Disques d’été (I) : so french

Avant de partir en vacances, j’ai fait un maximum de provisions musicales en téléchargeant plusieurs coffrets, sortis ces derniers mois, et qui sortent du lot. Partagerez-vous mes enthousiasmes ?

Premier à l’honneur, le chef d’orchestre français Jean Martinonqui a fait l’objet de plusieurs publications, sans doute à l’occasion du quarantième anniversaire de sa mort : lire Martinon enfin.

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Malgré les réserves déjà faites sur le contenu, ou plutôt certaines absences, ce coffret est une véritable mine, en même temps qu’une formidable illustration de la richesse et de la diversité de la musique symphonique française, hors des sempiternels Berlioz, Debussy ou Ravel. Martinon et les orchestres qu’il dirige, pour l’essentiel l’Orchestre National, chantent dans leur arbre généalogique. Quelle poésie des timbres, quelles couleurs !

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L’autre Arthur H.

Depuis quand sa 3ème symphonie n’avait-elle pas résonné dans une salle de concert parisienne ? Longtemps, trop longtemps sans doute. Daniele Gatti et l’ONF (Bravo Maestro) ont corrigé – et de quelle manière ! – l’injustice de cette longue absence jeudi soir à l’Auditorium de la Maison de la radio à Paris.

Orchestre National de France / Daniele Gatti / video du concert du 9 juin 2016

J’ai un lien particulier avec Arthur Honegger. Il est mort un mois avant ma naissance, et il y a trente ans, il a peut-être contribué involontairement à me faire engager à la Radio suisse romande. Lors des entretiens préalables à mon recrutement comme producteur, en juillet 1986, le regretté Robert Dunand m’avait collé sous les yeux une partition d’orchestre (pour vérifier mon aptitude à lire la musique du point de vue d’un chef d’orchestre !) : c’était la 3ème symphonie du Franco-suisse !

Puis j’aurai le bonheur de rencontrer la fille d’Arthur, Pascale, infatigable mélomane, à qui me lie une indéfectible amitié doublée d’affection, qui défend et promeut très intelligemment l’oeuvre de son père. Un jour j’aurai aussi la surprise, dans le hall du Victoria Hall de Genève, lors de l’inauguration d’un buste d’Arthur Honegger, de faire la connaissance de son fils Jean-Claude, exact sosie du père !

Je dois reconnaître qu’il n’est pas aisé de programmer du Honegger dans une saison. Comme Hindemith et d’autres compositeurs « non alignés » du XXème siècle, il souffre sinon d’une sorte de mépris, du moins d’une certaine condescendance de la part des tenants d’une modernité plus « radicale ».  Mais dès qu’on parvient à le faire jouer, les auditeurs sont toujours surpris par la puissance d’évocation, l’inspiration, d’une musique il est vrai rétive à tout classement facile. Il n’était que d’entendre les commentaires à l’entracte du concert de jeudi soir. Pendant mes années liégeoises, je serai parvenu à programmer Le Roi David, la très bucolique Pastorale d’été, et cette Troisième symphonie dite Liturgique sous la direction de Louis Langrée. Christian Arming a, lui, eu la chance de diriger cette saison le grand oeuvre d’Arthur H. Jeanne au bûcher.

Deux très grandes versions à recommander de la Troisième symphonie :

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et deux livres indispensables

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