plus de savoir si cette musique répond ou non à certains codes . Une écriture extrêmement virtuose – idéalement servie par le dédicataire du concerto Jérôme Pernoo – très efficace – un traitement éblouissant de l’orchestre – et finalement très personnelle. Public enthousiaste, et on le comprend !

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La deuxième partie du concert était elle aussi emblématique de cette nouvelle saison de Radio France : Les Litanies à la Vierge noire et la version originale – avec choeurs – du ballet Les Biches de Poulenc. Stéphane Denève aime et dirige cette musique comme peu aujourd’hui, redonnant à Poulenc l’éclat de sa modernité et de sa singularité. 51fdyeosrzl

Un concert à réécouter sur francemusique.fr.

Demain je consacre mon billet à un autre « moderne », Julien Chauvin et son Concert de la Loge, en forme très olympique !

 

Disques d’été (III) : la reine Sonya

L1031958La reine du dernier Festival de Radio France, c’était elle. Personne n’a oublié cette dernière soirée, le 26 juillet, où Sonya Yoncheva incarnait à la perfection Iris, l’héroïne de l’opéra éponyme de Mascagni (à réécouter sur France Musique).

En 2010, elle remportait le concours Operalia parrainé par Placido Domingo

Sonya Yoncheva et la musique française, l’opéra français, c’est déjà une longue histoire. On aime sans réserve ce premier CD sorti chez Sony.

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Le sens du monde

Lundi soir j’espérais que toute la semaine serait marquée du sceau du bonheur éprouvé à l’écoute des deux voix mêlées de Sonya Yoncheva et Karine Deshayes.

13516558_10154610974329796_3279155323797290830_n(Photo J.Ph.Raibaud/TCE)

Celle qui va ouvrir le 11 juillet le Festival de Radio France Montpellier LRMP (lefestival.eu) – Karine Deshayes – retrouvait celle qui va clore en beauté le même Festival le 26 juillet avec Iris de Mascagni – Sonya Yoncheva. Pour un Stabat Mater de Pergolese (La jeunesse interrompue) très attendu par un théâtre des Champs-Elysées archi-comble, capté « live » par Sony qui devrait le publier à l’automne.

Ce mardi Radio Clapas diffusait une interview réalisée il y a quelques jours, dans laquelle j’évoque l’Orient fascinant, inspirant, qui trace le fil rouge de l’édition 2016 du Festival, en souhaitant qu’on oublie, le temps de quelques concerts, cet Orient guerrier, menaçant, mortifère !  A écouter ici : https://soundcloud.com/radio-clapas/interview-festival-radio-france-montpellier.

Le soir même j’étais sévèrement démenti, une fois encore la terreur aveugle frappait à Istanbul...

Et puis j’ai trouvé ceci sur Facebook, un discours pas comme les autres, qui vient à point pour redonner foi dans notre pauvre humanité, et du sens à notre présence dans ce monde.