La mort de Claudine et autres nouvelles

Claudine est morte

La nouvelle est passée et restera inaperçue : Claudine Longet est morte le 14 mai dernier.

Honnêtement, s’il n’y avait pas eu un papier de Télérama il y a une vingtaine d’années et l’enthousiasme d’un proche pour cette artiste bien française, complètement oubliée par et de son pays d’origine, je ne serais probablement pas « tombé en amour » comme disent nos amis québécois, de la voix de Claudine Longet.

Ce fut aussi la ressortie du film The Party, l’insubmersible chef-d’oeuvre de Blake Edwards (1968) et son interprète principal Peter Sellers et cette séquence étonnamment calme où Claudine Longet chante « Nothing to lose ».

Merci Claudine pour ces chansons et cette voix si délicates et bienfaisantes.

Haro sur les choeurs

À bas bruit, lentement mais sûrement, certaines collectivités territoriales s’en prennent à la Culture, ne craignant pas – ce n’est pas nouveau – de se contredire. Foin des proclamations généreuses quand il s’agit de se faire élire ou réélire, d’une politique d’éducation artistique à l’école qui n’a jamais vraiment vu le jour – initiation au chant choral pour tous les enfants -, on fait disparaître le Choeur de l’Orchestre national des Pays de Loire, et on menace le Choeur Vittoria d’Ile-de-France (comme le signale Couacs info).

Les frères au Musée Grévin

Jean-Jacques Goldman avait paraît-il refusé (trop peu de notoriété sans doute !!) d’avoir sa statue de cire au Musée Grévin. Mais on comprend que l’inoubliable auteur d’albums comme Sensations, Intuitions, Destination Paris et récemment Gaia, le violoncelliste Gautier Capuçon veuille rejoindre son frère aîné dans le célèbre musée parisien le 28 mai prochain, si l’on en juge par cet article de Diapason

L’intégrale impérieuse

Je me surprends parfois à avoir oublié, ignoré, des publications qui auraient dû pourtant figurer depuis longtemps dans ma discothèque.

Jean-Claude Hulot décrivait, en 2017, l’intégrale des sonates pour violon et piano de Beethoven publiée par mes amis François-Frédéric Guy et Tedi Papavrami : « Cette nouvelle intégrale des sonates de Beethoven impressionne par sa puissance expressive, sa splendeur sonore et surtout la maîtrise rayonnante du style et du texte beethovénien dans un des cycles les plus accomplis du maître de Bonn. Somptueux album, digne de rejoindre les grandes légendes au panthéon du disque’ (Res Musica, novembre 2017).

Un passage chez Gibert m’a donné l’occasion de réparer un bien fâcheux oubli.

Et toujours mes brèves de blog au terme d’une semaine bien chargée…

Mort d’un gentilhomme

En juillet c’était Claude Rich puis Jeanne Moreau (lire Le tourbillon de la vie), fin août c’était Mireille Darc (lire De battre son coeur s’est arrêté), en septembre Gisèle Casadesus (Une famille formidable) et maintenant Jean Rochefort.  L’automne promet d’être long…

Jean_Rochefort_2013

 

On aimerait tellement croire immortels ceux que nous aimons. Jean Rochefort on l’aimait – les médias, pour une fois, sont unanimes – parce qu’il était en somme tout ce qu’on aimerait être soi-même : «  Mon père est trop complexe et multiple pour être croqué justement. Son amour pour l’être humain, la nature, le simple et le vrai sont les choses que j’ai admirées tout particulièrement. Sa grande liberté d’être, le goût du rire et son âme enfantine à toute épreuve sont les plus beaux cadeaux qu’il a déposés à nos portes. » (son fils Pierre, comédien, dans Le Parisien).

Etonnamment pour un acteur si authentiquement français dans sa carrière au théâtre et au cinéma et dans sa diction comme dans le timbre de sa voix, j’ai toujours trouvé à Rocherfort une allure, une élégance, un humour très british. Un peu comme le Peter Sellers de The Party le chef-d’oeuvre de Blake Edwards

France 2 rediffuse ce soir Un éléphant ça trompe énormément suivi de Nous irons tous au paradis

On aurait pu aussi avoir Les Grands Ducs ou Calmos

Ou le Crabe Tambour ou Le Mari de la coiffeuse et tant d’autres films où Jean Rochefort n’est jamais médiocre ni quelconque.

Je m’autorise à citer un ami qui a eu la chance de travailler avec Jean Rochefort, il me disait cela hier soir, il se reconnaîtra…

« Nous sommes entrés sur scène plus de 200 fois ensemble…il était d’une drôlerie folle…mais aussi d’un profond désespoir…Je l’ai vu une dernière fois il y a un an…il était très diminué…en le quittant et l’embrassant, je lui ai dit que j’espérais le revoir vite…Il m’a fixé de ses beaux yeux bleus et m’a dit: « Tu ne crois pas que l’on devrait rester sur une bonne impression ?. » Et puis on a pleuré tous les deux….

Rêve d’hiver

Pour tout un tas de raisons qu’il n’y aurait aucun intérêt à détailler ici, je n’ai jamais passé de vacances à l’hôtel aux sports d’hiver jusqu’à ce week-end pascal. On découvre à tout âge, dit la sagesse populaire ! Et pourtant j’en ai souvent rêvé…

Je n’ai pourtant aucune raison de me plaindre. Au cours de l’hiver 1970, mes parents avaient loué une petite maison (une ancienne bergerie), que l’unique poêle à bois n’arrivait pas à chauffer, au bas de la station de La Mongie. Premiers pas peu concluants sur des skis. En 1977 rebelote à Megève, dans un appartement prêté par la famille de l’élue de mon coeur de l’époque, des essais de ski de fond. Et à partir de 1981, installation à Thonon-les-Bains, les bords du Léman en été, les pistes des Gêts, d’Avoriaz, de Morzine, ou plus modestes de Bernex, sous la Dent d’Oche, en hiver. Pas besoin de séjour organisé, mais du coup jamais l’ambiance si particulière de l’hôtel ou du chalet de montagne, sauf quand on avalait une raclette ou une tartiflette avec les amis avant de redescendre…

Et puis il y eut ce triste jour de février 1999. Mon ami Alain G. m’avait enjoint de quitter Paris et la morosité de l’entre-deux professionnel que je traversais alors, et de venir skier avec lui (c’était un champion comparé à la tortue que j’ai toujours été sur les pistes). J’emmène le cadet de mes fils, et nous passons avec toute une bande d’amis, une fabuleuse journée au soleil d’Avoriaz. Le soir nous devons nous retrouver pour un spectacle à la Maison des Arts de Thonon, je ne les vois ni sa femme ni lui, je ne suis pas inquiet, ils auront eu un empêchement de dernière minute. Le lendemain je suis réveillé par l’appel d’une amie commune : « Vous êtes au courant pour Alain ? » Comme le chante Barbara (Nantes) … J’ai rien dit, mais…j’ai compris qu’il était trop tard.

Je n’ai  jamais rechaussé des skis depuis lors. Et puis Liège était loin des Alpes.

Devant être présent à Genève durant ces semaines de mars, je me dis qu’il ne fallait pas laisser passer l’opportunité d’un séjour bienfaisant au coeur des Alpes suisses, que je n’ai jamais connues qu’en été grâce aux vacances familiales dans le pays maternel.Je n’avais pu assister aux semaines musicales de Gstaad désormais animées par Renaud Capuçon, je profiterais de la station  en cette fin de saison.

Et puis Gstaad dans mon esprit, plus qu’un repère de célébrités, ce sont deux noms : Menuhin et l’inspecteur Clouseau.

Une grande partie du Retour de la panthère rose (1975) de Blake Edwards avec l’inénarrable Peter Sellers se déroule à Gstaad (http://www.gstaad.ch/fr/gstaad/histoires-de-gstaad/gstaad-est-le-dernier-paradis-dans-un-monde-fou.html)

La scène d’entrée d’un autre film culte (OSS 117, Rio ne répond plus) est elle aussi située à Gstaad.

Mais c’est le souvenir de Yehudi Menuhin (1916-1999) qui flotte encore sur les lieux, et il y a fort à parier que le prochain festival d’été célébrera comme il convient le centenaire du violoniste humaniste et ses 60 ans d’existence  (http://www.letemps.ch/culture/2016/03/23/gstaad-menuhin-festival-celebre-60-ans)

81keGLeswWL._SL1500_