La musique pour rire (I) : Hoffnung

#Confinement jour 10.

J’ai longtemps rêvé – et je rêve encore – de monter un concert comme les Britanniques adorent les organiser, y compris dans le cadre prestigieux des Prom’s : humour, dérision, grands classiques « revisités ».. comme ceci par exemple :

Une seule fois, il y a bien longtemps en Suisse, à Fribourg ou Lausanne, je me rappelle avoir assisté à un concert un peu fou, à l’initiative de l’organiste Guy Bovet.

Mais c’est grâce à un personnage singulier, un surdoué mort à 34 ans, dont le patronyme est tout un programme à l’heure du confinement, Gérard Hoffnung (Hoffnung = espoir) ,que j’ai découvert comment rire en musique.

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Un surdoué 

C’est à Berlin que Gerard Hoffnung naît le 25 septembre 1925,  il fuit l’Allemagne avec ses parents en 1939 pour Londres. Il y suit les cours de la Highgate School pendant que son père part s’occuper d’affaires bancaires en Palestine (cette séparation temporaire deviendra finalement définitive du fait de la Seconde Guerre mondiale). Non mobilisable en raison de ses origines germaniques, il est employé dans une laiterie avant de devenir professeur de dessin à la Stamford School en 1945. Il commence à publier des caricatures dans différents journaux et écrit des chroniques radiophoniques pour l’émission dominicale, One Minute Please. En 1952, il épouse Annetta Bennett, qui veillera à la promotion de l’œuvre de son époux après sa mort prématurée.

Hoffnung meurt en effet d’une hémorragie cérébrale en 1959 à 34 ans, après avoir occupé ses jeunes années à une quantité considérable d’activités, caricaturiste, tubiste, impresario, producteur de radio et conférencier, notamment pour les Oxford et Cambridge Union Societies.

 

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Il est l’auteur d’une série de recueils de dessins humoristiques se moquant gentiment des chefs d’orchestres et des instrumentistes. Certains d’entre eux ont été adaptés en 1965 par les studios Halas et Batchelor sous la forme d’un court métrage d’animation intitulé The Hoffnung Symphony Orchestra1.

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Les concerts Hoffnung

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Il organise au Royal Festival Hall  de Londres, en 1956 et 1958, des concerts vraiment décalés auxquels participent des musiciens éminemment « sérieux ».

Parmi les œuvres composées spécialement pour l’occasion, on trouve la Grande, Grande ouverture, op. 57, de Malcolm Arnold pour 3 aspirateurs, 1 machine à cirer, 4 fusils et orchestre, dédiée au président américain Herbert Hoover (Hoover étant aussi une célèbre marque d’aspirateurs !), le Concerto popolare (voir ci-dessus) du compositeur Franz Reizenstein (comme Hoffnung né en Allemagne en 1911, mort à Londres en 1968) « un concerto pour piano pour en finir avec tous les concertos pour piano » 

Il apprend à jouer du tuba, suffisamment bien pour jouer en concert le Concerto pour tuba de Vaughan Williams mais aussi pour devenir membre (et bouffon) de l’orchestre du Morley College, un ensemble amateur londonien fort respecté.

Depuis un demi-siècle, son concept de concert a été perpétué par sa veuve Annetta et ses collaborateurs.

J’avoue ne plus pouvoir écouter tranquillement le deuxième mouvement de la Symphonie n°94 de Haydn depuis que j’ai entendu le (mauvais) traitement qu’Hoffnung lui a réservé !

Conseil d’écoute : ce double CD

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2 réflexions sur “La musique pour rire (I) : Hoffnung

  1. C’est une tradition très britannique. Dans un genre approchant il y a le porsmouth symphonietta orchestra qui est aussi très réjouissant.

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