Methamorphoses

Cadeau

À la fin de chaque billet, quelqu’en soit le sujet, je proposerai désormais un cadeau musical, original, inattendu, ou tout simplement parce qu’il me touche.

Puisque je vais évoquer aujourd’hui un dernier coffret consacré à Zubin Mehta, un extrait d’une oeuvre peu connue d’un compositeur qui est rarement joué de nos jours, Ernest Bloch : Voice in the Wilderness (Voix dans le désert) écrite en 1936

Mehta #90

Le chef d’origine indienne Zubin Mehta, 90 ans bien sonnés, fait partie de ces chefs qui ont beaucoup enregistré (trop ?) au point de brouiller les cartes pour le mélomane. Decca fait paraître un dernier coffret qui regroupe après ceux réalisés à Los Angeles, les enregistrements de Zubin Mehta faits à Vienne, Tel Aviv ou Londres (voir liste ci-dessous)

Auparavant il y avait déjà eu tout cela :

Dans le nouveau coffret, quelques raretés comme la Messe n°2 et le Te Deum de Bruckner

ou la Philadelphia Symphony du compositeur autrichien Gottfried von Einem (1918-1996)

Surprise aussi de découvrir cette intégrale de la musique de ballet de Beethoven pour Les créatures de Prométhée, enregistrée à Rome en 1969

Peut-être pas indispensable, mais digne d’écoute, le « live » de 2013 des concertos de Brahms et Bruch capté à Tel Aviv avec un violoniste – David Garrett – qui n’est pas que la star de la pop allemande qu’il est devenu. J’ai un souvenir de quelques concerts avec lui, notamment celui dont il avait été le soliste avec l’orchestre philharmonique de Liège dirigé par Louis Langrée au Théâtre des Champs-Elysées en 2004.

Je crois bien que c’est par cet enregistrement que j’ai découvert la 7e symphonie de Dvořák. Depuis, j’ai trouvé plus enthousiasmant, plus idiomatique surtout (comme Pierre Monteux !) mais Mehta sait faire chanter son orchestre

Très bonne idée aussi de rééditer ce concerto n°1 de Paganini avec l’ami Boris Belkin. Et pour une fois la direction avance, chante, et ne se contente pas d’un accompagnement banal.

J’avais oublié que Zubin Mehta avait lui aussi gravé une intégrale des symphonies de Schubert.

On imagine que sur scène le dispositif devait impressionner. En 1982 pour un festival d’hommage à Bronislaw Huberman, l’un des fondateurs de l’orchestre philharmonique d’Israël, Zubin Mehta avait réuni une belle brochette de stars. Cela donne une version des Quatre saisons de Vivaldi, avec comme violon solo successivement Isaac Stern, Pinchas Zukerman, Shlomo Mintz et Itzhak Perlman, puis un concerto pour 4 violons, tiré de L’estro armonico, avec Isaac Stern, Ivry Gitlis, Ida Haendel et Shlomo Mintz

Plusieurs rééditions d’opéras qui ne sont peut-être pas, dans la discographie même de Zubin Mehta, le tout premier choix.

CD 1 Bartok : Concerto orchestre, Esquisses hongroises / IPO*

CD 2-4 Beethoven : Concertos piano / Ashkenazy / VPO*

CD 5-8 Beethoven : Concertos piano / Lupu / IPO

CD 9 Beethoven : Les créatures de Prométhée / IPO

CD 10 Berlioz : Symphonie fantastique / NYPO*

CD 11 Berlioz : Harold en Italie / Benyanimi / IPO

CD 12 Bloch : Schelomo, Voice in the Wilderness / Starker / IPO

CD 13 Brahms : Symphonie 1, Ouverture tragique / VPO

CD 14 Brahms : concerto piano 1 /Rubinstein/ IPO

CD 15 Brahms : concerto piano 2 / Ashkenazy / LSO*

CD 16 Brahms, Bruch : concertos violon / Garrett / IPO

CD 17-18 Bruckner : Symphonie 9, Te Deum, Messe n°2 / VPO

CD 19 Chopin : concertos piano /Lang Lang/ VPO

CD 20 Dvorak : symphonie n°7 / IPO

CD 21 Dvorak: concerto violoncelle, R.Strauss : Don Quichotte / Maisky / BPO*

CD 22 Lalo: Symphonie espagnole, Vieuxtemps: concerto n°5 / Mintz / IPO

CD 23 Liszt Préludes, Wagner: ouv Maîtres Chanteurs, Parsifal, Lohengrin / VPO

CD 24 Mahler Symphonie n°1 / IPO

CD 25 Mahler: Symphonie n°2 / Cotrubas, Ludwig / VPO

CD 26 Mahler : Symphonie n°4 / Hendricks / IPO

CD 27 Mendelssohn : Octuor / IPO

CD 28-29 Mozart : Symphonies 34, 39,40, Petite musique de nuit / IPO

CD 30 Paganini : Concerto violon n°1 / Belkin / IPO

CD 31 Paganini, Chausson, Waxman, Milstein / Shoji / IPO

CD 32-33 Puccini : La fanciulla del West / Neblett, Milnes, Domingo / Covent Garden

CD 34-35 Puccini : Turandot / Sutherland, Pavarotti, Caballé, Ghiaurov / LPO*

CD 36 Sarasate, Chausson, Saint-Saëns, Ravel / Perlman / NYPO

CD 37 Schmidt : Symphonie n°4, Von Einem : Philadelphia Symphony / VPO

CD 38-42 Schubert : Symphonies / IPO

CD 43-45 Schumann : Symphonies / VPO

CD 46-47 Tchaikovski : Symphonie n°5, suites Casse Noisette, Le lac des cygnes / IPO

CD 48-49 Verdi : le Trouvère / Nucci, Banaudi, Verrett, Pavarotti / Mai florentin

CD 50-51 Verdi : la Traviata / Kanawa, Mazzoni, Borodina, Kraus, Hvorostovski / Mai florentin

CD 52 Verdi / Leontyne Price / IPO

CD 53-54 Rossini, Tchaikovski, Rimski-Korsakov, Verdi, Weber / IPO

CD 55-56 Vivaldi, Mozart / Stern, Mintz, Zukerman, Perlman, Gitlis, Haendel

CD 57 Hommage à Solti / LPO

IPO = Israel Philharmonic Orchestra

VPO = Vienna Philharmonic Orchestra

NYPO : New York Philharmonic Orchestra

BPO = Berlin Philharmonic Orchestra

LPO = London Philharmonic Orchestra

Et toujours mes brèves de blog pour les humeurs du moment (Rentrée)

Le vrai Fauré (suite)

Nous y voilà : Gabriel Fauré, né le 12 mai 1845 est mort il y a cent ans exactement, le 4 novembre 1924. En juin dernier j’avais déjà consacré un article au compositeur ariégeois (Le vrai Fauré) en citant quelques disques qui comptent pour moi. Entre-temps sont parues plusieurs nouveautés (au piano) et rééditions, qui ont suscité des critiques très partagées, par exemple sur les disques de Théo Fouchenneret et Aline Piboule

Je connais l’une et l’autre (Ils ont fait Montpellier : En blanc et noir), mais comme je n’ai pas écouté leurs disques, je me garderai bien d’en parler. Je peux seulement les féliciter d’apporter leur pierre à un édifice discographique qui n’a guère évolué depuis une trentaine d’années pour ce qui est du piano seul (relire Le vrai Fauré).

C’est vrai de l’ensemble de l’oeuvre de Fauré, comme en témoigne le coffret récapitulatif que publie Warner/Erato.

Le plus étonnant – à moins que ce ne soit un choix ? – est qu’il ne s’y trouve aucun des enregistrements d’une intégrale de la musique de chambre réalisée, un peu à la va-vite, pour le même éditeur il y a quatorze ans, intégrale aujourd’hui indisponible (à l’exception du Quatuor Ebène)

Une adresse à l’éditeur : en dehors d’un index des oeuvres en anglais, le livret ne donne aucune indication sur le contenu des 26 CD ni sur les interprètes !

Seul apport à une discographie déjà multi-rééditée, la tragédie lyrique Prométhée dénichée dans les archives de l’INA, un « live » réalisé le 19 mai 1961 à l’Orangerie du parc de Sceaux par Louis de Froment dirigeant l’Orchestre national et le choeur de la RTF avec une distribution grand format : Berthe Monmart, Jeannine Collard, Janine Micheau, Emile Belcourt, André Vessières et Jean Mollien. Plus une palanquée d’archives. Et des versions connues et reconnues qui n’ont rien perdu de leur superbe !

Mon Fauré

En plus des versions que j’ai déjà signalées (Le vrai Fauré) j’aimerais signaler quelques-uns des disques auxquels je reviens régulièrement

Ai-je besoin de rappeler l’admiration que j’éprouve pour ces deux amis de longue date, Tedi Papavrami et Nelson Goerner ?

Mention aussi de Giulio Biddau, un jeune pianiste sarde, dont j’avais découvert le disque il y a quelques années :

On ne sera pas surpris de trouver ici le nom de Felicity Lott, dont il faut thésauriser les disques, très épars, de mélodie française

Même admiration pour ma très chère Sophie Karthäuser et son merveilleux partenaire Cédric Tiberghien.

Dommage que le coffret Erato/Warner ne reprénne aucun des enregistrements d’Armin Jordan, comme un merveilleux Requiem

Version 1.0.0