L’abstention n’a jamais été mon choix comme citoyen. Mais pendant un mois je vais m’abstenir. Ou essayer, cerné que je serai par tous les médias et réseaux sociaux qui ne parlent déjà plus que de cela : l’Euro 2016.
Après avoir vu Pièces à conviction hier soir, lu la brillante interview de Zlatan Ibrahimovic dans Le Monde, et n’en déplaise à mon ami Jacques Vendroux, je confirme : Non merci !
Qu’on ne vienne pas me vanter les vertus du sport, je les connais et je les pratique. J’en avais étonné plus d’un jadis quand, adjoint à la Culture de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) – et seul de la Municipalité – j’avais participé chaque année aux épreuves du Club des nageurs, avec un palmarès honorable.
Mais à peu près tout ce que charrie le foot devenu un spectacle de masse, un business incroyablement juteux, le symbole d’une corruption massive et organisée, me révulse. On est loin, si loin de l’esprit sportif prôné par Pierre de Coubertin, quand on voit le comportement « normal » des supporters, on n’évoque même pas le phénomène des hooligans.
On a appris hier la mort, quelques jours après son 90ème anniversaire, du dramaturge anglais Peter Shaffer.
Dans la mémoire collective, il restera l’homme de deux pièces, adaptées pour le grand écran, Equus et Amadeus.
Equus a connu divers avatars, un film de Sidney Lumet d’abord, avec une distribution dominée par Richard Burton
Puis une adaptation en 2007 sur une scène du West End, avec le gentil héros de Harry Potter devenu grand, Daniel Radcliffe. Pas de commentaire sur le clip ci-dessous…
Mais pour des générations d’apprentis mélomanes, c’est Amadeus, la pièce – qui n’a jamais quitté l’affiche – et surtout le film de Milos Forman, qui resteront associés au nom de Peter Shaffer. La critique n’a pas toujours été tendre ni avec la pièce ni avec le film. Il n’en demeure pas moins que l’un et l’autre ont plus fait pour Mozart et l’amour de sa musique que des dizaines de campagnes de publicité ou de cours magistraux. Comme, en d’autres occasions, Tous les matins du monde pour la viole de gambe ou Le Roi danse pour la musique du Grand Siècle.
Ce que dit Peter Shaffer dit de la fin du film, de Mozart, de sa musique, est d’une belle pertinence.
Un vieux fond d’éducation m’empêcherait normalement de citer l’âge d’une dame, afortiori de lui souhaiter son anniversaire. Mais comme elle défie les années et qu’à 75 ans aujourd’hui, elle reste d’une éternelle jeunesse, j’y vais aussi de mon compliment à Martha Argerich.
Tout a été dit, écrit sur cette musicienne hors norme, cette pianiste phénoménale, cette personnalité singulière. J’ai eu la chance de la rencontrer à plusieurs reprises, de l’entendre plus souvent encore (La reine et le géant). Elle fait partie de ma vie. Je lui souhaite un bel anniversaire et lui exprime une infinie gratitude pour tout ce qu’elle nous apporte.
Ces jours-ci a lieu, à Lugano, la dernière édition d’un festival unique, conçu avec, pour et par Martha Argerich (La fin d’une belle aventure). On se consolera, un peu, en réécoutant les beaux échos de ce « projet », publiés année après année, et riches de formidables rencontres, moments inédits, découvertes musicales.
Ce vendredi l’actualité c’était Paris sous l’eau et ses photos spectaculaires.
C’était aussi cette délicieuse soirée dans ce lieu si improbable et si chaleureux qu’est le Théâtre des Bouffes du Nord, autour de Gilbert Bécaud et de ses auteurs.
C’est l’homme de tous les talents, pianiste, chef, compositeur, arrangeur, Bruno Fontaine, qui en a eu l’idée avec le concours de la SACEM.
C’est d’abord cette actrice magnifique, qu’on ne peut qu’aimer profondément, inconditionnellement, Sandrine Bonnaire, silhouette légère dans une légère robe rouge, qui dit sans fard ni artifice des textes de Bécaud ou de ses célèbres paroliers Pierre Delanoë, Louis Amade, Aznavour.., c’est Bruno Fontaine qui connaît tout son piano classique qui parsème ses interventions, ses arrangements, de discrètes allusions à Chopin, Bach, Debussy et tant d’autres, ce sont des chanteurs qu’on n’attendait pas forcément dans Bécaud.
J’avais complètement perdu de vue Jean Guidoni, la silhouette s’est appesantie, la voix s’est arrondie, on pense parfois à Nougaro, et on est heureux de le retrouver. Arthur H nous émeut plus qu’on ne l’aurait imaginé avec Nathalie
Je découvre un beau personnage, Ben Mazué, qui se coule à merveille dans Les marchés deProvenceet Quand tu danses.
J’apprécie l’énergie de Clarika, mais moins ses poses et une voix souvent fâchée avec la justesse. Bruno Fontaine, Christophe Willemme à la basse et Daniel Ciampolini à la batterie nous offrent un plein de nostalgie avec un Dimanche à Orly instrumental.
Et puis, une fois encore sans aucune objectivité, on cède à la voix, à la lumineuse présence d’Isabelle Georges – qui a eu une permission de sortie d’un soir du Théâtre La Bruyère (Parlez moi d’amour) -. Elle chante Je t’attends, L’absent et conclut la ronde avec l’une des plus belles chansons de son propre spectacle (Amour Amor) C’est merveilleux l’amour.
Un brin de nostalgie, c’était le thème de la dernière séance, pour cette saison, de Music Factory, une série de concerts commentés – nouvelle formule, nouveau format – que j’avais lancée à Liège en 2013 (Music Factory). J’avais décidé au dernier moment un bref séjour dans la Cité ardente, pour honorer une promesse faite à des amis d’y revenir avant l’été, de découvrir le nouveau musée inauguré début mai, alors que j’étais en voyage en Inde, et peut-être pour vérifier que cette formule avait toujours autant de succès. Vérification aisée, tant la relation si particulière que Fayçal Karoui a nouée avec les musiciens et le public fonctionne admirablement.
La perche était tendue aux visages amis, aux membres de mon ancienne équipe : n’étais-je pas mû par la nostalgie de mes années liégeoises, de l’orchestre, de la Salle philharmonique ? Au restaurant, dans l’hôtel où j’avais réservé une chambre, partout la même question : regrettais-je Liège, les amis, les relations que j’y avais ? Et moi de répondre que la nostalgie m’est étrangère. Je ne reviens jamais sur le passé, je ne le regrette ni ne l’idéalise, je ne sais pas ce qu’est le bon vieux temps. Certes j’adore les musiques nostalgiques, la saudade, j’aime me trouver parfois dans ce sentiment de « tristesse qui fait du bien ». Mais si, comme le rappelait hier Fayçal, la nostalgie est le regret du pays natal – la formule est de Châteaubriand – alors je suis incapable de nostalgie. Les souvenirs oui, la fidélité oui, à des personnes, à des lieux, mais sans la nuance de regret ou de tristesse qui fonde la nostalgie. J’ai sans doute une propension à tourner la page, à regarder devant, sans me complaire dans le passé, qui me nourrit et m’enrichit sans me lester.
C’est un tout autre sentiment que la nostalgie qui m’anime lorsque je parle avec mon successeur à la direction de l’orchestre de Liège, ou lorsque je vois les transformations de la ville de Liège depuis seize ans, ou lorsque je visite à mon tour le bâtiment construit pour l’Exposition universelle de 1905 dans le parc de la Boverie, une petit île sur la Meuse, et entièrement rénové, remanié. De la fierté sans doute d’avoir un peu contribué à ces évolutions, d’avoir servi des hommes et des entreprises, une certaine idée de la Culture et du public. Ni plus ni moins.
(La Belle Liégeoise, l’élégante passerelle qui relie le quai de Rome à La Boverie)
(Les collections liégeoises n’ont rien à envier à celles de musées plus prestigieux, au hasard cet hommage de Valerio Adami à Pablo Casals).
Liège était déjà très richement dotée sur le plan culturel, la transformation de l’ancien MAMAC (Musée d’art moderne et d’art contemporain) en La Boverie, en partenariat avec Le Louvre, est une nouvelle réussite (La Boverie).
Il y a des artistes, des chefs d’orchestre qui, l’âge venant, ralentissent l’allure, donnent du temps au temps, et d’autres, plus rares, qui semblent défier les ans. Il n’est que d’écouter les derniers enregistrements d’un Paul Paray (1886-1979), d’un Leopold Stokowski (1882-1977) pour se convaincre que la jeunesse n’a pas d’âge.
Chroniquant pour Diapasondes rééditions (dans la collection Eloquence) du grand chef franco-américain, je regrettais que Decca ne lui ait pas encore consacré un coffret récapitulatif de la série d’enregistrements stéréo réalisés à Londres, Vienne et Amsterdam entre 1956 et 1963 pour Westminster, Philips et Decca. Comme souvent, c’est la branche italienne d’Universal qui a pris les devants et exaucé mon souhait (Pierre Monteux Decca Recordings):
On était prêt à se réjouir sans réserve de ce beau coffret de 20 CD, jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’il y manque une Symphonie fantastique (Berlioz) et quelques extraits du Songe d’une nuit d’été (Mendelssohn), qui, certes, ne sont pas essentiels, une prise de son acide (1956) n’aidant pas des Wiener Philharmoniker curieusement mal à l’aise…
Plus grave, l’une des plus chatoyantes et juvéniles Shéhérazade (Rimski-Korsakov) manque aussi à l’appel… Mystère !
Mais pour tout le reste, bien sûr dans Debussy et Ravel, mais de manière moins attendue, dans Sibelius, Dvorak, Elgar, et pour Beethoven et Brahms, fringants, allègres, irrésistibles, ce coffret est indispensable.
Tout aussi vivement conseillées, ces prises de concert (en stéréo !) à Boston en 1958 et 1959, qui sont autant de prises de risques, Monteux cravachant l’orchestre, parfois au risque de la rupture. Mais quel souffle ! Les solistes sont logés à la même enseigne, Leonid Kogan – juste avant l’enregistrement officiel pour RCA – solaire dans Brahms, et dans le 1er concerto du même Brahms, le prodigieux Leon Fleisher soudain largué, muet, pendant quelques longues secondes du premier mouvement, mais livrant avec Monteux le rondo final le plus halluciné de toute la discographie.
C’était un week-end à salle obscure. Ce furent donc deux films présentés à Cannes. Une fois n’est pas coutume, on a suivi la tendance, la rumeur. Résultat des courses : 1 – 0.
D’abord le dernier opus de Paul Verhoeven, Elle. Plus que le pitch du film, c’est son interprète principale qui m’a attiré : ce n’est pas très original de s’affirmer inconditionnel d’Isabelle Huppert. Je ne me rappelle pas avoir jamais été déçu par cette actrice exceptionnelle. C’est sans doute le propre des très grands que se fondre aisément dans tous les rôles et tous les registres en restant toujours eux-mêmes.
Le film de Verhoeven n’est pas sans défauts, le cinéaste sait mener une intrigue, construire un thriller, mais le suspense est vite levé. Une demi-heure de moins aurait été bienvenue. Mais on accroche à cette histoire, ces histoires, amorales, ou plus exactement sans morale, à tous ces personnages doubles, troubles qui gravitent autour d’IsabelleHuppert, sa mère – Judith Magre – entichée d’un gigolo, son ex – Charles Berling – en écrivain raté, sa meilleure amie – Anne Consigny – flanquée d’un mari volage et primaire, son fils perturbé – le frémissant Jonas Bloquet – , et cet énigmatique couple de voisins, la très pieuse Virgine Efira et son mari à la tête de gendre idéal, Laurent Lafitte, dans un rôle de composition qu’on ne lui connaissait pas encore. Et Huppert impériale.
En revanche, on a perdu deux longues heures avec Ma Loute de Bruno Dumont, mis en condition par une bande-annonce trompeuse et une rumeur savamment distillée.
Comme Pierre Murat a, beaucoup mieux que je ne saurais le faire, écrit dans Télérama l’agacement que ce film provoque, je le cite :
Avec P’tit Quinquin, Bruno Dumont a découvert que la farce, qui lui était un terrain inconnu, pouvait l’aider à exprimer le profond mépris que lui inspire l’humanité : c’était le titre d’un de ses premiers films, qu’il avait tenu, d’ailleurs, à orthographier avec un « h » minuscule. Pour lui dénier toute grandeur. Il a, aussi, découvert, avec Juliette Binoche, venue le supplier de la faire tourner (le très discutable Camille Claudel 1915), que les stars étaient plus masochistes qu’il n’imaginait — ou espérait. Certaines étaient prêtes à devenir ce qu’il voulait que soient tous ses comédiens : des marionnettes.
D’où Ma Loute, où, sous prétexte d’originalité et de subversion, il oblige Fabrice Luchini à être ridicule, volontairement, mais involontairement aussi, hélas. Où il demande à Juliette Binoche, dont le goût pour la souffrance semble infini, de se livrer à de semblables imbécillités… On le sent émerveillé, et presque gêné, par moments, d’y être parvenu. On le devine tout faraud, encore, d’avoir parsemé son intrigue sans véritable histoire de gags pseudo-poétiques….
Quelle audace y a-t-il, en 2016, à montrer des bourgeois comme une race finissante, dégénérée, et les « pauvres » comme des brutes épaisses, éructant des borborygmes tout en saignant leurs ennemis de classe ? Si la subversion en est à ce degré de nullité, tout est perdu…
Le grand problème de Bruno Dumont — et il reste immuable, qu’il change d’univers ou de style —, c’est sa misandrie. Vraie ou fausse. Revendiquée, en tout cas. C’est une impasse.
L’éternelle romance de Lucienne Boyer n’était pas au programme du spectacle auquel j’ai assisté hier soir, et pourtant elle y aurait eu sa place. En revanche, elle a donné à PatrickPapazian le titre de son bouquin, un petit livre rouge, condensé d’humanité, de rires et de larmes, qui parle si bien de.. la chose
Ce célèbre texte de l’abbé de Lattaignant était lui bien présent dans Amour, Amor, ce magnifique spectacle conçu par et autour d’une artiste à son acmé, chanteuse, danseuse, diseuse, une femme admirable que je suis depuis 1999 et son rôle inoubliable dans Chantons sous la pluie, à Liège et au théâtre de la Porte Saint-Martin, Isabelle Georges.
Une heure et demie parfaite, enchaînement de chansons lestes ou poétiques, anciennes ou récentes, tristes et gaies – on n’en dévoilera pas les titres, à deux exceptions près – sans doute de tous les spectacles qu’on a vus d’Isabelle, le plus réussi dans son esprit, sa continuité, sa variété, une fluidité, une légèreté – une séquence très sexy que peu pourraient réussir aussi élégamment qu’elle- qui font de cette nouvelle proposition une absolue merveille.
Mais la réussite d’une telle entreprise tient évidemment aussi aux partenaires exceptionnels qui accompagnent Isabelle Georges. Le fidèle Frederik Steenbrink, look et voix de crooner, incroyablement émouvant lorsqu’il est soudain Mouloudji, dans le timbre et l’intonation – dans Un jour tu verras
le poète funambule Edouard Pennes qui lâche parfois sa guitare pour la contrebasse et le musicien multi-cartes, l’étonnant Arnaud Sanchez.
Ils ne m’en voudront pas, je l’espère, d’avoir saisi quelques secondes de leur bis (qui était aussi leur début), Le tourbillon de la vie
Vous l’avez compris, le bonheur est au Théâtre La Bruyère. On s’y précipite !
Je ne suis pas le dernier à râler sur les imprécisions, inexactitudes, erreurs des médias surtout quand ils abordent la musique classique. Eh bien cette fois c’est moi qui suis en faute alors que j’avais tous les moyens de ne pas l’être…
Dans un précédent billet (Les Français enfin) j’évoquais la saison 16/17 de Radio France et une présence inédite de chefs français notamment à la tête de l’Orchestre National de France : ….Mais, compte-tenu des délais de préparation d’une saison, c’est naturellement à partir de la saison 16/17 que les décisions prises de faire une place beaucoup plus importante – et légitime ! – à la musique française notamment dans la programmation de l’Orchestre National de France, produisent leurs effets (La saison 2016/17 de Radio France). Et pour la première fois depuis très longtemps, 6 chefs d’orchestre français sont invités à l’ONF dans une même saison, les mêmes qui font de brillantes carrières dans le monde entier et qui étaient encore rares dans leur pays natal. »
Heureusement que les journalistes de Diapason sont plus attentifs et scrupuleux que moi !
Dans le numéro de juin qui vient de sortir, sous le titre Couleurs françaises, le journaliste revoit mon papier à la hausse, et à juste titre : ce ne sont pas 6 mais 8 chefs français qui dirigeront l’ONF (comment avais-je pu oublier deux de nos meilleurs jeunes talents : Jérémie Rhorer et Alexandre Bloch ?) et confirme une orientation similaire à l’Orchestre philharmonique de Radio France ! On finira bien par reprocher à Radio France une politique musicale trop chauvine…
Heureux par ailleurs de lire dans ce même numérol’attribution d’un Diapason d’Or à un très beau disque d’un orchestre qui m’est cher et qui depuis sa fondation il y a 98 ans s’est fait l’infatigable promoteur de la musique française.
Tandis que la Belgique vit chaque mois de mai au rythme immuable, obligé, du ConcoursReine Elisabeth – et que chaque année se repose la question de la pertinence de ses choix (De l’utilité des concours), le 69ème festival de Cannes vient de se refermer sur un palmarès qui n’a finalement convaincu personne :
Dans le cas de Cannes, ce qui transparaît de ces papiers (et de bien d’autres les autres années), c’est que finalement le palmarès (Palme d’or, Grand Prix, etc.) a moins d’importance que la sélection. Très souvent, grâce au Festival, on a découvert des auteurs, des réalisateurs, parfois des acteurs/actrices, que les circuits de distribution habituels auraient ignorés ou négligés.
Le cinéma d’un Xavier Dolan a sans doute bénéficié de son exposition (surexposition ?) à Cannes, mais il aurait traversé l’Atlantique et atteint le coeur des cinéphiles européens sans Cannes. À l’inverse, ni Pedro Almodovar ni WoodyAllen n’ont jamais décroché la récompense suprême à Cannes. Cela manque-t-il à leur talent ?
On ira voir bien sûr Julieta, parce qu’on n’a jamais manqué un Almodovar.
Et on a profité d’un dimanche après-midi pluvieux pour voir Cafe Society, un grand cru de Woody Allen. Le retour à ses fondamentaux, beaucoup moins carte postale que certains films récents, les tourments amoureux, des personnages creusés, décors et situations sublimés par un art consommé des éclairages.