Les raretés de l’été (XIV): Arthur Fiedler star de son époque

Dernier volet de cette mini-série consacrée au chef américain Arthur Fiedler (1895-1979). Le paradoxe est que d’aucuns ont reproché à Fiedler et à ses Boston Pops précisément ce à quoi ils ont voué leur passion : populariser l’orchestre symphonique, celui de la musique classique et du grand répertoire, en diffusant la musique de leur temps, c’est-à-dire la chanson, la musique de film, la comédie musicale, les standards du jazz. On devrait plutôt les remercier d’avoir mis le même soin, le même très haut niveau de qualité, à jouer les Beatles, Simon & Garfunkel, Nino Rota, Ferdé Grofé, Leonard Bernstein, que Liszt, Dvorak ou Dukas.

En parlant de jazz, j’aurais pu et dû ajouter cette séquence à mon article sur Arthur Fiedler et ses amis. Merveilleuse Ella Fitzgerald

On pense parfois que le compositeur Leonard Bernstein n’était joué que par… Leonard Bernstein chef d’orchestre. Arthur Fiedler et ses Boston Pops n’ont pas hésité à mettre à leur programme des extraits d’une oeuvre très contemporaine de Bernstein, sa fameuse Mass écrite en 1971.

Arthur Fiedler, enregistrant les premières musiques de films de John Williams, ignorait probablement que le prolifique compositeur lui succèderait à la tête des Boston Pops de 1980 à 1993 !

Le dernier concert d’Arthur Fiedler à la tête des Boston Pops le 4 juillet 1978 – le jour de la fête de l’Indépendance américaine – est un bon résumé de l’art et de la popularité d’un chef alors âgé de 83 ans !

Feu sacré

#FestivalRF22 #SoBritish

Barry l’Irlandais

Je l’ai voulu so British, le Festival Radio France est entré samedi de plain pied dans sa thématique, après le succès de la version ténor d’Hamlet… d’Ambroise Thomas (lire l’excellent papier de Clément Mariage sur Forumopera : Être Hamlet), c’était la présence remarquable et remarquée de mon cher Barry Douglas, natif de Belfast, qui inaugurait les diffusions en direct du Festival sur France Musique.

Sur francemusique.fr on peut en effet réécouter un récital dont le programme avait été spécialement composé pour le festival : deux nocturnes de John Field, inventeur d’un genre que Chopin a porté à la perfection, la première française de Clandeboye Overture (2021) du jeune compositeur irlandais Sean Doherty présent au concert, les quatre impromptus D 935 de Schubert, et en seconde partie les dix pièces pour piano reprises par Prokofiev lui-même de son ballet Roméo et Juliette.

de gauche à droite Sean Doherty, JPR, Barry Douglas.

Royaux chanteurs

Les King’s Singers, c’est un mythe. Les spectateurs de Montpellier ne s’y sont pas trompés, on n’était pas loin de la salle comble à l’Opéra Berlioz du Corum lundi soir. Et quelle ambiance !

C’est une chose d’avoir souvent entendu au disque l’ensemble vocal britannique le plus célèbre au monde

c’en est évidemment une toute autre de les entendre – enfin – en vrai (et de pouvoir les réécouter intégralement sur francemusique.fr ! merci France Musique !).

De gauche à droite, Patrick Dunachie, Edward Button, Julian Gregory, Christopher Bruerton, Nick Ashby, Jonathan Howard

Admirables, adorables, ces super professionnels sont d’exquises personnes, généreuses de leur talent, de leur temps consacré au public, et de leur répertoire qui semble sans limite. Ils sont encore ce soir à l’Abbatiale de Saint-Gilles (Gard)…

Le Sacre méditerranéen

Hier soir, toujours en direct et en réécoute sur France Musique, un autre événement du #FestivalRF22, le jeune chef anglais Duncan Ward et surtout l’Orchestre des jeunes de la Méditerranée (OJM), formidable rassemblement de musiciens de 16 à 26 ans de 22 nationalités différentes du pourtour de la Méditerranée.

Avant ce concert, un Tea Time auquel on avait convié Lionel Esparza, l’auteur d’un très remarqué Stravinsky. Prélude à la seconde partie du concert qui devait nous offrir un Sacre du printemps plus sauvage que jamais !

L’Orchestre des Jeunes de la Méditerranée et Duncan Ward avaient choisi, en première partie, l’élégant D’un matin de printemps (1917) de Lili Boulanger (1893-1918), puis une surprise, une création collective à laquelle participaient Adriana Bignagni Lesca, mezzo-soprano Jawa Manla, chant, oud, Fabiana Manfredi, chant, Islem Jemaï, chant, oud, Omar Ababji, chant, luth, Panagiotis Lazaridis, clarinette, Matteo Nicolin, guitare.

Adriana Bignani Lesca, l’OJM et Duncan Ward terminaient la première partie par les Cinco Canciónes negras du Catalan Xavier Montsalvatge.

Et puis un Sacre du printemps qui restera longtemps dans la mémoire de cette centaine de jeunes musiciens et d’un public qui les a longuement applaudis.