Nathalie et ses guides

Ce vendredi l’actualité c’était Paris sous l’eau et ses photos spectaculaires.

C’était aussi cette délicieuse soirée dans ce lieu si improbable et si chaleureux qu’est le Théâtre des Bouffes du Nord, autour de Gilbert Bécaud et de ses auteurs.

IMG_3402C’est l’homme de tous les talents, pianiste, chef, compositeur, arrangeur, Bruno Fontaine, qui en a eu l’idée avec le concours de la SACEM.

IMG_3403C’est d’abord cette actrice magnifique, qu’on ne peut qu’aimer profondément, inconditionnellement, Sandrine Bonnaire, silhouette légère dans une légère robe rouge, qui dit sans fard ni artifice des textes de Bécaud ou de ses célèbres paroliers Pierre Delanoë, Louis Amade, Aznavour.., c’est Bruno Fontaine qui connaît tout son piano classique qui parsème ses interventions, ses arrangements, de discrètes allusions à Chopin, Bach, Debussy et tant d’autres, ce sont des chanteurs qu’on n’attendait pas forcément dans Bécaud.

J’avais complètement perdu de vue Jean Guidoni, la silhouette s’est appesantie, la voix s’est arrondie, on pense parfois à Nougaro, et on est heureux de le retrouver. Arthur H nous émeut plus qu’on ne l’aurait imaginé avec Nathalie

Je découvre un beau personnage, Ben Mazué, qui se coule à merveille dans Les marchés de Provence et Quand tu danses.

J’apprécie l’énergie de Clarika, mais moins ses poses et une voix souvent fâchée avec la justesse. Bruno Fontaine, Christophe Willemme à la basse et Daniel Ciampolini à la batterie nous offrent un plein de nostalgie avec un Dimanche à Orly instrumental.

Et puis, une fois encore sans aucune objectivité, on cède à la voix, à la lumineuse présence d’Isabelle Georges – qui a eu une permission de sortie d’un soir du Théâtre La Bruyère (Parlez moi d’amour) -. Elle chante Je t’attends, L’absent et conclut la ronde avec l’une des plus belles chansons de son propre spectacle (Amour Amor) C’est merveilleux l’amour.

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Jeune homme

Il y a des artistes, des chefs d’orchestre qui, l’âge venant, ralentissent l’allure, donnent du temps au temps, et d’autres, plus rares, qui semblent défier les ans. Il n’est que d’écouter les derniers enregistrements d’un Paul Paray (1886-1979), d’un Leopold Stokowski (1882-1977) pour se convaincre que la jeunesse n’a pas d’âge.

Et bien sûr de Pierre Monteux (1875-1964).

Chroniquant pour Diapason des rééditions (dans la collection Eloquence)  du grand chef franco-américain, je regrettais que Decca ne lui ait pas encore consacré un coffret récapitulatif de la série d’enregistrements stéréo réalisés à Londres, Vienne et Amsterdam entre 1956 et 1963 pour Westminster, Philips et Decca. Comme souvent, c’est la branche italienne d’Universal qui a pris les devants et exaucé mon souhait (Pierre Monteux Decca Recordings):

71zPE0gTZSL._SL1245_81ny1mMQjkL._SL1208_On était prêt à se réjouir sans réserve de ce beau coffret de 20 CD, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’il y manque une Symphonie fantastique (Berlioz) et quelques extraits du Songe d’une nuit d’été (Mendelssohn), qui, certes, ne sont pas essentiels, une prise de son acide (1956) n’aidant pas des Wiener Philharmoniker curieusement mal à l’aise…

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Plus grave,  l’une des plus chatoyantes et juvéniles Shéhérazade (Rimski-Korsakov) manque aussi à l’appel… Mystère !

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Mais pour tout le reste, bien sûr dans Debussy et Ravel, mais de manière moins attendue, dans Sibelius, Dvorak, Elgar, et pour Beethoven et Brahms, fringants, allègres, irrésistibles, ce coffret est indispensable.

Tout aussi vivement conseillées, ces prises de concert (en stéréo !) à Boston en 1958 et 1959, qui sont autant de prises de risques, Monteux cravachant l’orchestre, parfois au risque de la rupture. Mais quel souffle !  Les solistes sont logés à la même enseigne, Leonid Kogan – juste avant l’enregistrement officiel pour RCA – solaire dans Brahms, et dans le 1er concerto du même Brahms, le prodigieux Leon Fleisher soudain largué, muet, pendant quelques longues secondes du premier mouvement, mais livrant avec Monteux le rondo  final le plus halluciné de toute la discographie.

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Suites et conséquences : les Français enfin

Ce n’est pas la durée qui fait l’importance d’une fonction ou d’une responsabilité, c’est les changements qu’on imprime, les initiatives qu’on prend.

Rappelez-vous, la critique musicale n’a eu longtemps de cesse de dénoncer l’absence de musique française et de chefs français dans les programmes des orchestres parisiens, et particulièrement ceux de Radio France. Certes les tubes de Ravel, Debussy, Berlioz et basta.

J’aurai au moins réussi à convaincre les directeurs musicaux et les équipes artistiques des formations de Radio France de se réapproprier des répertoires parfois négligés durant de nombreuses années.

Tout récemment Mikko Franck dirigeait un mémorable concert composé de L’enfant et les sortilèges de Ravel et de l’Enfant prodigue de Debussy (Mikko Franck Ravel et Debussy). 

Mais, compte-tenu des délais de préparation d’une saison, c’est naturellement à partir de la saison 16/17 que les décisions prises de faire une place beaucoup plus importante – et légitime ! – à la musique française notamment dans la programmation de l’Orchestre National de France, produisent leurs effets (La saison 2016/17 de Radio France). Et pour la première fois depuis très longtemps, 6 chefs d’orchestre français sont invités à l’ONF dans une même saison, les mêmes qui font de brillantes carrières dans le monde entier et qui étaient encore rares dans leur pays natal.

A Stéphane Denève l’honneur d’ouvrir le ban avec deux magnifiques programmes exclusivement français (Ibert, Schmitt,  Saint-Saëns, Ravel, Milhaud, Connesson, Poulenc…)

DENEVE Stéphane @SWR Uwe Ditz

Stéphane Denève qui avait signé avec Eric Le Sage, Frank Braley et l’orchestre philharmonique de Liège la référence moderne des concertos de Poulenc, qui reste un bestseller souvent réédité par Sony.

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Deux semaines après Stéphane Denève, c’est un autre jeune chef français, Fabien Gabel qui dirige Debussy, Berlioz et Richard Strauss au théâtre des Champs-Elysées (Fabien Gabel / ONF).

Jean-Claude Casadesus continuera de fêter ses 80 printemps avec un programme emblématique (Jean Claude Casadesus / ONF)

Lui succèdera un autre octogénaire, Bernard Haitink, qui a lui-même composé son programme. Eloquent ! Gloria de Poulenc et l’intégrale de Daphnis et Chloé de Ravel !

HAITINK Bernard @Clive Barda

Emmanuel Krivine peut bien se permettre des échappées orientales, lui qui a si souvent et excellemment servi la musique française (Krivine / Rachmaninov / Dvorak) et qui continuera, on l’espère de toutes ses forces, à s’en faire le héraut avec l’ONF.

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Au printemps c’est Alain Altinoglu qui avec Anne Gastinel, proposera Prokofiev, Bloch, Dutilleux et Roussel (Altinoglu / ONF / Gastinel).

Puis un beau doublé pour Louis Langrée : une série de représentations de Pelléas et Mélisande au Théâtre des Champs-Elysées (Pelléas et Mélisande / Louis Langrée), et un concert avec Nelson Freire (dans le 4ème concerto de Beethoven) et, en écho à Debussy, le poème symphonique de Schoenberg... Pelléas et Mélisande (Schoenberg / Pelléas / Langrée)

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Du côté de l’Orchestre philharmonique de Radio France, le répertoire français et notamment les compositeurs du XXème siècle ne seront pas négligés, bien au contraire. Et on peut faire confiance à Sofi Jeannin, la cheffe des deux formations vocales de Radio France, le Choeur et la Maîtrise, pour exciter la curiosité du public et lui livrer Fauré, Duruflé, Messiaen, et tant d’autres.

Comme je l’écrivais hier (Suites et conséquences), il faut parfois croire que l’impossible est possible….

 

Une tragédie, une Passion, deux anniversaires

Le Roi des Belges l’a dit hier soir : le 22 mars ne sera plus jamais une journée comme une autre. Comme le 7 janvier ou le 13 novembre.

Après l’effet de sidération qui s’empare des témoins d’une catastrophe, et des spectateurs impuissants derrière leur écran d’ordinateur ou de télévision, il y a cette monstrueuse perception de la réalité : un homme, une femme, un enfant, qu’on connaissait, une relation de travail, un(e) collègue, qui ne reviendront plus. Ou meurtris dans leur chair et leur corps.

922938_1081115541944829_8653531850999905940_nEt puis la vie continue, the show must go on. C’était ce mardi 22 mars qu’on avait choisi pour voir la nouvelle production du Châtelet à Paris, Passion de Stephen Sondheim. 

Le célèbre théâtre parisien était bien gardé, mais le public était au rendez-vous. Jean-Luc Choplin n’a pas eu besoin de longs discours pour inviter la salle à une longue et dense minute de silence, suivie de l’hymne national belge, La Brabançonne, joué par l’orchestre philharmonique de Radio France présent dans la fosse. Pour moi, tant de souvenirs qui me reliaient à mes amis belges et à mes années liégeoises. Dans sa Berceuse héroïque, Debussy rend hommage au Roi des Belges et au peuple belge en général pour leur attitude héroïque lors des premiers jours de la Grande Guerre, il cite La Brabançonne :

Une incroyable coïncidence veut que ce 22 mars marquait aussi un double anniversaire : celui du compositeur lui-même, Stephen Sondheim, né le 22 mars 1930 à New York, et celui de la grande Fanny Ardant, qui a mis en scène ce superbe spectacle (née le 22 mars 1949 à Saumur).

Il faudrait citer tous ceux qui ont fait de cette Passion une totale réussite, musicale, scénique, qui ont éclairé ce sombre 22 mars d’une lueur d’optimisme sur la nature humaine, sur la force de l’amour.

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Printemps qui commence

Je n’ai jamais su si le printemps commençait le 20 ou le 21 mars. Tout dépend de l’équinoxe, et si j’en crois les spécialistes, c’était hier aux aurores (http://www.linternaute.com/actualite/societe/1218670-equinoxe-de-printemps-pourquoi-le-printemps-2016-est-si-precoce-19-mars-2016/)

Peu importe, la musique ne s’embarrasse pas d’autant de précision. Les saisons sont un éternel sujet d’inspiration, et les plus célèbres sont connues de tous (Vivaldi, Haydn, 1ere symphonie de Schumann, etc.).

Quelques printemps moins connus que d’autres pour commencer cette dernière semaine de mars.

L’un des grands airs de l’opéra de Saint-Saëns, Samson et Dalila, est un redoutable piège pour toutes les cantatrices qui s’y frottent, puisque la principale difficulté de la langue française pour les non francophones, la prononciation des diphtongues – en/an/in -, s’y trouve concentrée dès les premiers mots : Printemps qui commence, portant l’espérance Chez beaucoup, et les plus illustres, ça donne à peu près : Prê-tâ qui com-mâce !

Evidemment, c’est un reproche qu’on ne peut pas faire à la plus grande Dalila du XXème siècle, la très regrettée Rita Gorr (1926-2012)

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Glazounov, né en 1885 à Saint-Pétersbourg, et mort il y a tout juste 80 ans, le 21 mars 1936… à Neuilly sur Seine, est le type même d’excellent faiseur, qui n’atteint jamais au génie, mais dont l’oeuvre n’est pas négligeable dans l’histoire de la musique russe. Sous la baguette de Svetlanov, son Printemps évoque éloquemment l’éveil de la nature.

Le jeune Rachmaninov a lui aussi dédié au Printemps une cantate beaucoup trop méconnue

Charles Dutoit en a gravé une version de référence à Philadelphie (avec deux autres chefs-d’oeuvre trop peu joués, Les Cloches et les trois chants russes.

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Debussy a quant à lui signé un poème symphonique, Printemps, plutôt rare au concert. Hommage en passant à Pierre Boulez, disparu en ce début d’année 2016 :

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Up and down

Un résumé de l’actualité de la semaine ? Faite de hauts et de bas, en effet.

On avait apprécié le beau spectacle proposé par le Théâtre des Champs-Elysées (https://jeanpierrerousseaublog.com/2016/02/17/ceci-nest-pas-un-opera/), on était très curieux de découvrir ce que pouvait donner, installé place des Nations à Genève, l’ancien théâtre éphémère de la Comédie-Française jadis installé dans les jardins du Palais Royal à Paris. Avec un Alcina de Haendel prometteur sur le papier.

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La critique a plutôt aimé (http://abonnes.lemonde.fr/musiques/article/2016/02/19/opera-alcina-dotee-de-nouveaux-charmes_4868196_1654986.html). Seul bémol – et de taille – de ma part, je n’aime pas la vulgarité gratuite de la mise en scène et le surlignage permanent des intentions et des gestes.

Autre sujet qui, malheureusement, reste d’actualité : le nom d’un orchestre (https://jeanpierrerousseaublog.com/2016/02/09/une-forme-olympique/). Réjouissante séquence hier dans Le Petit Journal de Canal +

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-le-petit-journal/pid6515-le-petit-journal.html?vid=1364380

C’est le nom d’Umberto Eco qui fait l’actualité mortuaire ce matin. Le personnage est sans doute immense, et on attend la déferlante des hommages. Je serais bien incapable d’y ajouter le mien. Je n’ai pas lu Eco (mais n’ayant pas été ministre de la Culture je ne risque pas l’opprobre) ni même vu le film Le Nom de la rose. J’ai tort sans doute.

Un toujours bien vivant, lui, à bientôt 80 ans, le chef suisse Charles Dutoit à qui son éditeur historique Decca rend un hommage justifié, en même temps qu’il célèbre une aventure artistique exceptionnelle de 25 ans entre lui et l’orchestre symphonique de Montréal. Par bien des aspects, Dutoit est l’héritier du grand Ernest Ansermet (1883-1969). Il a rarement suscité l’enthousiasme de la critique européenne, sous des dehors de dandy élégant, le chef n’est pas dépourvu de caractère. Et quand on écoute ses enregistrements à l’aveugle – c’est arrivé plusieurs fois dans des émissions de critique de disques – il n’est pas rare que, dans la musique française en particulier, que ses disques obtiennent le haut du classement.

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35 CD généreusement remplis qui méritent beaucoup mieux qu’un coup d’oreille distrait. Et de nombreuses pépites dans la musique française.

http://bestofclassic.skynetblogs.be/archive/2016/02/20/dutoit-80-8571057.html#more

Poésie de l’amour et de la mer

Il y a des oeuvres qui vous accompagnent, jalonnent votre existence, sans raison précise, sauf une peut-être : une résonance intime (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/11/26/lamour-et-la-mort/)

Samedi soir, au théâtre des Champs-Elysées, c’était une occasion nouvelle d’entendre le Poème de l’amour et de la mer de Chausson (https://fr.wikipedia.org/wiki/Poème_de_l%27amour_et_de_la_mer). La soliste annoncée, Anna Caterina Antonacci, étant aphone, il a fallu en très peu de temps trouver une « remplaçante » à la hauteur d’une partition exigeante, la merveilleuse Gaëlle Arquez qui avait assuré les concerts des 4,5 et 7 février et avait depuis elle aussi succombé à la grippe, a accepté de sauver ce concert. Et de quelle manière ! Voix longue, pulpeuse, épousant chaque inflexion de la poésie parfois désuète de Bouchor et des courbes sensuelles de la musique de Chausson.

Mais, on l’aura compris, les héros de la soirée c’étaient les musiciens de l’Orchestre des Champs-Elysées et Louis Langrée (http://www.orchestredeschampselysees.com/fr/concert/louis-langrée-dirige-debussy).

Je n’avais pu malheureusement assister à aucune des représentations du Pelléas données à l’Opéra Comique, en février 2014, par le même équipage.

Je m’étais rattrapé avec le concert – un programme typique de l’ancien directeur musical de l’Orchestre philharmonique de Liège ! – avec déjà Chausson et son unique et bien trop rare Symphonie (http://www.diapasonmag.fr/actualites/critiques/concert-debussy-faure-et-chausson-de-louis-langree-avec-l-orchestre-des-champs-elysees)

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(Petit message en passant à Universal : à quand une réédition d’un enregistrement paru en 2005 qui est cité dans tous les guides comme une référence pour les deux symphonies, et pour Franck placé en tête par La tribune des critiques de disques de France Musique le 25 janvier 2009 – http://www.lalibre.be/regions/liege/l-opl-et-louis-langree-la-reference-51b8a5f3e4b0de6db9b56547).

Samedi soir, c’était donc une fête de la musique française, et de sonorités « authentiques » qui, contrairement aux craintes du chef, passaient parfaitement la rampe de l’acoustique réputée sèche de la salle de l’avenue Montaigne.

Je connais depuis longtemps l’art si caractéristique de Louis Langrée dans cette musique : clarté, précision, élan, volupté des lignes. Dans l’Hymne à la justice de Magnard, on attend la puissance du grand orchestre romantique, voire wagnérien; ce qu’on n’avait pas en masse, on l’a eu dans la vérité des timbres et l’équilibre entre fougue et poésie. D’une intensité incroyable.

Mêmes remarques pour le Poème de l’amour et de la mer de Chausson, où orchestre et voix doivent partager flux et reflux, force et sensualité.

On était évidemment très curieux du résultat sonore de La Mer de Debussy. Louis Langrée connaît l’oeuvre dans tous ses recoins – il l’a plus d’une fois démontré pendant son mandat liégeois – mais la beauté, l’acuité des sonorités de tous les pupitres, si sollicités, de l’orchestre des Champs-Elysées, nous révélaient comme jamais les alliages sonores, les mélismes sensuels d’une  partition qu’on croyait savoir par coeur. Le chef ose des tempos qui semblent une évidence : il presse le pas dans le 2ème mouvement (Le jeu des vagues) au point d’évoquer la houle tourmentée de la Valse de Ravel, il ménage au contraire d’incessants contrastes rythmiques dans le Dialogue du vent et de la mer. En bis, un Prélude à l’après-midi d’un faune autrement plus libre et souple qu’en février 2014, fruit de ce nouveau compagnonnage chef/musiciens. On espère qu’il sera renouvelé !

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On a lu dans le programme que le concert de samedi sera diffusé sur France Musique le 2 avril prochain à 14 h.

Edition limitée

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Je l’avais promis hier, tout cet article est consacré à la plus belle parution discographique de l’année, une édition limitée certes, qui a son prix – mais amplement justifié – le plus bel hommage qui pouvait être rendu à Sviatoslav Richter pour le centenaire de sa naissance.

Ce n’est pas une compilation de plus, comme il y en eut tant pour ce pianiste, et pas toujours des plus soignées.

Ici ce ne sont que des enregistrements de concert en Russie, pour l’essentiel à Moscou, captés par la radio d’Etat, fantastiquement retravaillés, remastérisés, par ce qui fut le label soviétique, Melodia, qu’on a bien cru voir disparaître après l’éclatement de l’URSS. Et c’est tout simplement prodigieux, exceptionnel, on est en manque de qualificatifs. Comme je l’écrivais hier, l’occasion aussi de redécouvrir, s’il en était besoin, l’un des plus grands chefs russes du XXème siècle, Kirill Kondrachine, le partenaire le plus fréquent de Richter dans les concertos, et par exemple dans le Triple de Beethoven où l’on retrouve le même trio de luxe qu’avec Karajan, Richter, Oistrakh, Rostropovitch… Revue de détail ci-dessous.

Encore un mot sur l’objet, très beau boîtier noir, pochettes cartonnées or et blanc, livret quadrilingue (russe, anglais, français, allemand) remarquablement documenté, et même un grand sac de coton blanc à l’effigie du coffret !

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CD 1 Schubert Sonate 21 D 960 / Schubert-Liszt Erlkönig / Moussorgski Tableaux (8 décembre 1949)

CD 2 Bach extr.cantate 202 / Mozart 3 mélodies / Debussy C’est l’extase langoureuse / Chausson Le colibri / Ravel Cinq mélodies grecques (répétition privée) – Mozart Komm liebe Zither, Die Alte / Liszt Vergiftet sind meine Lieder / Schumann Mit Myrten und Rosen / Weckerlin Belle Manon / Falla Seguedilla / Debussy Noël des enfants qui n’ont plus de maison (Bucarest, 24 mai 1958) + Nina Dorliac, mezzo soprano.

CD 3 Haydn Sonate 50 / Chopin Ballade 3, Scherzo 4 / Schumann Novellettes op.21 (24 septembre 1960)

CD 4 Debussy Reflets dans l’eau, Hommage à Rameau, L’Isle joyeuse, Cloches à travers les feuilles, Les collines d’Anacapri (24 septembre 1960 / Franck Quintette piano (studio 1956) + Quatuor du Bolchoi

CD 5 Brahms Concerto 2 + bis 4e mvt / Beethoven Rondo si b M (28 mai 1967) + Kondrachine*

CD 6 Beethoven Concertos 1 et 3 (8 mai 1962) + Kondrachine

CD 7 Beethoven Sonates 17,18,27,28 (10 octobre 1965, à la mémoire d’Heinrich Neuhaus)

CD 8 Prokofiev Sonate 7 / Scriabine Sonate 7 / Ravel Valses nobles et sentimentales (10 décembre 1964)

CD 9 Beethoven Sonate 31 (10 octobre 1965, à la mémoire d’Heinrich Neuhaus) / Ravel Miroirs, Jeux d’eau / Rachmaninov Etude Tableau op.39/3 / Brahms Rhapsodie op.79/2 (10 décembre 1964)

CD 10 Hindemith Sonate violon / Berg Kammerkonzert (18 mai 1976) + Kagan, vi Ens.vents Conservatoire Moscou, Nikolaievski

CD 11 Prokofiev Sonates 2,4,6 (2 mai 1966)

CD 12 Mozart sonate violon K402, Beethoven sonates violon 2,4,5 (27 octobre 1975, à la mémoire de David Oistrakh) + Kagan

CD 13 Tchaikovski Extr.Saisons, Nocturne, Valse scherzo, Humoresque, Capriccioso, Valse, Romance / Rachmaninov Etudes-Tableaux op.33/4,5,8, op.39/1,2,3,4,9 (1er juin 1983, inauguration de la salle Rachmaninov du Conservatoire de Moscou)

CD 14 Même programme que CD 12 (2 juin 1983) sauf Tchaikovski Romance, Un poco di Chopin, L’Espiègle, Rêverie du soir, Chanson triste, Menuetto scherzoso, Valse de salon, Méditation

CD 15 Schubert Sonates D 566, 625, 664 (18 octobre 1978, 150eme anniversaire de la mort de Schubert)

CD 16 Schubert Sonates D 894, 566 (2 mai 1978, à la mémoire d’Heinrich Neuhaus)

CD 17 Schubert Scherzo 2, Andante D 604, Ländler D 366, Moments musicaux D 780/1,2,3 (2 mai 1978), Ecossaises D 774, extr.Danses allemandes D 790, Impromptu D 899/3 (18 octobre 1978), Marche D 606, Impromptus D 899/2,4 (3 mai 1978)

CD 18 Beethoven Triple concerto (20 mars 1972) + Kondrachine, Oistrakh, Rostropovitch / Dvorak Concerto (21 mai 1961) + Kondrachine

CD 19 Franck Trio piano / Ravel Trio piano (18 septembre 1983) + Kagan, Gutman

CD 20 Beethoven Sonate 1 / Schumann Carnaval de Vienne / Chopin Polonaise Fantaisie, Valses op.14/3, 70/3, Mazurkas op.63/3, 67/3, 68/3 post. (10 décembre 1976)

CD 21 Chopin Etude op.10/4, Etude op.25/7, Scherzo 4, Prélude op.28/15 / Debussy Le vent dans la plaine, Ondine, Bruyères / Rachmaninov Prélude op.32/12 (10 octobre 1976) Debussy Reflets dans l’eau, Hommage à Rameau, Mouvement, Cloches à travers les feuilles (18 septembre 1983)

CD 22 Beethoven Sonates 1, 7, 9, 12 (16 octobre 1976)

CD 23 Mozart Concerto 22 / Prokofiev Concerto 5 (12 mai 1967) + Kondrachine

CD 24 Britten Concerto (12 septembre 1967) / Scriabine Prométhée (3 avril 1972) + Svetlanov, OS URSS

CD 25 Haydn Sonate 22 / Chopin Ballade 1, Nocturnes op.62/2, 72/1 / Debussy Préludes II (26 mai 1967)

CD 26 Bartok sonate violon 1 / Prokofiev sonate violon 1 (29 mars 1972) + Oistrakh

CD 27 Brahms sonate violon 2 / Schubert Grand duo, andantino / Beethoven sonate violon 1, allegro (29 mars 1972) Franck Sonate violon (28 décembre 1968) + Oistrakh

CD 28 Brahms sonate violon 3 / Schubert Grand Duo / Beethoven Sonate violon 6, adagio, Sonate violon 5, scherzo (28 décembre 1968) + Oistrakh

CD 29 Beethoven sonates violon 1,3,10 (6 mai 1970) + Oistrakh

CD 30 Beethoven sonate violon 5 / Brahms Sonate violon 3 / Chostakovitch sonate violon (3 mai 1969) + Oistrakh

CD 31-32 Bach Clavier bien tempéré livre I (20 et 21 avril 1969)

CD 33 Schumann Bunte Blätter, Albumblätter, Novellette, Prélude, Marche, Abendmusik, Scherzo, Geschwindmarsch / Moussorgski Tableaux (15 décembre 1968)

CD 34 Beethoven Sonates 27, 28, 30,31 / Brahms intermezzo op.118/1, capriccio op.116/3, intermezzo op.116/5 (10 octobre 1971)

CD 35 Schubert Sonate D 958 / Brahms Capriccios op.116/3,7 , Intermezzi op.116/5,6 / Chopin Nocturnes op.15 (6 octobre 1971)

CD 36 Beethoven Sonates 3,4 (12 janvier 1975)

CD 37 Beethoven Sonate 32, Bagatelle op.126/1 / Chopin nocturne op.9/1 / Wagner Elégie (12 janvier 1975) Debussy Images I, Hommage à Haydn / Rachmaninov Préludes op.32/1, 23/8, 23/7 (6 octobre 1971)

CD 38 Mozart concerto 17 (22 décembre 1968) + Barchai OC Moscou / Berg Kammerkonzert (9 avril 1972) + Kagan, Barchai, OS radio Moscou

CD 39 Mozart concerto 14 / Beethoven concerto 3 (27 mai 1973) + Barchai OC Moscou

CD 40 Mozart concerto 18 (9 et 10 janvier 1977) + Kondrachine

CD 41 Miaskovski sonate 3 / Chostakovitch Préludes op.87/19,20,21,22 / Prokofiev Sonate 8 (22 décembre 1974)

CD 42 Bach Concertos BWV 1052, 1057, 1050 (25 mars 1978) + Nikolaievski ens.ch.Conservatoire Moscou

CD 43 Mozart Concerto 27 (29 décembre 1976) + Kondrachine / Schumann Concerto (28 mars 1973) + Barchai OS URSS

CD 44 Chostakovitch Sonate alto (26 décembre 1982) + Bashmet

CD 45 Haydn Sonate 2 / Brahms Sonate violon 1 / Chostakovitch Sonate violon (13 mai 1985) + Kagan

CD 46 Beethoven Sonates 6,7,17 (21 décembre 1980)

CD 47 Beethoven Sonate 18 / Chopin Etude op.10/12 (21 décembre 1980) Schubert Sonate D 566 (28 mai 1964) Liszt Concerto pathétique (8 janvier 1959) + Ginsburg

CD 48 Brahms Sonate 2, Klavierstücke op.119 / Szymanowski Sonate 2 (8 janvier 1959)

CD 49 Schubert Klavierstücke D 946 / Mendelssohn Variations sérieuses / Brahms Ballade op.10/2, Capriccio op.76/8, Intermezzi op.116/3,5,6,7 (28 mai 1964)

CD 50 Prokofiev Sonate 9, Légende op.12/6, extr.Visions fugitives, Valse de Guerre et Paix, Cendrillon, extr. (8 juin 1979)

*Kondrachine : toujours avec l’Orchestre Philharmonique de Moscou

** Sauf mention contraire, tous ces enregistrements ont été faits dans la grande Salle du Conservatoire de Moscou.

P.S. J’ai personnellement commandé (au meilleur prix disponible) ce coffret sur http://www.amazon.it.

La révélation Dinorah

Le nom me disait quelque chose, Jean-Charles Hoffelé avait attisé ma curiosité sur Facebook, je m’étais aussitôt mis en quête du précieux objet et j’ai dû attendre 24 heures pour le découvrir, le postier n’ayant rien trouvé de mieux que de coincer le paquet dans ma boîte aux lettres.

Et depuis, elle ne me quitte quasiment plus. Elle ? Dinorah Varsi, une pianiste dont la disparition, à 73 ans, au début de l’été 2013, m’avait laissé indifférent (http://www.diapasonmag.fr/actualites/a-la-une/la-pianiste-dinorah-varsi-est-morte).

Pourtant je me rappelle maintenant, quelques mois après la mort de mon père (le 6 décembre 1972), j’avais acheté à prix de souscription, un double album 33 tours Philips des concertos de Chopin, Dinorah Varsi au piano, Jan Krenz (un chef polonais que je retrouverais bien des années plus tard avec l’orchestre de Liège) dirigeant l’orchestre philharmonique de Monte Carlo (à l’époque il s’appelait encore orchestre national de l’opéra de Monte-Carlo !).

Mais j’avais complètement perdu de vue cette pianiste, qu’on ne citait jamais, ou si peu, dans mes revues favorites.

Et voilà qu’un éditeur allemand courageux publie quelque chose de magnifique, de somptueux, un considérable coffret de format 33 tours, à un prix dérisoire compte-tenu du travail qui a dû précéder cette publication.

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La totalité des enregistrements studio (au début pour Philips) de celle qui fut lauréate du Concours Clara Haskil en 1967, 13 CD de concerts, 5 DVD, 1 audio CD d’entretiens, et un livre de 112 pages.

Je suis encore loin du compte, et ce coffret va me nourrir encore des jours et des soirs, mais déjà ces Chopin… Pas le souvenir d’avoir entendu jusqu’à présent, même chez les très grands, une aussi parfaite combinaison entre beauté du son, rigueur du chant, exactitude des tempi, respiration belcantiste, éloquence narrative.

J’ai un point de repère, la Première Ballade. Tant s’y fourvoient, incapables de liberté et de poésie dans le chant initial, suspendu, confondant vivacité et précipitation en avalant les traits périlleux de la dernière partie. Alors qu’il suffit de chanter, toujours, même quand Chopin vire à la virtuosité. J’avais dans l’oreille la perfection d’Arturo Benedetti Michelangeli, j’aurai désormais la merveille délivrée par Dinorah Varsi, une autre manière de perfection.

Et les si fabuleuses Etudes, les deux cahiers des opus 10 et 25, trop souvent scolaires, comme à un concours du plus vite, plus fort, plus démonstratif. De nouveau, j’aurai à côté du « live » exceptionnel de Geza Anda de l’opus 25, les deux cahiers captés eux aussi en concert, à Schwetzingen, dans un son magnifique, de Dinorah Varsi. Une technique supérieure, un contrôle phénoménal des doigts, une virtuosité jamais vaine et prima la musica ! (moi qui n’aime pas beaucoup la 12eme étude de l’opus 10 dite « Révolutionnaire » parce que ce n’est le plus souvent que prétexte à épate, ici je rends les armes tellement c’est beau, animé d’un vrai souffle romantique !).

Et on ne parle pas de tout ce qu’on n’a pas encore écouté (Schumann, Ravel, Debussy, Beethoven)… ah si quand même la plus belle, je pèse mes mots, sonate D 664 de Schubert.

Et les concertos ? Un coup d’oreille aux tubes : le 1er de Tchaikovski, le 2eme de Rachmaninov, enregistrés dans les années Philips à Rotterdam. Vous ne pourrez plus jamais écouter les pachydermiques versions Richter-Karajan 22’10 le 1er mouvement (ou pire Kissin-Karajan ! 24′)  là où Varsi et Gardelli en prennent 18’20 pour le Tchaikovski ou Weissenberg -Karajan pour le Rachmaninov.

Ecoutez ce début du 2eme de Rachmaninov, ça avance droit, mais ça chante toujours… et on entend tout. (Le repiquage en CD est bien meilleur). Ecoutez la Rhapsodie sur un thème de Paganini, écoutez la pureté de son Mozart...

Je me demande comment j’ai pu vivre jusqu’ici en ignorant cette immense musicienne. Il me reste à rattraper le temps perdu et à vous conseiller de faire de même. Faites-vous offrir ce coffret pour les fêtes ! Indispensable.

Détail de toutes les plages de ce coffret (et possibilité d’écouter un extrait de chacune ! ) : (http://www.amazon.fr/Dinorah-Varsi-Legacy-collected-recordings/dp/B015OPMDCS/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1449417683&sr=8-1&keywords=dinorah+varsi)

La porte du vin

Les souvenirs sont traîtres. Enfant, on voit tout plus grand, plus vaste – maisons, paysages, personnages – qu’ils ne sont en réalité. Adulte, on fait l’inverse, la mémoire sélectionne, réduit. À tort !

Je n’étais pas revenu à Grenade depuis 1999, et si je n’y avais pas été convaincu de le faire, je n’aurais probablement pas revisité l’Alhambra. Ces vacances andalouses devaient rester à l’écart des attractions touristiques. J’ai parfois d’étranges réflexes – besoin de solitude, d’anonymat – j’aurais longtemps regretté de ne pas céder à une aussi bénéfique invitation. Parce que, précisément, le souvenir gardé de mes précédentes visites était très en deçà de la réalité de cette journée dans Grenade et plus précisément à l’Alhambra.

La première fois, c’était, il faut bien le dire, une folie qu’on aurait du mal à imaginer aujourd’hui : tout un week-end de France Musique à Grenade. Claude Samuel* m’en a rappelé les dates précises : 22,23,24 juin 1996. Une folie, mais en même temps une fierté pour Radio France et sa chaîne musicale !

Le grand intérêt de ce week-end dédié à Manuel de Falla (https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuel_de_Falla) était la reconstitution sonore et visuelle d’une partition inachevée (elle le sera par Ernesto Halffter), une « cantate scénique », L’Atlantide. Sur le parvis de la cathédrale de Grenade. Et comme c’était un dimanche soir, impossible de recourir au soutien technique de la Radio nationale d’Espagne… qui ne travaillait pas le dimanche. Ce fut donc toute une équipe de Radio France qui assura non seulement le direct pour les auditeurs de France Musique, mais aussi la sonorisation du concert ! De l’oeuvre elle-même et de la prestation des artistes ce soir-là, je n’ai pas gardé un souvenir marquant…

En revanche, si nous avions eu peu de temps pour parcourir l’Alhambra au pas de course, nous avions pu bénéficier d’une visite émouvante de la maison où Falla s’était installé à partir de 1921 sur le flanc de la colline de l’Alhambra, aujourd’hui transformée en musée (Attention aux heures d’ouverture ! j’ai voulu y retourner avant-hier, j’ai trouvé porte close !)

J’étais revenu en Andalousie à Grenade, Malaga, Cordoue et Séville à l’occasion de la Semaine Sainte en 1999. Mais j’avais gardé une mémoire imprécise ce que j’avais vu à Grenade. Mémoire abondamment rafraîchie et enrichie ce 18 août. IMG_0717 IMG_0730 IMG_0813C’est cette fameuse Puerta del Vino qui inspira à Debussy le 3eme de son second livre de Préludes, Debussy qui écrivit La soirée dans Grenade – deuxième de ses Estampes – sans parler de la deuxième de ses Images pour orchestre, Iberia, sans jamais avoir mis les pieds en Espagne…

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On reviendra bientôt sur une oeuvre centenaire, ces fameuses Nuits dans les jardins d’Espagne de Falla, écrites en 1915 (alors que le compositeur n’habitait pas encore Grenade), dont le premier volet est une évocation des jardins du Generalife de l’Alhambra.

*Claude Samuel, directeur de la Musique de Radio France de 1989 à 1996.

P.S. Perdu dans la sierra proche de Malaga, je dois me  contenter d’une liaison internet très lente et aléatoire. Pour plus de photos et de documents, il faudra attendre le retour à Paris !

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