Beethoven 250 (V) : Gilels Masur

Il y aurait beaucoup à dire sur le pianiste russe Emile Guilels (ou Emil Gilels, dans l’orthographe « internationale ») dans BeethovenUne intégrale inachevée des sonates pour piano chez Deutsche Grammophon

2115b-1417040103

mais au moins trois intégrales des concertos pour piano. Deux en studio, et une autre « live ».

Dans les années 50, Gilels grave les cinq concertos successivement avec André Cluytens (3), André Vandernoot (1,2) à Paris avec la Société des Concerts du Conservatoire, puis à Londres avec Leopold Ludwig (4,5) et le Philharmonia.

0ba15-707905608

Dix ans plus tard, il trouve en George Szell et son orchestre de Cleveland un partenaire aussi exigeant que lui, et livre une vision étonnamment corsetée, longtemps desservie par une prise de son sans aération (le remastering qui a précédé l’édition du coffret Icon a heureusement corrigé la perspective).

81-bgcZTlQL._SL1500_

Pour rappel, Melodia a édité un somptueux (et coûteux) coffret à l’occasion du centenaire du pianiste, où Beethoven a une place de choix. (Voir les détails du coffret ici : Gilels Centenaire / Bestofclassic)

29d6f-2382310837

Mais c’est l’éditeur hollandais Brilliant Classics qui a publié, il y a quelques années, sous deux couvertures différentes, un coffret prodigieux, une intégrale des concertos donnée en public en 1976, captée par la radio soviétique, où toute l’électricité, la technique phénoménale de Gilels s’expriment comme jamais il ne l’a fait en studio, avec un partenaire, Kurt Masur, à l’unisson de cette vision enthousiasmante.

51GtvomX9iL

71ReWLDXNAL._SL1417_

71gmX+mpXZL._SL1500_

Mes préférés (II) : Le Boulon

C’était il y a des lustres, du temps des concerts de la série « Prestige de la Musique.  » à la Salle Pleyel. Présentés par l’inimitable Jean Fontaine, longtemps, très longtemps, inamovible animateur des soirées dominicales de France Inter. C’était la première fois que j’entendais l’Orchestre philharmonique tchèque et son chef d’alors Vaclav Neumann.

En ouverture d’un concert dont je suis incapable de me rappeler le reste du programme, une pièce qui m’a durablement marqué. C’est par cette suite du ballet Le Boulon que je suis entré dans l’univers de Chostakovitch

Il m’a fallu attendre près de quarante ans pour avoir une chance de la réentendre en concert. Ce sera chose faite le 25 juillet prochain, puisque je l’ai programmée dans un concert vraiment extra-ordinaire que dirigera l’un des vétérans de la direction d’orchestre russe, Vladimir Fedosseiev, à la tête des forces réunies du Choeur et de l’Orchestre philharmonique de Radio France.

Un Chostakovitch jeune – il a 25 ans lorsqu’on lui commande ce qui devait être un ballet – insolent, encore plein d’illusions mais d’une lucidité totale sur les dérives d’un régime qui finira par étouffer toute critique. De loin le meilleur serviteur de ce Chostakovitch politiquement incorrect est et reste Guennadi Rojdestvenski, le seul avoir gravé l’intégrale de la musique de ballet, et à plusieurs reprises, la suite d’orchestre qu’en avait tirée Alexandre Gaouk.

51FnpC517ZL71n1648bD2L._SL1064_

En second choix, la version somptueuse – trop – et moins impertinente de Chailly avec l’orchestre de Philadelphie.

818Tqweq81L._SL1200_

Une version économique, qui manque de sel et de piment :

61KRZFP8S9L