Des châteaux en Suède

Juste avant de partir, j’ai acheté cette élégante réédition en livre de poche, par son fils Denis Westhoff, des Chroniques (près d’une centaine) écrites par Françoise Sagan de 1954 à 2003

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Sagan auteur par ailleurs d’une pièce de théâtre intitulée Château en Suèdequi ne m’a pas laissé un souvenir impérissable lorsque je l’ai vue au Théâtre Saint Georges en 1998.

La Suède, j’y suis jusqu’au passage de l’an neuf. Stockholm plus précisément. Je me rappelais Helsinki en décembre 2005, Saint-Petersbourg fin décembre 2013. Et je pensais n’être pas déçu en choisissant la capitale du Royaume de Suède pour cette fin 2016. Ce que j’ai vu en vingt-quatre heures me conforte dans mon choix. Le froid est vif, surtout lorsque le vent s’y met comme hier, le soleil ne pointe qu’entre 10h30 et 14 h, mais on s’y sent tout de suite bien. La réputation des Suédois n’est pas usurpée.

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D’autres images ici : La capitale du prix Nobel

img_7273La programmation de l’Opéra royal de Stockholm (ci-dessus) a joué aussi dans mon choix. Première soirée hier, et première tout court pour moi, je n’avais encore jamais vu sur scène l’ouvrage le plus connu de GiordanoFedora. Mise en scène intelligente de Christof Loy, une distribution parfaite, d’excellents chanteurs tous suédois, à l’exception des deux rôles principaux magnifiquement tenus par la jeune Lituanienne Asmik Grigorian (Fedora)- voix puissante et sensuelle à la fois – et le non moins jeune Italien Andrea Carè (Loris) – charme solaire et beauté du timbre – qu’on avait déjà entendu le 26 juillet dernier à Montpellier dans Iris de Mascagni, aux côtés de Sonya Yoncheva.

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img_6102Pour conclure, je ne bouderai pas mon (votre ?) plaisir avec le fameux intermezzo de Fedora (ici dans la version d’un autre orchestre suédois, celui de Göteborg, dirigé par Neeme Järvi)

Une nuit à Venise

Montpellier proposait un spectacle de fin d’année qui a fait grincer quelques dents (lire Soupe pop), l’Opéra de Lyon fait certes plus traditionnel avec une opérette de Johann Straussmais avec un ouvrage rarement donné sur les scènes françaises Une Nuit à Venise (la dernière fois que j’avais vu l’ouvrage c’était en 1997 à l’Opéra Comique !)

top-leftPhoto(© Stofleth)

J’ai aimé sans réserve ce que j’ai vu mercredi soir, la direction de Daniele Rustioni – un tout jeune chef pressenti pour succéder à Kazushi Ono comme directeur musical de la scène lyonnaise, qui maîtrise tous les ressorts d’une musique si difficile dans sa fausse légèreté -, la mise en scène de Peter Langdal qui gomme toutes les faiblesses d’une comédie alambiquée, en situant l’action dans les années 50 dans une Venise de carte postale, les décors et les costumes flamboyants, et une excellente troupe de chanteurs qu’on croirait passés par le Volksoper de Vienne, la routine en moins.

Comme dans la plus connue Chauve-Sourissous la gaieté apparente affleure toujours cette mélancolie, cette nostalgie si caractéristiques de la musique de Johann Strauss (Capitale de la nostalgie). 

Dans cet air en particulier :

La première berlinoise d’Une nuit à Venise en 1883 ayant été un fiasco, Strauss s’empressa de recycler ses beaux thèmes de valse dans la Valse de la Lagune (Lagunen Walzer)

Et puis – est-ce une vue de l’esprit de ma part ? – j’entends un hommage évident à Wagnermort… à Venise en février 1883, l’année de la création de cette Nuit à Venise, Wagner qui admirait Johann Strauss, dans cet air de (Helden)tenor :

 

Les bonnes versions de l’opérette ne sont pas légion. Pour le style parfait du bien trop sous-estimé chef suisse Otto Ackermann et un casting d’enfer (mais pas nécessairement idéal ! l’aristocratique Elisabeth Schwarzkopf, vocalement somptueuse, n’est pas très crédible en Annina, marchande de poissons de son état…). Voir la vidéo ci-dessus

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Vingt-cinq ans plus tard, Nicolai Gedda retrouvait Rita Streich (tout aussi distinguée poissonnière que Schwarzkopf !) dans ce qui demeure la meilleure version moderne de l’opérette

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L’opéra inattendu

Deux soirées d’opéra cette semaine, et pour le moins inattendues.

A l’Opéra Bastille lundi, un curieux couplage entre le très connu Cavalleria rusticana de Mascagni et le beaucoup plus rare Sancta Susanna de Hindemith.

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La critique s’est montrée unanimement favorable à cette production (lire Le triomphe des mezzos).

img_7026img_7027Je partage l’enthousiasme général : mise en scène (et en regard) des deux ouvrages avec une rare pertinence, excellentes incarnations, une réserve peut-être sur la direction un peu fruste de Cavalleria, nettement plus impliquée dans Hindemith. Bref un spectacle à voir et tant pis pour ces spectateurs indélicats qui ont quitté la salle à la fin du Mascagni…

Juste pour le plaisir cette version de référence du célébrissime intermezzo de Cavalleria rusticana

Hier c’était, à l’Opéra Comédie de Montpellier, un tout autre genre de ce qu’on ne peut pas vraiment appeler un opéra. Le titre du spectacle en a fait frémir plus d’un, et suscité maintes réactions hostiles, surtout de la part de ceux qui n’ont pas vu et ne viendront pas le voir. Je n’y allais pas non plus sans appréhension, je dois l’avouer.

img_7040Il y a bien un peu de provocation de la part de la direction de l’Opéra de Montpellier à proposer comme spectacle de fêtes une Soupe pop qui n’a rien, mais vraiment rien à voir avec les habituelles opérettes d’Offenbach, Strauss ou Lehar. Le pari de l’auteure de ce spectacle (à mi-chemin entre expérience théâtrale et comédie musicaleMarie-Eve Signeyrole était audacieux : il est réussi ! J’ai passé, hier soir, dans une configuration inhabituelle pour une salle d’opéra, deux riches heures de poésie douce-amère à partir d’un sujet qui pouvait prêter à tous les excès, mention spéciale pour les choeurs de l’opéra, dont plusieurs éléments se sont révélés de fabuleux acteurs/comédiens, pour les Tiger LilliesEt comme le montre la courte vidéo ci-dessous, un sujet grave n’engendre pas nécessairement la mélancolie, même si plus d’une fois l’émotion nous gagnait, comme dans un bouleversant Send in the clowns entonné en fin de spectacle par le chanteur des Tiger Lillies

 

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Erreur
Cette vidéo n’existe pas

Picasso et Ravel

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L’automne à Liège, ce sont ces grands ciels clairs et l’air vif qui pique sur la Meuse. J’ai emprunté ce mercredi matin la nouvelle passerelle qui conduit du quai de Rome au parc de la Boverie (lire Nostalgie).

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J’avais déjà visité le nouvel ensemble muséal de Liège, inauguré en mai dernier, La Boverieinstallé dans un pavillon construit en 1905 pour l’Exposition universelle.

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La venue d’Anne Sinclair à Liège, il y a un mois, avait fait l’événement de cette rentrée. Elle était venue inaugurer l’exposition 21 rue La Boétie (vidéo), qui relate les aventures peu ordinaires de son grand-père, Paul Rosenbergcollectionneur, galeriste, ami de Picasso, Matisse, Chagall, Marie Laurencin et quelques autres du même acabit ! Aventures que la star des médias avait contées dans un émouvant livre de souvenirs :

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Disons-le sans réserves : on ne regrette pas un droit d’entrée assez élevé (17 €). La réalisation touche à la perfection, les oeuvres présentées sont de premier rayon, le parcours pédagogique est exceptionnellement documenté, les explications concises… et compréhensibles par tous (on échappe, pour une fois, à ce jargon abscons qui fleurit sur les cimaises de nos grands musées). Une exposition à voir absolument, à Liège puis dans quelques mois à Paris.

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Parmi les pièces exposées, une série qui ne pouvait manquer de me toucher : les esquisses du décor que Picasso avait conçu pour Le Tricorne de Manuel de Falla, créé à Londres par Ansermet en 1919 dans le cadre des Ballets russes.

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img_6002img_6003img_6004Symbole d’une cité qui a entamé une mue profonde depuis une vingtaine d’années, cette « Tour des Finances » qui a autant d’admirateurs que de détracteurs, selon la bonne tradition liégeoise (française ?)…img_6005

Il y avait une logique certaine dans le choix de ma soirée de mercredi. D’abord le compositeur que j’allais écouter avait justement visité Liège à l’occasion de l’Exposition de 1905, et toute son oeuvre était contemporaine des artistes vus à La Boverie : RavelL’opéra de Cologne propose en ce moment, dans ses locaux provisoires en bord de Rhin, le diptyque lyrique de Ravel, L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges.

Là encore une réussite complète. Le nouveau Generalmusikdirektor de la cité rhénane, François-Xavier Roth en est le premier artisan, toutes les couleurs, les subtilités, la sensualité, si françaises, de l’orchestre ravélien semblent ne plus avoir de secret pour sa phalange germanique. Les chanteurs sont tous à l’unisson, même si tous ne sont pas francophones – mais les petits défauts sont à peine perceptibles – la mise en scène est un régal. Seul bémol, le texte, l’histoire même de l’Heure espagnole a moins bien vieilli que la poésie facétieuse de l’Enfant et les sortilèges. Mais Franc-Nohain n’est pas Colette !

Le devoir et le plaisir

Je tenais à honorer ma promesse, je devais être à Liège ce 17 octobre.

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Pour la Fondation Ihsane Jarfi, qui n’a malheureusement rien perdu de son actualité, pour Hassan J., pour Pascal C. et pour tous les amis de Liège dont je continue à partager les combats et l’action, même à distance.

14724566_10154034858017602_4174733076785391538_n(L’Opéra royal de Wallonie)

C’était de surcroît un ouvrage, Nabucco de Verdi, qui me touche, sans doute parce qu’à chaque fois que je l’ai vu c’était dans des circonstances extraordinaires. La première fois, c’était rien moins que pour l’ouverture de la saison de la Scala en 1987, sous la direction de Riccardo Muti, avec une Abigaille très impressionnante, l’Américaine Linda Roark-Strummer – que je reverrais quelques années plus tard en terrifiante Turandot.

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Mon deuxième très grand souvenir de Nabucco – il y en eut d’autres, à Orange notamment – c’est la production inaugurale du mandat d’Hugues Gall à la direction de l’Opéra de Paris, en 1995, avec l’inoubliable Julia Varady.

A Liège, c’est aussi sur l’Abigaille grand format de Tatiana Melnychenko que repose l’ouvrage.

Hier soir, retrouvailles avec la Salle Philharmonique et les amis de l’Orchestre philharmonique royal de LiègePour la première d’une nouvelle initiative née de la volonté de quelques solistes de l’Orchestre, une Happy Hour, qui avait attiré un nombreux et jeune public.

Bruce Richards (cor), Jean-Luc Votano (clarinette) , Joanie Carlier (basson), Sébastien Guedj (hautbois), Geoffrey Baptiste (piano) avaient convié ma très chère Sophie Karthäuser pour un programme original, Richard Strauss, Schubert (Le pâtre sur le rocher) et surtout un cycle de mélodies, très brittenien de ton et d’inspiration, du compositeur australien Paul Stanhope, Songs of the Shadowland.

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Revu évidemment beaucoup de têtes familières, qui m’ont parlé d’une émission récente de Musiq’3, une Table d’écoute consacrée à Rhapsody in Blue de Gershwin. Que j’avais enregistrée à l’invitation de Camille de Rijck au tout début septembre. Je vais réécouter l’émission (vous aussi ?) pleine de surprises, et de versions inattendues.

Sir Neville

Je ne l’ai vu qu’une fois en concert, en 2008 à Berlin, mais depuis toujours son nom m’évoquait l’élégance, la classe, une allure toute britannique : Neville MarrinerIl est mort la nuit dernière à l’âge respectable de 92 ans…

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On a un peu oublié aujourd’hui le pionnier qu’il fut, l’aventurier même, dans la redécouverte de tout un répertoire baroque et classique que des décennies d’emphase victorienne avaient enseveli : Vivaldi, Bach, Haendel, Haydn. Chef d’attaque des seconds violons du London Symphony dans les années 50, il fonde avec quelques amis ce qui deviendra une institution du paysage musical londonien, l’Academy of Saint Martin in the Fields (du nom de l’élégante église qui jouxte Trafalgar Square)

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D’autres – Harnoncourt, Gardiner, Brüggen – iront plus loin, mais tout ce que Marriner et son Academy ont donné au disque (pour Argo puis Decca) dans les années 60 et 70, reste d’une étonnante actualité au regard des critères « historiquement informés ».

Le coffret publié pour les 90 ans de Marriner est un magnifique résumé de cette aventure musicale et musicologique (voir le détail ici : Neville Marriner : un héritage)

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Neville Marriner ne s’est pas contenté d’aborder le répertoire baroque et classique, et de l’orchestre de chambre. Il est à la tête d’une discographie surabondante qui couvre quasiment tout le répertoire symphonique, avec des bonheurs divers. Il a beaucoup accompagné les plus grands solistes, une intégrale des concertos de Mozart avec Alfred Brendel (dans l’édition Philips du bicentenaire de Mozart en 1991), mais aussi quelques concertos – des versions de référence pour moi – avec le trop méconnu pianiste tchèque, disparu l’an dernier, Ivan Moravec

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Dans un registre plus léger, Marriner est l’élégance incarnée dans ces pièces de musique « légère » que sont les ouvertures de Suppé ou de Sullivan

 

Ce n’est pas un médiocre chef d’opéra, comme en témoignent plusieurs réussites au disque dans Rossini ou Mozart !

Et on pourrait ajouter une très belle série de symphonies de Haydn…

Souhaitons que les éditeurs successifs de Sir Neville (Decca/Philips, EMI/Warner, Hänssler) nous restituent, quand ils ne l’ont pas déjà fait, les grands moments d’une vie et d’une discographie célébrant l’aventure, la fantaisie, le style, l’élégance d’aussi vastes répertoires.

Deux vidéos émouvantes : le fondateur au pupitre et celui qui lui a aujourd’hui succédé à la tête de l’Academy of St Martin in the Fields, Murray Perahia

Tosca sans chef

Soirée de gala hier à l’Opéra Bastille. Les mécènes étaient en nombre (était-ce une raison pour commencer systématiquement chaque acte en retard ?), la presse aussi. Pourtant la première de cette Tosca avait eu lieu samedi dernier. Les premiers papiers, comme celui de Forumoperalaissaient augurer du meilleur.

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La mise en scène de Pierre Audi ne se signale par aucune originalité, mais peut-on transformer, transposer, un ouvrage aussi lié à un contexte historique et géographique ?

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Alors les chanteurs ? Le public est venu pour eux, pour le ténor Marcelo Alvarezle baryton Bryn Terfelpeut-être surtout la soprano Anja HarterosEt il ne sera pas déçu.

Alvarez campe un Cavaradossi solide, un peu poseur, la voix conserve un beau métal, à Terfel il manque de la noirceur dans le timbre (ou est-ce moi qui n’ai jamais beaucoup aimé cette voix ?), mais peut-on rater Scarpia ? Aucune réserve en revanche, une adhésion enthousiaste à l’incarnation du personnage de Floria Tosca, à la voix pulpeuse, sensuelle et homogène sur toute la tessiture d’Anja Harteros. Sublime Vissi d’arte, mais toutes les difficultés vocales d’un rôle périlleux entre tous sont franchies sans que jamais la voix ne s’altère. La grande Tosca du moment, assurément !

Quelle déception en revanche dans la fosse ! Pas du côté des musiciens évidemment. Je trouve le rédacteur de Forumopera (cf.supra) bien indulgent à l’égard d’une direction plate, banale, caricaturale. Pourtant Dieu sait que l’orchestre de Puccini est riche, vétilleux aussi par ses incessants changements de couleur et de rythme. Il faut une grande baguette pour en maîtriser tous les rouages et en extraire tous les sortilèges (un Karajan, un Levine, un Solti…). Dommage qu’on n’ait pas eu Philippe Jordan… 

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Le ténor magnifique

Il est mort il y a cinquante ans, le 17 septembre 1966, né trente-six ans plus tôt, le 26 septembre 1930. Une carrière abrégée par un accident domestique. Mais un éclat jamais oublié. Le ténor Fritz Wunderlich portait bien son nom.

Ses disques n’ont jamais quitté les bacs, tous – notamment le répertoire léger germanique – n’ont pas toujours été disponibles en France. EMI devenu Warner lui avait déjà consacré un beau coffret, avec pas mal de raretés.

Deutsche Grammophon avait aussi proposé un coffret patchwork.

La nouveauté de cet automne c’est la réédition dans un magnifique boîtier, et à tout petit prix, de tous les enregistrements de studio réalisés par le ténor allemand pour le célèbre label jaune (et ses sous-marques comme Polydor). 

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Aucun inédit, mais enfin rassemblés des enregistrements légendaires, où la voix solaire, virile et lumineuse de Wunderlich transcende des versions parfois un peu datées (les Bach avec Karl Richter) ou restées insurpassées (comme la première Création de Haydn due à Karajan, que Wunderlich n’eut pas le temps d’achever), les opéras de Mozart avec Karl Bôhm, les quelques cycles sublimes de Lieder de Schubert ou Schumann.

Détails de ce coffret de 32 CD :

Bach : Oratorio de Noël (K.Richter), Passion selon St Matthieu (Münchinger), Oratorio de Pâques (Couraud), Magnificat + cantate 41 (Couraud) /

Beethoven : Missa Solemnis (Karajan)

Haydn : La Création (Karajan)

Berg : Wozzeck (Böhm)

Monteverdi : Orfeo (Wenzinger)

Mozart : L’enlèvement au sérail (Jochum), La flûte enchantée (Böhm)

Lortzing : Zar und Zimmermann

Tchaikovski : Eugène Onéguine, extr. en allemand (Gerdes)

Verdi : La Traviata, extr. en allemand (Bartoletti)

Airs de Haendel, Gluck, Bellini, Rossini, Verdi, Puccini, Lortzing, Bizet, Maillart, Kreutzer, Mozart, Kalman, etc.

Schubert : La belle meunière

Schumann : Dichterliebe + Mélodies de Beethoven, Schubert

Chansons populaires allemandes et italiennes, chants de Noël, opérette viennoise.

PS Je me demande ce qui justifie une différence de 20 € sur le prix de ce coffret selon qu’on l’achète en Allemagne (Amazon.de) ou en France (Amazon, Fnac ou Gibert)

 

 

Disques d’été (III) : la reine Sonya

L1031958La reine du dernier Festival de Radio France, c’était elle. Personne n’a oublié cette dernière soirée, le 26 juillet, où Sonya Yoncheva incarnait à la perfection Iris, l’héroïne de l’opéra éponyme de Mascagni (à réécouter sur France Musique).

En 2010, elle remportait le concours Operalia parrainé par Placido Domingo

Sonya Yoncheva et la musique française, l’opéra français, c’est déjà une longue histoire. On aime sans réserve ce premier CD sorti chez Sony.

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Les arbitres des (in)élégances

Je me rappelle l’admiration que j’éprouvais jadis pour des critiques musicaux qui me semblaient exprimer idéalement ce qu’ils avaient entendu, ressenti, observé au concert ou à l’opéra. Jacques Lonchampt était l’un d’eux, pilier du journal Le Monde de 1961 à 1990.

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D’un autre, à Genève, j’étais plus proche – je l’ai revu récemment, tel que l’âge ne l’a pas changé ! – j’avais coutume de lui dire : « Quand j’ai assisté au même concert que toi, je lis dans ton papier tout ce que j’ai ressenti – évidemment mieux écrit que je n’aurais su le faire – quand je n’y ai pas assisté, il me suffit de te lire pour savoir ce que j’ai manqué (ou pas !) ».

Pourquoi ce préambule, avant de parler du Cosi fan tutte que j’ai vu hier soir à Aix-en-Provence ? Parce  que je n’ai jamais lu, sous la plume de ces critiques, de formules à l’emporte-pièce, de jugements péremptoires, de facilités dans l’air du temps. Aujourd’hui n’importe qui, sur les réseaux sociaux, sur son blog (!), sur des sites dédiés, peut se déclarer critique musical, émettre avis et jugements, sans craindre l’autorité d’un rédacteur en chef ni suivre une ligne éditoriale. Il y a heureusement le bon grain et l’ivraie, et quelques vrais talents.

Je me suis toujours senti incapable, sauf dans des domaines ou des répertoires que je pense à peu près connaître, de porter un jugement définitif sur ce que j’ai vu ou entendu, notamment à l’opéra. Réaction primaire sans doute, j’aime ou j’aime pas, j’ai été porté, transporté par ce que j’ai vu, ou je me suis ennuyé ferme.

Tenez, par exemple, ce Cosi aixois dirigé par Louis Langrée, mis en scène par le cinéaste Christophe Honoré. J’ai à peu près tout lu, et sans nuance, sur cette mise en scène. On est prié de détester, de rejeter ou d’accepter en bloc, selon les censeurs patentés. Moi je n’ai pas été gêné par les partis-pris d’Honoré, il privilégie la violence des rapports humains, la veulerie des sentiments et des attirances, et en tout cas ne déforme pas l’ouvrage de Mozart et da Ponte. J’avais été beaucoup plus réservé sur la mise en scène du même Cosi  à Aix par Patrice Chéreau en 2005, l’intéressé avait lui-même reconnu son échec.

Je ne sais pas si le spectacle a été « sauvé » (de quoi?) par Louis Langrée.  Le chef français n’a plus à prouver qu’il est chez lui dans Mozart – je me rappelle ma toute première visite à Glyndebourne à l’été 2000, un Cosi fan tutte dirigé par lui révélant à chaque instant les complexités et les grandeurs d’un opéra jadis découvert dans l’austère version Böhm/Schwarzkopf/Ludwig (EMI). Même si la distribution d’Aix 2016 n’est pas d’un niveau exceptionnel, les ensembles , si nombreux dans cet ouvrage, fonctionnent admirablement grâce à l’alchimie créée par Louis Langrée avec l’aide ô combien précieuse du Freiburger Barockorchester. Oserai-je avouer, quitte à encourir les foudres de ceux qui savent, que ça me va très bien quand la fosse et le plateau me contentent et que la scène n’obstrue pas la musique ?

On peut revoir ici ce Cosi fan tutte Aix 2016. Et se faire sa propre opinion sur tous les éléments de cette production. Lire aussi le papier de Raphael de Gubernatis dans L’Obs

COSI FAN TUTTE (Christophe HONORE) 2016
COSI FAN TUTTE, Wolfgang Amadeus Mozart, Direction musicale Louis Langree, Mise en scene Christophe Honore, Decors Alban Ho Van, Costumes Thibault Vancraenenbroeck, Lumiere Dominique Bruguiere, ChÏur Cape Town Opera Chorus, Orchestre Freiburger Barockorchester du 30 juin au 19 juillet 2016 au Theatre de l’archeveche. Avec : Lenneke Ruiten (Fiordiligi), Kate Lindsey (Dorabella), Sandrine Piau (Despina), Joel Prieto (Ferrando), Nahuel di Pierro (Guglielmo), Rod Gilfry (Don Alfonso) (photo by Pascal Victor/ArtComArt)