Le grand chef hollandais Bernard Haitink, disparu il y a cinq ans, a déjà bénéficié de magnifiques rééditions de sa discographie, d’abord avec le Concertgebouw d’Amsterdam, puis au printemps dernier avec l’orchestre philharmonique de Londres. Restait à rassembler les enregistrements réalisés à Berlin, Vienne ou Boston, où le chef était régulièrement invité.
31 CD
Mahler Symphonies Nos. 1-7; Symphony No. 9; Symphony No. 10; Lieder eines fahrenden Gesellen (BPO) Poulenc Organ Concerto (Thomas Hurford) Mark-Anthony Turnage Some Days (orch.jeunes Communauté européenne) Schumann Cello Concerto, Op. 129; Adagio & Allegro, Op. 70; Fantasiestücke, Op. 73; 5 Stücke im Volkston, Op. 102 (Heinrich Schiff) Stravinsky The Firebird; Scherzo à la russe; Petrushka; Scènes de ballet; Le Sacre du Printemps; Pulcinella (BPO) Violin Concerto (David Oistrakh, orch. Lamoureux) Beethoven Fidelio (Norman, Dresde) Berlioz Symphonie fantastique (VPO) Brahms Symphonies Nos. 1-4; Tragic Overture, Op. 81 (Butry sur Oise) Piano Concerto No. 2 (Ashkenazy VPO) Ein deutsches Requiem, Op. 45; Schicksalslied, Op. 54, Nänie; Alt-Rhapsodie; Haydn Variations (VPO) Bruckner Symphony No. 3; Symphony No. 4; Symphony No. 5; Symphony No. 8; Te Deum (VPO) Ravel Daphnis et Chloé; La Valse; Rapsodie espagnole; Menuet antique; Ma mère l’oye; Boléro; Alborada del gracioso; Le Tombeau de Couperin; Valses nobles et sentimentales (BSO)
BPO : orchestre philharmonique de Berlin / VPO : orchestre philharmonique de Vienne / Butry sur Oise : orchestre symphonique de Boston)
Très peu de redécouvertes, mais quelques surprises, comme une symphonie fantastique plus poétique que frénétique, tout un ensemble Ravel qui bénéficie de la tradition bostonienne forgée par Munch et Ozawa.
Pour Mahler et Bruckner, la comparaison entre les captations réalisées à Amsterdam, puis plus récemment à Munich avec l’orchestre de la radio bavaroise, n’est pas sans intérêt, même si les permanences de l’art du chef – lisibilité, fluidité, plus que monumentalité – se coulent dans les spécificités sonores des Berlinois ou des Viennois.
Le piano d’Aline van Barentzen
J’avais jadis un ou deux disques de la collection économique Trianon chez EMI, des sonates de Beethoven entre autres, d’Aline van Barentzen (1897-1981) dont ma professeure de piano au conservatoire de Poitiers avait été l’élève au conservatoire de Paris. Je désespèrais de jamais retrouver cela en CD, jusqu’à ce que je découvre au début de l’été un coffret publié par Meloclassic, 9 CD remplis de pépites
Comment se fait-il que cette artiste ait une discographie aussi mince, en dehors de ces heureuses captations de concert ?
On ne m’en voudra pas d’aller rechercher – de retour du Brésil – ces précieux témoignages de la collaboration entre le plus grand compositeur brésilien du XXe siècle, Heitor Villa-Lobos, et la pianiste franco-américaine.
Warner serait bien inspiré de rééditer au moins les quelques enregistrements réalisés pour La Voix de son Maître, ses Beethoven en particulier !
Jörg Demus chez Schumann
Lorsqu’il est mort en 2019, j’avais fait un portrait très personnel de Jörg Demus : Le piano poète. Encore un artiste dont la discographie est dispersée ô combien! Dans la même collection Meloclassic, j’ai repéré un double album pour l’essentiel consacré à Schumann et à des prises de concert réalisées à Dresde.
Et toujours dans mes brèves de blog, les grands bonheurs et les petits malheurs de ces derniers jours.
C’est mon troisième séjour au Brésil. La première fois c’était en février 2006 pour le carnaval de Rio, un cadeau d’anniversaire. La deuxième c’était pour la tournée sud-américaine de l’Orchestre philharmonique de Liège et trois concerts, deux à Sao Paulo, un à Rio de Janeiro. Cette fois vacances pures que je n’ai pas eu à organiser, juste à suivre sans tracas, dans une région très particulière au nord de ce pays-continent, les Lençóis Maranhenses.
Une immensité de dunes et de lagons vue d’avion
9 août. Vol Paris-Fortaleza à l’heure, sans perturbation. Deux ou trois films français, des comédies que je ne serais jamais allé voir au cinéma, ou n’aurais même regardé à la télévision. Déception relative pour le dernier Toledano-Nakache Juste une illusion.
Fortaleza est une cité de près de 3 millions d’habitants. Un bord de mer qui ne peut que rappeler Rio, en nettement plus réduit. Foules familiales le soir, dans une température tropicale, foule de joggers tôt le matin. L’hôtel est apprécié des Français manifestement, l’équipage d’Air France y loge. Dîner bon sans être exceptionnel. On s’endort tôt. Le décalage horaire est de 5 heures.
10 août. Le lendemain vol pour Sao Luis, jadis port français. Hôtel impersonnel en bord de mer. On nous a déconseillé une balade dans le centre un peu historique. Je ne sais quoi penser de ces réputations faites à l’avance de « villes les plus dangereuses du monde ». Dîner assez typique, plutôt original : une sorte de hochepot de crevettes dans une citrouille évidée. Après une caipirinha lentement dégustée au bord de la piscine.
Les choses sérieuses commencent le 11 août. Levé aux aurores, départ en voiture à 7h pour Barrineira, aux portes du fameux désert blanc et ses lagons verts. Il faut être arrivé avant 11h30 sur le petit aéroport local pour un tour en avion au-dessus du Parc national. Le Cessna antique de la compagnie Fly Lençois qui héberge le pilote et trois passagers, nous deux et une jeune guide touristique, n’est pas très rassurant. Jorge nous rassure, ce sera un peu « bumpy » au départ. Ce sera « bumpy » tout du long à cause de quelques coups de vent. Je n’aime pas ça mais je n’éprouve plus ce stress, cette peur parfois irrationnelle qui me saisissaient lorsqu’un avion, petit ou grand, est pris dans des turbulences, l’effet des médicaments que je prends sans discontinuer depuis mon « accident » ?
Le spectacle est extraordinaire, véritablement unique, et on n’a pas encore la pleine mesure de son caractère exceptionnel qu’on mesurera ensuite en parcourant le parc.
L’après-midi on nous lâche à un petit embarcadère dans une grosse barque à moteur qui doit nous conduire à Atins, un ancien village de pêcheurs entièrement construit sur le sable. Pas de route, pas de chemin goudronné. On va loger quatre nuits dans un petit ensemble de huttes simplement mais joliment aménagées, et expérimenter tous les moyens de découvrir le village, ses petites plages et surtout ses environs de dunes et de lagons. Le soir même on entreprend d’aller à pied au Beach Bar qui dépend de la « villa » où nous logeons (propriétaire de trois établissements dans la localité) : objectif crevettes et langoustes. Portions trop importantes pour mon petit appétit du soir. Retour à pied. Excellent pour les cuisses et les mollets que cette progression dans le sable.
Les ânes du Brésil et autres petites ou grosses bêtes
Déjà dans le jardin de l’hôtel, puis dans l’une des rues, on va croiser des ânes de petite taille, d’un très beau pelage, qui sont sauvages, et on en verra plusieurs dizaines pendant tout notre parcours, au milieu du désert ou dans les villages à la recherche de nourriture
En moins grand nombre et surtout pour transporter les touristes on voit de très élégants chevaux
Au bord de certaines pistes des chevêches des terriers pas du tout revêches !Une iguane se désaltérant dans le courant d’une onde pure
12 août. Un chauffeur guide qui ne parle que portugais – tant mieux, que ce Brésil si accueillant évite le plus longtemps possible de s’angliciser pour les touristes ! – nous fait faire en 4×4 une première longue balade dans les dunes et les lagons des Lençóis Maranhenses. Il nous arrête auprès de deux lagons différents. Sensation tellement incroyable de se baigner dans une eau douce si pure, si transparente, si chaude, au milieu de ces dunes blanches.
Les quelques transats de l’hôtel sont pris d’assaut. Les Français sont en majorité, et étrangement plutôt des familles avec de jeunes enfants. Nous dînons dans l’un des autres restaurants propriété de l’hôtel, Casa Viva. Pas mal du tout, beaucoup de monde et un chanteur tellement discret qu’on n’entendra pas un traître mot de ses chansons. Au moins on n’est pas abrutis par la sono. Retour à pied à l^hotel.
13 août. Levés à 4h30, pour un début de balade à cheval à 4h50. Il s’agit d’aller voir le soleil se lever dans les dunes. Je n’avais plus fait de cheval depuis le Kirghizistan en 2024. J’ai du plaisir à monter un cheval blanc moins têtu que celui qu’on m’avait fourgué il y a deux ans. Le spectacle est à la hauteur de ce qu’on espérait.
Retour à l’hôtel pour un petit déjeuner correct sans être exceptionnel. Personnel gentil, dévoué. Le même soir sortie prévue pour une dégustation de « mousseux » brésilien et de fruits dans les dunes sous la lune. Sauf que la lune n’est pas là, et que ça ressemble à une soirée fantôme.
14 août Matinée tranquille. Lecture. Sudoku. Cette fois la tournée des dunes et des lagons est prévue à partir de 15 h selon un parcours différent de l’avant veille.
Baignade obligée dans deux lagons, pour être arrivé à l’heure voulue au sommet d’une dune pour un coucher de soleil qui autorise des photos et des vidéos un peu spectaculaires. Dîner pantagruélique dans un restaurant… japonais !
15 août Transfert vers Parnaiba, et son immense delta. Longtemps on longe la mer, le 4×4 roule sur le sable – j’aimerais être à la place du chauffeur – puis sur une piste qui passe au milieu d’un gigantesque parc d’éoliennes qu’on aperçevait déjà du petit avion. Puis c’est une route « normale » plutôt bien revêtue même si les nids de poule sont visibles. Quelques maisons, quelques villages, sans âme qui vive. Et on arrive pour deux nuits dans un hôtel très particulier puisque logé dans une belle maison du début du XXe siècle. Dans le centre historique absolument désert de Parnaiba dont on ne découvrira l’étendue moderne qu’à l’occasion d’un dîner le dimanche soir dans un restaurant chic à 6 kilomètres de notre hôtel. (Album photo : Parnaiba centre historique). Le soir même on nous conduit vers un petit embarcadère – on traverse ce faisant un faubourg de Parnaiba où une fête bat son plein – pour un tour en bateau dans le delta du Rio do Parnaiba. Le pilote sait où trouver les animaux à photographier. Retour et dîner – très correct – à l’hôtel, où les tables voisines parlent toutes français !
16 août. Longue balade de jour cette fois dans le delta, halte de deux heures dans une taverne qui propose… des huîtres froides ou grillées, absolument délicieuses. Confusion entre deux (dois) et douze (doze), nous attendions chacun une douzaine, nous en aurons chacun deux…L’attraction de la sortie c’est le vol de milliers d’ibis rouges, espèce endémique de cette partie de l’Amérique du Sud, qui convergent au coucher du soleil vers une petite île du delta où ils passent la nuit. Magique.
17 août. Transfert pour une sorte de retraite de quatre jours loin de tout, du bruit et du monde. La Casa Daia est située au milieu d’une immense propriété qui borde à la fois l’océan et le « Rio »… Ici ce sont les femmes qui dirigent, les hommes qui sont aux travaux des jours. On vit en autarcie, ce qu’on mange est produit dans une « agroferme » in situ, ou vient de la pêche du jour, poissons ou coquillages. Le chef qui s’exprime très bien en français – je le verrais bien chanter le Brésilien dans la Vie parisienne d’Offenbach – a passé un an à Bordeaux. Il fait des merveilles de ces produits locaux. A noter que tous les jus, les sorbets, les confitures sont issus de fruits d’ici (açai, bacuri, cupuaçu…) sans sucre rajouté. Idem pour les cocktails.
Quatre jours, quatre nuits dans une totale quiétude.
Le 21 août, on quitte à regret la Casa Daia pour rejoindre Jericoacoara. Qui comme Atins est bâtie sur le sable. Quel bonheur de déambuler dans le village ou à la plage pieds nus dans un sable d’une douceur et d’une propreté exceptionnelles. Le soir on pourrait se croire dans la neige dans un village de montagne !
On retrouve dunes et lagons, comme un rappel des Lençois Maranhenses. Aussi beaucoup de Français, surtout des familles. Les photos parlent d’elles-mêmes.
Ce billet du milieu d’été va prendre une tournure plus personnelle, pour évoquer des souvenirs marquants au fil de cinq décennies écoulées.
Août 1976 : la mère de mes enfants, mon premier job, et un raté sans retour à l’orgue
Il y a cinquante ans, j’achevais fin juillet mon service militaire, accompli à l’Ecole nationale des Sous-Officiers d’Active (ENSOA) de Saint-Maixent, comme professeur à la fois des jeunes élèves sous-officiers – des cours de français – et d’officiers qui se préparaient à acquérir des diplômes – en l’occurence soit d’allemand, soit de russe, les deux matières dont j’étais déjà titulaire d’un DEUG universitaire. Sitôt libéré, à la suggestion d’un bon camarade déjà militant, je partis pour Avignon, et l’abbaye toute proche de Saint-Michel-de-Frigolet où se déroulait l’une des toutes premières universités politiques d’été – il y a dispute non résolue pour savoir laquelle était véritablement la première entre les jeunes giscardiens et les jeunes démocrates sociaux – Çà ne coutait que le prix du voyage et la curiosité me guidait. Sur place, je fis au moins deux rencontres décisives : parmi un trio de grâces féminines, la future mère de mes enfants, et voisin de dortoir, un garçon qui allait m’orienter quelques mois plus tard vers mon premier emploi d’assistant parlementaire… de son père Jean Cluzel.
Musicalement, j’ai éprouvé cette semaine-là une honte que j’ose raconter cinquante ans plus tard. Il y avait dans l’abbatiale de Saint-Michel-de-Frigolet un très bel orgue. Je ne sais plus comment j’ai été amené à en jouer, je ne sais qui a « cafté » mais un soir qu’un ministre de l’époque, André Fosset – qui allait être débarqué du gouvernement le 25 août au moment de la démission fracassante du premier ministre Jacques Chirac – rendait visite aux jeunes « universitaires » que nous étions, on me pria de jouer quelque chose pour lui et la compagnie présente. Je jouai vaguement la Toccata de la 5e symphonie pour orgue de Widor, puis comme on me priait de continuer, j’improvisai je ne sais plus quoi sur La Marseillaise en tirant les grands jeux pour faire le plus de bruit possible. Je fus chaleureusement félicité par le ministre et son chef de cabinet comme par les autres politiques présents. Je me fis la promesse – jusqu’à ce jour tenue – de ne plus jamais raconter à quiconque que je savais toucher un clavier ou même jouer d’un instrument !
Août 1986 : la Radio suisse romande, Antoine Livio et Charles Dutoit
Déjà raconté ici mon entrée à la Radio suisse romande, et mon « baptême » de radio par le regretté Antoine Livio lors du festival de Montreux, et d’abord en quelque sorte par le chef d’orchestre Charles Dutoit ! Ici capté à Montreux en 2018. Je n’aurai garde d’oublier que le chef suisse, toujours par monts et par vaux – quand il ne dirige pas, il voyage dans le monde entier – va bientôt fêter ses 90 ans.
Août 1996 : Montpellier et Menuhin, Aix et Semele
Je suis au milieu de mon mandat de directeur de France Musique, et je passe logiquement une partie de mon été, juillet surtout, dans les festivals où la chaîne a ses habitudes, essentiellement Aix-en-Provence, Montpellier et un peu Salon-de-Provence où j’ai réussi à installer les micros de France Musique pour capter ce que la bande de formidables musiciens réunis par Paul Meyer, Emmanuel Pahud et Eric le Sage, des amis de toujours, propose de programmes aventureux, parfois inédits.
A Montpellier, c’est le souvenir d’une intégrale des symphonies de Beethoven dirigées par Yehudi Menuhin avec le Sinfonia Varsovia. Techniquement, Menuhin n’est sans doute pas le chef le plus accompli – il rate le début de la 9e de Beethoven et recommence, en direct sur France Musique ! – j’avais offert le concert à ma mère, venue en voisine de Nîmes. Mais quel musicien inspiré !
A Aix c’est un Semele assez clinquant de Haendel mis en scène par Robert Carsen – il était plus inspiré dans un magique Songe d’une nuit d’été de Britten. William Christie comme toujours raide et compassé – décidément lui je ne l’aime pas !
Août 2006 : la Finlande, Helsinki, Savonnlinna
Je moquais gentiment il y a quelques semaines mon camarade Tristan Labouret, envoyé spécial de Bachtrack aux fins fonds de la Finlande au festival de Kuhmo, qui découvrait tout à la fois les Finlandais et leur idiome très particulier, le finnois, qui comme le hongrois, ne relève pas de ce qu’on appelle le bloc indo-européen.
Invité en décembre 2005 à assister aux épreuves du Concours Sibelius, durant des journées plongées dans la nuit dès 14 h, j’avais rêvé de voir la même ville, Helsinki, le même pays, la Finlande, lors des nuits d’été sans fin.
J’inviterai ensuite la jeune lauréate Alina Pogostkina à deux reprises à Liège.
Et donc en juillet, cap sur la Carélie, cette longue bande de lacs et de forêts qui forme la frontière avec la Russie, et bien sûr visite d’Ainola, la maison-musée de Sibelius (lire Ormandy en Suède)
Et puis la découverte du festival de Savonlinna, au coeur de l’impressionnante forteresse de la ville. C’était Carmen, dans une mise en scène spectaculaire, dirigée par une jeune cheffe d’orchestre estonienne, Anu Tali, dont je me rappelle autant la battue énergique que la blondeur flamboyante (non ceci n’est pas une remarque sexiste !)
La forteresse de Savonlinna (Finlande)
Août 2016 : Un festival oriental, Cuba, le cauchemar et la joie
Pour ma deuxième édition en tant que directeur du Festival Radio France Occitanie Montpellier, j’ai choisi une thématique qui invite au Voyage d’Orient
Je voudrais en citer tous les événements, tant les souvenirs sont vivaces (lire Flashback).
Mais je n’oublie pas l’horreur de la soirée du 14 juillet 2016 à Nice…Comment pourrait-on effacer une telle tragédie ?
Comme je l’écrivais déjà dans cet article – Latino – « du côté du Brésil, il faudrait bien plus d’un article pour évoquer la richesse musicale d’un pays-continent ».
Sauf à recourir à une intelligence artificielle, et aussi parce que je suis en vacances, je ne vais pas me lancer dans une description des musiques qui ont cours dans cette partie du nord du Brésil que je visite ces jours-ci (lire mes brèves de blog du 10.08 et du 12.08.2026)
Je n’ai pas encore vu ni entendu danser le forro qui est typique du Nordeste.
Mon Brésil c’est celui que j’ai appris à aimer, étudiant, lorsque, grâce à A. et son frère, j’avais découvert dans une minuscule boîte du Quartier Latin, le fantastique duo Les Étoiles
Et puis ce furent des nuits sans fin à écouter Vinícius de Moraes, Gilberto Gil, Chico Buarque, Tom Jobim, João Gilberto et bien sûr Astrud qui connut un succès mondial avec The Girl from Ipanema. La légende dit qu’Astrud qui n’était pas chanteuse était la seule qui sache parler anglais lorsque la version originale – Garota de Ipanema – fut enregistrée en studio et qu’un producteur avisé eut l’idée d’en capter une version en anglais.
En août 2008, lors de la tournée de l’Orchestre philharmonique royal de Liège en Amérique du Sud, on fit naturellement halte à Rio de Janeiro (lire Quatorze ans après) Je me rappelle avoir emmené une partie du staff de l’orchestre prendre un verre à la Garota de Ipanema (anciennement bar Veloso) dont Tom Jobim et Vinicius de Moraes étaient des habitués
L’âme du Brésil
S’il n’est évidemment pas le seul compositeur « classique » né et formé au Brésil, Heitor Villa-Lobos (1887-1959) en est la figure de proue. J’ai déjà raconté ici à quelle occasion j’ai été décoré par le gouvernement brésilien de la Médaille Villa-Lobos qui commémorait le centenaire de sa naissance en 1987. Ce fut aussi l’occasion de ma première collaboration professionnelle avec un autre immense musicien brésilien, l’admirable et si regretté Nelson Freire (1944-2021).
C’est l’un de ses derniers disques qui continue de nourrir la tristesse de son départ et mon amour de son pays, de ce Brésil dont il savait si bien chanter l’âme !
On aura reconnu dans ce Tango Brasileiro l’un des thèmes utilisés par Darius Milhaud dans son célèbre Boeuf sur le toit, ici dans une version qui ne laisse pas de surprendre, une partie du bel héritage que Mikko Franck laisse de sa direction musicale de l’Orchestre philharmonique de Radio France !
Et pour la suite de mes aventures brésiliennes, rendez-vous dans mes brèves de blog
La vie de Gottschalk est un roman, et si son oeuvre n’est pas impérissable, elle s’écoute avec plaisir : « Il est impossible de méconnaître une individualité très accusée dans ces compositions, où le charme de l’idée, l’élégance des harmonies se marient à des rythmes d’une allure toute particulière, d’une persistance opiniâtre ; ces langoureuses mélodies créoles, ces danses nègres d’une mesure cadencée donnaient aux compositions de Gottschalk un goût de terroir, un parfum spécial, un accent de couleur locale d’une authenticité incontestable[» (Marmontel, Les pianistes célèbres, 1878)
Quelques disques recommandables :
Une jota universelle
Sur les origines de la jota(prononcer khota !) on en apprendra beaucoup en lisant l’article de Wikipedia. Celle qui nous intéresse aujourd’hui est la jota aragonaise qui, outre Gottschalk, a inspiré un nombre assez intéressant de compositeurs du XIXe siècle : Glinka, Liszt, Saint-Saëns, Massenet.
On n’est pas très surpris que celui qu’on présente comme le père de la musique symphonique russe – Mikhaïl Glinka (1804-1857) ait été sensible à l’exotisme des espagnolades (comme le sera après lui Rimski-Korsakov avec son célèbre Capriccio espagnol). Glinka, d’un séjour de deux ans en Espagne, rapportera deux pièces d’orchestre, son Caprice brillant sur la Jota aragonese et son Souvenir d’une nuit d’été à Madrid
On sait l’amitié qui lia le grand violoniste Pablo de Sarasate au compositeur français Camille Saint-Saëns. Celui-ci, au cours d’un séjour à Madrid en 1880, compose sa propre Jota aragonese qu’il dédie à Paquita de Sarasate, la soeur de Pablo, romancière, écrivaine, dramaturge réputée.
Pour rester dans la musique française, Massenet ne sera pas avare d’emprunts à la culture espagnole. Ainsi de cette Aragonaise tirée du ballet de son opéra Le Cid.
Quant à Franz Liszt, on sait qu’il faisait son miel de toutes les inspirations possibles. Dans sa virtuosissime Rhapsodie espagnole la citation et les variations autour de la Jota aragonese sont époustouflantes surtout sous les doigts de l’un des pianistes français les plus remarquables de la jeune génération, Rodolphe Menguy (à partir de 4’56)
Du piano latino
Le chic, le charme, l’élégance c’est tout ce qu’il y a dans les pièces de piano du Cubain Ernesto Lecuona (1895-1963), que j’avais déjà évoquées il y a quelques mois à l’occasion d’une intégrale parue chez Bis
On écoute ici un compatriote de Lecuona, l’excellent Mauricio Vallina (que j’avais accueilli à Liège en 2001 lorsque Martha Argerich était venue jouer à l’Orchestre philharmonique de Liège avec son ami Armin Jordan)
Gabriela Montero fait mon admiration depuis des lustres, pour son talent de virtuose et d’improvisatrice et aussi pour son courage dans un combat qu’on a bien oublié en Europe, la résistance des Vénézuéliens à la dictature de Maduro succédant au catastrophique Chavez
Je ne connaissais pas ce Latin concerto créé à Leipzig par la pianiste elle-même et Kristjan Järvi
Carlos Guastavino (1912-2000) est sans doute le compositeur argentin le plus connu.. et le plus joué.
Du côté du Brésil, il faudrait bien plus d’un article pour évoquer la richesse musicale d’un pays-continent, mais quand on évoque le piano latino, il est impossible de faire l’impasse sur le plus grand pianiste brésilien du siècle, notre si cher Nelson Freire, et l’un de ses derniers disques
(On reconnaît ici l’un des thèmes utilisés par Darius Milhaud dans son Boeuf sur le toit!)
Ce matin je n’ai pas été réveillé par le coup de fil matinal qui me rappelait ma naissance un 26 décembre dans une clinique de Niort. Pas plus que l’an dernier. Je ne suis ni le premier ni le dernier à éprouver l’inexorable éloignement de celle qui m’a donné le jour et qui désormais me reconnait à peine, quand elle ne me confond pas avec un fantôme du passé…Puisse-t-elle être bientôt délivrée ! C’est le seul voeu que je puisse désormais formuler pour elle…
Mais ce Noël a été joyeux, familial, et les souhaits qui m’ont été adressés ce jeudi m’ont fait plaisir.
Happy Birthday
Je ne publierai pas ici les messages joués et chantés que j’ai reçus. En revanche, c’est devenu une tradition très répandue que d’interrompre une répétition ou un concert. Pour prolonger le billet que j’avais déjà consacré au sujet (La musique pour rire : Happy Birthday), ces quelques perles récentes sur YouTube m’ont mis de bonne humeur
Dans un autre billet, j’évoquais la personnalité fascinante de Victor Borge, né Børge Rosenbaum. J’ai retrouvé ce document, le concert que le Danemark lui a offert pour son 80e anniversaire.
Cadeaux
Il paraît qu’il a tout juste eu le temps de mettre la dernière main à sa contribution à cet ouvrage collectif, avant de disparaître brutalement le 3 octobre dernier: je suis heureux de retrouver Michel Blanc dans ce beau livre de photos et de souvenirs, que j’ai trouvé sous le sapin.
Lui je l’écoute, en cuisinant, tous les dimanches matin sur France Inter : François-Régis Gaudry sait aussi écrire, c’est réjouissant non ?
Je me suis aussi fait quelques cadeaux en commandant quelques-unes des parutions récentes de la collection Lost Recordings, entre autres ce « live » berlinois de Stan Getz et Astrud Gilberto… qui me donne de furieuses envies de soleil et de Brésil…
Le sujet s’impose en cette journée d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024 : quelles musiques ont été inspirées, commandées, exécutées pour les précédentes cérémonies ?
On y ajoutera un chapitre plus historique, qui a résonné récemment de manière vraiment absurde : l’histoire d’une organisation de concerts parisienne.
Olympics
France Musique a, comme d’habitude, bien fait les choses ce matin. À (ré)écouter absolument : Au tempo des JO.
Revue de détail des oeuvres spécialement composées pour les cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques.
Premiers jeux à Paris en 1924
C’est au clarinettiste militaire Francis Popy que revient de composer cette marche.
Les fanfares, les harmonies, n’ont pas oublié le compositeur de musique « légère » qu’était Popy (et qu’affectionnait particulièrement l’ami Benoît Duteurtre, à qui l’on pense encore tout particulièrement à la veille de son inhumation dans sa terre des Vosges).
Los Angeles 1984et John Williams
À 90 ans (!), John Williams faisait ses débuts avec l’orchestre philharmonique de Berlin. On ne peut évidemment pas comparer les prestations de 1984 et 2023 ! Voir John Williams #90
Rio 2016 : pourquoi le Brésil ?
Soyons honnête, l’oeuvre du compositeur espagnol Lucas Vidal, surtout connu pour ses musiques de film (Fast and Furious 6) ne brille pas par son originalité. En dehors de quelques rythmes brésiliens glissés ici et là, on ne voit guère de différence avec le Hollywood de John Williams
Tokyo 2020 : l’universalisme de Naoki Satō
Rien de très japonais dans cette ouverture à choeur ouvert, un peu moins martiale sans doute.
Pout ce qui est de Paris 2024, il faudra attendre ce soir pour découvrir l’oeuvre de Victor Le Masne, même si on en a déjà un avant-goût
La Loge Olympique
Qui se rappelle, à l’heure des Jeux Olympiques de Paris, l’affaire délirante qui a défrayé la chronique en 2016 ? Alors que Julien Chauvin et la nouvelle formation qu’il avait constituée autour de lui souhaitaient relever le nom de l’une des plus illustres organisations de concert du XVIIIe siècle à Paris – le Concert de la Loge olympique –, ils en furent interdits, malgré toutes les protestations et pétitions, par une décision de justice : Le Concert de la Loge Olympique vs le Comité national olympique : quand Goliath écrase David.
J’appris alors, comme tout le monde, que l’adjectif « olympique » est, depuis 1976, la « propriété » du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) ! Incroyable mais vrai !
Cela n’a heureusement pas empêché Julien Chauvin et son Concert de la Loge xxxxx de grandir et prospérer (en passant notamment par Montpellier) et d’honorer les compositeurs qui furent les hôtes et les inspirateurs de leur ancêtre du XVIIIe siècle, au premier rang desquels Haydn et ses fameuses six Symphonies Parisiennes.
Parmi les nombreuses versions des Symphonies parisiennes (N°82 à 87), j’ai une affection pour un album que je n’ai jamais vu en France, qui n’est jamais cité dans aucun guide, et qui témoigne à tout le moins de l’étendue du répertoire d’un chef infatigable, qui continue de parcourir le monde et les podiums à bientôt 89 ans, Charles Dutoit
Vous cherchez un cadeau de Noël original ? Il est tout trouvé avec ce coffret magnifique qui regroupe tous les enregistrements de l’oeuvre symphonique de Respighi réalisés par le grand chef brésilien John Neschling. Coffret qui comprend aussi les livrets édités pour chacun des disques !
Pratiquement tous ces disques ont obtenu les plus hautes récompenses de la presse musicale internationale. Je ne peux donc être suspecté de parti pris !
Il n’est que d’écouter – pour ceux qui comprennent l’anglais – le célèbre critique américain, David Hurwitz, parler de ce coffret.
J’avoue ma fierté d’avoir lancé cette série il y a douze ans grâce à John Neschling et aux responsables du prestigieux label BIS, qui fête son cinquantenaire et qu’elle ait pu se poursuivre après mon départ de Liège, alors que le nombre et la qualité des enregistrements de l’Orchestre philharmonique royal de Liège se sont singulièrement raréfiés depuis dix ans. A entendre les compliments d’usage qui saluaient le départ de mon successeur en octobre dernier (Anniversaires etc.), on avait le sentiment que certains responsables avaient la mémoire bien courte…
John Neschling avait commencé cette série Respighi par la « trilogie » romaine avec l’Orchestre symphonique de Sao Paulo dont il a fait l’une des grandes phalanges internationales durant son mandat de directeur musical de 1997 à 2008. C’est en venant diriger, à ma demande, une mémorable 2e symphonie de Mahler, à Liège et à Maastricht, en octobre 2010, que le chef brésilien (apparenté à Schönberg !), impressionné par les qualités de la phalange liégeoise, évoqua le projet de poursuivre ce cycle Respighi. À la Boutique fantasque, qu’il envisageait comme première étape – l’oeuvre est populaire et valorisante pour l’orchestre, je lui suggérai d’ajouter une pièce que j’avais moi-même découverte et programmée en 1987 avec l’Orchestre de la Suisse romande, les Impressions brésiliennes, un triptyque composé par Respighi à la suite d’un voyage à Rio de Janeiro en 1927.
L’intérêt de ce coffret est de disposer de versions modernes, superbement captées, d’oeuvres plutôt rares dans le corpus symphonique de Respighi comme ses transcriptions d’oeuvres pianistiques de Rachmaninov !
Bravo à mon cher John Neschling et à un orchestre qui m’est plus cher encore et qui brille ici de tous ses feux !
Voici ce qu’on pouvait lire ce matin sur le site de la plus grande chaîne privée de la télévision brésilienne Globo-TV :
Le corps du pianiste Nelson Freire sera inhumé ce mercredi (3) à Boa Esperança (MG). Le musicien sera inhumé dans la tombe où reposent ses parents, au cimetière municipal de la ville. Le corps est arrivé en début d’après-midi à l’aéroport de Varginha, d’où il se rendra à Boa Esperança, la ville natale de Freire. Le corps de Nelson Freire est parti vers 11h30 de l’aéroport Santos Dumont, à Rio de Janeiro. Le transfert est effectué par le service d’incendie de Minas Gerais. L’avion a atterri vers 13h à Varginha. Désormais, le corps du musicien sera transporté à Boa Esperança par l’un des salons funéraires de la ville. Le trajet fait environ 70 km et devrait durer entre 1 et 2 heures. La ville de Boa Esperança a publié le calendrier des funérailles de Nelson Freire. Le corps sera reçu à l’entrée de Boa Esperança par la garde municipale, la police civile et la police militaire. Les pompiers seront également présents et conduiront en procession le corps du pianiste dans l’un de ses camions jusqu’au Boa Esperança Sports Club, où il sera surveillé. Les hommages ont été préparés par la Société musicale Lira Esperancense, par l’Académie des lettres de Dorense et par les anciens élèves de l’école de musique Nelson Freire. Le gouvernement du Minas Gerais a publié une note déplorant la mort du pianiste. Le sous-secrétaire d’État à la Culture, Maurício Canguçu, représentera le gouvernement lorsde l’enterrement.
L’enfant de Boa Esperança repose pour toujours dans sa terre natale, au côté de ses parents et de sa soeur.
Un premier hommage musical lui a été rendu au théâtre municipal de Rio de Janeiro
La disparition brutale de Nelson Freire le 1er novembre a suscité une vague d’émotion comme je ne me rappelle pas en avoir connu lors d’autres décès de musiciens célèbres. Comme si chacun de nous avait été touché au coeur, comme la perte d’un ami cher ou d’un membre de notre famille.
Depuis lundi, comme bien d’autres j’imagine, j’ai réécouté, retrouvé des enregistrements connus ou moins connus du pianiste brésilien. YouTube est une mine de ce point de vue, et même si la qualité des captations est parfois précaire, ces vidéos nous restituent si intensément ce qu’était l’art de Nelson Freire, quel fabuleux musicien il était.
Nelson Freire continue ainsi de vivre en nous, pour nous.
Warner avait publié un beau coffret récapitulatif des quinze années (2002-2016) que Martha Argerich a passées, chaque été, à Lugano : Martha Live
Une véritable malle aux trésors où le connu (le coeur de répertoire de la pianiste argentine) côtoie beaucoup d’inconnu. Ainsi ces délicieuses romances de Carlos Guastavino (1912-2000), un des compatriotes de Martha Argerich.
Des romances jouées à Lugano par Martha Argerich et le pianiste cubain Mauricio Vallina (présent sur la photo ci-dessus prise à Liège en novembre 2001, avec Armin Jordan)
21 janvier 2021 : Le Chopin de mon enfance
Souvenir d’enfance, le premier disque Chopin vu à la maison, le cliché absolu de la musique classique. Mais un pianiste dont je n’ai jamais oublié le nom : Stefan Askenase naît polonais le 10 juillet 1896 à Lemberg/Lvov/Lviv, meurt belge à Cologne le 18 octobre 1985. Son Chopin semble venir en droite ligne du compositeur lui-même. Il a pour moi un parfum d’éternité
20 janvier 2021 : La bannière étoilée
Jour de fête aux Etats-Unis, le 46ème président, Joe Biden, est officiellement installé, la première vice-présidente de l’histoire de la démocratie amércaine, Kamala Harris, a prêté serment : Inauguration
L’hymne national américain The Star-Spangled Banner a été cité par Puccini (dans Madame Butterfly) , revu par Stravinsky (et Jimi Hendrix), et transcrit pour piano par Rachmaninov lui-même en 1918.
19 janvier 2021 : des chansons de négresses
Poursuivant sur ma lancée, illustrative de l’activité du Groupe des Six (lireGroupe de Six), je livre cette absolue rareté dans l’oeuvre surabondante de Darius Milhaud et dans la discographie de l’interprète.Un cycle de mélodies bien peu « politiquement correct », intitulé : Trois Chansons de négresse, sur des poèmes de Jules Supervielle, créé en 1936. Ici l’immense Brigitte Fassbaender en public, accompagnée par Irvin Gage.
18 janvier 2021 : la valse de Nelson et Martha
Je ne me lasse jamais d’entendre Martha Argerich (lire La reine dans ses oeuvres), de surprendre comme ici sa fabuleuse complicité avec son ami de toujours Nelson Freire. La Valse de Ravel a-t-elle jamais été plus sensuelle ?
17 janvier 2021 : un violon sur le toit
Comme promis hier, je tire de ma discothèque un disque devenu rare, enregistré en 1980 pour Philips, où Riccardo Chailly (27 ans à l’époque) accompagne Gidon Kremer (32 ans) dans un programme aussi rare d’oeuvres pour violon et orchestre, dont la version du Boeuf sur le Toit (1920) de Darius Milhaud, pour violon et orchestre.Ici une vidéo contemporaine de l’enregistrement, une captation en public avec le chef russe Woldemar Nelsson (1938-2006) passé à l’Ouest en 1976.
16 janvier 2021 : le Boeuf sur le toit
La neige, le couvre-feu à l’heure où le soleil d’hiver se couche me donnent une furieuse envie d’Amérique du Sud, celle que Darius Milhaud (1892-1974) a rapportée dans sa musique après son séjour au Brésil comme secrétaire de Paul Claudel, ambassadeur de France à Rio de Janeiro.Il compose plusieurs versions de son célèbre Boeuf sur le toit (1920), une version pour violon et orchestre (Cinéma-fantaisie) que je diffuserai demain, et puis la version purement orchestrale, la plus connue. Comment résister au swing de Leonard Bernstein dirigeant, en 1976, l’ Orchestre national de France ?
15 janvier 2021 : le cadeau du père
En 1957, Dmitri Chostakovitch écrit son 2ème concerto pour piano pour le 19ème anniversaire de son fils Maxim, qui le crée pour ses examens au Conservatoire de Moscou. Le mouvement lent est romantique en diable. Ici Leonard Bernstein dirige du piano l’Orchestre philharmonique de New York (1962)
14 janvier 2021 : les flots du Danube
Quand le tube du concert viennois de Nouvel an – Le beau Danube bleu – est confié au piano, à l’orgue ou à l’accordéon (lire Le Danube en blanc et noir/) ça donne quelques merveilles, comme cette captation en concert de l’époustouflant Mikhail Pletnev
13 janvier 2021 : la Nuit transfigurée
Zubin Mehta a tellement enregistré que, dans le flot des reparutions (lire: Felix et Zubin), on néglige de s’attarder à ce qui ne paraît pas a priori comme son coeur de répertoire. Et on a tort ! La preuve cet unique enregistrement de studio de la Nuit transfigurée (Verklärte Nacht) de Schoenberg, réalisé avec le Los Angeles Philharmonic en 1976.
12 janvier 2021 : loin de la Veuve joyeuse
Le 9 janvier, j’évoquais l’un des tubes de l’auteur comblé de La Veuve joyeuse, Franz Lehar (1870-1948), la valse L’Or et l’argent, et son interprète d’élection, Rudolf Kempe (lire L’Or et l’Argent). Ce nouveau disque de mon cher Ed Gardner met en lumière un aspect beaucoup moins connu de l’oeuvre de Lehar, un cycle de mélodies avec orchestre écrit durant la Première Guerre mondiale, dont le titre est explicite : Aus eiserner Zeit. La cinquième de ces mélodies est intitulée Fieber (Fièvre) et écrite pour ténor. On est loin des viennoiseries légères, beaucoup plus près de Schoenberg, Korngold ou Zemlinsky. Un disque à paraître début février.
11 janvier 2021 : Hollywood en 12 CD
En 12 CD, un fabuleux voyage dans les studios de Hollywood grâce aux musiques de Korngold, Newman, Herrmann, Steiner, Waxman, Tiomkin, sous la houlette d’un exceptionnel producteur, et chef d’orchestre, Charles Gerhardt. A découvrir ici : Monsieur Cinéma
10 janvier 2021 : Liszt, Brel, Cziffra
J’ai eu la chance de voir une fois dans ma vie, à Poitiers, Cziffra en récital. Je n’ai jamais compris comment il parvenait à cette pyrotechnie digitale qui était autant musique que démonstration de virtuosité. Singulièrement dans le piano de Liszt.Ici dans la 6ème Rhapsodie hongroise de Liszt. Le thème qu’on entend à 2’12 a été emprunté par Jacques Brel dans sa célèbre chanson « Ne me quitte pas » (… » je t’offrirai des perles de pluie »…)