Retour à Cuba

Eviter la tempête météorologique, éviter la tempête médiatique (à propos de l’élection municipale parisienne – on y reviendra !), se réfugier dans une salle de cinéma pour un très bon film : Cuban Network d’Olivier Assayas

5217190

L’impression d’un double retour. Retour d’abord sur un pan de l’histoire de Cuba.

La Havane, début 1990. Alors que la guerre froide touche à sa fin, le département du contre-espionnage cubain envoie cinq hommes surveiller un groupe anti-castriste basé en Floride. à Miami, responsables d’attentats sur l’ïle. Cuban Network est l’histoire vraie de ces espions qui ont accompli leur travail en territoire ennemi. 

Olivier Assayas a réussi un superbe thriller politique, avec des acteurs exceptionnels de justesse : Penelope Cruz bien sûr (lire Douleur et gloire), mais aussi – pour moi une révélation – Edgar Ramirez, que je n’avais pas vu dans Carlos (un autre film d’Assayas consacré au terroriste Carlos en 2010).

Souvenirs aussi de l’unique voyage que j’ai fait sur l’île caribéenne, en août 2016. au moment où Fidel Castro fêtait ses 90 ans : Cuba, aventures et mésaventures.

img_5429

J’étais revenu avec des sentiments très mélangés : bien sûr les paysages de Cuba sont magnifiques, bien sûr les habitants qu’on a pu rencontrer sont adorables, mais quelle ineffable tristesse de voir dans quel état un système mafieux – toute l’économie dans les mains de la famille Castro – a laissé villes et campagnes, même si le régime n’a cessé de vanter ses « réussites » dans l’écologie ou la santé.

img_4996

Voir les photos prises à Cuba : Souvenirs de La HavaneCoquillages et crustacésEn voiture à La HavaneLa fiesta à Trinidad.

img_4208

Douleur et gloire

J’avais rarement vu pareille unanimité dans l’encensement critique du dernier film de Pedro Almodovar : Douleur et gloire

J’ai attendu le creux d’un week-end changeant pour aller me faire ma propre idée. Dans une salle de quartier clairsemée – mais la concurrence est rude, notamment avec la Palme d’or , Parasite.

Comment dire le sentiment très mélangé que j’éprouve ? Oserai-je avouer même une certaine déception ? Alors que j’admire inconditionnellement le cinéaste madrilène.

Tout est bien dans ce film, le scénario – une sorte d’autoportrait sans complaisance du réalisateur bientôt septuagénaire – les acteurs – Antonio Banderas justement récompensé à Cannes – une image léchée, des plans bien construits. Mais service minimum de la part d’Alberto Iglesias, qui nous avait habitué à des partitions plus convaincantes.

Et pourtant je n’ai pas retrouvé les flamboyances, les audaces, les dérapages de Kika, de Talons aiguilles, La loi du désir, même de Parle avec elle ou des Amants passagers.

61fNIl83dmL._SL1000_Presque un film d’Almodovar…sans Almodovar !

Souvenir – puisque la nostalgie baigne ce dernier opus – d’un restaurant en 2006. . Dans l’ancien hôtel particulier de Marie-Laure de Noailles, place des Etats-Unis à Paris, inhabité pendant de longues années après la mort de la célèbre mécène, le Cristal Room Baccarat avait ouvert une galerie et un restaurant, que n’avait pas encore repris Guy Martin. Je ne sais plus pourquoi la conversation roulait sur Penelope Cruz, lorsque mon vis-à-vis m’annonce : « La voici qui arrive !« … L’actrice s’installait en effet à la table voisine de la nôtre, et pas seule : avec Pedro Almodovar et cinq ou six autres convives ! C’était à la veille de l’inauguration de la rétrospective/exposition Almodovar organisée à la Cinémathèque ! Je n’osai rien dire au cinéaste et à son actrice fétiche… Timidité quand tu nous tiens, mais je m’en fus à la Cinémathèque dès le lendemain.

s,1200-dd0f3b