On avait quitté un ténor épuisé mais rayonnant après avoir chanté l’inchantable rôle de Fervaal de Vincent d’Indy le 24 juillet dernier à Montpellier (#FestivalRF19)
D’abord on n’est jamais déçu quand on vient à Versailles, tant la programmation de Laurent Brunner est captivante. Et les lieux inspirants.
L’affiche de ce dimanche était de surcroît l’une des plus prometteuses qui se puissent imaginer. John Eliot Gardiner (qu’on avait entendu l’an passé au festival Berlioz.. mais diriger des cantates de Bach – Les Nuits de la Côte) à la tête de ses ensembles, le Choeur Monteverdi et l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique. Et une distribution de haut vol, quoique inégale :
Michael Spyres Benvenuto Cellini Sophia Burgos Teresa Maurizio Muraro Giacomo Balducci Lionel Lhote Fieramosca Tareq Nazmi Pope Clement Adèle Charvet Ascanio Vincent Delhoume Francesco Ashley Riches Bernardino Duncan Meadows Perseus
Erreur
Cette vidéo n’existe pas
Je laisse aux spécialistes le soin de critiquer les performances vocales des uns et des autres. J’ai pour ma part retrouvé la flamboyance de Michael Spyres, et distingué les prestations d’Adèle Charvet (elle aussi présente à Montpellier en juillet dernier… comme chaque année ou presque !), ou Lionel Lhote, mais plus que tout la direction magistrale de Gardiner et l’exceptionnelle cohésion de ses troupes. Le Choeur Monteverdi est soumis à rude épreuve tout au long de l’ouvrage par l’écriture virtuose de Berlioz d’abord et la redoutable précision de la baguette du chef britannique.
On est d’autant plus impatient de voir le DVD qui sera publié de cette représentation.
En attendant, on peut, on doit même écouter cette déjà riche collection d’enregistrements berlioziens de John Eliot Gardiner
Les hasards du placement m’avaient fait asseoir à côté d’un voisin, que je n’ai reconnu qu’à la fin du concert, le chanteur Pascal Bertin qui a annoncé il y a quelques jours qu’il cessait de chanter pour se consacrer à d’autres activités, comme la direction artistique du festival de Pontoise. Ce qu’il dit de la musique et de son festival ne peut que nous inviter à partager quelques belles prochaines soirées. Une interview à lire ici.
Est-ce parce que le numéro de septembre de Diapason connaît de sérieux problèmes de distribution ? Je n’ai vu nulle part repris les propos explosifs de l’ex-directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse (CNSMD pour les intimes) de Paris, mon cher Bruno Mantovani
Interviewé à la suite du très complet dossier que le mensuel consacre au blues des conservatoires de France, Bruno Mantovaniqui, à 45 ans, fait le bilan de ses 9 ans de mandat à la tête de la prestigieuse école, n’y va pas par le dos de la cuillère.
A la question Le CNSM prépare-t-il mieux aujourd’hui ses élèves à une insertion professionnelle qui ne va plus de soi ?, Bruno Mantovani répond :
« C’était une de mes priorités. Nous avons créé des séminaires sur la pratique du métier, avec des modules sur la santé, la culture administrative des contrats et droits, la façon de se présenter et de promouvoir, l’engagement social dans les écoles, les hopitaux, les prisons. Mon but c’est de former des honnêtes gens.
Mais je dois m’avouer un peu désabusé devant le marketing de la musique classique, je me demande si on n’aurait pas dû créer des séminaires de mannequinat et de soft porn en ligne. C’est normal de ne plus voir en scène de jeunes artistes moches ? Combien de grands génies ressemblaient jadis à des sacs à patates ?.
Je me bats contre cette dictature de l’image, contre les Victoires de la Musique, le vu à la télé et périmé dans trois ans. Contre l’impudeur des réseaux sociaux. Peut-être hélas contre les moulins à vent, tant est profonde l’anxiété face au début de carrière. »
C’est cash, direct, et c’est malheureusement la réalité. L’exposition médiatique des jeunes artistes n’est pas toujours – euphémisme – proportionnelle à leur talent.
Illustration, parmi d’autres, de ce que dénonce Bruno Mantovani, cette couverture de disque
A l’inverse, on ne va pas se plaindre qu’un très bon musicien soit aussi joli garçon.
Mais je doute qu’on propose à une fantastique pianiste de 21 ans, qu’on a entendue cet été à Montpellier (Festival Radio France), Toulouse, La Roque d’Anthéron ou Bagatelle, d’abord un enregistrement, ensuite une « promo » sur son look. Marie-Ange Nguci est un talent formidable, une musicienne extrêmement cultivée, mais elle attache plus d’importance à son art qu’à son apparence en concert.
La dictature de l’image a évidemment contaminé le monde de l’opéra : combien d’exemples ces dix dernières années de cantatrices recalées sur de grandes scènes parce que trop grosses, pas assez glamour !
Impensable d’imaginer aujourd’hui une couverture de disque comme celle-ci, il est vrai, particulièrement moche.
La collection Decca Eloquence vient de rééditer ce récital d’Anita Cerquetti, en en changeant opportunément la photo de couverture…
Une famille comme les Järvi – le père, Neeme et les deux fils, Paavo et Kristjan, chefs d’orchestre – est une absolue rareté.
(Kristjan Järvi derrière son père Neeme, assis – entourés des violonistes Daniel Lozakovich et Mari Samuelsen, à Montpellier le 11 juillet dernier)
La seule autre du même type que je connaisse est celle des Sanderling, Kurt le père (1912-2011), et ses trois fils, Thomas (1942-) Stefan (1964-) et Michael(1967-).
J’ai eu la chance d’entendre et de voir diriger Kurt Sanderling, deux fois à la tête de l’Orchestre de la Suisse romande (la 9ème de Beethoven… et la 9ème de Mahler) au début des années 90. Expérience inoubliable. Ou comment un très grand chef parvient à transfigurer un orchestre ! J’y reviendrai, en tentant une discographie du coeur.
J’ai eu, par la suite, le bonheur d’inviter deux des trois fils de Kurt, l’aîné Thomas et le deuxième Stefan, cette fois avec l’Orchestre philharmonique de Liège.
Thomas Sanderling avait dirigé un beau et noble Requiem allemand de Brahms, en dépit d’un contact difficile avec l’orchestre.
Stefan Sanderling était lui venu à trois reprises pour des programmes toujours originaux (deux symphonies de Haydn encadrant le 4ème concerto pour piano de Rachmaninov, joué par Michel Dalberto, une immense Huitième symphonie de Chostakovitch qui m’avait profondément bouleversé, un programme César Franck au printemps 2011 pour les 50 ans de l’orchestre).
Quant à Michael, je ne le suis que de loin et par ses disques. Il vient de réaliser deux intégrales en parallèle, les symphonies de Beethoven et celles de Chostakovitch.
Petite compilation des principaux enregistrements des frères Sanderling :
Comme les Järvi, les Sanderling ont pu se développer et faire de belles carrières sans que la stature du père leur fasse ombrage.
Ce n’est pas toujours le cas de fratries célèbres dans le passé, où la célébrité de l’un a éclipsé le talent de l’autre.
Trois exemples l’illustrent : Krips, Karajan et Jochum !
Josef Krips(1902-1974), tout le monde connaît le grand chef mozartien, qui a laissé des enregistrements de légende. Mais mon premier disque signé Krips était celui d’un dénommé Henry Krips (1912-1987) dirigeant un – à l’époque – mystérieux Philharmonia Promenade Orchestra.
Même patronyme, mais prénom fleurant bon son anglicité, j’ai longtemps attendu pour savoir que Henry était né Heinrich en février 1912 et que le petit frère de Josef avait émigré en Australie en 1938 pour fuir son Autriche natale annexée par Hitler.
Il n’est pas resté grand chose de son activité aux antipodes. On trouve en revanche quelques témoignages d’un art très distingué de faire sonner la musique viennoise, pas de chichis, pas d’alanguissements, mais un chic, une allure qui siéent idéalement à ces valses.
Eugen(1902-1987) et son petit frère Georg Ludwig(1909-1970) ont tous deux nourri une passion pour Bruckner. Différence de taille entre les deux : Georg Ludwig a adhéré en 1937 au parti nazi et a dirigé de 1940 à 1945 le Reichs-Bruckner-Orchester à Linz.
Chez les Krips et les Jochum, l’aîné a pris presque toute la lumière. C’est l’inverse qui s’est produit chez les Karajan. C’est peu dire que le fils aîné d’Ernst et Martha Ritter von Karajan, Wolfgang, né à Salzbourg le 27 janvier 1906 (le même jour que Mozart, d’où son prénom ?), mort le 2 novembre 1987 dans la même ville, n’a pas eu la notoriété ni la postérité de son cadet Herbert(1908-1989).
Il semble s’être contenté d’une activité d’organiste et de musicien voué à la musique baroque. Je n’ai pas enquêté sur les liens qui unissaient, ou pas, les deux frères, pas trouvé de documents photographiques attestant d’une proximité familiale, alors qu’ils ont l’un et l’autre résidé toute leur vie dans leur ville natale.
Si les chiffres – et les situations humaines qu’ils décrivent – n’étaient aussi tragiques, on aimerait en rester à l’humour pour dénoncer les violences faites aux femmes.
« Les féministes dénoncent depuis fort longtemps le sexisme de notre langue et en particulier de la grammaire, mais c’est au vocabulaire qu’il convient d’abord de s’attaquer. Ce sont ces innombrables mots ouvertement ou traitreusement machistes qu’il est urgent de dénoncer. Jean-Loup Chiflet, amoureux des mots, et Marie Deveaux, lexicographe, ont décidé de les débusquer, de les recenser et de les analyser pour faire prendre conscience aux hommes (et même parfois aux femmes) de l’extrême misogynie du français. Avec humour et sérieux, ils démontrent que rien n’est plus facile que d’éliminer de notre vocabulaire des mots qui n’ont d’autre utilité que d’insulter, de mépriser, de rabaisser les femmes. Le » politiquement correct » s’est imposé, ils décident d’imposer le » sexuellement correct « . (Présentation de l’éditeur).
Je ne compte plus les ouvrages de Jean-Loup Chifletdans ma bibliothèque, amoureux fou de la langue française, doté d’un humour souvent ravageur. Ce dernier petit bouquin vient à point nommé. Autant je réfute la nouvelle mode de l’écriture inclusive (lire Le français est un combat), autant j’approuve la « dénonciation » façon Chiflet du machisme originel de notre langue. Quelques exemples suffisent : au masculin ces substantifs ou adjectifs sont honorables, au féminin ils deviennent péjoratifs voire insultants. Professionnel/professionnelle, entraîneur/entraîneuse, public/publique, léger/légère…
Sans vouloir relancer un autre débat – la place des femmes dans la musique (Et pourtant elles dirigent), j’aimerais faire part d’une découverte que j’ai faite cet été : un nom, une oeuvre que j’ignorais complètement avant d’entendre ce disque.
Ruth Gippsest une musicienne et compositrice anglaise née en 1921, morte il y a trente ans en 1989
Enfant prodige, elle remporte très jeune ses premiers concours, écrit sa première oeuvre à l’âge de huit ans !
Son premier grand succès survient lorsque le chef d’orchestre Henry Wood, dirige son poème symphonique Le Chevalier en armure lors de la dernière nuit des Proms en 1942.
Dans le cadre de la nouvelle émission Les Trésors de France Musiquede la grille de rentrée de France Musique,proposée chaque soir de 23 h à minuit, Françoise Monteil diffusait jeudi soir des extraits d’une Mémoire retrouvéeconsacrée au violoniste Isaac Stern.
Deux pleins mois pour permettre aux producteurs réguliers de la chaîne, d’abord de prendre leurs vacances, mais aussi d’essayer de nouvelles idées, de nouveaux formats, et bien sûr pour la direction de donner leur chance à des collaborateurs extérieurs, de tester des concepts, d’ouvrir la chaîne, etc. (c’est ainsi que l’animateur de Tour de chant, l’actuelle émission dominicale vouée à la chanson, Martin Pénet, était venu me proposer une mini-série d’été).
Parmi les projets auxquels je tenais le plus, je souhaitais constituer, ou plutôt reconstituer des archives sur les grands interprètes retirés de la vie active. Déjà à l’époque (!) on invitait les artistes au micro en fonction de leur actualité, pour faire la « promo » de leur dernier disque, du concert ou du spectacle auquel ils participaient. Mais les grands entretiens comme ceux que conduisait Claude Maupomé (Comment l’entendez-vous ?)n’existaient plus.
Je me demandais tout simplement, comme beaucoup d’auditeurs, ce qu’ils étaient devenus, tous ces artistes qui nous avaient enchantés. C’était d’ailleurs le premier titre auquel j’avais pensé : « Que sont-ils devenus? ». Finalement nous nous étions arrêtés à un titre à la fois plus neutre et plus explicite : Mémoire retrouvée.
Le principe de l’émission était d’une grande simplicité. Tous les producteurs de la chaîne étaient sollicités, ils choisissaient librement celles et ceux qu’ils allaient interviewer, et, après arbitrage de ma part, on ne fixait la durée et le nombre des émissions qu’après qu’ils eussent rencontré leurs interlocuteurs. Et surtout, l’émission devait échapper au cadre classique de l’interview, questions-réponses, et laisser seulement parler le musicien, l’inviter à se livrer en toute confiance en dehors de toute préoccupation promotionnelle.
C’est peu de dire que ni les producteurs ni les chargés de réalisation n’étaient habitués à pareille liberté (en général, la direction imposait un format, un horaire), et qu’il fallut pas mal de réglages. Mais tous eurent tôt fait de constater que c’était la bonne formule.
Je me rappelle deux cas en particulier, où cette souplesse fut bienvenue : ce producteur qui s’était rendu au domicile, une petite maison au bord de la Marne, d’un ténor qui eut son heure (justifiée) de gloire et qui m’avoua qu’il parviendrait avec peine à construire une heure et demie d’émission avec les propos qu’il avait enregistrés (« C‘est terrible, il n’avait rien à dire! »), et à l’inverse, cette productrice qui avait obtenu un rendez-vous avec Renata Tebaldi, en était revenue enthousiaste, avec de la matière pour faire cinq émissions. Le ténor eut ainsi droit à une heure et demie, la concurrente de Maria Callas à sept heures et demie.
Sauf erreur de ma part, cette série d’émissions estivales commença en 1994 et s’acheva en 2000.
Ces Mémoire retrouvée sont, je l’imagine, toutes archivées à l’INA. Elles ont beaucoup servi à Karine Le Bail et à son émission Les Greniers de la mémoire, mais aussi, bien sûr, à chaque fois qu’est survenu le décès de ceux que les micros de France Musique étaient allés chercher au fond de leur retraite.
La grande majorité des artistes sollicités par les producteurs de France Musique avaient répondu avec enthousiasme, souvent avec émotion. Quelques refus cependant : je me rappelle Teresa Stich Randall
faisant répondre qu’elle n’avait rien à dire sur sa vie d’avant (les années Aix, erc.), ou Lisa Della Casadisant que ses disques parlaient pour elle.
Je me réjouis que Françoise Monteil pioche dans ces trésors, dans ces mémoires à jamais vivantes, pour son émission vespérale.
Parmi les extraits disponibles sur le site de l’INA
Je suis sûr que si l’on avait interrogé les téléspectateurs qui ont appris la nouvelle de sa mort hier, la plupart auraient répondu que cette tête leur était familière… mais qu’ils avaient du mal à lui accoler un nom.
Pourtant Michel Aumont, c’était « un sourire et un regard bienveillants/…./Il avait 82 ans. Acteur populaire et élégant, grand comédien de théâtre, il fut aussi un second rôle prolifique du cinéma chez Chabrol, Tavernier, Lelouch, Zidi encore ou Veber. Les planches étaient toute sa vie, sa passion première -il reçut quatre Molière au cours d’une carrière de plus de soixante ans, dont près de quarante à la Comédie-Française dont il était sociétaire honoraire-, mais les écrans, petit et grand, surent utiliser son grand talent. Souvent commissaire, homme de loi ou politique, son visage était connu de tous. Il avait tant tourné aussi pour la télé, comme « les Dames de la côte », feuilleton culte de la fin des années 1970. » (Le Parisien, 30 août 2019).
L’un des personnages importants de la pièce… et de la vie du compositeur est sa femme Pauline, qui a en partie inspiré la Sinfonia Domestica
Mais la présence de Michel Aumont au théâtre, à la Comédie-Française en particulier, fut innombrable et magnifique. Il est pour l’éternité l’Harpagon de l’Avare
J’avais adoré le film de Valérie Lemercier, Palais Royal, à sa sortie en 2005. Michel Aumont y incarne le conseiller/amant cauteleux à souhait de la reine Catherine Deneuve.
Il y a vingt ans, en août 1999, j’étais rentré d’un long et magnifique voyage dans l’ouest des Etats-Unis, que je n’avais pas voulu annuler ou réduire, malgré l’incertitude dans laquelle je me trouvais quant à mon avenir professionnel.
Retour en arrière.
En novembre 1998, au terme de manoeuvres dont il a toujours été coutumier (il y en aurait tant à raconter à son propos !), Jean-Marie Cavadaétait désigné par le CSA pour succéder à Michel Boyon à la présidence-direction générale de Radio France. Il y avait été fortement aidé par Jean-Luc Hees, qui en serait remercié en étant nommé quelques semaines plus tard directeur de France Inter.
C’est, paraît-il, l’habitude dans l’audiovisuel public (on ne commet pas les mêmes erreurs dans le privé) et personne ne l’a jamais sérieusement contestée : un PDG qui arrive débarque l’équipe sortante et installe ses protégés. Exception à la dite règle : Michel Boyon, arrivant fin 1995 à Radio France, se garda bien de l’appliquer, même s’il procéda à des changements après avoir consulté, écouté, pris des avis.
M. Cavada, dès la première réunion de direction qu’il présida, entendit bien montrer qu’il était le patron. On lui avait signalé, quelque part en France, une rupture de faisceau qui avait laissé une antenne locale muette pendant quelques minutes : le patron de la « technique » présent autour de la table se le fit vertement reprocher. L’algarade n’épargna aucun des participants, puisque le nouveau PDG nous indiqua aimablement que la porte était ouverte pour qui voulait la prendre… On eût espéré meilleure entrée en matière !
Nous fûmes convoqués à une réunion extraordinaire chez le « président », qui s’impatienta de la lenteur – selon lui – de la réaction des chaînes de Radio France, exigea un plan d’émissions spéciales, etc. Je suggérai que, Radio France étant aussi une grande maison de musique, on organise un grand concert d’hommage à Petrucciani avec tout ce que la planète jazz compte d’admirateurs du musicien disparu. Le dimanche 24 janvier eut lieu un concert-événement, comme on en a peu connus avant et depuis : quatre heures d’antenne, un studio 104 archi comble et le monde entier accouru à Paris.
Toute la soirée on guetta le passage du PDG, qui avait si vigoureusement réclamé un tel hommage. On ne le vit point.
Le lendemain, malgré la fatigue de la soirée, je m’apprêtais à gagner mon bureau d’assez bonne heure, lorsque je reçus, vers 8h30, un appel… de la présidence. Au bout du fil, Jean-Marie Cavada. Pour me remercier de la soirée de la veille ? Que nenni ! Pour me dire très exactement ceci : « Je tiens une conférence de presse à 9 h, je voulais vous avertir que j’y donnerai le nom de votre successeur« . Interloqué – on le serait à moins – j’eus quand même la présence d’esprit de lui demander qui était ce « successeur« . – « Pierre Bouteiller » me dit-il, « mais je vous verrai dans la journée pour vous proposer un autre poste à la hauteur de vos mérites« .
Il y avait dans l’après-midi une cérémonie, à laquelle j’avais été convié, pour fêter les 10 ans de l’existence du CSA. Je ne fus pas d’humeur de m’y rendre, et préférai rassurer mes équipes et proches collaborateurs, auxquels j’avais appris la nouvelle avant qu’elle ne fût rendue publique. J’attendis, bien sûr, en vain l’invitation de M. Cavada au rendez-vous qu’il m’avait promis. Je finis par l’obtenir quelques jours plus tard, sans en attendre grand chose, instruit que j’avais été entre temps des manières de l’ex-animateur de La Marche du Siècle, promesses jamais tenues, débauchages jamais suivis d’effet…
Je finis par comprendre à demi-mots que je serais peut-être recasé à la direction des affaires internationales. Dès que le bruit s’en répandit dans la Maison ronde, le titulaire du poste, qui bénéficiait d’appuis politiques que je n’avais pas (et que je n’ai jamais eus ni revendiqués !), s’empressa de faire barrage à cette initiative.
C’est ainsi que j’échouai avec d’autres collègues « virés » (les directeurs de France Inter, France Culture entre autres !) au septième étage de la maison de la radio, où on transféra nos bureaux… dans l’attente de jours meilleurs. Nous eûmes vite fait de baptiser cette portion de couloir, « l’allée des cyprès » ! De quoi se plaignait-on ? Nous continuions d’être payés, avec les avantages attachés à nos fonctions. Là encore, une triste habitude du service public : le placard plus ou moins doré pour les cadres écartés !
Confusion
Sitôt annoncées, J.M.Cavada entendait que les nominations soient immédiatement effectives. Les nouveaux directeurs devraient prendre leurs fonctions toutes affaires cessantes, comme lors de la formation d’un nouveau gouvernement.
Le seul petit problème qui avait échappé au « grand professionnel » de l’audiovisuel qu’il se targuait d’être est qu’une grille de programmes ne se manipule pas au gré des humeurs d’un PDG. Ainsi, Pierre Bouteiller animait une quotidienne très écoutée sur France Inter, qu’il ne pouvait abandonner du jour au lendemain, surtout pour prendre la direction d’une chaîne – France Musique – dont tous les contrats et les programmes étaient arrêtés jusqu’à la fin de la saison. Pierre Bouteiller, qui lui était un vrai professionnel de la radio – il avait été directeur des programmes de France Inter de 1989 à 1996 – me demanda comme un service d’assurer la continuité de l’antenne, le temps qu’il puisse « céder » son émission et prendre ses marques. Ce que je fis d’autant plus volontiers que les méthodes du nouveau PDG avaient hérissé au plus haut point l’ensemble des collaborateurs de la Maison ronde.
Les semaines s’écoulaient. J’étais toujours salarié de Radio France, mais plus directeur de France Musique, et dans la plus totale incertitude. Je prenais des contacts à l’extérieur, sans pouvoir clairement poser de candidature à tel ou tel emploi. Situation des plus inconfortables. Rien ne bougeait du côté de la présidence. A la demande du bras droit de J.M.Cavada, j’avais élaboré un projet de refonte du programme Hector, un programme musical classique diffusé en continu par satellite, et la nuit sur France Musique. Je m’aperçus quelques mois plus tard qu’on avait généreusement emprunté à mon texte ! Pas de droit d’auteur sur les bonnes idées…
J’annonçai au secrétariat du PDG que je prendrais quelques semaines de vacances en juillet, je n’eus ni réponse ni avis contraire.
Convocation
De retour de vacances début août, je trouvai une lettre recommandée venant de Radio France… me convoquant à un entretien le 18 juillet ! J’appelai la Direction du personnel (on ne disait pas encore DRH) qui, confuse, me confirma que l’ordre était venu de M.Cavada lui-même d’en « finir » au plus vite avec moi (et de préférence au milieu de l’été pour éviter d’éventuelles vagues !).
Nous convînmes d’un nouveau rendez-vous, je fus reçu par le directeur général de Radio France, et l’adjointe de la directrice du personnel. L’un et l’autre s’excusant de devoir se prêter à cette procédure. Il leur fallait trouver un motif pour me licencier, une baisse de l’audience de France Musique peut-être ? Çà tombait mal, la dernière vague Médiamétriede juillet faisait état d’une audience établie à 1.7, en nette remontée par rapport à la vague et à l’année précédentes. Cette audience étant mesurée sur « ma » grille de programmes, puisqu’il n’y avait aucun changement depuis mon remplacement par P. Bouteiller en janvier ! Je finis par souffler à mes interlocuteurs désolés qu’on pouvait invoquer un « désaccord » entre le nouveau PDG et l’un de ses principaux collaborateurs. Ainsi fut écrite ma lettre de licenciement ! Mon départ de Radio France fut réglé avec une rare élégance par la directrice du personnel, avec qui je m’étais parfaitement entendu pour traiter de situations souvent délicates (lire Fortes têtes).
C’était le grand saut dans l’inconnu, mais je préférais mille fois la clarté et la liberté à l’ambiguité dans laquelle j’étais placé depuis le début de cette année 1999. Quelques semaines plus tard, allait commencer une autre aventure, inattendue, inespérée. J’y reviendrai !
PS 1 Ce n’est pas parce que j’évoque la fin de mon aventure à France Musique, que je ne ne reviendrai pas à certains souvenirs, à certains portraits.
PS 2 Au moment où France Musiqueet les autres chaînes présentent leurs grilles de rentrée, je me rappelle avoir été, bien involontairement, à l’origine des « grilles d’été » de Radio France. Arrivant de la Radio Suisse romande, où les deux mois d’été étaient déjà sous le régime d’une grille « allégée », je proposai dès l’été 1995 un système de même type, une grille d’été très différente de la grille de saison (j’en reparlerai à l’occasion) La règle à Radio France c’était juste le mois d’août en mode service minimum, beaucoup de rediffusions, et la quasi-totalité des producteurs, journalistes et animateurs en vacances. A l’été 1996, mes collègues de France Inter et France Culture m’emboitèrent le pas, tout le monde trouvant beaucoup d’avantages à la liberté, à la souplesse que permet une grille d’été (notamment pour tester de nouveaux concepts, de nouvelles voix).
Pas de vacances au Portugal sans le soleil, les plages, les fontaines, l’Atlantique, le Tage (à Lisbonne), le Douro (à Porto). Clichés attendus, souvenirs d’un pays qu’on aimera revoir, continuer à découvrir.
Pas de méprise sur l’objet de ce billet : je me suis promis de ne jamais prononcer le nom de l’actuel locataire de la Maison Blanche, encore moins de commenter ses faits et gestes. L’humour de Plantu est assez éloquent pour que j’en reste à mes résolutions.
Lorsque je titre « Le chef du Nouveau monde » c’est évidemment en pensant à un tout autre personnage, éminemment respectable et respecté !
Comme chaque fois que je pars en vacances je télécharge sur mon IPhone des disques, voire des coffrets que je veux réécouter plus attentivement, sans craindre d’être interrompu. Cette fois ci, j’ai jeté mon dévolu sur Rudolf Kempe, l’un de ces chefs qui n’ont jamais eu le statut de stars de la baguette comme Furtwängler, Toscanini, Karajan et quelques rares autres. Mais plus j’écoute et réécoute ses enregistrements, croissant va mon admiration pour cet immense chef, né à Dresde en 1910, disparu à 65 ans seulement à Zurich en 1976.
On connaît ses miraculeux enregistrements de l’œuvre symphonique de Richard Strauss au début des années 70 avec l’orchestre de sa ville natale, magnifiquement « remasterisés ».
Mais il y a dans ces deux coffrets
des trésors qui valent d’être redécouverts absolument.
Dernièrement sur Facebook un fil de discussion avait été lancé sur la 3ème symphonie de Brahms, qui a échappé à plus d’une glorieuse baguette, qui est le point faible de l’intégrale gravée par Kertesz. Plusieurs participants à cette discussion avaient donné leurs (p)références, aucun – moi non plus – n’avait cité Kempe et son enregistrement exceptionnel avec les Berliner Philharmoniker. Tout y est, la grandeur mais pas marmoréenne, un parfait usage du rubato, une animation du discours qui ne laisse jamais l’attention de l’auditeur en berne. Exaltant !
En fait, j’avais et j’ai toujours une réticence par rapport aux Beethoven de Kempe. Très étrangement, ses symphonies sont trop sages, placides même, à mes oreilles. Le contraire de ce qu’il fait dans Brahms.
Autre exemple, cette phénoménale Première symphonie de Brahms, captée avec les Münchner Philharmoniker dont Rudolf Kempe fut le chef de 1967 à sa mort.
Mais il y a une oeuvre en particulier qu’il a trois fois parfaitement réussie au disque, la 9ème symphonie de Dvořák, plus connue sous son titre de « Nouveau monde« . En 1958 avec l’orchestre philharmonique de Berlin, en 1972 avec le Royal Philharmonic, puis en 1975 avec la Tonhalle de Zurich, la première étant dans le coffret Icon, les deux autres dans le coffret Scribendum. Je ne sais plus dans quelle tribune de critiques (Disque en Lice ?), lors d’une écoute à l’aveugle, la version Kempe/RPO était arrivée en tête.
Cette vidéo d’un concert avec le BBC Symphony paraît presque en retrait des performances du chef à Berlin et avec le Royal Philharmonic, où il ose tous les contrastes, la grandeur et la tendresse, l’épopée et l’élégie, comme il le fait si bien dans Brahms.
Dans ce court poème symphonique, le Scherzo capriccioso, aux humeurs et aux rythmes si changeants, Kempe donne la pleine mesure de ses qualités narratives, de la souplesse de sa baguette.
Il faudrait tout citer dans ces deux coffrets qui sont loin de refléter la carrière et l’art de ce grand chef, notamment dans le domaine lyrique. Mais j’ai, pour ma part, redécouvert cet été deux extraordinaires versions des Quatrième et Cinquième symphonies de Bruckner
J’avoue avoir toujours un peu de mal avec cette monumentale Cinquième. Rien de tel ici, Kempe nous tient en haleine du début à la prodigieuse coda du dernier mouvement.
Dans le coffret Scribendum d’autres pépites moins attendues et d’autant plus remarquables : Des Pins de Romede pleine lumière, avec le Royal Philharmonic somptueusement capté, contrastant avec les alanguissements hédonistes d’un autre K. et surtout une 2ème suite deDaphnis et Chloébavaroise, sommet de poésie des timbres et de sensualité orchestrale.
Et puis l’amateur de viennoiseries que je suis (Wiener Blut)ne peut que conseiller l’écoute de l’un des plus parfaits disques de valses et ouvertures viennoises, chic, tenue, élégance, capté en 1958/9 dans une superbe stéréo à Vienne. Témoin cette valse L’Or et l’Argentde Franz Lehar dont la veuve du chef dira qu’il la considérait comme son plus bel enregistrement ! Il gravera dix ans plus tard une autre superbe version avec la Staatskapelle de Dresde !
Le château des chevaliers du Temple de Tomar a été construit par Gualdim Pais, maître provincial de l’ordre du Temple, vers 1160. Quelques années après, le château fut choisi comme siège de l’ordre au Portugal. Durant la Reconquista, le château de Tomar faisait partie du système de défense créé par les Templiers pour sécuriser la frontière du jeune royaume chrétien contre les Maures, frontière qui, au milieu du xiie siècle, correspondait à peu près aux rives du fleuve Tage.
L’église ronde (rotunda) du château de Tomar a été construite durant la deuxième moitié du xiie siècle. L’église, comme quelques autres églises du Temple en Europe, aurait été bâtie sur le modèle de la mosquée d’Omar à Jérusalem, que les croisés ont cru, à tort, être un vestige du Temple de Salomon. La Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem pourrait également avoir servi de modèle.
Selon les chroniqueurs chrétiens, le château de Tomar a résisté, en 1190, aux attaques du calife Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, qui avait auparavant pris d’autres forteresses portugaises dans le sud du pays.
L’ordre du Temple a été supprimé dans la plupart des pays d’Europe en 1312. Au Portugal, ses membres, ses capitaux et une partie de sa vocation ont été transmis à l’ordre du Christ, créé en 1319 par le roi Denis Ier de Portugal. L’ordre du Christ s’est installé, en 1357, à Tomar, qui est devenue son siège.
L’un des plus grands maîtres de l’ordre était le prince Henri le Navigateur, qui a régné sur l’ordre de 1417 jusqu’à sa mort en 1460. Le Prince Henri a donné une grande impulsion aux expéditions portugaises pendant la période des Grandes découvertes. Dans le couvent, le prince Henri a commandé la construction de divers cloîtres et autres bâtiments. Il est également à l’initiative des améliorations urbaines de la ville de Tomar.
Une autre personnalité importante liée à l’ordre du Christ était Manuel Ier de Portugal, qui est devenu maître de l’ordre en 1484 et roi du Portugal en 1492. Sous son règne, le Couvent a connu plusieurs améliorations importantes, notamment l’ajout d’une nouvelle nef dans l’église et de décorations intérieures composées de peintures et sculptures.
Le successeur de Manuel Ier, Jean III de Portugal, a démilitarisé l’ordre, le transformant en un ordre plus religieux suivant les préceptes de Bernard de Clairvaux. Il a également commandé la construction d’un nouveau cloître, en 1557, qui est l’un des meilleurs exemples de l’architecture Renaissance au Portugal.
En 1581, après une lutte pour la succession au trône, la noblesse portugaise s’est réunie dans le couvent de l’ordre du Christ à Tomar et a officiellement reconnu Philippe II d’Espagne comme roi (Philippe Ier de Portugal). C’est le commencement de l’union ibérique (1581-1640), pendant laquelle les royaumes du Portugal et de l’Espagne ont été unis. L’aqueduc des Pegões a été construit pendant le règne espagnol.
Claustro da Lavagem (cloître de lavage) : ce cloître gothique de deux étages a été construit vers 1433, sous le règne de Henri le navigateur. Les vêtements des moines y étaient lavés, d’où son nom. Construit sur plan carré, il comporte deux étages et deux réservoirs et un puits-citerne destiné à recueillir l’eau de pluie.
Claustro do Cemitério (cloître du cimetière) : également construit sous Henri le navigateur, ce cloître gothique était le lieu de sépulture des chevaliers et des moines de l’ordre. Les élégantes colonnes jumelles des voûtes comportent de beaux chapiteaux avec des motifs végétaux, et les murs du déambulatoire sont décorés avec des tuiles du xvie siècle. Dans un tombeau de style manuélin repose Diogo de Gama, le frère du navigateur Vasco de Gama.
Claustro de Santa Bárbara (cloître de Saint Barbara) : il a été construit au xvie siècle. La fenêtre de la Chambre du chapitre et la façade occidentale de la nef de l’église sont visibles de ce cloître. Il comporte deux niveaux dont l’inférieur surbaissé et construits de 12 colonnes au chapiteau renaissance porte le niveau supérieur en terrasse.
Claustro de D. João III (cloître de Jean III) : commencé sous le règne du roi Jean III de Portugal, il a été achevé pendant le règne de Philippe Ier de Portugal (qui était également roi d’Espagne sous le nom de Philippe II). Le premier architecte à avoir travaillé sur le bâtiment, à partir de 1557, était l’Espagnol Diogo de Torralva et c’est seulement en 1591 que les travaux ont été achevés par l’architecte de Philippe II, l’italien Filippo Terzi. Ce magnifique cloître de deux étages relie le dortoir des moines à l’église et il est considéré comme l’un des exemples les plus représentatifs de l’architecture maniériste au Portugal. Les étages sont reliés entre eux par quatre élégants escaliers hélicoïdaux, situés à chaque coin du cloître.
Claustro da Hospedaria (cloître de l’Hôtellerie) : construit entre 1541 et 1542, il comporte deux niveaux et un supplémentaire au Nord. Il était destiné à accueillir les visiteurs nobles.
Claustro da Micha
Cloître des nécessaires (claustro das necessárias): où se trouve la bouche du réservoir d’eau, et aussi le puisard souterrain des installations sanitaires du couvent.
Cloître des corbeaux
Dans l’une des capitales de l’Alentejo, Évora, on allait éprouver d’autres émotions aussi fortes, dans une cité qui a su préserver non seulement son centre historique, mais aussi ses abords, ce qui est loin d’être toujours le cas !
Le nom portugais d’Évora provient du latin Eburobrittium, nom probablement lié à la divinité celte Eburianus. Ce nom aurait pour racine celte *eburos, l’if commun.
Évora était, à l’époque préromaine, une ville fortifiée (oppidum). Elle portait, sous la Rébublique, le nom d’Ebora Cerealis. Durant la guerre civile opposant César à Pompée, elle resta fidèle au premier et en fut récompensée par le titre honorifique de Liberalitas Iulia.
Un autre monument romain, un arc de triomphe orné de quatre statues et de nombreuses colonnes, fut démoli en 1570, afin de permettre la construction de l’église de Santo Antão.
La cité est intégrée à l’éphémère seigneurie musulmane d’Ahmad ibn Qasi au milieu du xiie siècle. Elle est reprise aux Maures en 1165 par Geraldo sem Pavor(pt), date à laquelle le diocèse est restauré. La ville est résidence royale pendant une longue période, essentiellement sous les règnes de Jean II, Manuel Ier et Jean III. Son prestige atteint son sommet au xvie siècle, quand elle est élevée au rang de métropole ecclésiastique. L’université d’Évora, qui se développe à partir d’un collège jésuite, est fondée à l’instigation du cardinal Henri, premier archevêque d’Évora.
Le , Évora est le siège d’une des plus sanglantes batailles de la première invasion napoléonienne. La ville est pillée, de nombreux habitants ayant pris les armes sont massacrés.
Conseil à ceux qui veulent visiter Évora et qui sont en voiture, un hôtel « écologique » à l’extérieur de la ville très vivement recommandé : le Tivoli EcoResort. Où les voisins de chambre ne sont pas ceux qu’on pense !