Eloquence

Il paraît que les concours d’éloquence qui étaient naguère l’apanage des jeunes avocats, ou des apprentis comédiens, rencontrent aujourd’hui un succès aussi considérable qu’inattendu. Comme en Seine Saint-Denis : Faire entendre sa voix.

Tant mieux ! C’est bien la preuve que la culture, la langue commune, sont partageables par tous et sont les meilleurs moteurs du dépassement de soi, du refus de ce qu’Emmanuel Macron appelle justement « l’assignation à résidence« . Dans la logique de mon billet d’hier (Une idée folle).

Mais l’Eloquence que je veux évoquer ici n’a rien à voir avec cette belle actualité culturelle. Il s’agit d’une collection de disques, dont tous les mélomanes guettent les nouvelles publications avec gourmandise, une collection à double branche si on peut dire.

D’abord très répandue en Allemagne et d’une distribution limitée auxpays germaniques, Eloquence propose, à prix « super budget », de magnifiques rééditions issues des fonds Deutsche Grammophon, Decca et Philips. 

Et puis il y a une autre branche… australienne d’Eloquence que les amateurs – comme moi- trouvaient au hasard de leurs voyages en pays anglo-saxons ou en les commandant à un prestataire australien. Aujourd’hui heureusement cette collection est disponible couramment en Europe.

Australian Eloquence is one of the most critically-acclaimed classical reissue series in the world today. Drawing on the vast catalogues of Decca, Philips, Deutsche Grammophon and ABC Classics, the series presents music for the casual buyer as well as for the connoisseur. The series has received the highest international critical praise for its imagination and inventiveness and is noted for resurrecting several analogue recordings hitherto unreleased on CD 

C’est peu dire que c’est une malle aux trésors, d’abord par le soin apporté à ces rééditions, ensuite par la qualité et l’originalité des interprétations qui nous sont restituées, pour beaucoup jamais publiées en CD. Jean-Charles Hoffelé, qui, à mon grand regret, ne chronique plus de disques dans Diapason, ne manque aucune des belles sorties de cette collection sur son blog Artalinna.com. 

Je viens, pour ma part, de reconstituer, grâce à trois doubles CD, ce qui pourrait bien être mon intégrale idéale des symphonies de Tchaikovski. 

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Les premières explorations tchaikovskiennes du tout jeune Michael Tilson Thomas en 1970 à Boston – la 1ère symphonie la plus poétique, la plus juvénile de la discographie, magnifiquement captée – du tout jeune Claudio Abbado en 1967 à Londres – une 2ème symphonie toute gorgée de mélodies populaires ukrainiennes (à entendre cet été à Montpellier !), le même Abbado jamais aussi imaginatif que dans cette 4ème symphonie viennoise, et un chef aujourd’hui bien oublié, Ferdinand Leitner, qui nous offre une version idiomatique de la suite de Casse-Noisette.

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La 3ème symphonie de Tchaikovski est un peu la mal-aimée des six, elle est rare au concert, encore plus au disque hors intégrales. Je ne connaissais pas cette version du chef israëlien, lui aussi bien oublié, Moshe Atzmon : une splendeur très bien enregistrée avec l’autre orchestre viennois, les Wiener Symphoniker. 

On retrouve Claudio Abbado dans une lumineuse 5ème londonienne, et deux formidables témoignages d’un chef polonais bien trop négligé Witold Rowicki, des versions vraiment idéales des deux suites du Lac des cygnes et de La belle au bois dormant.

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Last but not least, encore le jeune Abbado dans deux réussites, sa première « Pathétique », la plus réussie avec le grain inimitable des Viennois, et son premier Roméo et Juliette à Boston. Et une version haute en couleurs, qu’on avait complètement oubliée, de Manfred, cette symphonie qui ne dit pas son nom, due à un chef inspiré, Youri Ahronovitch.

Un Tchaikovski… vraiment éloquent sous ces belles baguettes, qu’on redécouvre avec infiniment de bonheur.

L’aristocrate et le moujik

Presque simultanément Deutsche Grammophon nous livre deux beaux coffrets sur l’art de deux des plus grands violoncellistes du XXème siècle, qui ont fait les riches heures de la marque jaune (et accessoirement de Philips et Decca) : Mstislav Rostropovitch* et Pierre Fournier.

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Deux immenses personnalités, deux styles pour le moins opposés (pour user de clichés un peu faciles, l’élégance aristocratique du Français, l’intensité contagieuse du Russe). On peut aimer l’un et l’autre, et s’amuser au jeu des comparaisons lorsque le même chef (Karajan) les accompagne dans la même oeuvre (Don Quichotte de Richard Strauss).

Le coffret Rostropovitch ne contient rien qui n’ait été déjà réédité, mais regroupe tout ce qui est paru sous les labels DGG, Decca et Philips (et par Melodia pour ce qui est des séances de trios avec Kogan et Gilels), et inclut – à la différence du coffret EMI/Warner – les prestations du violoncelliste comme chef d’orchestre (et d’opéra) et pianiste accompagnateur de son épouse Galina Vichnievskaia. Plusieurs doublons, voire triplons (le Quintette à deux violoncelles de Schubert avec les Taneiev, les Melos et les Emerson) Détails ici : Rostropovitch l’intégrale Deutsche Grammophon.

Dans le cas de Pierre Fournier, on attendait depuis longtemps pareil hommage (après le coffret Warner). La longue carrière du violoncelliste français y est richement documentée, depuis les premières gravures avec Clemens Krauss et Karl Münchinger en 1953, jusqu’à une ultime séance en 1984 deux ans avant sa mort avec son fils Jean Fonda. Deux versions du Don Quichotte de Richard Strauss. Deux intégrales magnifiques des sonates piano-violoncelle de Beethoven avec Friedrich Gulda et Wilhelm Kempff, et de celles de Brahms  avec Rudolf Firkusny et Wilhelm Backhaus. Et ce qui reste pour moi une référence des Suites pour violoncelle de Bach. Détails à lire ici : Pierre Fournier, l’aristocrate du violoncelle

De Pierre Fournier, Rostropovitch*, jamais avare d’un superlatif, avait dit qu’il était son « dieu », son « maître ».

*Sur l’orthographe et la prononciation de Rostropovitch, lire Comment prononcer les noms de musiciens

Amadeus : toujours plus

On croyait que la monumentale Edition Mozart de Philips, publiée en 1991 pour le bicentenaire de la mort de Mozart avait fait le tour de la question.

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Et que le succès populaire du coffret Brilliant Classics en 170 CD avait étanché la soif des mélomanes…

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C’était sans compter avec les progrès dans la recherche – sous l’égide du Mozarteum de Salzbourg – et l’interprétation. Universal propose, 25 ans après l’édition Philips, un pavé de 200 CD à l’occasion, le 5 décembre prochain, du 225ème anniversaire de la mort du plus célèbre enfant de Salzbourg. Luxueusement constitué, deux forts ouvrages explicitant toute l’oeuvre de notre cher Amadeus, le catalogue Köchel actualisé et complété.

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Côté interprétations, ne subsistent de l’édition 1991 que des pièces qui n’ont pas été réenregistrées (les premières messes, des airs de concert, toute la série des danses, menuets surtout). Mais le choix a été clairement fait de privilégier les versions « historiquement informées » – la quasi totalité des symphonies se partage entre Pinnock et Hogwood, idem pour les concertos pour clavier, les opéras sont tous récents (comme le Don Giovanni de Nézet-Seguin). Le coffret est organisé en quatre cubes d’environ 50 CD chacun – musique instrumentale, symphonique et concertant, opéras, musique sacrée – qui proposent néanmoins quelques versions historiques ou de grands classiques (Haskil, Grumiaux).

Un très beau travail qui fait honneur à ce grand label. Un cadeau de fin d’année idéal (les prix varient assez sensiblement d’un site ou d’un magasin à l’autre !). Et quelques très longues heures d’écoute, dont il n’y a pas à craindre de se lasser.

Détails du coffret à lire ici : Le Monument Mozart 225

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Zoltan le bienheureux

Son coeur a lâché ce dimanche. Zoltan Kocsis en était malade depuis plusieurs années.

J’aimais beaucoup ce grand musicien, que j’ai vu trop rarement sur scène, mais il occupe depuis longtemps une place essentielle dans ma discothèque, et comme pianiste et comme chef d’orchestre. J’ai trouvé un grand nombre de ses disques à Budapest, l’essentiel de sa production pour le label hongrois Hungaroton ayant été peu ou mal distribué en Europe occidentale. Heureusement Philips en avait fait un de ses artistes « maison », ce qui nous vaut des intégrales de haut vol. Qui restituent l’acuité, la vigueur, la subtilité, l’élan d’un jeu de piano débarrassé de toute fioriture inutile. Tom Deacon l’avait justement retenu dans sa collection des Grands Pianistes du XXème siècle.

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Dans l’ordre de mes préférences, d’abord l’une des plus alertes visions de Rachmaninov, des concertos et une Rhapsodie à la pointe sèche.

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Une formidable intégrale Bartók, un Debussy lumineux.

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Les mêmes qualités se retrouvent dans Chopin, Haydn, Mozart, Brahms, tous ses disques méritent plus que l’intérêt.

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Mais le chef d’orchestre Kocsis est tout aussi passionnant que le pianiste, et il applique au traitement du grand orchestre la même palette de couleurs et de transparences qu’au clavier.

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Peut-on espérer que Decca – qui a repris l’exploitation du catalogue Philips – rende au musicien disparu l’hommage qui lui est dû ? Peut-on espérer que les labels hongrois qui ont de splendides références à la fois du jeune pianiste et du chef dans sa maturité nous restituent cet impressionnant catalogue en mémoire de l’un de leurs plus illustres musiciens ?71xb6ydj3l-_sl1500_

Sous les pavés la musique (VI) : l’oreille sur le Gidon

On ne pourra pas accuser Deutsche Grammophon de ne pas avoir anticipé le 70ème anniversaire de Gidon Kremer, le violoniste letton né le 27 février 1947 à Riga. Et ce pavé de 22 CD est tout simplement exceptionnel. Il ne s’agit pas, comme certains intitulés pourraient le faire croire, de l’intégrale des enregistrements du violoniste pour la marque jaune, mais de tous les concertos ou oeuvres concertantes qu’il a gravés pour Philips et DGG.

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Et sans vouloir être désagréable, ni établir d’inutiles comparaisons, ce coffret n’a pas grand chose à voir avec les pavés récents de DGG consacrés à Ithzak Perlman ou Pinchas Zukerman. Aucun des illustres confrères de Kremer n’a jamais eu cette inlassable curiosité pour les compositeurs de son temps, et cette passion pour le travail d’interprétation « historiquement informée » des grands classiques. Qui se souvient aujourd’hui du choc provoqué par l’intégrale des concertos pour violon de Mozart enregistrée avec Harnoncourt et des Wiener Philharmoniker sacrément bousculés ?

C’est grâce à Gidon Kremer que j’ai  découvert et aimé des oeuvres phares comme Offertorium de Sofia Goubaidoulina, puis les concertos de John Adams ou Philip Glass, plusieurs pièces de Schnittke et d’improbables compositeurs baltes, qu’il fut souvent le premier à « révéler » en Europe de l’Ouest.

J’ai un très beau souvenir personnel de Gidon Kremer, une tournée de l’Orchestre de la Suisse Romande à l’automne 1987 au Japon. Il partageait avec Martha Argerich le rôle de soliste invité d’Armin Jordan. Jamais plus entendu depuis interprétation plus habitée, incandescente, intense du concerto pour violon de Sibelius. Je me rappelle aussi un long entretien passionnant, enregistré dans un train, que j’avais fait pour la Radio suisse romande et qui a dû être effacé presque aussitôt (comme celui que j’avais réalisé – deux heures de bande magnétique – avec Martha Argerich !). Sibelius n’est pas dans ce coffret jaune, mais je conseille vivement ce formidable témoignage du tout jeune Kremer (23 ans) capté à Moscou avant son départ pour l’Occident.

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On l’a compris, pour moins de 60 €, ce coffret est un indispensable de toute discothèque, l’honneur d’un musicien qui a épousé son siècle et ne s’est jamais reposé sur des lauriers précoces.

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Disques d’été (II) : Witold Rowicki

Voilà un nom, Witold Rowicki, qui, en dehors d’un petit cercle de mélomanes, ne doit plus rien dire à personne. Ce fut pourtant l’un des grands chefs d’orchestre du XXème siècle, qui consacra certes l’essentiel de sa carrière à la Pologne et qui, faute de rechercher la gloire internationale, connut, comme tant de ses confrères, l’injuste oubli de la postérité.

Heureusement sa discographie a bénéficié de rééditions, certes non exhaustives, et parfois limitées au seul marché polonais.

Un peu à l’instar de ses contemporains Igor Markevitch ou Evgueni Mravinski, Rowicki se refuse aux épanchements, préférant la précision et la fougue dans sa vision des romantiques ou des compositeurs de son temps. C’est particulièrement manifeste dans de flamboyantes intégrales des symphonies de Brahms et Dvořák.

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Encore plus évident dans une 5ème symphonie de Chostakovitch republiée en catimini dans la collection bon marché de Deutsche Grammophon :

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Et bien entendu dans les enregistrements légendaires de Sviatoslav Richter du concerto de Schumann et du 5ème concerto de Prokofiev gravés à Varsovie à la toute fin des années 50

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Les collectionneurs connaissent l’intégrale des concertos de Mozart due à Ingrid Haebler, partiellement rééditée en CD, que se partageaient quatre chefs, Eduard Melkus, Alceo Galliera, Colin Davis et… Witold Rowicki

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Sur les sites de téléchargement, on trouve encore d’autres témoignages de l’art de Rowicki, notamment sur ses contemporains polonais (Lutoslawski en particulier).

Jeune homme

Il y a des artistes, des chefs d’orchestre qui, l’âge venant, ralentissent l’allure, donnent du temps au temps, et d’autres, plus rares, qui semblent défier les ans. Il n’est que d’écouter les derniers enregistrements d’un Paul Paray (1886-1979), d’un Leopold Stokowski (1882-1977) pour se convaincre que la jeunesse n’a pas d’âge.

Et bien sûr de Pierre Monteux (1875-1964).

Chroniquant pour Diapason des rééditions (dans la collection Eloquence)  du grand chef franco-américain, je regrettais que Decca ne lui ait pas encore consacré un coffret récapitulatif de la série d’enregistrements stéréo réalisés à Londres, Vienne et Amsterdam entre 1956 et 1963 pour Westminster, Philips et Decca. Comme souvent, c’est la branche italienne d’Universal qui a pris les devants et exaucé mon souhait (Pierre Monteux Decca Recordings):

71zPE0gTZSL._SL1245_81ny1mMQjkL._SL1208_On était prêt à se réjouir sans réserve de ce beau coffret de 20 CD, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’il y manque une Symphonie fantastique (Berlioz) et quelques extraits du Songe d’une nuit d’été (Mendelssohn), qui, certes, ne sont pas essentiels, une prise de son acide (1956) n’aidant pas des Wiener Philharmoniker curieusement mal à l’aise…

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Plus grave,  l’une des plus chatoyantes et juvéniles Shéhérazade (Rimski-Korsakov) manque aussi à l’appel… Mystère !

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Mais pour tout le reste, bien sûr dans Debussy et Ravel, mais de manière moins attendue, dans Sibelius, Dvorak, Elgar, et pour Beethoven et Brahms, fringants, allègres, irrésistibles, ce coffret est indispensable.

Tout aussi vivement conseillées, ces prises de concert (en stéréo !) à Boston en 1958 et 1959, qui sont autant de prises de risques, Monteux cravachant l’orchestre, parfois au risque de la rupture. Mais quel souffle !  Les solistes sont logés à la même enseigne, Leonid Kogan – juste avant l’enregistrement officiel pour RCA – solaire dans Brahms, et dans le 1er concerto du même Brahms, le prodigieux Leon Fleisher soudain largué, muet, pendant quelques longues secondes du premier mouvement, mais livrant avec Monteux le rondo  final le plus halluciné de toute la discographie.

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Comédies

Suite promise, chose due (https://jeanpierrerousseaublog.com/2016/04/23/william-et-elizabeth/).

Si l’on s’en tient aux seules comédies écrites par Shakespeare sous le règne d’Elizabeth I, leurs avatars musicaux sont nombreux. Après Beaucoup de bruit pour rien et Les joyeuses commères de Windsor, arrêtons nous au Marchand de Venise (1597) et à la musique de scène – Shylock – qu’a composée Gabriel Fauré pour la représentation de la pièce à l’Odéon en 1889.

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En revanche, A Midsummer Night’s Dream / Le songe d’une nuit d’été (1595) a eu une descendance musicale exceptionnelle et inspiré les plus grands compositeurs.

Moins d’un siècle plus tard, Purcell met en scène The Fairy Queen.

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En 1826, Carl Maria von Weber et Felix Mendelssohn livrent, l’un et l’autre, un chef-d’oeuvre, un opéra pour Weber, Oberon, une musique de scène pour Mendelssohn.

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Hommage au passage à Nikolaus Harnoncourt, expert en féerie mendelssohnienne.

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Ambroise Thomas signe, en 1850, un opéra-comique très lâchement inspiré de la comédie de Shakespeare et resté largement méconnu (une seule version discographique de 1956, due à Manuel Rosenthal)

Mais  Benjamin Britten, en 1960, nous offre l’un des plus beaux hommages qui soient au génie de Shakespeare.  J’ai encore le souvenir intact d’une représentation magique à Aix-en-Provence en 1991 (dans la cour de l’Archevêché, sous un ciel d’été et d’étoiles qui constituait le plus beau décor de la mise en scène de Robert Carsen, reprise l’année dernière)

Plusieurs belles versions au disque, dont celle du compositeur lui-même, mais on a une tendresse pour celle de Colin Davis, qui permet de retrouver le contre-ténor Brian Asawa tout récemment disparu

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Bons plans

Je ne sais pas vous, mais pour moi la période des fêtes est souvent synonyme de corvée de cadeaux. Comment faire plaisir intelligemment à ceux qu’on aime ?

Les lecteurs de ce blog sont depuis longtemps au courant de l’une de mes passions coupables, le disque. Mais à la différence de certains camarades, je n’aime pas accumuler – je n’en aurais pas la place ! – donc j’échange, je regroupe (et la profusion de coffrets publiés ces derniers mois par les « majors » contribue considérablement à cet effort de rationalisation), et je crois avoir trouvé les bons filons en jonglant avec les fournisseurs, en faisant donc jouer la concurrence.Ce sont ces « bons plans » que je livre ici.

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La presse a unanimement loué cette prodigieuse réédition du legs discographique du Beaux Arts Trio. En France (Amazon.fr ou Fnac) 118 €, en Allemagne (Amazon.de) 99 €, sur Amazon.it 78 € !

Deutsche Grammophon honore Emil Guilels, le grand pianiste russe (1916-1985) par un beau coffret regroupant ses enregistrements tardifs, une quasi intégrale des Sonates de Beethoven, des Mozart et Schubert avec Böhm et sa fille Elena, quelques incunables des années 50 en trio avec Kogan et Rostropovitch. L’Allemagne et l’Italie se tiennent (autour de 65 €), la France 10 € plus chère.

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Grâce à Tom Deacon, célèbre producteur canadien de la série Great Pianists of the XXth Century, j’apprends que la firme russe Melodia (ou pour respecter les critères internationaux Melodyia) publie une édition « de luxe » de 50 CD du légendaire Sviatoslav Richter (1915-1997). Est-ce le cours du rouble, le montant des taxes locales ? Toujours est-il que les différences de prix annoncés sont pour le moins étonnantes…

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Amazon.it 310 €, Amazon.de 461 €, Amazon.co.uk 363 £ !! Sur les sites français (Amazon, Fnac) le dit coffret n’est pas même annoncé (on doit attendre sans doute que l’année du centenaire de Richter se termine ?)

Mais les amateurs pourront encore trouver, pour beaucoup moins cher, les belles boîtes que Decca et RCA ont consacrées au pianiste (http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2014/12/22/richter-centenaire-8350549.html)

Tandis que la collection Eloquence de Decca republie en CD séparés les enregistrements réalisés à Vienne, Londres et Amsterdam, pour Philips et Decca, par Pierre Monteux (1875-1964) – à suivre dans le numéro de janvier de Diapason – j’ai découvert récemment un fabuleux coffret, qui m’avait échappé à sa sortie, 11 CD de concerts donnés à Boston en 1958/1959, enregistrés en stéréo. Tout simplement prodigieux. Le feu, la fougue, la générosité, la poésie d’un chef largement octogénaire, avec parfois des accidents qui témoignent de l’ambiance électrique qui régnait dans ces concerts. Et quels solistes ! Leon Fleisher plus génial que jamais dans le 1er concerto de Brahms, Leonid Kogan éblouissant dans le concerto  pour violon de Brahms (que Monteux et lui enregistraient pour le disque – RCA – au même moment), une « Pastorale » de Beethoven orageuse à souhait. Bref, un coffret INDISPENSABLE. Cette fois acquis en France via Amazon.fr (qui propose le coffret à 55 €) qui met en lien un autre vendeur (Clic Musique) qui lui fait une offre à 34 € – et a honoré ma commande avec tout le soin et la diligence voulus. A titre de comparaison, ce coffret est téléchargeable sur Itunes pour 99 € !

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Je ne vais pas redire tout ce que j’ai écrit sur une magnifique pianiste (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/12/06/la-revelation-dinorah/) sauf pour signaler que j’ai acquis le précieux coffret sur Fnac.com

Enfin, dans la série des magnifiques rééditions, très attendues, un autre ensemble légendaire qui a fait les heures de gloire de Philips, le Quartetto Italiano. C’est Fnac.com qui propose le meilleur prix.

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Enfin, près d’un an après sa disparition (https://jeanpierrerousseaublog.com/2014/12/23/il-est-parti/), deux beaux ouvrages à acheter chez votre libraire (vive les librairies !)

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Mais l’un des meilleurs plans pour qui veut trouver le disque rare, l’intégrale oubliée, le tirage japonais de ses rêves, reste le seul magasin de Paris exclusivement réservé au CD/DVD classique d’occasion, Melomania, 38 boulevard Saint-Germain, 75005 Paris (en face de l’église St Nicolas du Chardonnet et de la salle de la Mutualité). Et pour ceux qui n’ont pas la chance d’être parisiens ou de venir à Paris, un site remarquablement fait : http://www.melomania.com/fr/.