je pressens déjà qu’avec un tel titre, je vais me faire allumer… Je m’y risque sans crainte, je n’ai, quant à moi, jamais de ma vie proféré le genre de propos prêté il y a quelques mois à un célèbre chef d’orchestre (lire : Le chef qui n’aime pas les cheffes)
Je remets le couvert, si j’ose dire, avec cette une et ce dossier du mensuel Diapason de février :
À la seule réserve près d’un titre inutilement racoleur (« Comment elles sont en train de gagner le combat »), je souscris à la quasi totalité de l’excellent dossier constitué par Christian Merlin et Vincent Agrech, qui restitue la (trop) lente évolution des mentalités du microcosme musical, et les difficultés rencontrées par les femmes chefs d’orchestre (je me suis fait agonir sur Facebook pour avoir usé du féminin « cheffes » d’orchestre… !) pour se faire accepter d’abord par les musiciens d’orchestre !
La seule question que je me sois jamais posée, lorsqu’il s’agissait d’engager un chef, homme ou femme, c’était : a-t-il/elle du talent ? est-il/elle le/la meilleur(e) pour ce programme, ce projet ? Et quand je suis spectateur/auditeur peu m’importe le sexe de celui qui est sur le podium, pourvu que le résultat soit à la hauteur de mes attentes !
Quand il y a exactement deux ans, le 30 janvier 2016, Mikko Franck, malade, a dû céder sa baguette à Marzena Diakun pour diriger rien moins que La Ville morte de Korngold, j’ai admiré sans réserve l’art et l’audace de la jeune cheffe.
Je peux déjà annoncer que Marzena Diakun sera l’une des invitées du prochain Festival Radio France (#FestivalRF18) à Montpellier. Dans un programme qui ne comportera pas que des musiques « féminines » (Christian Merlin rapporte cette sortie récente – 2014 ! – du grand chef et pédagogue finlandais, Jorma Panula, énonçant que « les femmes pouvaient à la rigueur diriger des musiques féminines comme Debussy, mais qu’elles n’étaient pas taillées pour Bruckner ou Stravinsky »). Sans commentaire…
Vous pensiez, comme tout le monde, que ce Happy Birthdayque vous entonnez – faux bien sûr ! – lorsqu’arrive le gâteau d’anniversaire parsemé ou couvert de bougies, était une sorte de vieille chanson traditionnelle. En réalité, vous enrichissiez sans le savoir l’obscur auteur d’une comptine enfantine revue et corrigée au fil des circonstances (http://www.lefigaro.fr/culture/2015/09/24/03004-20150924ARTFIG00045-la-chanson-happy-birthday-desormais-libre-de-droits.php). C’est fini, Happy Birthday est libre….de droits !
Sans anniversaire, centenaire, sesquicentenaire, bi/tricentenaire, l’industrie du disque classique serait déjà morte sans doute. Heureusement que compositeurs et interprètes ont la bonne idée de rythmer chaque année d’un anniversaire « rond » : Verdi et Wagner – l’aubaine ! – nés tous deux en 1813, Richard Strauss en 2014 (150 ans de sa naissance, 65 ans de sa mort), deux nordiques cette année, le Danois Carl Nielsen (1865-1931) et le Finlandais Jean Sibelius (1865-1957). Inégalement traités.
Nielsen n’a, à ma connaissance, bénéficié d’aucune édition intégrale, et finalement de peu de nouveautés, alors que le Danois a tracé une voie originale, qui n’est en rien copie ou imitation. On en a eu la démonstration samedi dernier à Berlin (https://jeanpierrerousseaublog.com/2015/09/20/verifications/) avec sa 4ème symphonie.
J’ai découvert et appris à aimer ce compositeur grâce à un disque (des 3ème et 5ème symphonies) gravé par Leonard Bernstein à Copenhague avec l’orchestre de la radio danoise. C’est resté ma référence, même si, depuis, j’ai entendu bien d’autres versions et visions passionnantes du corpus des 6 symphonies et des poèmes symphoniques de Nielsen.
Sibelius est autrement mieux traité. Il y a d’abord la monumentale intégrale construite sur une bonne dizaine d’années par le label suédois Bis.
Deutsche Grammophon propose un coffret, assez inégal quant aux interprètes, mais bien composé pour brosser un large panorama de l’oeuvre du compositeur finnois.
Pour les symphonies, Kamu et Karajan sont depuis longtemps des références (prodigieuse 5ème par exemple). Pour certains poèmes symphoniques, on est heureux de la réédition des versions, épisodiquement disponibles, d’un chef finnois Jussi Jalas, qui avait curieusement enregistré en Hongrie (connivence linguistique ? le hongrois et le finlandais sont deux langues extra-européennes très proches, on parle de souche finno-ougrienne). DGG est allé piquer à Naxos la version idiomatique de Kullervo, cette superbe fresque symphonique et chorale, celle de Jorma Panula (le maître de quasi tous les chefs d’orchestre finlandais en activité !). Plus contestable, le choix d’Anne-Sophie Mutter dans le concerto pour violon (pourquoi pas Ferras/Karajan ?). Mais un très beau bouquet de mélodies autour de Kim Borg (voir détails ci-dessous)
CD 1 Symphony no. 1 Wiener Philharmoniker / Bernstein
CD 2 Symphony no. 2 Wiener Philharmoniker / Bernstein
CD 3 Symphony no. 3; Lemminkänen Suite Helsinki Radio Symphony Orchestra / Kamu CD 4 Symphonies nos. 4 & 6 Berliner Philharmoniker / Karajan
CD 5 Symphonies nos. 5 & 7 Berliner Philharmoniker / Karajan
CD 6 Kullervo Symphony Turku PO / Jorma Panula
CD 7 En saga Karelia Suite Helsinki Radio Symphony Orchestra / Kamu
Rakastava for Strings ASMF / Marriner Spring Song Finlandia Pohjola’s Daughter Gothenburg SO / Järvi
CD 8 Night Ride and Sunrise Gothenburg SO / Järvi
In Memoriam Hungarian State SO / Jalas
The Bard Helsinki Radio Symphony / Kamu
Luonnotar* The Oceanides Andante festivo Tapiola Gothenburg SO / Järvi * Soile Osokoski, soprano
CD 9 Violin Concerto in D minor op. 47 2 Serenades op. 69 Humoresque op. 87 no. 1 Anne-Sophie Mutter / Staatskapelle Dresden / Previn
CD 10 Songs Kim Borg, bass / Erik Werba, piano Tom Krause, baritone/Pentti Koskimies, piano
CD 11 String Quartet in D minor op. 56 “Voces intimae” Emerson String Quartet Malinconia op. 20 for cello and piano Heinrich Schiff / Elisabeth Leonskaja The Spruce, Winter Landscape for solo piano Bengt Forsberg Romance in D flat for solo piano op 24 /9 Shura Cherkassky
CD 12 King Christian II op. 27 – Suite for orchestra GSO / Järvi Pelleas & Melisande SRO/ Horst Stein
CD 13 Scénes historiques – Suite no. 1 op. 25 Scénes historiques – Suite no.2 op. 66 Scaramouche op. 71 Swanwhite – Suite op. 54 Hungarian State SO /Jussi Jalas
CD 14 Four Kuolema extracts: 1 Valse triste 2 Scene with Cranes 3 Canzonetta 4 Valse romantique GSO / Järvi
The Tempest Suite no. 1 op. 109 no. 2 The Tempest – Suite no. 2 op. 109 no. 3 Hungarian State SO / Jussi Jalas