Vacances 2022 : les pins et les fontaines de Rome

Villa cardinalice

On a parfois – souvent même – de belles surprises en réservant ses hôtels via un site spécialisé – Booking.com pour ne pas le nommer. Cela a été vrai des deux hôtels trouvés à Lucques puis à Punta Ala. C’est encore plus évident avec ce qu’on n’ose pas qualifier d’hôtel, pourtant bon marché, dans la banlieue de Rome, la Villa Grazioli sur les hauteurs de Grottaferrata. Ce palais, construit en 1580, pour le cardinal Antonio Carafa, jouxte un autre palais sur la commune voisine de Frascati, la Villa Aldobrandini, où Goethe séjourna.

La Villa Grazioli à Grottaferrata

La Villa Aldobrandini à Frascati.

Les pins et les fontaines de Rome

Evidemment quand on évoque les pins et les fontaines de Rome, on pense à deux des oeuvres les plus célèbres de Respighi : Les Pins de Rome (1924) et Les Fontaines de Rome que j’avais programmées en 2017 au Festival Radio France (lire Fontaines centenaires) à l’occasion des cent ans de leur création à Rome.

Quelques-unes des innombrables fontaines qu’on peut voir à Rome, dont celles que dépeint Respighi.

Je ne change pas d’avis quant à ma version préférée de ces deux poèmes symphoniques

Les inattendus (X) : Rudolf Kempe, Respighi et Chopin

J’ai souvent évoqué ici la figure et l’art du chef allemand Rudolf Kempe (1910-1976), auteur d’une intégrale inégalée de la musique symphonique et concertante de Richard Strauss avec la Staatskapelle de Dresde, d’une exceptionnelle série de valses viennoises, dont L’Or et l’Argent de Lehar (avec Dresde et d’abord avec les Wiener Philharmoniker, que Kempe considérait comme son plus bel enregistrement), et de bien d’autres réussites dans le répertoire germanique.

Kempe fut notamment le directeur musical du Royal Philharmonic Orchestra de Londres (de 1962 à 1975) et réalisa alors quelques enregistrements pour le Reader’s Digest, réédités de manière dispersée par différents labels. Certains sont dans un coffret Scribendum (lire le détail ici), comme le rare Respighi qu’on évoque ci-après.

Hänssler a édité un CD au couplage étrange, Chopin et Respighi, dont le point commun est la présence de Rudolf Kempe au pupitre du Royal Philharmonic.

Respighi est une absolue rareté dans le répertoire enregistré du chef allemand : il n’a gravé que Les Pins de Rome et il nous fait vraiment regretter de ne pas nous avoir donné d’autres poèmes symphoniques du compositeur italien. Je ne suis pas loin de penser que c’est la version idéale, emportée et contemplative, colorée et transparente, du chef-d’oeuvre de l’un des plus grands maîtres de l’orchestre (à l’égal d’un Rimski-Korsakov ou d’un Ravel)


On ne se privera pas d’écouter le 2ème concerto de Chopin, surtout sous les doigts si originaux et poétiques du grand Shura Cherkassky, et tout autant pour la direction puissamment romantique de Rudolf Kempe, qui oppose le meilleur démenti qui soit au Chopin piètre orchestrateur.